Procès Bygmalion; Nicolas Sarkozy ne savait pas, selon son avocat qui plaide la relaxe

L'ancien président français Nicolas Sarkozy arrive au tribunal judiciaire pour être interrogé lors du procès en appel dans l'affaire dite Bygmalion, qui l'a vu condamné à un an de prison, à Paris le 24 novembre 2023 (Photo de Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP).
L'ancien président français Nicolas Sarkozy arrive au tribunal judiciaire pour être interrogé lors du procès en appel dans l'affaire dite Bygmalion, qui l'a vu condamné à un an de prison, à Paris le 24 novembre 2023 (Photo de Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP).
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Publié le Vendredi 01 décembre 2023

Procès Bygmalion; Nicolas Sarkozy ne savait pas, selon son avocat qui plaide la relaxe

  • Jeudi, le ministère public a requis un an d'emprisonnement avec sursis contre l'ancien chef de l'Etat, condamné en première instance à un an d'emprisonnement ferme
  • Pour l'occasion, l'épouse de Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, a assisté à l'audience

PARIS: L'avocat de Nicolas Sarkozy a plaidé vendredi sa relaxe au procès en appel sur les dépenses excessives de sa campagne présidentielle perdue en 2012, affirmant que l'ancien chef de l'Etat n'avait "pas connaissance" des dérapages budgétaires.

Jeudi, le ministère public a requis un an d'emprisonnement avec sursis contre l'ancien chef de l'Etat, condamné en première instance à un an d'emprisonnement ferme.

Après trois semaines de débats, son avocat Me Vincent Desry a ouvert le bal des plaidoiries qui doivent s'achever jeudi et la cour d'appel mettra sa décision en délibéré.

Pour l'occasion, l'épouse de Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, a assisté à l'audience.

"M. Sarkozy n'a jamais eu connaissance d'un dépassement" du plafond légal des dépenses électorales, il "n'a jamais engagé de dépenses", a posé son conseil en ouvrant deux heures d'une plaidoirie sobre, tranchant avec la défense plus animée de son client lors de son interrogatoire vendredi.

Me Desry a estimé que le jugement du tribunal correctionnel en septembre 2021 était "erroné" et "mal fondé en droit comme en fait".

Dans ce dossier dit Bygmalion, du nom de la société qui a organisé les meetings de campagne du candidat de droite, dix personnes, dont Nicolas Sarkozy, sont rejugées depuis le 8 novembre par la cour d'appel de Paris.

Contrairement à ses coprévenus, l'ex-chef de l'Etat n'est pas mis en cause pour le système de fausses factures imaginé pour masquer l'explosion des dépenses de sa campagne qui ont atteint près de 43 millions d'euros alors que le plafond légal était de 22,5 millions.

Mais, dans son jugement, le tribunal avait souligné que l'ancien locataire de l'Elysée avait "poursuivi l'organisation de meetings" électoraux, "demandant un meeting par jour", alors même qu'il "avait été averti par écrit" du risque de dépassement légal, puis du dépassement effectif.

"Cette pente dépensière n'avait rien de fatal", a estimé jeudi dans ses réquisitions l'avocat général Bruno Revel, pour qui elle résultait "du choix imposé par le candidat".

«Accusation en recul»

Avec son collègue Serge Roques, il a toutefois demandé pour Nicolas Sarkozy une peine moins sévère que celle à laquelle il a été condamné, un an d'emprisonnement avec sursis, expliquant que le prévenu ne se voyait "pas reprocher d'être à l'origine du système mis en place" pour masquer les dérapages ni d'"en avoir été informé".

"Je n'ai pu constater qu'une accusation en recul", a observé vendredi Me Desry, jugeant qu'il avait été "impossible" au ministère public de "démontrer l'élément intentionnel" et "l'élément matériel" de l'infraction reprochée.

Selon lui, si Nicolas Sarkozy "n'était pas informé de la fraude, il ne pouvait être informé du dépassement".

A son interrogatoire, l'ex-président "a expliqué que toute campagne va crescendo", a-t-il rappelé, contestant l'idée d'un "emballement" de celle de 2012.

L'argument avancé du "faste des meetings", qui auraient dû mettre la puce à l'oreille du candidat sur ses dépenses, est une "construction a posteriori", a balayé Me Desry, faisant valoir qu'à l'époque, la presse évoquait des événements au "ton plus sobre" que cinq ans auparavant.

L'avocat est aussi revenu sur les notes d'alerte rédigées par des experts-comptables pendant la campagne.

Lorsque son client est informé de la première, début mars 2012, qui évoque un risque de dépassement du plafond, "il est concomitamment informé de la mise en place de correctifs", a avancé Me Desry. "Des mesures d'économies ont été prises, polymorphes et nombreuses", pour "au moins 3 millions d'euros".

Une deuxième note, rédigée après le premier tour, indique que "le plafond n'est pas atteint", a-t-il poursuivi.

Enfin une troisième, de présentation du compte de campagne, datée du 28 juin et signée par Nicolas Sarkozy, indique que celui-ci "est à l'équilibre" et "ne fait état d'aucun risque de rejet".

"Mon client a souvent été qualifié d'omniprésident", a remarqué l'avocat, "cela ne fait pas lui quelqu'un d'omniscient".


Foot: «99% de chances que Mbappé signe au Real Madrid», selon Tebas

Le président de la Ligue espagnole de football Javier Tebas a estimé qu'il y avait "99% de chances" que Kylian Mbappé "signe au Real Madrid" (Photo d'illustration, AFP).
Le président de la Ligue espagnole de football Javier Tebas a estimé qu'il y avait "99% de chances" que Kylian Mbappé "signe au Real Madrid" (Photo d'illustration, AFP).
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  • Dans un entretien accordé à l'Equipe Javier Tebas estique qu'il y avait «99% de chances» que Kylian Mbappé "signe au Real Madrid" l'année prochaine
  • Kylian Mbappé a annoncé début février aux dirigeants parisiens qu'il quitterait le club de la capitale l'été prochain

PARIS: Le président de la Ligue espagnole de football Javier Tebas a estimé qu'il y avait "99% de chances" que Kylian Mbappé "signe au Real Madrid", dans un entretien publié vendredi sur le site du quotidien sportif français L'Equipe.

"Sachant qu'il quitte le PSG, il y a 99% de chances que Mbappé signe au Real. Mais je ne sais pas si c'est d'ores et déjà signé", a déclaré le patron de la Liga.

Le capitaine de l'équipe de France (25 ans), qui sera en fin de contrat avec le PSG en fin de saison, a annoncé début février aux dirigeants parisiens qu'il quitterait le club de la capitale l'été prochain après sept ans de présence.

Le Real Madrid, le club qui fait rêver Mbappé depuis son plus jeune âge et le convoite depuis plusieurs années, fait figure de grandissime favori pour l'enrôler et des négociations salariales ont déjà été entamées entre les deux parties, selon une source proche du dossier.

"C'est une grande nouvelle pour le Real et pour le football espagnol. Il est l'un des meilleurs joueurs du monde. De mon point de vue, (Jude) Bellingham, (Erling) Haaland et Mbappé sont les trois joueurs dominants sur la planète, et deux sont au Real Madrid", a ajouté Javier Tebas.

Le dirigeant de la Ligue espagnole en a également profité pour saluer la gestion du Real Madrid, à qui il s'est pourtant opposé ces derniers mois au sujet du projet de Superligue, toujours porté par le club madrilène et le FC Barcelone.

"Le Real est un club économiquement dans une situation optimale. Le président et le directeur général sont de très bons gestionnaires, mais ils sont très mauvais lorsqu'ils veulent organiser de nouvelles compétitions. Au niveau économique, ils sont très réactifs. Actuellement, leurs résultats financiers sont très bons et ils peuvent dépenser beaucoup plus qu'ils ne le font. Le Real a été très prudent financièrement et s'est préparé à la signature de Mbappé", a expliqué Javier Tebas.


Agriculteurs: Le «grand débat», marque de fabrique de Macron, tourne au fiasco

Des agriculteurs conduisent leurs tracteurs à côté de la station de métro Sèvres-Lecourbe, dans le centre de Paris, le 23 février 2024 (Photo, AFP).
Des agriculteurs conduisent leurs tracteurs à côté de la station de métro Sèvres-Lecourbe, dans le centre de Paris, le 23 février 2024 (Photo, AFP).
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  • Emmanuel Macron a été contraint vendredi de renoncer au grand débat
  • Le ricochet a été tout aussi cinglant du côté de la grande distribution Michel-Edouard Leclerc a dénoncé une «annonce foireuse»

PARIS: Un fiasco avant même l'ouverture du Salon de l'agriculture: Emmanuel Macron a été contraint vendredi de renoncer au grand débat qu'il avait concocté pour le lendemain, ajoutant un couac de communication majeur au dossier déjà explosif de la crise des agriculteurs.

L'image était déjà dans toutes les têtes: comme au temps des Gilets jaunes, le chef de l'Etat allait monter sur le "ring" pour échanger "sans filtre", des heures durant, avec tous les acteurs de la crise et en ressortir fort d'un cap nouveau.

C'est raté: l'annonce de l'invitation du collectif écologiste Soulèvements de la Terre, connu pour ses actions violentes sur des enjeux agricole mais dont la présence pouvait symboliser la pluralité du débat à l'heure où l'exécutif essuie des critiques autour de l'écologie, a tourné au psychodrame. Suscitant l'incompréhension jusqu'au gouvernement - qui entendait encore il y a quelques mois dissoudre lesdits Soulèvements -, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau qualifiant l'invitation "d'inopportune".

La FNSEA, syndicat agricole majoritaire, a aussitôt vu rouge, refusant de s'asseoir à la même table que ceux dont le "coktail Molotov est le mode d'expression" - selon les mots de M. Fesneau - et fustigeant un président de la République qui n'a "rien compris aux problématiques" des agriculteurs.

Après une journée d'atermoiements, l'Elysée a renoncé. "Les syndicats agricoles (...) avaient voulu un +débat+ ouvert. Ils en demandent aujourd'hui l'annulation. Donc acte", a écrit le chef de l'Etat sur le réseau X, ajoutant qu'il recevrait leurs représentants samedi matin avant l'ouverture du Salon.

L'Elysée, qui avait cité jeudi ce collectif parmi les associations environnementales invitées au côté des agriculteurs, industriels et de la grande distribution, avait dans un premier temps tenté d'éteindre l'incendie en plaidant "l'erreur" de communication.

Une "erreur" attribuée par plusieurs sources aux conseillers de l'Elysée suivant le dossier, Benoît Faraco, ancien porte-parole de la Fondation Hulot et ancien conseiller de l'eurodéputé Renaissance Pascal Canfin, et Mathias Ginet, ce dernier étant également conseiller agriculture du Premier ministre.

«Lapin sorti du chapeau»

"À ce niveau d'inconséquence ce n'est plus une connerie, c'est un symptôme, à tout le moins une alerte", juge un cadre de la majorité.

Le ricochet a été tout aussi cinglant du côté de la grande distribution. Michel-Edouard Leclerc, médiatique représentant du leader du secteur E.Leclerc, a dénoncé une "annonce foireuse" et décliné l'invitation avant même de l'avoir reçue.

Cette idée de grand débat, élargie à toute la filière, suscite aussi nombre d'interrogations alors que les agriculteurs ont déjà beaucoup échangé avec le Premier ministre Gabriel Attal et attendaient avant tout des actes du président.

"J'ai dit qu'on avait déjà débattu, qu'un nouveau débat, pendant des heures, avec des représentants nationaux des syndicats ne servirait à rien", a indiqué Véronique Le Floc'h, présidente de la Coordination rurale à l'AFP.

"Il y avait un dialogue qui s'était établi, un semblant de confiance, et on était au stade où il y avait des attentes sur la concrétisation des annonces qui avaient été faites", renchérit le politologue Eddy Fougier, déplorant un "lapin qu'on sort du chapeau" à chaque crise via un grand débat ou une convention citoyenne.

Cette fois, Emmanuel Macron "s'est pris un mur", juge-t-il.

«Un peu usé»

Pour Benjamin Morel, maître de conférence en droit public à l'université Paris 2 Panthéon-Assas, le chef de l'Etat est pourtant "plutôt bon dans ce type d'exercice", "dans l'interaction" avec le public.

Très attendu au Salon, il entendait monter à son tour en première ligne et dénouer la crise après avoir laissé son Premier ministre poser les jalons de la désescalade ces dernières semaines.

Mais le grand débat c'est un outil "plutôt adapté" en l'absence "d'interlocuteur" bien identifié, "structuré", comme les gilets jaunes, pas pour le monde agricole, analyse Benjamin Morel.

"Cette méthode de sortie de crise apparaît comme étant un peu usée", estime-t-il aussi. Elle a véhiculé "l'idée qu'on aurait jeté du sable pour endormir les gilets jaunes, une image pas forcément positive", selon lui.

Dans la majorité, au contraire, certains y voient une méthode éprouvée qui peut encore faire ses preuves, eu égard à toute la "solennité" de l'exercice et au "charisme" du chef de l'Etat.

"Le président de la République va entendre les demandes, prendre l'opinion publique à témoin (de ce qu'il est possible de faire, NDLR) et tracer la route de la souveraineté", veut croire un cadre de la majorité.


France: les renseignements appellent à la vigilance sur les «ingérences» russes

La directrice de la Sécurité intérieure Céline Berthon (Photo, AFP).
La directrice de la Sécurité intérieure Céline Berthon (Photo, AFP).
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  • Cette note, signée de la nouvelle directrice de la Sécurité intérieure Céline Berthon, est adressée aux directeurs de la police nationale
  • Ces actes sont «généralement commis par des membres des communautés russophones d'Europe de l'Est»

PARIS: Le renseignement intérieur français appelle les forces de l'ordre à faire remonter tous les "signaux faibles" d'opérations d'ingérences menées par la Russie dans le pays, après plusieurs actions de ce type à l'échelle européenne, selon une note consultée par l'AFP vendredi.

Les services de renseignement russes ont mis en place des "modes opératoires alternatifs mobilisant des réseaux de +proxies+ (intermédiaires, ndlr) dans le but de mener des activités d'ingérence", indique cette note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Ces opérations se traduisent par des "actions subversives", menées par ces "proxies" et relevant généralement de "délits de droit commun", poursuit la note qui cite en exemple des "dégradations de biens publics (graffitis, tags), placardage d'affiches, de stickers, distribution de flyers".

Les messages diffusés lors de ces opérations "visent globalement à amplifier les dissensions et les fractures internes à la société française", en exploitant tout type de sujets, de la "réforme des retraites" à la "prise de position dans le conflit israélo-palestinien" ou au "dénigrement des JO 2024", poursuit la DGSI.

Ils peuvent aussi servir à "soutenir ouvertement les intérêts de la Russie" en "dénonçant la politique étrangère de la France, des Etats-Unis ou de l'OTAN".

"Il n'est pas exclu" que des "actions de nature violente" puissent "être également commanditées", ajoute la DGSI, évoquant des "menaces ou agressions physiques, notamment à l'encontre de ressortissants ukrainiens ou de dissidents russes".

Sécurité publique 

Cette note, signée de la nouvelle directrice de la Sécurité intérieure Céline Berthon, est adressée aux directeurs de la police nationale et de la gendarmerie nationale, ainsi qu'au préfet de police de Paris.

Dans le "contexte géopolitique actuel, et alors que la France s'apprête à accueillir les Jeux Olympiques", la DGSI leur demande de "sensibiliser les services de sécurité publique susceptibles d'être amenés à traiter ce type de dossiers".

Elle demande aussi de lui signaler "systématiquement" les actions de cette nature, en citant plusieurs "signaux faibles" qui peuvent alerter.

Ces actes sont "généralement commis par des membres des communautés russophones d'Europe de l'Est", détaille la DGSI, précisant que ces personnes peuvent soit séjourner "temporairement" en France, soit y être "installées de longue date, légalement ou illégalement".

Fin octobre, en plein conflit entre Israël et le Hamas palestinien, des dizaines d'étoiles de David bleues apposées au pochoir avaient ainsi été découvertes sur des façades d'immeubles à Paris et en banlieue. Un couple de Moldaves avait été interpellé et le commanditaire présumé, un homme d'affaires moldave prorusse, identifié. La France avait condamné une "ingérence numérique russe" dans cette affaire.