Comment Dubaï rebondit contre vents et marées

Une photo prise avec un objectif grand angle le 19 juillet 2020 montre Bourj Khalifa à Dubaï, une des plus hautes structure du monde, avant le lancement de la sonde Mars «Hope» des EAU (AFP / Fichier Photo).
Une photo prise avec un objectif grand angle le 19 juillet 2020 montre Bourj Khalifa à Dubaï, une des plus hautes structure du monde, avant le lancement de la sonde Mars «Hope» des EAU (AFP / Fichier Photo).
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Publié le Lundi 28 décembre 2020

Comment Dubaï rebondit contre vents et marées

  • Dubaï, ville innervée par le commerce, l'aviation et l'hôtellerie, et située dans une région qui dépend des revenus des hydrocarbures pour survivre, pourrait rebondir plus tôt que prévu
  • Les clubs de plage, les hôtels et les restaurants enregistrent une activité florissante alors que les touristes affluent vers la capitale commerciale des EAU

DUBAI: Peu de villes du monde regretteront 2020, l'année de la Covid-19, avec ses confinements et avions cloués au sol. Nombre d’entre elles subissent des déficits budgétaires, et se voient contraintes de fermer leurs portes aux visiteurs. Pour la plupart, remonter la pente sera lent et douloureux, à en croire les avertissements des experts. Mais Dubaï, ville innervée par le commerce, l'aviation et l'hôtellerie, et située dans une région qui dépend des revenus des hydrocarbures pour survivre, pourrait rebondir plus tôt que prévu.

Le secret de la capitale commerciale des Émirats arabes unis qui continue de déjouer le destin faces aux sceptiques est complexe et multifactoriel. Mais quoi qu’il en soit, Dubaï semble se remettre une fois de plus de ses péripéties, alors de nombreuses métropoles luttent parallèlement contre la paralysie économique, conséquence des mesures de confinement successives. Non seulement la «ville bouillonnante de vie» a survécu à la pire année de son histoire récente, elle semble d’ores et déjà prête à reprendre ses couleurs au cours de la nouvelle année, d’autant plus qu’elle ouvre ses portes à l'Exposition universelle à partir du 1er octobre 2021.

Depuis que Dubaï a rouvert ses portes, le 7 juillet, aux voyageurs du monde entier, elle connaît une augmentation constante du nombre de visiteurs, ce qui a rapidement renfloué les coffres de nombreux hôtels et stations balnéaires. Les restaurants, les bars et même les discothèques ont rouvert. Les hôtels qui ont réussi à résister à la récession ont augmenté leurs tarifs, alors que les réservations montent en flèche pendant cette saison, traditionnellement la plus convoitée par les touristes.

Les rendements de la paix jouent aussi un rôle. La normalisation des relations des Émirats arabes unis avec Israël, annoncée dans une déclaration conjointe en août, n’aurait pu se produire à un moment plus opportun. L'hébreu résonne désormais dans les hôtels et les restaurants de Dubaï. Un rapport récent du Times of Israel note que plus de 50000 Israéliens se sont déjà rendus aux EAU depuis la signature de l'accord de paix des Accords d'Abraham le 15 septembre.

Il existe à présent un nombre de vols directs quotidiens entre Tel Aviv et Dubaï, et les deux pays se sont mutuellement déclarés «zones vertes», ce qui élimine la quarantaine à l'arrivée et au retour. Près de 200 hôtels et restaurants aux EAU servent désormais des repas casher.

Un rapport publié en décembre par STR, une société d'analyse de la gestion hôtelière, indique que les principaux marchés hôteliers des Émirats arabes unis ont atteint ou dépassé les 50% d'occupation. Le document y voit une conséquence directe de la forte demande, locale et internationale, avec un pic de 65% d'occupation enregistré dans la semaine du 30 novembre au 6 décembre.

«Les EAU comptent parmi les pays les plus agiles au monde, avec une capacité d’évoluer à un rythme incroyable», affirme Philip Wooller, directeur régional de STR pour le Moyen-Orient et l’Afrique, à Arab News. «Les décisions qui y sont prises en une heures peuvent, dans d’autres pays, prendre des mois, voire des années. Les économies émergentes connaissent naturellement des hauts et des bas, mais si nous prenons le secteur de l'hôtellerie comme indicateur, le rythme de croissance de Dubaï est tout simplement prodigieux».

Wooller résume ainsi l’évolution de l’émirat: «Il y a à peine quelques années, Dubaï ne comptait qu’une poignée d’hôtels et ne recevait que quelques visiteurs. La pandémie mise de côté, cette même ville est aujourd’hui la quatrième ville la plus visitée au monde, avec l'un des plus grands marchés hôteliers, et un répertoire croissant d’installations de calibre mondial».

Et bien entendu, les règles de distanciation sociale restent en vigueur, le port du masque est obligatoire, même sur les plages, et les rassemblements de plus de cinq personnes sont interdits, à l'exception des membres d'une même famille. Les mesures de précaution restent clairement en place tant que les autorités le jugent nécessaires.

 

Dubaï EN CHIFFRES
200 000 - Voyageurs visitent l'émirat pour les vacances de Noël et du Nouvel An.
30% - Hausse du cours des actions de Damac Properties Dubai Co. en décembre.
2021 - La ville accueillera l'Exposition universelle du 1er octobre.

 

En même temps, si une reprise est effectivement en cours, elle n’en est qu’à ses premiers pas. Avant même que la pandémie ne frappe, Dubaï connaissait un ralentissement général de l'activité économique. Le rythme des départs d'expatriés s’accélérait, et de nombreux magasins, commerces et entreprises avaient du mal à rester à flot dans une ville habituée à une croissance quasi continue depuis premier puits de pétrole.

Le retour des résidents de longue date dans leur pays d’origine ne laissaient présager rien de bon par rapport à l’avenir de ce modèle économique fondé sur la présence des expatriés. Ceux-là représentent près de 90% de la population de Dubaï.

Le début de la pandémie marque la chute des cours de pétrole, avec l'effondrement de la demande d'énergie dans le monde. Les prix du brut atteignent ainsi leurs niveaux les plus bas depuis deux décennies. Les ministres des Finances des pays du Golfe ont sonné l'alarme, et les gouverneurs des banques centrales ont dû prendre des mesures exceptionnelles en prévision d'une nouvelle récession mondiale. Les images des cols bleus sud-asiatiques et philippins qui embarquaient sur les vols de rapatriement on fait le tour du globe.

Pour Dubaï, les problèmes économiques ont été exacerbés par l'impact de la crise du coronavirus sur l'industrie mondiale du voyage et du tourisme, freinée à une vitesse ahurissante. Un confinement strict en avril a forcé les entreprises, au bilan déjà boiteux, à fermer ou à licencier du personnel.

Les travailleurs migrants étrangers ont été les plus touchés par les mesures de réduction des coûts, et nombre d'entre eux ont vu leurs salaires réduits, différés ou gelés. Oxford Economics estime que pas moins de 900 000 emplois auraient été perdus aux EAU, et 10% de ses habitants déracinés.

L'anxiété étouffait doucement Dubaï, cette ville cosmopolite, capitale de l’énergie entrepreneuriale, aux ambitions sans bornes et aux occasions de shopping illimitées. A partir du mois de mars, deux des plus grandes forces de l’émirat, les secteurs de l’aviation et de l’hôtellerie, sont devenus les deux maillons faibles de l’économie, rongés un virus extrêmement contagieux et potentiellement mortel.

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Cette photo prise le 8 juillet 2020 à Dubaï montre une vue aérienne de l'Atlantis The Palm, un hôtel de luxe situé à la pointe de l'archipel artificiel de Palm Jumeirah, au large de l'émirat du golfe (Photo, AFP/Fichier Photo).

Pourtant, avec le lancement de la campagne de vaccination aux EAU, les jours sombres de Dubaï pourraient devenir chose du passé. Les hôtels adaptent leurs stratégies commerciales au nouveau flux de de visiteurs. Le groupe Jumeirah, qui gère le célèbre hôtel Burj Al-Arab, a mis en place une série d'expériences éphémères du style pop-up, comme SAL, un nouveau club de piscine et de plage chic considéré comme un concept avant-gardiste.

«L’essence même Dubaï est dans l’entreprenariat, cette ville peut prendre des virages radicaux pour s’adapter aux dunes changeantes, et cette qualité lui permet de braver la crise pour en ressortir plus forte», affirme Danielle Wilson Naqvi, propriétaire de l’agence de voyage locale Unique Family Travels, à Arab News.

Les grandes entreprises ne sont pas seules à parier sur un avenir meilleur. Les premiers bourgeons d’une reprise, quoique anecdotiques, peuvent être repérés dans l'humeur optimiste de nombreux propriétaires de petites entreprises qui ont connu le stress et l'incertitude du confinement.

«Malgré les mois difficiles qui ont précédé l'été, nous réalisons nos meilleures ventes en ce moment», se réjouit Haider Madani, propriétaire et co-fondateur de Cassette DXB, un café-restaurant ouvert en février 2019. «Avec la hausse du nombre de clients, nous avons pu élargir notre équipe. D’une part nous aidons les gens à réintégrer le marché du travail, et d’autre part nous élargissons notre offre de produits alimentaires et de boissons».

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Une photo prise avec un objectif grand angle le 19 juillet 2020 montre Burj Khalifa à Dubaï avant le lancement de la sonde émiratie «Hope» vers Mars (Photo, AFP/Fichier Photo).

Seul le temps dira à quel point la reprise est durable, mais Dubaï aura réussi le cas échéant à éviter à temps un plongeon dans le néant. «Avant la pandémie, Dubaï faisait face à des défis économiques, son secteur immobilier et hôtelier était peut-être surchargé», a déclaré Wooller. «La pandémie aura en quelque sorte permis à Dubaï de faire le point sur la situation, et a fourni l'occasion de changer de cap».

«Je crois qu'il est trop tôt pour parler d'un deuxième boom, mais Dubaï respire bien en ce moment. La gestion de la pandémie a également été un honneur pour l’émirat, et je m'attends à une consolidation de cette performance en 2021».

Au cours des deux derniers mois, le gouvernement des Émirats arabes unis a adopté une série de mesures afin de stimuler l'économie et à attirer des compétences du monde entier. Une modification révolutionnaire de la loi sur les sociétés des Émirats arabes unis en particulier autorise désormais la propriété commerciale étrangère à 100%. Jusque-là, EAU exigeaient une participation émiratie de 51% dans les entreprises opérant en dehors des zones franches.

En novembre, une refonte majeure des lois relatives au statut personnel a permis aux couples non mariés de cohabiter, en plus d’assouplir les restrictions en matière d’alcool. Pour sa part, Dubaï a lancé en octobre un programme de travail à distance qui permet aux travailleurs nomades numériques et à leurs familles de s'installer dans l'émirat, sur une base annuelle, pour seulement 287 dollars et les frais d’une assurance médicale.

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Un rapport récent du Times of Israel note que plus de 50000 Israéliens se sont déjà rendus aux EAU depuis la signature de l'accord de paix des Accords d'Abraham le 15 septembre (Photo, AFP/Fichier Photo).

L’amendement faisait suite à l’approbation en octobre par Dubaï d’un plan de relance économique supplémentaire de 136 millions de dollars (500 millions AED) pour soutenir l’économie locale, ce qui porte le total des mesures de relance de l’année à 1,8 milliard de dollars.

Les courtiers immobiliers espèrent bien que ces petites fluctuations du marché immobilier de Dubaï présagent la reprise très attendue. Selon l'UBS Global Real Estate Bubble Index, toutes les grandes villes ont connu des hausses de prix à l'exception de Dubaï en 2020, dont le marché a décliné pendant la pandémie en raison d'un manque de liquidités, et se place donc «à sa juste valeur» du point de vue de l'investissement.

«Cela s'ajoutait à un marché immobilier déjà sous-évalué», explique à Arab News Taufiq Rahim, chercheur principal basé aux EAU au New America Research Institute. «Les actifs de Dubaï étaient déjà révisés à la baisse, et ont dû s’ajuster à une baisse supplémentaire. A présent, nous observons une augmentation du nombre de visiteurs, de futurs résidents à la recherche d'une propriété».

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Cette photo prise le 8 juillet 2020 montre une vue aérienne du monument Dubai Frame dans l'émirat du golfe (Photo, AFP/Fichier Photo).

Dubaï Land Department (DLD), en coopération avec Property Finder, a publié fin novembre la septième édition de Mo’asher, l’indice officiel des prix de vente dans l’émirat. Il indique que la demande de villas et de pavillons se retrouve de nouveau à un niveau record, avec une croissance de plus de 500% enregistrée depuis mai 2020.

Aux bonnes nouvelles s’ajoute la réception la semaine dernière du premier lot de vaccins de Pfizer-BioNTech, transportés aux Émirats par Emirates SkyCargo pour le compte de L’autorité sanitaire de Dubaï. Saluant la «gestion efficace de la pandémie par les dirigeants visionnaires de Dubaï», Nabil Sultan, un cadre supérieur du transporteur, assure qu’en « transportant les vaccins contre la Covid-19 à travers notre vaste réseau, nous sommes impatients d'aider les gens du monde entier à se relever après les effets dévastateurs de la pandémie».

L’heure dans l’émirat est à l’optimisme prudent et à la confiance. «Il faut être très courageux pour affronter Dubaï», a déclaré Wooller, de la société d'analyse de la gestion hôtelière STR, à Arab News. «C'est une ville extrêmement rapide».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.

 


Un accord de sécurité avec Israël doit précéder toute rencontre avec Netanyahu déclare Joseph Aoun

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
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  • L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu
  • Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir.

M. Aoun a réitéré que "le moment n'était pas approprié pour une réunion" avec le dirigeant israélien, selon un comuniqué de la présidence.

"Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité" et obtenir "l'arrêt des agressions israéliennes" contre le Liban, a-t-il ajouté.

Il a cependant assuré que la décision d'engager des négociations avec Israël, rejetée par le Hezbollah, était "sans retour", répétant que le processus visait à obtenir "le retrait israélien des territoires libanaise occupés et le retour des prisonniers" libanais.

Une troisième session de "discussions préliminaires" en vue de ces négociations est attendue "ces prochains jours", a indiqué le communiqué de la présidence.

L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le mouvement Hezbollah pro-iranien.

Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné.

Les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux Etats-Unis se sont rencontrés à deux reprises à Washington au cours des dernières semaines, pour la première fois depuis des décennies, en vue de l'ouverture de négociations directes entre les deux pays, en état de guerre depuis 1948.

Le chef du Hezbollah Naïm Qassem a répété lundi son opposition à des négociations directes avec Israël, estimant qu'elles seraient "une concession gratuite, sans résultat".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré la trêve.

Cette guerre dévastatrice a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés.


Reprise des frappes iraniennes contre les Emirats

Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
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  • Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus
  • Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés lundi par une attaque de drones iraniens et avoir intercepté des missiles de croisière, dans les premières frappes de Téhéran en plus d'un mois, qui fragilisent la trêve dans la guerre au Moyen-Orient.

Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus, voie maritime stratégique au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Trois personnes ont été blessées dans cette attaque, selon les autorités locales.

Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays". "Trois ont été interceptés au-dessus des eaux territoriales, tandis qu'un est tombé en mer", a-t-il poursuivi dans un message sur ses réseaux sociaux.

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une transgression inacceptable", a réagi le ministère émirati des Affaires étrangères, ajoutant que le pays "se réservait pleinement le droit légitime de répondre à ces attaques".

Les autorités émiraties ont diffusé plusieurs alertes sur téléphones portables, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu irano-américain le 8 avril, qui avait stoppé les attaques iraniennes menées dans le Golfe, en représailles à l'attaque israélo-américaine du 28 février contre Téhéran.

Deux personnes ont par ailleurs été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes.

A Fujaïrah, qui abrite un important port, un oléoduc et d'autres installations permettant de contourner le détroit d'Ormuz, les équipes de secours s'employaient en début de soirée à maîtriser l'incendie, selon le bureau des médias de l'émirat.

Trois travailleurs indiens ont été hospitalisés pour des blessures modérées, a-t-il précisé.

Ces attaques surviennent au lendemain de l'annonce par Donald Trump du lancement d'une opération américaine visant à permettre une reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Elles interviennet aussi alors que les Emirats accueillent à Abou Dhabi une importante conférence consacrée à l'industrie nationale et à la résilience économique.

Signe de l'impact du conflit sur l'économie, les autorités ont indiqué que le trafic de passagers à l'aéroport de Dubaï, grand hub international, avait chuté des deux tiers en mars sur un an.

Un pétrolier émirati a par ailleurs été touché par des drones dans le détroit d'Ormuz tard dimanche, suscitant une vive condamnation du ministère des Affaires étrangères.