Inflation, «mégabassines»: Deux revers LFI à l'Assemblée, avant un succès sur les services publics

Manuel Bompard, député du parti La France Insoumise (LFI), réagit lors d'une séance de questions à l'Assemblée nationale à Paris le 31 octobre 2023 (Photo, AFP).
Manuel Bompard, député du parti La France Insoumise (LFI), réagit lors d'une séance de questions à l'Assemblée nationale à Paris le 31 octobre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 01 décembre 2023

Inflation, «mégabassines»: Deux revers LFI à l'Assemblée, avant un succès sur les services publics

  • Les députés LFI ont essuyé jeudi à l'Assemblée des revers sur leurs propositions de loi pour encadrer les marges de la grande distribution ou s'opposer aux «mégabassines»
  • Les Insoumis ont toutefois obtenu deux victoires

PARIS: Les députés LFI ont essuyé jeudi à l'Assemblée des revers sur leurs propositions de loi pour encadrer les marges de la grande distribution ou s'opposer aux "mégabassines", avant un vote favorable pour garantir aux usagers des services publics un "accueil physique" et pas seulement dématérialisé.

LFI tenait sa "niche parlementaire" annuelle au Palais Bourbon, journée réservée aux textes d'un groupe minoritaire.

Dans l'après-midi, les Insoumis ont échoué de peu à faire passer une proposition pour encadrer les marges de la grande distribution.

Le coordinateur du mouvement Manuel Bompard réclamait un encadrement des marges des distributeurs, de l'industrie agroalimentaire, des raffineurs et l'instauration de prix planchers "plus rémunérateurs" pour les agriculteurs.

Son texte a été rejeté par 168 voix contre 162 et le député a fustigé "l'absence" d'Olivier Faure et Fabien Roussel lors du vote, patrons des partis socialiste et communiste. Une "honte", a-t-il asséné.

La majorité présidentielle a critiqué un dispositif "kafkaïen", "d'économie administrée". Dans une ambiance électrique, la ministre du Commerce Olivia Grégoire a dénoncé des mesures rappelant "Cuba ou l'Union soviétique avec les succès que nous leur connaissons".

Après avoir perdu les votes sur les articles, le camp présidentiel a battu le rappel des troupes pour rejeter le texte, notamment ses députés occupés à examiner le projet de loi immigration en commission des Lois.

La droite a voté contre le texte LFI, le RN pour.

Terme «anxiogène» de «mégabassines»

L'Assemblée a ensuite plus largement rejeté une proposition controversée de "moratoire" contre les mégabassines, ces vastes retenues d'eau combattues par des militants écologistes, notamment à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), où une manifestation avait donné lieu à de violents affrontements avec les forces de l'ordre le 25 mars.

L'Insoumise Clémence Guetté a plaidé pour un "moratoire de dix ans sur les autorisations de construction des mégabassines", qui "pompent plus" dans les nappes et "dérèglent le cycle de l'eau", a-t-elle affirmé.

La gauche l'a soutenue, mais les autres groupes ont reproché aux Insoumis d'utiliser le terme "anxiogène" de "mégabassines", un "slogan".

C'est un "champ lexical polémique en dehors de celui de la science, en dehors de celui du droit", a épinglé le ministre des Relations avec le Parlement Franck Riester. "Les retenues de substitution ne sont pas un outil intrinsèquement bon ou mauvais. Pas adaptées à tous les territoires", elles peuvent être "pertinentes" dans certaines régions "dans des conditions encadrées", a-t-il estimé.

Les Insoumis ont toutefois obtenu deux victoires. Le matin, l'Assemblée a voté la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la gestion dans les territoires d'Outre-mer des "risques naturels majeurs", "tempêtes, cyclones, ouragans, séismes, montée des eaux", qui "s'accumulent avec le réchauffement climatique".

Cette commission "évaluera si la réponse de l'Etat, des collectivités, des assurances est à la hauteur des enjeux, sans sombrer dans l'excès qui consisterait à dire que l'Etat ne fait rien", a dit le député de Martinique Jean-Philippe Nilor.

Le soir, les députés ont voté en première lecture une proposition de loi de Danièle Obono pour garantir un "accueil physique dans les services publics".

L'administration doit "assurer à chaque étape de toute démarche administrative, la possibilité pour tout usager de demander un traitement par courrier" et "d'être reçu et pris en charge dans un délai raisonnable par une personne physique", dit ce texte, désormais attendu au Sénat.

Il a reçu le soutien de nombreux bancs au nom de la proximité. Les macronistes l'ont jugé inutile en mettant en avant les "maisons France Services", qui rassemblent plusieurs services publics et associent accueil physique et numérique.

La séance s'est finie dans la tension, les élus du Rassemblement national accusant un député de la majorité de les avoir traités de "nazis". Le RN a demandé une sanction.


Liban: Macron appelle Israël à "renoncer à une offensive terrestre"

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a appelé Israël à renoncer clairement à une offensive terrestre au Liban et le Hezbollah à cesser immédiatement ses attaques
  • La France soutient les efforts du Liban pour rétablir le contrôle total de l’État, tandis que la Syrie affirme désormais appuyer la souveraineté libanaise

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi soir Israël à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

"Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban", a-t-il affirmé dans une publication sur le réseau social X.

Israël poursuit ses attaques visant le Hezbollah au Liban, entraîné le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le mouvement pro-iranien a lancé une attaque sur Israël.

L'agence officielle Ani a fait état de nouvelles frappes mercredi soir dans le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tandis que des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud.

Emmanuel Macron a également indiqué s'être entretenu avec son homologue syrien Ahmad al-Chareh, dont il assure qu'il "soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’Etat sur leur territoire".

"Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie", a-t-il déclaré.

Les forces d'Ahmad al-Chareh, dont le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qu'il dirigeait et a depuis dissous, ont renversé en décembre 2024 l'ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad, que le Hezbollah soutenait militairement.

Les présidents libanais et syrien ont convenu mardi de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident, a annoncé Beyrouth.

Damas avait dénoncé dans la nuit précédente des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, en pleine guerre entre Israël et le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran.


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.