En visite au Moyen-Orient, Poutine poursuit son retour sur la scène internationale

Le président russe Vladimir Poutine (Photo, AFP).
Le président russe Vladimir Poutine (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 06 décembre 2023

En visite au Moyen-Orient, Poutine poursuit son retour sur la scène internationale

  • M. Peskov a confirmé que le président russe évoquerait notamment le conflit israélo-palestinie
  • Entre la pandémie et l'offensive en Ukraine, M. Poutine limite ses déplacements depuis bientôt quatre ans

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine se rend mercredi aux Emirats arabes unis et en Arabie saoudite avant de recevoir le président iranien à Moscou jeudi, poursuivant son retour sur la scène internationale en dépit des tentatives occidentales de l'isoler.

Traité en paria par les Occidentaux et visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour la "déportation" d'enfants ukrainiens, Vladimir Poutine réservait jusque-là ses rares voyages à l'étranger à ses plus proches alliés.

Il était par exemple absent des dernières grandes rencontres internationales: le sommet du G20 en Inde en septembre et celui des BRICS en Afrique du Sud en août. M. Poutine avait expliqué éviter ces réunions pour ne pas "causer de problème" aux organisateurs.

Avec l'échec de la grande contre-offensive estivale ukrainienne sur le front, l'absorption du choc des sanctions occidentales par l'économie russe et l'attention internationale focalisée sur Gaza et Israël, M. Poutine semble plus confiant.

Selon le Kremlin, M. Poutine rencontrera aux Emirats le président Mohammed ben Zayed al-Nahyane pour évoquer leurs perspectives de coopération et la situation au Moyen-Orient.

M. Peskov a confirmé que le président russe évoquerait notamment le conflit israélo-palestinien, ainsi que les réductions de la production de pétrole dans le cadre de l'Opep+ dont la Russie est membre.

S'agissant du Proche-Orient, M. Poutine s'est montré critique d'Israël depuis le début de la guerre avec le Hamas, dénonçant la "catastrophe" humanitaire à Gaza et appelant à la création d'un Etat palestinien. Un message qu'il devrait marteler lors de ce déplacement dans le monde arabe.

Lors d'un sommet virtuel du G20 à ce sujet fin novembre, il avait accusé les Occidentaux de faire preuve d'indignation sélective en dénonçant son offensive en Ukraine, les interpellant sur l'"extermination des civils en Palestine".


Von der Leyen exclut de travailler avec «les amis de Poutine» au Parlement européen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'adresse aux médias lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 21 février 2024 (Photo, AFP).
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'adresse aux médias lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 21 février 2024 (Photo, AFP).
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  • La responsable allemande, qui a annoncé son intention de briguer un second mandat, est la candidate du Parti populaire européen (PPE), principale force politique au Parlement européen
  • «Chaque élection européenne apporte un changement dans la composition des différents partis politiques et des différents groupes politiques», a souligné Ursula von der Leyen

BRUXELLES: La présidente de la Commission européenne, la chrétienne-démocrate Ursula von der Leyen,  a exclu mercredi de travailler avec des partis "amis" du président russe Vladimir Poutine au sein du Parlement issu des élections de  juin.

La responsable allemande, qui a annoncé son intention de briguer un second mandat, est la candidate du Parti populaire européen (PPE), principale force politique au Parlement européen.

Interrogée lors d'un point presse sur la possibilité de s'appuyer sur une majorité au prochain Parlement comprenant le groupe ECR (conservateurs eurosceptiques), elle est restée évasive, tout en traçant des lignes rouges: "Ceux qui sont contre l'Etat de droit, impossible! Les amis de Poutine, impossible!".

"Il est important pour moi de travailler avec des groupes pro-européens, pro-OTAN, pro-ukrainiens, qui soutiennent clairement nos valeurs démocratiques. C'est davantage la question du contenu" qui compte, a-t-elle déclaré, aux côtés de Manfred Weber, président du PPE.

Dans l'actuelle mandature, ce groupe construit traditionnellement des majorités avec les Socialistes et démocrates (S&D) et Renew Europe (centristes et libéraux), respectivement deuxième et troisième force en termes de sièges.

Mais à quelques mois des élections européennes, prévues du 6 au 9 juin, dans les 27 pays de l'UE, les sondages prédisent une poussée des mouvements d'extrême droite et de la droite eurosceptique. Les équilibres politiques issus du scrutin détermineront l'attribution des postes à la tête des principales institutions de l'UE.

Le groupe ECR compte parmi ses membres le parti polonais Droit et Justice (PiS), Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni, l'espagnol Vox, ainsi que depuis quinze jours le parti Reconquête! d'Eric Zemmour. Le Premier ministre hongrois nationaliste Viktor Orban --seul dirigeant dans l'UE à maintenir des liens étroits avec Moscou-- a indiqué être en discussions pour que son parti Fidesz rejoigne ce groupe.

Le groupe d'extrême droite ID a quant à lui dans ses rangs le RN français, l'AfD allemande et la Lega italienne, entre autres.

"Chaque élection européenne apporte un changement dans la composition des différents partis politiques et des différents groupes politiques", a souligné Ursula von der Leyen.

"Ceux qui défendent nos valeurs contre les amis de Poutine, ce sont ceux avec lesquels je veux travailler", a-t-elle martelé.


Présidentielle au Sénégal: 15 candidats accusent le président Sall de traîner les pieds

Un manifestant fait des gestes lors d'une marche appelant les autorités à respecter la date des élections, à Dakar, le 17 février 2024 (Photo, AFP).
Un manifestant fait des gestes lors d'une marche appelant les autorités à respecter la date des élections, à Dakar, le 17 février 2024 (Photo, AFP).
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  • Le collectif réclame le tenue du scrutin avant le 2 avril, date de fin officielle du mandat du président Sall
  • Le Sénégal traverse une crise politique inédite depuis des décennies après la décision de début février du président Sall et de l'Assemblée nationale de reporter la présidentielle

DAKAR: Quinze candidats à la présidentielle au Sénégal ont accusé le chef de l'Etat Macky Sall de "mauvaise volonté", et annoncé des actions pour obtenir que soit fixée rapidement la date de l'élection repoussée à une date encore indéterminée.

Le collectif citoyen "Aar Sunu Election" ("Protégeons notre élection") a de son côté annoncé un nouveau rassemblement samedi.

Le collectif réclame le tenue du scrutin avant le 2 avril, date de fin officielle du mandat du président Sall. Selon ses projections, l'élection, initialement prévue le 25 février, doit avoir lieu le 3 mars au plus tard.

"Une lenteur inexplicable est constatée. Rien n'a été entrepris" malgré les développements de la semaine passée, disent les 15 candidats dans un communiqué commun publié mardi soir.

"Tout fonctionne au rythme de la mauvaise volonté du président Macky Sall", disent-ils.

Le Sénégal traverse une crise politique inédite depuis des décennies après la décision de début février du président Sall et de l'Assemblée nationale de reporter la présidentielle. Ce report, dénoncé comme un "coup d'Etat constitutionnel" par l'opposition, a provoqué des manifestations qui ont fait trois morts.

Le Conseil constitutionnel a opposé la semaine passée son veto à cet ajournement et au maintien du président Sall à son poste jusqu'à l'installation de son successeur.

Le Conseil a constaté l'impossibilité de maintenir la présidentielle le 25 février et demandé aux autorités de l'organiser "dans les meilleurs délais". Le président Sall a dit vendredi son intention de respecter la décision du Conseil et de mener "sans tarder les consultations nécessaires" à l'organisation du scrutin.

Les Sénégalais attendent à présent de connaître la nouvelle date. Rien n'a filtré publiquement des discussions que mènerait le président Sall.

"Tout porte à croire que Macky Sall n'arrive pas à digérer la mise en échec par le Conseil constitutionnel et le peuple de sa tentative de saboter l'élection présidentielle", disent les 15 candidats.

Ils annoncent sans plus de précision "une série d'actions visant à garantir la tenue du scrutin dans les délais impartis".

Le collectif "Aar Sunu Election" a pour sa part annoncé mardi devant la presse un rassemblement à Dakar samedi, veille du jour où aurait dû avoir lieu l'élection. Il a demandé aux participants de venir symboliquement avec leur carte d'électeur, mais aussi des denrées ou des boissons pour ce qui se veut le "port de départ" du président Sall.


Trump «a violé la constitution», estime la républicaine qui veut le rendre inéligible

L'ancien président américain et candidat républicain à la présidentielle de 2024, Donald Trump, arrive à l'aéroport international de Greenville-Spartanburg à Greer, en Caroline du Sud, le 20 février 2024, avant une réunion publique de Fox News (Photo, AFP).
L'ancien président américain et candidat républicain à la présidentielle de 2024, Donald Trump, arrive à l'aéroport international de Greenville-Spartanburg à Greer, en Caroline du Sud, le 20 février 2024, avant une réunion publique de Fox News (Photo, AFP).
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  • Les juges ont essentiellement concentré leurs questions sur des objections formelles, en semblant vouloir éviter toute accusation d'ingérence électorale
  • Lors de l'audience, les juges ont paru sceptiques face à cette procédure inédite, basée sur une provision largement tombée dans l'oubli

LOS ANGELES: A 91 ans, Norma Anderson connaît bien la constitution américaine: en tant que législatrice, elle l'a souvent consultée lors de sa longue carrière au sein du Parti républicain, et en conserve des exemplaires dans son sac à main et près de sa télévision.

Alors le 6 janvier 2021, lorsque les partisans de Donald Trump ont pris d'assaut le Capitole à Washington pour tenter d'empêcher de transférer le pouvoir au démocrate Joe Biden, elle a corné la page du 14e amendement, qui prévoit l'inéligibilité des responsables d'actes de "rébellion".

"Le soir-même, j'ai relu cette partie", raconte-t-elle à l'AFP par visioconférence, depuis sa maison du Colorado (ouest).

Cette conservatrice pur jus, élue pendant 20 ans sous l'étiquette du "Grand Old Party", en a tiré une certitude.

"Trump ne devrait plus jamais être président, parce qu'il a violé la constitution et tenté de renverser une élection", estime-t-elle. "Pour moi, cela signifie que notre démocratie est en danger s'il est élu."

La retraitée est devenue la plaignante principale - et inattendue - d'une procédure lancée par une association, qui a poussé la justice du Colorado à ordonner le retrait de Donald Trump des bulletins de vote dans l'Etat.

Une décision vivement contestée par l'ex-président, qui réclame à la Cour suprême son annulation de toute urgence, avant la primaire du Colorado organisée le 5 mars pour choisir le candidat républicain à la Maison Blanche.

«Espoir»

Scruté par d'autres Etats et potentiellement explosif, ce dossier a été examiné début février par la plus haute juridiction du pays, qui devrait trancher la question dans les prochains jours ou semaines.

Lors de l'audience, les juges ont paru sceptiques face à cette procédure inédite, basée sur une provision largement tombée dans l'oubli. Sans pour autant décourager Mme Anderson.

"Je suis de ces gens qui ont toujours de l'espoir, jusqu'à ce qu'on leur dise non", sourit l'ex-élue, première femme à être devenue cheffe des élus républicains au parlement du Colorado.

Le 14e amendement a été adopté en 1868, après la guerre de Sécession, pour empêcher les responsables confédérés sudistes impliqués dans cette guerre civile de se faire élire. Le texte exclut des plus hautes fonctions publiques quiconque se serait livré à des actes de "rébellion", après avoir prêté serment devant la Constitution.

Mais les débats devant la Cour suprême ne se sont pas aventurés sur le terrain miné de ce qui constitue ou non une rébellion, ni sur l'évaluation des actions de Donald Trump.

Les juges ont essentiellement concentré leurs questions sur des objections formelles, en semblant vouloir éviter toute accusation d'ingérence électorale. Ils ont notamment insisté sur un obstacle central : le Colorado peut-il décider seul de disqualifier un candidat à la présidentielle?

"Ils ne devraient pas s'inquiéter de cela", rétorque Mme Anderson, en soulignant qu'en Amérique, "chaque Etat gère les élections et approuve qui est sur les bulletins."

«Comme Poutine»

Outre les prétendants républicain et démocrate, des candidats indépendants se présentent parfois à la présidentielle dans certains Etats, sans pouvoir concourir dans tout le pays, rappelle-t-elle.

"Qu'est-ce qui fait qu'un républicain ou un démocrate serait meilleur qu'un candidat indépendant?", interroge-t-elle. "Rien. Nous devrions tous être traités de manière égale."

Pour Mme Anderson, l'attitude de Donald Trump, qui soutient encore faussement que l'élection de 2020 lui a été volée et parle ouvertement de "châtiment" en cas de retour à la Maison Blanche, reste sans équivoque.

"Nos pères fondateurs ne seraient pas tendres avec lui. Ils le feraient probablement emprisonner", lance-t-elle. "Il aime être comme Poutine, ou comme un roi. (...) Son comportement le prouve, tout ce qu'il dit le prouve."

Depuis son action en justice, l'équipe de campagne de Donald Trump la dépeint comme une "RINO", un acronyme infamant désignant ceux qui n'auraient de "républicain que le nom".

Pas de quoi faire sourciller la nonagénaire, élue du Colorado entre 1986 et 2006. Elle dit se concentrer sur les "félicitations d'inconnus de tout le pays", et se fait parfois arrêter par des passants pour une photo, près de 20 ans après sa retraite politique.

"A tout le moins, nous avons attiré l'attention sur ce qu'est Donald Trump", se réjouit-elle.