Un autre prisonnier yéménite meurt dans les geôles des Houthis, le 4e en un mois

Des détenus dans la prison centrale de Sanaa, au Yémen, le 30 septembre 2019 (Photo, Reuters).
Des détenus dans la prison centrale de Sanaa, au Yémen, le 30 septembre 2019 (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 29 novembre 2023

Un autre prisonnier yéménite meurt dans les geôles des Houthis, le 4e en un mois

  • Les Houthis ont demandé à la famille de Yanouf Hassan Ali al-Batenah de récupérer sa dépouille, sans fournir de détails sur la cause de son décès
  • Ce soldat de l'armée yéménite, a été capturé par les Houthis en novembre 2020 alors qu'il combattait avec les troupes gouvernementales yéménites à Mas

AL-MUKALLA: Un soldat du gouvernement yéménite est mort des suites de tortures subies dans un centre de détention des Houthis à Sanaa. Il s'agit du quatrième prisonnier dont le décès a été confirmé à la suite d'actes de torture en moins d'un mois, ont déclaré des représentants du gouvernement yéménite et des militants.

Les Houthis ont récemment demandé à la famille de Yanouf Hassan Ali al-Batenah de récupérer sa dépouille, sans fournir de détails sur la cause de son décès.

Al-Batenah, un soldat de la 7e région militaire de l'armée yéménite, a été capturé par les Houthis en novembre 2020 alors qu'il combattait avec les troupes gouvernementales yéménites dans la région de Mas, dans la province de Marib.

Il y a trois ans, les Houthis ont enlevé le soldat yéménite par la force et ont refusé les demandes répétées de sa famille de le voir ou de connaitre son emplacement.

Les défenseurs des droits de l'homme et les autorités yéménites ont indiqué que ce soldat de 26 ans avait été torturé à mort sans pitié dans une prison tristement célèbre des services de renseignement houthis à Sanaa.

La mort d'Al-Batenah est survenue quelques jours seulement après que les Houthis ont déclaré que le soldat du gouvernement yéménite Mohammed Ahmed Wahban, qui avait été capturé par la milice au cours de la même bataille à Mas, s'était suicidé par pendaison à l'intérieur de la prison militaire de Sanaa.

Des militants yéménites, citant une condamnation à mort prononcée par les Houthis à son encontre, ont contredit les affirmations de ces derniers, accusant le groupe d’avoir brutalement torturé et assassiné Wahban.

Cas de torture

Depuis la fin du mois dernier, deux autres détenus sont morts dans les geôles des Houthis, dont un citoyen yéménite travaillant pour l'organisation internationale Save the Children.

Les Houthis ont rejeté à plusieurs reprises les demandes de l’association, d'organisations locales et internationales de défense des droits et d'envoyés étrangers au Yémen, qui souhaitaient obtenir des explications sur la mort de prisonniers entre leurs mains.

Le ministre yéménite de l'Information, Muammar al-Eryani, a déclaré lundi que 350 détenus sont morts des suites de mauvais traitements dans les centres de détention des Houthis sur les 1 635 cas de torture enregistrés depuis 2015 et que les Houthis maintiennent 237 prisons officielles et 128 autres prisons cachées dans les territoires qu'ils contrôlent.

«Nous réaffirmons notre demande au Comité international de la Croix-Rouge et aux groupes internationaux et locaux de défense des droits de l'homme d'ouvrir une enquête ouverte sur les crimes de meurtre et de torture commis par les milices houthies dans les centres de détention», a déclaré le ministre yéménite sur X.

Par ailleurs, une délégation d'ambassadeurs de l'UE au Yémen a achevé mardi sa visite à Aden, la capitale provisoire du pays, en exprimant son soutien au Conseil présidentiel et aux efforts du gouvernement yéménite pour améliorer les revenus et lutter contre la corruption.

«Ils ont salué le travail du gouvernement yéménite visant à augmenter les recettes et à stabiliser l'économie, à poursuivre la mise en œuvre des réformes, et à améliorer la prestation de services dans des circonstances extrêmement difficiles et dans un contexte régional très complexe», ont souligné les ambassadeurs de l'UE au Yémen dans un communiqué commun.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


A Tripoli, la Syrie et la Libye officialisent leur rapprochement diplomatique

 Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.  (AFP)
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne. (AFP)
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  • "Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne"
  • Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi

TRIPOLI: Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.

"Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne", a déclaré le ministre syrien, qui a tenu des discussions avec son homologue libyen par intérim Taher El-Baour et a été reçu par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU.

Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi.

"Cette ambassade assurera le suivi administratif des Syriens qui se sont réfugiés en Libye pendant les années de guerre, à une époque où il n'y avait plus de représentation diplomatique, Tripoli ayant rompu ses relations avec l'ancien régime", a ajouté M. Chaibani.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, la communauté syrienne en Libye est estimée à environ 200.000 personnes.

"Nous avons également convenu de renforcer la coordination sécuritaire pour lutter contre l'immigration clandestine, ainsi que contre les stupéfiants et les organisations terroristes", a-t-il poursuivi.

Durant les dernières années du conflit en Syrie (2011-2024), la Libye est devenue un terrain d'affrontement entre des forces loyales à Bachar al-Assad et des factions de l'opposition et islamistes syriennes.

Des mercenaires issus des deux camps y ont combattu pour le compte de leurs parrains russes et turcs respectifs, qui soutenaient des camps opposés dans le conflit libyen.

A la mi-août 2025, une délégation dépêchée par Damas avait rouvert l'ambassade de Syrie à Tripoli, fermée depuis 2012, sans toutefois reprendre immédiatement la fourniture de services consulaires.


Les Emirats arabes unis disent avoir fait face à un drone venant d'Iran

Une vue de Dubaï. (AFP)
Une vue de Dubaï. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales
  • Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales, après que Téhéran a dit avoir attaqué une base américaine dans le pays du Golfe.

Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X.

 


Premier échange de frappes entre les Etats-Unis et l'Iran en un mois

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  • Alors que le conflit vient de passer le cap des six mois, ces attaques tranchent avec les déclarations récentes de l'administration de Donald Trump qui a affirmé privilégier la pression économique sur la République islamique
  • "Les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz, a déclaré le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), Tim Hawkins

TEHERAN: L'Iran a affirmé lundi avoir attaqué des cibles militaires américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis en réponse à des bombardements menés par les Etats-Unis, un premier échange de frappes depuis un mois qui fragilise plusieurs semaines d'accalmie dans la guerre au Moyen-Orient.

Alors que le conflit vient de passer le cap des six mois, ces attaques tranchent avec les déclarations récentes de l'administration de Donald Trump qui a affirmé privilégier la pression économique sur la République islamique.

"Les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz, a déclaré le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), Tim Hawkins, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Ces attaques ont été lancées après que des "forces des Gardiens de la Révolution islamique ont été observées en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit d'Ormuz", a-t-il indiqué.

L'attaque a fait deux morts et deux blessés, selon l'agence iranienne de presse Tasnim.

En représailles, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir attaqué, avec des missiles balistiques et des drones, des installations de l'armée américaine sur deux bases aériennes en Jordanie.

Ils ont ensuite indiqué avoir ciblé une base aux Emirats arabes unis où les Etats-Unis disposeraient de troupes et d'hélicoptères. Ils ont ajouté avoir abattu un drone américain MQ-9 Reaper, qui peut être utilisé pour la surveillance comme pour l'attaque, dans le détroit d'Ormuz.

L'armée jordanienne a précisé avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien, sans en préciser l'origine. L'armée américaine n'a pas commenté ces attaques.

Pétrole en hausse 

Les hostilités avaient perdu en intensité ce dernier mois, même si des échanges de tirs sporadiques s'étaient poursuivis dans la région, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Ce stratégique passage maritime par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran verrouillant son passage.

En réponse, les Etats-Unis conduisent un blocus des ports iraniens et se disent être prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux sur cette voie navigable essentielle", le Centcom affirmant dimanche avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".

Après l'annonce des nouvelles frappes américaines, les cours de l'or noir sont repartis en hausse lundi, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté en visant notamment les pays du Golfe alliés de Washington. Elle a ébralé l'économie mondiale.

En avril, un cessez-le-feu avait mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses, et un protocole d'accord visant à mettre fin au conflit a été conclu en juin.

Mais celui-ci a volé en éclats en juillet après une reprise des hostilités, et les négociations sont depuis dans l'impasse.

"Agression" 

"Nous ne cherchons pas la guerre", a assuré le président iranien Massoud Pezeshkian. "Cependant, face à toute agression, nous ne resterons jamais les bras croisés", a-t-il ajouté, cité par les médias d'Etat iraniens avant de s'envoler pour le Kirghizstan.

Il doit y participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), où sont attendus également les président chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine, ainsi que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur dans la guerre au Moyen-Orient.

Face à un conflit impopulaire aux Etats-Unis, et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump privilégie désormais la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a présenté lundi dernier un nouveau train de sanctions dites "secondaires", touchant non pas l'Iran directement mais ses partenaires commerciaux, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.

M. Bessent dirigera lundi et mardi aux Etats-Unis une réunion de ses homologues des pays du G20, dont fait partie la Chine, partenaire économique majeur de Téhéran.

Pékin a déjà assuré vouloir défendre "fermement" ses intérêts et sa coopération avec l'Iran.