Israël-Hamas: Macron peine à déclencher une dynamique diplomatique d’envergure

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une réunion sur la "forêt et l'océan" au sommet des Nations unies sur le climat à Dubaï, le 2 décembre 2023. (Photo Ludovic Marin / AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une réunion sur la "forêt et l'océan" au sommet des Nations unies sur le climat à Dubaï, le 2 décembre 2023. (Photo Ludovic Marin / AFP)
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Publié le Samedi 02 décembre 2023

Israël-Hamas: Macron peine à déclencher une dynamique diplomatique d’envergure

  • Une rencontre espérée de plusieurs dirigeants arabes réunis autour du président français n'a pas pu se tenir
  • Une vaste tournée au Moyen-Orient avait été envisagée, avant d’être réduite à une escale au Qatar

DUBAI: Emmanuel Macron espérait s'appuyer sur la «dynamique» de la trêve entre Israël et le Hamas pour promouvoir les positions françaises et commencer à esquisser le «jour d'après» la guerre, mais son arrivée à la COP28 à Dubaï a coïncidé avec la reprise des hostilités.

Synonyme de coup d'arrêt aux libérations d'otages par le mouvement islamiste palestinien, la fin de cette pause négociée est venue entraver ses efforts lors d'un déplacement qui illustre la complexité, pour le président français, à trouver comment peser dans cette crise internationale majeure.

Le chef de l'Etat a eu vendredi des entretiens en marge du sommet de l'ONU sur le climat avec plusieurs dirigeants concernés par le conflit, déclenché par les attaques sanglantes d'une violence inédite menées le 7 octobre par le Hamas en Israël suivies de bombardements israéliens contre Gaza jusqu'à la trêve du 24 novembre.

Auprès du président israélien Isaac Herzog, il a réclamé que cette trêve reprenne au plus vite, dans l'espoir que cela débouche sur un cessez-le-feu durable.

«C'est indispensable» pour «continuer la libération d'otages» retenus par le mouvement palestinien, parmi lesquels figurent potentiellement quatre Français, et «pour faire arriver davantage d'aide humanitaire» à Gaza, a plaidé la cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna.

«Et puis, pour continuer de penser au jour d'après», «conforter l'Autorité palestinienne» pour qu'elle puisse assumer à l'avenir le contrôle de Gaza, et «parvenir à une solution à deux Etats», la seule «viable», a-t-elle ajouté devant des journalistes.

Etape au Qatar

Avec ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et émirati Mohammed ben Zayed al-Nahyane, ou avec le roi Abdallah II de Jordanie, sous la pression d'une opinion remuée par la mort de milliers de civils palestiniens, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de condamner malgré tout clairement le Hamas, et a tenté de coordonner les opérations humanitaires.

Enfin, le président a dit au Premier ministre libanais Najib Mikati que le mouvement chiite Hezbollah avait tout intérêt à la retenue pour éviter une escalade régionale, selon son entourage.

Samedi soir, M. Macron doit faire escale au Qatar pour un dîner avec cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, l'émir de ce pays au cœur des négociations pour la trêve et la libération d'otages.

Une tournée plus vaste au Moyen-Orient avait un temps été envisagée. Au final, la présence de nombreux acteurs à la COP a convaincu l'Elysée d'en faire un rendez-vous climatico-diplomatique d'envergure. Mais l'ambition initiale a été en partie contrariée, et une rencontre espérée de plusieurs dirigeants arabes réunis simultanément autour du président français, qui aurait pu décupler son message, n'a pas pu se tenir.

Quant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ils n'étaient pas à Dubaï, et aucune étape en Israël ou à Ramallah n'est au programme.

Carte européenne

«La France et Macron, n'arrivent pas à véritablement trouver leur place dans cette crise», estime Agnès Levallois, de l'Institut de recherche et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient.

Selon elle, le président a perdu un peu de son crédit en lançant fin octobre à Jérusalem, sans avoir préparé le terrain, l'idée d'enrôler les pays arabes dans une coalition internationale contre le Hamas. Puis, après avoir été critiqué pour un alignement trop net en faveur d'Israël, son appel à «arrêter» de bombarder des civils a pu tendre ses relations avec Benjamin Netanyahu. Une recherche d'équilibre «au gré des réactions» qui brouille sa stratégie, déplore la chercheuse.

Emmanuel Macron est désormais face à deux difficultés. Côté israélien, les diplomates français ne cachent pas leur inquiétude au sujet d'opérations militaires qui visent aussi le sud de la bande de Gaza, contrairement aux engagements en faveur de zones «sûres» pour les civils. Ils s'interrogent de surcroît sur la volonté affichée par les autorités israéliennes de «détruire» le Hamas, redoutant que, sans une opération plus ciblée, cela revienne à faire encore plus de victimes civiles.

Parallèlement, la France recherche la formule pour renforcer une Autorité palestinienne vacillante. Mais dans les deux cas, les moyens de pression font défaut. Quant à la solution à deux Etats défendue avec ténacité par Paris, nul ne connaît vraiment le chemin pour y parvenir.

«Tout seul, Emmanuel Macron ne peut pas y arriver», note Agnès Levallois. «En revanche, l'Europe dispose de leviers. On a une vraie carte européenne à jouer», ajoute-t-elle, regrettant qu'elle soit à ce stade inexistante.


Chaleur: Météo-France étend la vigilance jaune à 18 départements dont Paris et petite couronne

Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
Cette photo montre une affiche de santé publique française sur laquelle on peut lire « N'attendez pas les premiers effets de la forte chaleur, protégez-vous, restez au frais et buvez de l'eau », à la mairie de Noisy-le-Sec le 14 août 2025, alors qu'une vague de chaleur sévit en Europe. (AFP)
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  • Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros"
  • "Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée"

PARIS: La vigilance jaune canicule a été étendue à 18 départements jusqu'à mardi, Paris et la petite couronne ainsi que la Manche basculant lundi à ce niveau d'alerte, a annoncé Météo-France dans son dernier bulletin.

Il s'agit d'un "épisode de chaleur précoce et remarquable, concernant l'ouest du pays et Paris intra-muros", a indiqué l'établissement public dans son bulletin publié à 06H00.

Les départements concernés sont le Finistère, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, Le Maine-et-Loire, la Sarthe, la Loire-Atlantique, la Vendée, la Charente, les Deux-Sèvres, la Vienne, le Loir-et-Cher, l'Indre-et-Loire, le Finistère, suivis à partir de midi par la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine et Paris.

"Les maximales restent très élevées pour la saison, la chaleur s'étend encore plus au nord, avec quasiment partout plus de 30°C, excepté au bord de la Manche et sur les plages de Méditerranée. Il fait 30°C à 35°C sur la moitié Nord. Dans le Sud-Ouest, le mercure atteint 32°C à 36°C, tout comme dans la vallée du Rhône. Sur le reste du Sud-Est, on attend 29 à 32°C", a écrit Météo-France.

Le pays est la proie d'un "dôme de chaleur" depuis dimanche qui agit comme un couvercle. L'air chaud en provenance du Maroc transite par la péninsule ibérique et se retrouve piégé sous les hautes pressions d'un puissant anticyclone.

Les climatologues ont montré que les canicules à répétition étaient un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion des énergies fossiles. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s'allonger et s'intensifier.

 


A Paris, blessés et gardes à vues après des bagarres impliquant des supporters niçois

Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
Les supporters du RC Lens font la fête sur le terrain après la victoire de leur équipe à l'issue de la demi-finale de la Coupe de France de football opposant le RC Lens au Toulouse FC au Stade Bollaert-Delelis à Lens, dans le nord de la France, le 21 avril 2026. (AFP)
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  • Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP
  • Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués

PARIS: Soixante-cinq personnes ont été placées en garde à vue après des incidents jeudi soir à Paris, impliquant des supporters de l'OGC Nice, qui ont fait six blessés, dont un grièvement.

Une centaine de supporters de Nice, qui affronte Lens en finale de la Coupe de France de football vendredi à 21H00 au Stade de France, se sont réunis vers 23H30 dans le Xe arrondissement, dans l'est de la capitale, "cherchant manifestement à en découdre", selon la Préfecture de police à l'AFP.

Ces supporters niçois ont déambulé le long du Canal Saint-Martin et une importante rixe a éclaté quai de Valmy "pour un motif ignoré à ce stade". Six personnes ont été blessées, dont une grièvement.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont procédé à l'interpellation de 65 personnes qui ont été placées en garde à vue "notamment pour participation à un groupement en vue de commettre des violences", précise encore la PP.

Des armes blanches et armes par destination ont été découvertes ainsi que des cagoules et gants coqués.

Selon une autre source policière, un couteau à pain avec une lame de 20 cm et des traces de sang ont été également découverts au sol dans une rue du Xe arrondissement. Toujours selon cette source, certaines victimes n'auraient aucun lien avec le milieu du supporterisme, il s'agirait de simples badauds.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos amateurs montrent des personnes masquées s'en prenant à un bar du quartier, L'Atmosphère, jetant notamment des chaises contre la devanture.

"Tout ce qu'on n'aime pas" 

"Ce sont des groupes certainement marginaux car l'essentiel des supporters niçois doit arriver aujourd'hui à Paris", a assuré le président de la Fédération française de football Philippe Diallo sur France Info. "On est dans tout ce qu'on n'aime pas dans le football, c'est-à-dire de la violence, alors même qu'une finale de Coupe de France, c'est la fête...".

Le maire du XIe arrondissement, David Belliard, a dénoncé sur son compte X "un cortège de militants d'extrême droite en plein Paris, qui se battent et sont violents".

"Ces gens n'ont rien à faire là. Nous ne voulons ni d'eux, ni de leur idéologie raciste ici", a ajouté l'élu écologiste.

Classée à risque en raison de l'animosité entre les supporters de Nice et ceux du PSG, cette finale de Coupe de France fait l'objet d'un important dispositif, avec plus de 2.000 policiers prévus.

La préfecture de Seine-Saint-Denis a également décidé d'interdire la vente de boissons alcoolisées sur place et aux abords immédiats du Stade de France, ainsi que leur consommation sur la voie publique.

Le RC Lens, qui a terminé 2e du championnat derrière le Paris Saint-Germain, peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire en remportant sa première Coupe de France.

De son côté, Nice tentera avant tout de reprendre confiance quelques jours avant des barrages décisifs pour son maintien en Ligue 1, contre Saint-Etienne.


Le Drian: Le Liban est «en situation de péril» 

Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
Une photo diffusée par le service de presse de la présidence libanaise le 8 décembre 2025 montre le président libanais Joseph Aoun (à droite) en compagnie de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian (à gauche) au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth. (Photo : Handout / Présidence libanaise / AFP)
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  • "Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël"
  • "Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé

PARIS: Le Liban est "en situation de péril", a estimé jeudi l'envoyé spécial du président français pour le Liban, Jean-Yves Le Drian, tout en saluant la poursuite des discussions qui offrent "une perspective" de sortie du conflit entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Aujourd'hui, le Liban est en situation de péril sur son unité et sur son intégrité", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur BFM TV/RMC, soulignant la division des "communautés libanaises à l'égard du Hezbollah et à l'égard d'Israël".

"Le Liban est menacé dans son intégrité parce qu'il y a une partie de son territoire qui est occupée par Israël et une autre partie qui est agitée et animée par le Hezbollah, qui sert les intérêts iraniens, donc d'une puissance étrangère", a-t-il rappelé.

Il a néanmoins salué la poursuite de la trêve, y voyant "une perspective de 45 jours où on va continuer à discuter".

Et dans ce processus, les dirigeants libanais sont "de haute qualité" et "sont courageux", a-t-il souligné, en référence à la demande de négocier directement avec le gouvernement israélien pour faire sortir leur pays "de cet étau et d'aboutir à un processus qui redonnera à l'État libanais les moyens d'agir et d'exister".

Il a en outre jugé "positif" que les Etats-Unis s'impliquent dans le processus de négociation et ce, "même si Israël a refusé que la France fasse partie de cette discussion alors que les Libanais le demandaient".

Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements au Liban malgré la trêve.

L'armée israélienne a mené des frappes au-delà de la "ligne jaune" qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle les soldats israéliens poursuivent leurs opérations, disant protéger la population du nord d'Israël des tirs du mouvement pro-iranien.