Dans la foulée de Pisa, Attal promet le retour de «l'exigence» à l'école avec une série d'annonces

Le ministre de l'Education Gabriel Attal s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris le 5 décembre 2023. (Photo, AFP)
Le ministre de l'Education Gabriel Attal s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris le 5 décembre 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 06 décembre 2023

Dans la foulée de Pisa, Attal promet le retour de «l'exigence» à l'école avec une série d'annonces

  • Gabriel Attal a souligné qu'il «faudrait créer des postes» d'enseignants, "potentiellement plusieurs milliers" sur le quinquennat
  • Le brevet sera réformé pour renforcer son «exigence» et son obtention «conditionnera l'accès direct au lycée»

PARIS: Epreuve de maths en première pour le bac, brevet indispensable pour aller au lycée ou nouvelles règles pour le redoublement: Gabriel Attal a dévoilé mardi son plan pour "remettre de l'exigence" à l'école dans la foulée des résultats décevants de l'étude internationale Pisa.

"J'assume de porter une ambition très forte pour l'école, sans aucun tabou", a déclaré le ministre de l'Education lors d'une conférence de presse dans un collège parisien.

Après consultation de la communauté éducative durant deux mois, et à la suite de la publication mardi de l'étude Pisa 2022 de l'OCDE, l'objectif est affiché: "l'élévation du niveau" des élèves français.

Cette enquête, qui évalue les performances scolaires de 81 pays, dont ceux de l'OCDE, pointe une baisse "historique" du niveau en mathématiques et un fort recul en compréhension de l'écrit en France, dans le sillage d'une baisse globale au niveau international.

"Les résultats de Pisa sont très clairs: oui, il y a un problème au collège et notamment en mathématiques", a reconnu Gabriel Attal, favorable à un "sursaut".

Parmi ses mesures, une nouvelle épreuve du bac "dédiée aux mathématiques et à la culture scientifique" sera créée en classe de première à partir de l'année scolaire 2025-2026.

Au primaire, "de nouveaux programmes" seront mis en place, à commencer, "dès septembre prochain, par les classes de la maternelle au CE2". En maths, le ministre veut s'inspirer de la méthode dite de Singapour, pays qui domine le classement Pisa, "en anticipant par exemple l’apprentissage des fractions et des nombres décimaux dès la classe de CE1".

Concernant le collège, au "coeur de l'électrochoc", selon lui, des groupes de niveaux seront créés "à compter de la rentrée prochaine" en 6e et en 5e pour le français et les mathématiques, et "à compter de la rentrée de septembre 2025" en 4e et 3e.

Gabriel Attal a souligné qu'il "faudrait créer des postes" d'enseignants, "potentiellement plusieurs milliers" sur le quinquennat, pour mettre en oeuvre cette mesure. Il promis pour la fin du mois "un nouveau schéma d’emploi pour la rentrée prochaine".

Vision «conservatrice»

Le brevet sera réformé pour renforcer son "exigence" et son obtention "conditionnera l'accès direct au lycée". Les élèves qui ne l'obtiendront pas devront passer par une classe "prépa-lycée".

"Mon souhait est bien de remettre de l’exigence à tous les étages", a souligné Gabriel Attal dans une lettre aux professeurs.

Symbole: il a décidé de changer les règles du redoublement. Ce seront désormais les professeurs et non les familles qui auront "le dernier mot" sur cette mesure controversée, dont les opposants dénoncent tant le coût que l'inefficacité pédagogique.

"Que propose le ministre? Les groupes de niveaux, ça produit des inégalités. Le redoublement, ça favorise l’exclusion", a dénoncé Arthur Delaporte, porte-parole des députés PS. Pour lui, cette politique est "fondée sur une idéologie rance de la droite conservatrice".

"Vous rétablissez les groupes de niveaux, autorisez le redoublement et transformez le brevet en examen de passage en seconde (...). Ces mesures sont exactement celles du programme éducatif de Marine Le Pen", a raillé le député RN Roger Chudeau, avant de dénoncer "une opération de communication".

Du côté des syndicats enseignants, le SE Unsa a regretté "un leurre au parfum de nostalgie", qui "évite sans doute de reconnaître le vrai malaise de l'école aujourd’hui, à savoir le manque cruel de mixité sociale". Ces mesures "renforcent davantage le tri" des élèves, estime-t-il.

Pour Sud Education aussi, le ministre "fait le choix des inégalités".

"On a un choc des annonces plutôt qu'un choc des savoirs", a réagi Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré. Pour elle, concernant les élèves en difficulté, Gabriel Attal ne répond pas "aux attentes principales des personnels", qui veulent "la diminution des effectifs dans les classes".

Le Snalc a en revanche accueilli "avec intérêt" ces annonces. Mais "les mesures pédagogiques ne fonctionneront qu’avec un métier attractif, donc des personnels reconnus et nettement mieux rémunérés", prévient-il.


Sécheresse en France: situation «exceptionnelle» et «très préoccupante», selon la ministre de la Transition écologique

La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
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  • "C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut
  • Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle

PARIS: La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires. 206 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, "il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013", a indiqué la ministre lors d'une réunion de la cellule de crise au ministère.

"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.

"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".

"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué.

La ministre a souligné que "les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal: depuis le début du mois de juin, les débits mensuels diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire, et près d'un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années" alors qu'"un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec".

"C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut.

Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France", selon une note de la ministre de la Transition écologique consacrée aux "principales alertes" sur ce texte publiée par le média Contexte.

Des élus locaux ont mis en garde contre un texte qui va démarrer "une guerre de l'eau", tandis que des scientifiques, des écologistes, d'anciens ministres de l'Agriculture et le 3e syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont dénoncé le déséquilibre du texte sorti du Sénat. Cette version prévoit notamment de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler la capacité de stockage et de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales.


En forêt de Fontainebleau, les opérations se poursuivent pour contenir les reprises de feu

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
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  • Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares
  • L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours

NOISY-SUR-ECOLE: Quelque 800 pompiers étaient encore à pied d'oeuvre mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille après 48 heures de lutte intense.

"Trois reprises modérées de feu" ont été identifiées dans le secteur du Grand Parquet, à proximité de la ville de Fontainebleau, a déclaré à l'AFP Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.

Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares. L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours.

Un peu plus tôt, M. Laurain expliquait que les opérations prévues allaient dorénavant être "principalement du +noyage+, c'est-à-dire s'assurer qu'on traite toutes les parties incandescentes qui restent dans la terre ou les souches ou les branches d'arbre qui sont tombées au sol, afin qu'on n'ait pas de reprise particulière".

"Ensuite, on va commencer à imaginer la façon dont on va pouvoir rouvrir les axes et désengager une partie des pompiers", a-t-il poursuivi, tandis que les deux feux ont été fixés mardi soir.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

Parmi les "bonnes nouvelles", la possibilité pour le Dash d'aller se ravitailler à Melun, à environ 15 minutes de trajet, là où il devait auparavant aller dans les Vosges ou le Maine-et-Loire, à environ 1H30.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory.

Une portion de l'A6 était toujours fermée mercredi matin.

Quatre gardes à vue étaient encore en cours mardi soir, dont celle d'un pompier volontaire qui a reconnu avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Arbonne-la-Forêt.

 


La France publie sa stratégie pour être neutre en carbone, en pleine vague de chaleur

De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
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  • La France présente sa stratégie SNBC-3 visant la neutralité carbone d'ici 2050, avec une sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz fossile
  • Les émissions baissent, mais pas assez vite pour atteindre les objectifs, tandis que le financement de la transition reste un défi

PARIS: Après des mois de préparation, le gouvernement présente mercredi sa copie définitive pour une France "neutre en carbone" en 2050, qui se passerait du pétrole et du gaz, qui réchauffent l'atmosphère terrestre.

Cette troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) doit être présentée dans la matinée au ministère de la Transition écologique à l'occasion d'une conférence, et être suivie par la publication d'un décret, attendu dans les prochains jours, selon le ministère.

Les "principales évolutions" du texte et son calendrier doivent notamment être présentés à la presse, indique le ministère, tout comme l'impact du plan d'électrification du gouvernement sur la trajectoire de décarbonation.

Le projet de feuille de route pour baisser les rejets de gaz à effet de serre de la France avait déjà été publié en décembre et devait ensuite faire l'objet d'une série de consultations par des instances diverses, avant celle du public.

Lors de la récente première conférence sur la sortie des énergies fossiles à Santa Marta (Colombie) fin avril, qui regroupait une cinquantaine de pays volontaires, les engagements français avaient été salués.

La France a présenté un document prévoyant notamment la fin de la consommation de charbon à horizon 2030, de pétrole d'ici à 2045 et de gaz fossile en 2050.

Depuis, l'ouest de l'Europe a connu trois épisodes de chaleurs intenses en moins de deux mois, témoins des effets dévastateurs du réchauffement climatique principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.

Le gouvernement a aussi annoncé en juin un gel de 163 millions d'euros sur le fonds vert, programme gouvernemental destiné à accélérer la transition écologique dans les collectivités locales, en dépit de l'urgence de la question climatique, venant poser avec insistance la question du financement par la France de son ambition en matière d'adaptation au changement climatique, à l'heure où les finances publiques sont exsangues.

La nouvelle stratégie climatique française ambitionne une baisse des émissions de gaz à effet de serre d'environ 4% par an pour la période 2024-2028, en vue d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

Or la tendance actuelle (-1,5% en 2025) n'est pas alignée avec cette trajectoire, bien que le pays ait nettement fait baisser ses émissions au premier trimestre 2026 de 4,8% sur un an, à la faveur d'un recul des consommations de chauffage l'hiver dernier.

Pour accélérer, le gouvernement a lancé en avril un plan d'électrification de l'économie, de l'industrie aux transports en passant par le numérique.