Zelensky rencontrera Biden mardi pour discuter «des besoins urgents de l'Ukraine»

Des soldats ukrainiens postés dans la région de Donetsk, le 10 décembre (Photo, AFP).
Des soldats ukrainiens postés dans la région de Donetsk, le 10 décembre (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 11 décembre 2023

Zelensky rencontrera Biden mardi pour discuter «des besoins urgents de l'Ukraine»

  • Les Etats-Unis sont le pays qui fournit le plus important soutien militaire à Kiev, le Congrès ayant engagé plus de 110 milliards de dollars depuis l'invasion russe en février 2022
  • Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a tiré la sonnette d'alarme, déclarant dimanche que les Etats-Unis «manquent déjà de ressources pour aider» l'Ukraine

WASHINGTON: Le président américain Joe Biden a invité son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à venir à Washington mardi pour discuter "des besoins urgents de l'Ukraine", a fait savoir dimanche la porte-parole de la Maison Blanche alors que le Congrès a bloqué une nouvelle enveloppe d'aide.

"Les deux dirigeants discuteront des besoins urgents de l'Ukraine et de l'importance vitale du soutien continu des États-Unis en ce moment critique", alors que "la Russie intensifie ses attaques de missiles et de drones contre l'Ukraine", a déclaré Karine Jean-Pierre dans un communiqué.

Le président ukrainien Zelensky arrivera aux Etats-Unis lundi pour discuter avec le président Biden sur la "coopération en matière de défense entre l'Ukraine et les États-Unis", et plus particulièrement sur la "production d'armes et de systèmes de défense antiaérien", a fait savoir Kiev dimanche dans un communiqué.

Suite à l'invitation de Biden, une source parlementaire a fait savoir que le nouveau chef républicain de la Chambre des représentants Mike Johnson, dont le parti bloque l'aide à l'Ukraine en réclamant des concessions significatives sur la politique migratoire des Etats-Unis, rencontrera aussi le président ukrainien lors d'une réunion mardi.

Pour éviter que Washington ne sonne le glas de son aide, le chef des Républicains Mitch McConnell et le chef de la majorité démocrate au Sénat Chuck Schumer ont également invité Zelensky à les rencontrer mardi, a indiqué une source parlementaire.

Les Etats-Unis sont le pays qui fournit le plus important soutien militaire à Kiev, le Congrès ayant engagé plus de 110 milliards de dollars depuis l'invasion russe en février 2022.

Mais la promesse de Joe Biden de continuer à appuyer l'Ukraine financièrement est mise en péril par le Congrès. Celui-ci a bloqué la semaine dernière une grande enveloppe de plus de 106 milliards de dollars réclamée avec insistance par le président Biden, comprenant des fonds pour l'Ukraine et Israël.

Sonnette d'alarme

"Le Congrès devrait faire ce qu'il a déjà fait plusieurs fois de manière transpartisane: financer notre propre sécurité nationale et s'assurer que nous sommes là pour nos alliés", a tonné dimanche la directrice du Budget de la Maison Blanche Shalanda Young, avertissant que les Etats-Unis seront à court d'argent pour l'Ukraine si le Congrès n'approuve pas l'enveloppe.

"Que se passera-t-il si Poutine conquiert l'Ukraine? Les pays de l'OTAN, nos fils et nos filles risquent d'être impliqués dans un conflit encore plus vaste. Et il n'y a pas que Poutine, d'autres dictateurs observent ce que fait le Congrès", a-t-elle ajouté.

Le blocage de nouveaux fonds serait "le plus beau cadeau" offert au président russe Vladimir Poutine, avait déjà prévenu Joe Biden, en affirmant que le maître du Kremlin, s'il parvenait à s'emparer de l'Ukraine, "ne s'arrêtera(it) pas là".

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a aussi tiré la sonnette d'alarme, déclarant dimanche que les Etats-Unis "manquent déjà de ressources pour aider" l'Ukraine.

Mais certains républicains, à l'image du sénateur James Vance, proche de Donald Trump, refusent de "signer un chèque en blanc" à l'Ukraine. "Qu'est-ce que 61 milliards de dollars vont permettre d'accomplir que 100 milliards de dollars n'ont pas permis d'accomplir ?", s'est insurgé l'élu d'extrême-droite dimanche.

Deuxième visite en trois mois

En échange de leurs voix, les élus républicains du Congrès réclament des concessions significatives sur la politique migratoire des Etats-Unis. Se dessine ainsi un scénario catastrophe pour Kiev, dont la contre-offensive à l'été n'a pas apporté les gains territoriaux espérés.

Anticipant le risque de lassitude du grand allié américain, le président Zelensky s'était rendu à Washington en personne en septembre, rencontrant Joe Biden mais aussi des élus du Congrès avec lesquels il a eu de longs échanges.

Mais sa visite n'avait pas eu l'effet escompté: embourbé dans une série de crises internes qui ont mené à la destitution du précédent speaker, le Congrès n'avait finalement pas validé de nouveaux fonds pour son offensive.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.