Turquie: l'inflation atteint près de 62% sur un an en novembre

Des résidents locaux font la queue devant un bureau de change à Ankara, le 20 juillet 2023. (Photo d'Adem ALTAN / AFP)
Des résidents locaux font la queue devant un bureau de change à Ankara, le 20 juillet 2023. (Photo d'Adem ALTAN / AFP)
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Publié le Lundi 04 décembre 2023

Turquie: l'inflation atteint près de 62% sur un an en novembre

  • La nouvelle équipe à la tête de la Banque centrale et du ministère de l'Economie a fait remonter le taux directeur de 8,5 à 40% afin de tenter de réduire l'inflation
  • Selon les données officielles, la hausse des coûts d'emprunt a commencé à ralentir la consommation – un objectif clé de la banque centrale

ISTANBUL: L'inflation a atteint près de 62% sur un an en novembre en Turquie, selon les données officielles publiées lundi.

La hausse des prix à la consommation, alimentée notamment par la dépréciation de la livre turque, a grimpé en novembre à 61,98% sur un an, alors qu'elle avait atteint 61,36% en octobre.

Elle a cependant légèrement baissé de 3,43% à 3,28% sur un mois en novembre.

Quoique élevés, les chiffres officiels sont contestés par les économistes indépendants du Groupe de recherche sur l'inflation (Enag), qui calculent la hausse des prix à la consommation à 129,27% en glissement annuel en novembre.

Depuis les élections de mai et la reconduction au pouvoir du président Erdogan, la nouvelle équipe à la tête de la Banque centrale et du ministère de l'Economie a fait remonter le taux directeur de 8,5 à 40% afin de tenter de réduire l'inflation.

M. Erdogan a été réélu en mai dernier en s'engageant durant sa campagne à ne jamais autoriser la banque centrale à relever son taux directeur tant qu'il serait président.

Il a cependant changé de cap, en nommant une nouvelle équipe d'économistes respectés, formés à Wall Street et dans le privé, chargés de sortir la Turquie de la crise.

Selon des analystes, une hausse finale du taux directeur de 2,5% pourrait avoir lieu lors de la prochaine réunion de la banque centrale le 21 décembre.

Le taux directeur pourrait ensuite resté stable lors du premier semestre de 2024.

Selon les données officielles, la hausse des coûts d'emprunt a commencé à ralentir la consommation – un objectif clé de la banque centrale.

L'agence de notation Standard & Poor a révisé la note de la Turquie de stable à positive à long terme en novembre.

"L'inflation semble avoir atteint un pic", a estimé l'agence de notation.

Mais elle a également averti que "la réinitialisation de la politique prendra au moins deux ans pour maîtriser l'inflation".

Prise dans une spirale de dévaluation et d'inflation, la Turquie connaît une inflation à deux chiffres sans discontinuer depuis fin 2019, rendant le coût de la vie difficilement supportable pour de nombreuses familles.


Intelligence artificielle : ChatGPT débloque pendant des heures

Cette photographie prise à Mulhouse, dans l'est de la France, le 19 octobre 2023, montre des figurines à côté du logo ChatGPT (Photo, AFP).
Cette photographie prise à Mulhouse, dans l'est de la France, le 19 octobre 2023, montre des figurines à côté du logo ChatGPT (Photo, AFP).
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  • OpenAI, la start-up qui a lancé le programme fin 2022, a indiqué mercredi matin sur son site que ChatGPT fonctionnait à nouveau «normalement»
  • OpenAI n'a pas fourni plus de précisions sur la nature de l'incident, qui rappelle que l'IA, même générative, n'a pas de conscience ni de compréhension de ce qu'elle «dit»

SAN FRANCISCO: ChatGPT, la très populaire interface d'intelligence artificielle (IA) générative qui a fait connaître cette technologie, a débloqué pendant plusieurs heures mardi, répondant aux questions des utilisateurs avec des phrases sans queue ni tête, un rappel que ces systèmes sont encore balbutiants.

OpenAI, la start-up qui a lancé le programme fin 2022, a indiqué mercredi matin sur son site que ChatGPT fonctionnait à nouveau "normalement".

Mardi après-midi - à l'heure de San Francisco, où elle est basée - elle avait annoncé "enquêter sur des signalements de réponses inattendues de la part de ChatGPT". Quelques minutes plus tard, l'entreprise star de la Silicon Valley avait assuré avoir "identifié le problème" et "être en train de le résoudre".

De nombreux utilisateurs ont mis en ligne des captures d'écran montrant des réponses erratiques ou incompréhensibles du modèle d'IA générative. Cette technologie de pointe permet de produire toutes sortes de contenus (textes, sons, vidéos), d'ordinaire de qualité bluffante, sur simple requête en langage courant.

Sur le forum des développeurs qui utilisent les outils d'OpenAI, un utilisateur baptisé "IYAnepo" a ainsi relevé le comportement "étrange" de ChatGPT.

"Il génère des mots totalement inexistants, omet des mots et produit des séquences de petits mots-clés qui me sont inintelligibles, entre autres anomalies", a-t-il relaté. "On pourrait penser que j'ai spécifié de telles instructions, mais ce n'est pas le cas. J'ai l'impression que mon GPT est hanté (...)".

Un autre utilisateur, "scott.eskridge", s'est plaint sur ce même forum que toutes ses conversations avec le modèle de langage "se transforment rapidement en grand n'importe quoi depuis trois heures".

Il a copié un extrait d'une des réponses de l'interface : "L'argent pour le bit et la liste est l'un des étrangers et l'internet où la monnaie et la personne du coût est l'un des amis et la monnaie. La prochaine fois que vous regarderez le système, l'échange et le fait, n'oubliez pas de donner."

OpenAI n'a pas fourni plus de précisions sur la nature de l'incident, qui rappelle que l'IA, même générative, n'a pas de conscience ni de compréhension de ce qu'elle "dit".

Gary Marcus, spécialiste de l'IA, espère que l'incident sera perçu comme un "signal d'alarme".

"Ces systèmes n'ont jamais été stables. Personne n'a jamais été en mesure de mettre au point des garanties de sécurité autour de ces systèmes", a-t-il écrit dans sa newsletter mardi. "Le besoin de technologies totalement différentes, moins opaques, plus interprétables, plus faciles à entretenir et à déboguer - et donc plus faciles à mettre en œuvre - reste primordial", a-t-il ajouté.


Le Maroc souhaite faire payer les géants du numérique

En 2024, le Maroc franchit un cap décisif en matière de régulation fiscale, ciblant spécifiquement les mastodontes de la technologie, connus sous l'acronyme GAFAM (Photo, AFP).
En 2024, le Maroc franchit un cap décisif en matière de régulation fiscale, ciblant spécifiquement les mastodontes de la technologie, connus sous l'acronyme GAFAM (Photo, AFP).
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  • La Direction générale des impôts énonce clairement son intention de soumettre les GAFAM à la TVA
  • Cette réforme fiscale stipule que les prestations fournies par ces géants du numérique sont considérées comme réalisées sur le sol marocain

CASABLANCA: En 2024, le Maroc franchit un cap décisif en matière de régulation fiscale, ciblant spécifiquement les mastodontes de la technologie, connus sous l'acronyme GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, et Microsoft), ainsi que les plateformes de streaming et de gaming telles que YouTube et Spotify. 

La Direction générale des impôts (DGI), par le biais de sa circulaire rendue publique ce mardi sur les mesures fiscales de la loi de finances, énonce clairement son intention de soumettre ces entités à la TVA, en modifiant les règles de territorialité associées à cette taxe, comme le souligne le magazine Challenge.

Cette réforme fiscale stipule que les prestations fournies par ces géants du numérique sont considérées comme réalisées sur le sol marocain, indépendamment de la localisation du client lors de l'acquisition du service dématérialisé ou de son utilisation à l'étranger.

Cette mesure vise à assujettir à la TVA toute prestation de service à distance de nature dématérialisée, englobant les biens incorporels et autres biens immatériels, ce qui constitue une première pour le Maroc.

L’équité fiscale

Jusqu'à présent, ces entreprises technologiques, malgré leurs profits astronomiques et leur part significative dans les recettes publicitaires au Maroc, échappaient à toute forme de taxation locale.

Cette situation, jugée inéquitable par de nombreux acteurs économiques marocains, se voit en conséquence prise en compte par la DGI. L'objectif étant de redistribuer plus justement les bénéfices sur le territoire marocain et de permettre à l'État de percevoir les impôts dus.

L'initiative marocaine s'inscrit dans une tendance mondiale visant à rétablir l'équilibre fiscal avec les géants du numérique. Le Canada, par exemple, a récemment adopté une législation contraignant les plateformes numériques à rémunérer équitablement les médias pour l'utilisation de leur contenu, sous peine de sanctions.

Cette démarche, qui a mené à un bras de fer avec Meta, illustre la volonté croissante des gouvernements de défendre leurs intérêts nationaux face à la puissance des multinationales du secteur technologique.

 


De nouveaux venus s’installent sur le marché financier saoudien

Nayef al-Athel, directeur des ventes et du marketing du groupe Tadawul. (Photo Arab News).
Nayef al-Athel, directeur des ventes et du marketing du groupe Tadawul. (Photo Arab News).
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  • Le Forum saoudien du marché des capitaux, qui s’est tenu à Riyad, occupe une place importante sur la scène financière mondiale
  • M. Al-Athel a mis en lumière l’essor des marchés obligataires, indispensables pour le financement de projets

RIYAD: L’Arabie saoudite est témoin de nouveaux venus sur le marché financier qui n’existaient pas il y a six ans, notamment des écoles et des hôpitaux, selon un responsable du groupe Tadawul.

Le Forum saoudien du marché des capitaux, qui s’est tenu à Riyad, occupe une place importante sur la scène financière mondiale. Nayef al-Athel, directeur des ventes et du marketing du groupe Tadawul, évoque cette importance dans un entretien accordé à Arab News.

Soulignant la diversification du marché, M. Al-Athel déclare: «Ce que je trouve particulièrement remarquable, c’est que tous les nouveaux venus sur le marché appartiennent à des secteurs différents de ceux que le marché privilégie aujourd’hui.»

Nayef al-Athel poursuit: «Il existe, sur le marché, des entreprises qui mobilisent des secteurs n’ayant jamais fait partie du marché auparavant. À titre d’exemple, une entreprise de commerce électronique ainsi que des écoles et des hôpitaux se sont installés sur le marché. Ces entreprises ne faisaient pas partie du marché il y a cinq ou six ans.»

Se penchant sur les exploits du groupe Tadawul, M. Al-Athel met en lumière son rôle de «puissance des marchés de capitaux», avec un historique prolifique de plus de 150 cotations au cours des cinq dernières années.

Il décrit le forum comme «l’un des plus grands forums financiers au monde, sinon le plus important».

Il ajoute: «Nous avions, en tout, plus de 15 000 personnes qui voulaient assister à cette conférence. Nous n’avons malheureusement pas pu toutes les accueillir.»

Nayef al-Athel explique: «Nous avons hébergé 4 500 personnes – un nombre considérable par rapport à l’année dernière. Le plus impressionnant, c’est que nous avons réussi à organiser plus de 4 200 rencontres entre entreprises et investisseurs. Il y a 75 salles de réunion entièrement occupées de 8 h à 20 h pour la tenue de ces réunions.»

Fait marquant, le haut dirigeant a dévoilé le CMF Connect, lors d’une discussion informelle, sachant que la séance inaugurale est prévue à Hong Kong. M. Al-Athel a détaillé les plans d’expansion, soulignant l’évolution du forum vers une plate-forme internationale transcendant les limites géographiques.

Il déclare: «L’objectif est que cette conférence ait lieu à Hong Kong et dans d’autres villes également. Nous allons donc continuer à déployer nos ailes. Il est évident que la partie internationale de la conférence ne comprend pas le mot Arabie saoudite.»

Et Nayef al-Athel de renchérir: «Nous avons élaboré une marque qui va lui permettre de se distinguer en tant que forum autonome sur le marché des capitaux, capable d’exécuter ses initiatives et ses stratégies partout.»

S’attardant sur le mot «Connect», il précise qu’il est similaire aux liens qui «continueront d’être entretenus entre les entreprises saoudiennes, les investisseurs saoudiens et la société internationale des sociétés financières, des émetteurs internationaux et des investisseurs internationaux».

M. Al-Athel a également mis en lumière l’essor des marchés obligataires, indispensables pour le financement de projets. Alors que les cotations de sukuks préparent le terrain, les émissions de titres de société prennent de l’ampleur, laissant présager un avenir prometteur pour les transactions sur les marchés obligataires.

«Les marchés obligataires sont très importants. Il n’y a aucun moyen pour nous, en tant que pays, de financer notre potentiel et nos projets sans un marché obligataire très solide», insiste-t-il.

À la lumière de ces progrès, Nayef al-Athel reconnaît la relation symbiotique entre les performances du marché et les tendances économiques plus larges, soutenue par l’initiative transformatrice Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

«Nous sommes très chanceux, car tout ce qui se passe dans le pays – de la transformation au tourisme en passant par le divertissement – se répercute sur le marché qui est, en fin de compte, le reflet de l’économie. Tout l’enthousiasme qui caractérise l’Arabie saoudite de manière générale se répercute sur le marché», souligne-t-il.

Au-delà de la finance, M. Al-Athel partage son point de vue sur l’orientation stratégique du groupe vers la durabilité, citant un nouvel engagement: «Nous voulons construire notre marque autour de la durabilité et de l’écologie et quoi de mieux que de planter des arbres pour atteindre ce but?»

Il explique: «Le protocole d’accord est assez simple: à chaque cotation sur le marché principal, nous allons planter 50 arbres. Pour chaque inscription à Nomu, nous planterons 25 arbres. Pour chaque membre – spécialisé dans les produits dérivés, membre compensateur, dépositaire ou courtier – qui rejoint la bourse, nous planterons 50 arbres. Pour chaque conférence, 30 arbres seront plantés.»

Nayef al-Athel indique qu’il existe un terrain à la périphérie de Riyad où les arbres seront plantés, créant ainsi un espace vert d’ici deux à trois ans, qu’il qualifie d’«oasis de Tadawul».

Il évoque également une initiative à venir, qui consiste à créer un atelier d’art numérique, permettant à la jeunesse saoudienne d’exposer sa créativité à l’échelle mondiale.

Il déclare: «Nous voulons aborder plusieurs thèmes, dont l’art qui nous passionne et qui commence à peine à éclore dans le pays. Nous voulons que le nom du groupe Tadawul soit associé aux arts et plus particulièrement à l’art numérique.»

Un protocole d’accord a été signé pour la construction de l’atelier destiné à aider les jeunes Saoudiens à créer des œuvres d’art numériques qui seront exposées lors des futures conférences du groupe.

«Le fait que le nom du groupe saoudien Tadawul soit associé à l’art sera très bénéfique pour l’évolution de notre marque», commente M. Al-Athel.

Alors que le Forum saoudien du marché des capitaux continue d’évoluer et d’accroître son empreinte mondiale, son rôle en tant que lien pour l’innovation et la collaboration financières reste inattaquable, incarnant l’ascension de l’Arabie saoudite en tant que puissance financière sur la scène mondiale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com