La Turquie «isolée» devrait éviter son «ton agressif»

Nacho Sanchez Amor, rapporteur du Parlement européen sur la Turquie (Photo, AFP).
Nacho Sanchez Amor, rapporteur du Parlement européen sur la Turquie (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 06 décembre 2023

La Turquie «isolée» devrait éviter son «ton agressif»

  • Les négociations entre la Turquie, pays candidat à rejoindre l'UE depuis 1999, sont gelées depuis 2018
  • Le chef de l'Etat turc s'en est à plusieurs reprises pris à l'Occident lors de sa campagne éléctorale en mai

ISTANBUL: La Turquie est "entièrement isolée" sur la scène internationale et devrait abandonner les discours agressifs si elle veut développer ses relations avec l'Union européenne, a affirmé mercredi à Istanbul le rapporteur sur la Turquie au Parlement européen, Nacho Sanchez Amor.

"Eviter d'utiliser un ton agressif et menaçant est facile, à effet immédiat et gratuit. (...) Vous êtes entièrement isolée. Votre seul véritable ami est l'Azerbaïdjan", a déclaré M. Sanchez Amor lors d'une conférence de presse organisée à Istanbul.

"Nous attendons un nouveau ton et des signes de réengagement de la part de la Turquie", a-t-il ajouté.

Les négociations entre la Turquie, pays candidat à rejoindre l'UE depuis 1999, sont gelées depuis 2018.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et le commissaire européen en charge des pays voisins de l'UE, Oliver Varhelyi, avaient proposé la semaine dernière de repartir sur de nouvelles bases et d'améliorer le dialogue et la coopération avec Ankara.

L'UE veut aussi discuter avec la Turquie de la meilleure façon d'empêcher la Russie de contourner les sanctions décidées par les Occidentaux, avaient indiqué les deux responsables européens.

Erdogan aspire à ouvrir «un nouveau chapitre» dans les relations avec la Grèce

La Turquie aspire à ouvrir "un nouveau chapitre" dans ses relations souvent acrimonieuses avec la Grèce et à signer une déclaration "de bon voisinage", a indiqué son président Recep Tayyip Erdogan mercredi à la veille d'une visite à Athènes.

"Il y a de nombreuses questions qu'on n'a pas réussi encore à résoudre (...) il ne tient qu'à nous de ne pas laisser ces problèmes provoquer des tensions et des divergences", a souligné le dirigeant turc dans un entretien au quotidien grec Kathimerini.

Les relations entre la Grèce et la Turquie, à la fois rivaux historiques et partenaires au sein de l'Otan, ont traversé des tensions ces dernières années, notamment autour de la délimitation du plateau continental des îles grecques en mer Egée qui les sépare, et des zones d'exploitation maritimes.

Toutefois, depuis le terrible séisme qui a ravagé la Turquie en février, M. Erdogan et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis ont affiché leur volonté d'oeuvrer pour la normalisation des relations entre leurs pays.

"J'ai parlé d'un nouveau chapitre sur la base du principe +win-win+" que la Turquie suit dans les relations internationales, a précisé le dirigeant turc.

"Si les différends sont abordés via le dialogue et que l'on trouve un terrain d'entente, c'est pour le bénéfice de tous", a-t-il ajouté.

Kyriakos Mitsotakis joue également la carte de l'apaisement.

Tout en rappelant "les grands différends territoriaux", il s'est dit fin septembre prêt à "trouver une solution sur la base du droit international".

 

Dans son dernier rapport sur l'état des négociations avec les pays candidats, publié en novembre, la Commission européenne avait constaté que "la politique étrangère unilatérale de la Turquie reste en contradiction avec les priorités de l'UE dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commun".

Le chef de l'Etat turc s'en est à plusieurs reprises pris à l'Occident lors de sa campagne éléctorale en mai et a profité d'une visite en Allemagne le mois dernier pour condamner le soutien de Berlin à Israël dans sa guerre contre le Hamas.

"Je sais que de nombreuses décisions de la politique étrangère turque sont prises en prenant en compte la manière dont elles seront perçues dans l'opinion publique interne", a aussi avancé M. Sanchez Amor.

"Malgré la situation actuelle, l'UE est prête à s'engager dans d'autres domaines pour faire avancer les relations", a-t-il précisé.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.