A Gaza, restaurer d'antiques réchauds en laiton pour la cuisine

Des centaines de milliers de civils piégés par la guerre déclarée par Israël au Hamas après l'attaque sanglante du mouvement islamiste sur le sol israélien le 7 octobre ont tout laissé derrière eux lorsque les bombardements ont commencé au nord. (AFP).
Des centaines de milliers de civils piégés par la guerre déclarée par Israël au Hamas après l'attaque sanglante du mouvement islamiste sur le sol israélien le 7 octobre ont tout laissé derrière eux lorsque les bombardements ont commencé au nord. (AFP).
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Publié le Lundi 11 décembre 2023

A Gaza, restaurer d'antiques réchauds en laiton pour la cuisine

  • "Les gens sont revenus aux temps anciens et apportent leurs réchauds de camping en laiton pour les faire réparer parce qu'il n'y a pas de gaz ou de carburant disponible"
  • Faute de kérosène, Ibrahim Shouman alimente les réchauds avec un mélange maison d'huile de moteur et de mazout

RAFAH: Dans un atelier gazaoui, Ibrahim Shouman redonne vie à d'antiques réchauds en laiton, et de l'espoir aux déplacés privés de gaz ou de bois pour la cuisine. Un coup de pince, une mèche neuve, une recharge de carburant maison et une gerbe de feu crépite, comme un miracle.

"Les gens sont revenus aux temps anciens et apportent leurs réchauds de camping en laiton pour les faire réparer parce qu'il n'y a pas de gaz ou de carburant disponible", explique-t-il à un journaliste de l'AFP à Rafah, à la pointe sud de la bande de Gaza.

Des centaines de milliers de civils piégés par la guerre déclarée par Israël au Hamas après l'attaque sanglante du mouvement islamiste sur le sol israélien le 7 octobre ont tout laissé derrière eux lorsque les bombardements ont commencé au nord.

Ils espéraient être plus en sécurité dans le sud, le long de la frontière avec l'Egypte, mais l'armée israélienne a progressivement étendu ses frappes sur le petit territoire côtier, puis lancé une opération terrestre le 27 octobre.

Aujourd'hui, l'ensemble de la bande de Gaza est pilonnée et le théâtre de combats acharnés au sol entre les forces israéliennes et les commandos du Hamas. La situation humanitaire, partout, est catastrophique.

Lutte pour la survie

"Les gens ont cherché du bois de chauffage partout, mais il n'y en a plus. Il faudrait l'acheter plus cher et ils n'ont plus beaucoup d'argent", explique Ibrahim Shouman dont les clients suivent les gestes précis quand il frotte, tord, ajuste les pièces, un piston, le brûleur, la réserve.

Chaque jour est de fait une lutte pour la survie, la collecte de nourriture, de vêtements chauds. Une prise de courant, du petit bois ou du gaz valent de l'or alors que les déplacés ont été plongés dans la plus grande pauvreté.

C'est pourquoi, à Rafah, ceux d'entre eux qui en avaient hérité de leurs parents, et leurs parents avant eux, apportent leurs vieux réchauds en laiton, cabossés, couverts de poussière.

C'est le cas d'Adnan Abu al-Aish. "Ces réchauds de camping étaient utilisés il y a 100 ans, c'est dire à quel point nous avons régressé", soupire l'homme qui, à 55 ans, cherche de quoi faire cuire ses maigres rations de semoule ou de légumes.

Faute de kérosène, Ibrahim Shouman alimente les réchauds avec un mélange maison d'huile de moteur et de mazout.

"Il y a du diesel", explique Adnan Abu al-Aish, "mais c'est très difficile d'en trouver. Le litre coûte environ 30-35 shekels", l'équivalent de 7,5 à 8,7 euros, "et il faut passer une journée entière à en chercher". "Il faut se débrouiller. Il n'y a même pas de bois de chauffage, les gens cherchent des bouts de carton jetés par terre".

Mohamed al-Malahi, lui aussi, a apporté son réchaud, qu'il dit avoir appartenu à son arrière-arrière-grand-père. "Que pouvons-nous faire ? Nous en avons besoin pour faire du feu et cuisiner".

Dans les circonstances, "ils font l'affaire", philosophe Ibrahim Shouman.


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".

 


Iran: le guide suprême dit avoir approuvé l'accord avec les Etats-Unis, malgré une «opinion différente»

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
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  • "J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom"
  • Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas"

TEHERAN: Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails.

"J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom et au nom des autres membres pour protéger les droits de la nation iranienne et du front de la résistance" à Israël, a déclaré Mojtaba Khamenei, dans un message écrit lu à la télévision d’État.

Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas".

"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le guide suprême, dans cette première réaction à l’accord irano-américain visant à mettre fin à la guerre, signé tôt jeudi par les présidents américain Donald Trump et iranien Masoud Pezeshkian.

Le dirigeant n’a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars, à la suite de l’assassinat de son père et prédécesseur, l’ayatollah Ali Khamenei, lors des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, qui ont déclenché la guerre régionale.

Mojtaba Khamenei a encore affirmé que Donald Trump avait "par désespoir, actionné toutes sortes de leviers" pour obtenir cet accord avec l’Iran,  afin de mettre fin à la guerre.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.