Le Forum mondial des réfugiés face au plus grand déplacement humain de l'histoire

Des personnes près de tentes dans le camp de fortune Sahlat al-Banat pour les personnes déplacées à l'intérieur du pays, installé à côté d'une décharge à la périphérie de la ville de Raqqa, dans le nord de la Syrie, le 10 juillet 2023 (Photo, AFP).
Des personnes près de tentes dans le camp de fortune Sahlat al-Banat pour les personnes déplacées à l'intérieur du pays, installé à côté d'une décharge à la périphérie de la ville de Raqqa, dans le nord de la Syrie, le 10 juillet 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 15 décembre 2023

Le Forum mondial des réfugiés face au plus grand déplacement humain de l'histoire

  • Avec 114 millions de personnes déplacées dans le monde, les agences d'aide et les pays en développement demandent des actions concrètes au sommet de Genève
  • L'Arabie saoudite a fourni 18,57 milliards de dollars d'aide aux réfugiés dans le pays, déclare Abdallah al-Rabeeah, le superviseur général de KSrelief, lors d'un forum

LONDRES: Avant même que la guerre à Gaza ne provoque le déplacement de quelque 1,9 million de personnes, le monde était déjà en proie à la pire crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale, avec des conflits, des crises et des catastrophes climatiques qui forçaient les gens à quitter leur foyer.

Plus de 114 millions de personnes sont actuellement en déplacement dans le monde, contre 75 millions en 2019. Les conflits en Ukraine, en Syrie et au Sahel, la sécheresse dans la Corne de l'Afrique et les crises économiques, du Liban au Venezuela, poussent les gens à rechercher la sécurité.

En réponse à ces immenses défis, qui ont des implications significatives pour les économies des pays d'accueil et de transit, l'ONU a organisé son dernier Forum mondial sur les réfugiés à Genève – son premier depuis la pandémie – qui se déroulé du 13 au 15 décembre.

«Le Forum mondial sur les réfugiés se tient à un moment où les déplacements de population dans le monde atteignent des niveaux inégalés», a déclaré à Arab News, Ezekiel Simperingham, responsable mondial des migrations et des déplacements pour la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Le roi Abdallah II de Jordanie prononce un discours lors du Forum mondial sur les réfugiés, à Genève, le 13 décembre 2023 (Photo, AFP).

«Cette situation est aggravée par le changement climatique, les conflits et les maladies, mais les besoins des réfugiés et des autres personnes déplacées sont urgents et complexes», a indiqué Simperingham.

Les séances d'ouverture du forum, mercredi, ont été dominées par la question de Gaza, où la guerre entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas, qui a débuté le 7 octobre, a entraîné le déplacement d’environ 85% des habitants de la bande de Gaza.

En ouvrant le forum par un appel à un cessez-le-feu immédiat, Filippo Grandi, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a prévenu que la poursuite des combats ne ferait qu'augmenter le nombre de personnes déplacées dans le monde.

«Une catastrophe humaine majeure se déroule à Gaza et, jusqu'à présent, le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas réussi à mettre fin à la violence», a prévenu Grandi dans son discours d'ouverture, faisant référence au récent veto de Washington à une motion appelant à un cessez-le-feu.

Il a averti que de nouveaux déplacements dans une région déjà saturée de réfugiés en raison des multiples conflits en cours constituaient une menace majeure pour la sécurité et la stabilité.

Ses commentaires font écho à un tweet qu'il a publié plus tôt dans la semaine et dans lequel il avertissait qu'un «déplacement massif» au-delà des frontières de Gaza serait non seulement «catastrophique pour les Palestiniens, qui connaissent le traumatisme de l'exil», mais aussi impossible à résoudre, ce qui «compromettrait encore davantage toute chance de paix».

Depuis que le Hamas a lancé son attaque transfrontalière sans précédent sur les villes du sud d'Israël le 7 octobre, tuant 1 400 personnes, pour la plupart des civils, et prenant en otage quelque 240 personnes, la bande de Gaza est soumise à des bombardements soutenus de la part des forces de défense israéliennes (FDI).

Bien que l'objectif déclaré des FDI soit de détruire le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, la campagne militaire israélienne a coûté la vie à quelque 17 000 personnes, dont une majorité de femmes et d'enfants, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

Certains pays arabes, dont l'Égypte et la Jordanie, ont accusé Israël d'essayer de chasser les Palestiniens de la bande de Gaza dans une répétition de la Nakba, ou la catastrophe, de 1948, qui a vu la population chassée de ses maisons pour faire place au nouvel État israélien.

Plus de 114 millions de personnes sont aujourd'hui en déplacement dans le monde (Photo, AFP).

Si les deux millions d'habitants de Gaza devaient se réfugier en Égypte et dans d'autres pays voisins, il est probable qu'ils ne seraient jamais autorisés à revenir, ce qui rendrait encore plus improbable la possibilité d'un État palestinien indépendant aux côtés d'Israël.

Une telle vague de personnes dépossédées placerait également un immense fardeau sur les épaules des pays voisins, qui accueillent déjà un grand nombre de Palestiniens ainsi que des millions de personnes déplacées par la guerre en Syrie.

S'exprimant mercredi lors du Forum mondial sur les réfugiés, le roi Abdallah II de Jordanie a déclaré que le monde ne devait pas tourner le dos aux personnes déplacées ni aux pays d'accueil, avertissant que l'inaction risquait de «laisser derrière elle une génération perdue».

«Au lieu de progresser dans la résolution de cette crise des réfugiés qui ne cesse d'évoluer et de s'étendre, et alors même que de nouvelles crises de déplacement apparaissent, nous constatons que l'attention se relâche. Nous ne pouvons pas nous permettre que cela continue», a-t-il signalé, citant les 1,4 million de Syriens, dont 650 000 réfugiés accueillis par la Jordanie.

Abdallah a évoqué ce qu'il a appelé un modèle de «soutien fluctuant» de la part des gouvernements en Europe et dans le monde occidental en général, où les réfugiés ont parfois été accueillis, comme dans le cas des Ukrainiens, et parfois refusés.

La vice-présidente de la Colombie, Francia Elena Marquez Mina, s'est également exprimée lors du forum mercredi, appelant à un plus grand soutien de la part des pays occidentaux. Son pays, situé au carrefour de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale, a accueilli des millions de Vénézuéliens et d'autres nationalités fuyant les difficultés et les persécutions.

Robinah Nabbanja, Première ministre de l'Ouganda, qui accueille la quatrième plus grande population de réfugiés au monde, a également déclaré que «nos maigres ressources économiques ont été mises à rude épreuve» par la crise des déplacements, un fardeau qui n'a pas été partagé par les pays les plus riches.

En réponse à ces appels, Yoko Kamikawa, ministre des Affaires étrangères du Japon, a déclaré qu'il était temps que le monde adopte «une approche plus prospective» de la question des déplacements.

«Nous ne pouvons pas améliorer la situation en nous contentant de fournir de la nourriture, de l'eau et des abris», a-t-elle précisé lors du forum. «Je pense que nous devons tous envisager un avenir où chaque réfugié et chaque personne déplacée pourra parler de ses rêves et aura la possibilité de travailler dur pour les réaliser.»

Soulignant la nécessité urgente de résoudre le conflit, Yoko a indiqué que l'agence des Nations unies pour les réfugiés, le HCR, pouvait contribuer à atténuer certaines souffrances, mais qu'elle ne pouvait pas s'attaquer aux causes sous-jacentes.

L'ONU accueille son récent Forum mondial sur les réfugiés à Genève du 13 au 15 décembre (Photo, AFP).

«Le HCR peut aider à sauver des vies et à atténuer certaines souffrances, mais il ne peut pas résoudre les conflits. C'est la responsabilité des hommes politiques comme moi et beaucoup d'autres ici aujourd'hui», a-t-elle déclaré.

Consciente de sa responsabilité d'aider les communautés vulnérables, l'Arabie saoudite a fourni plus de 18,57 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,91 euro) d'aide aux réfugiés dans le pays à ce jour, selon Abdallah al-Rabeeah, superviseur général de l'agence d'aide saoudienne KSrelief.

S'exprimant lors du forum, Al-Rabeeah a déclaré que l’Arabie saoudite accueille 1,07 million de réfugiés, qui représentent 5,5% de la population nationale, et leur fournit des soins de santé gratuits, des possibilités d'éducation et de l'aide pour s'intégrer dans leurs nouvelles communautés.

L'Arabie saoudite a également fourni 1,15 milliard de dollars d'aide aux réfugiés dans d'autres pays d'accueil à travers le monde, a ajouté Al-Rabeeah, révélant que son pays prévoit de lancer plusieurs nouveaux projets d'une valeur de 170 millions de dollars, notamment la fourniture d'une aide de 40 millions de dollars pour les réfugiés palestiniens à Gaza et de 10 millions de dollars pour le Fonds islamique mondial pour les réfugiés.

Malgré ces efforts, de nombreuses personnes travaillant dans le secteur humanitaire se sont inquiétées du manque de volonté des autres pays développés de joindre le geste à la parole.

Des Palestiniens brandissent leur carte d'identité alors qu'ils se rassemblent pour recevoir des rations de farine pour leurs familles devant un entrepôt de l'Unrwa à Rafah (Photo, AFP).

Prenant le Royaume-Uni comme exemple de cette tendance, Sile Reynolds, responsable de la défense du droit d'asile à Freedom from Torture, a constaté un écart entre le soutien humanitaire apporté par le gouvernement aux enfants et son objectif politique d'expulser les demandeurs d'asile vers le Rwanda.

«Alors que la délégation britannique défend son ambitieux programme au forum, ses collègues au Royaume-Uni célèbrent le succès douteux de l'adoption en deuxième lecture d'un projet de loi qui met le feu aux engagements internationaux du Royaume-Uni en matière de protection des réfugiés», a déclaré Reynolds à Arab News.

«Pourquoi un pays prendrait-il au sérieux les promesses du Royaume-Uni de partager la responsabilité d'assurer la protection et le bien-être des réfugiés?», a-t-elle demandé.

«Le même gouvernement britannique conspire et complote pour envoyer des enfants, fuyant exactement le même conflit et la même persécution que ceux qui font l'objet des ambitions louables du Forum mondial sur les réfugiés, vers un avenir incertain au Rwanda», a-t-elle ajouté.

En 2019, le Forum mondial sur les réfugiés a recueilli plus de 1 400 initiatives et promesses de soutien aux personnes déplacées et aux pays d'accueil. Toutefois, à ce jour, moins d'un tiers d'entre elles ont été concrétisées.

Carenza Arnold, porte-parole de l'organisation caritative britannique Women for Refugee Women, a déclaré que si le forum représentait «une excellente occasion» de faire avancer les initiatives visant à soutenir les personnes en quête de sécurité dans le monde, il est essentiel que ces initiatives soient mises en œuvre.

EN CHIFFRES

- 114 millions de réfugiés dans le monde en 2023.

- 43,3 millions d'enfants réfugiés dans le monde.

- 4,4 millions de personnes considérées comme apatrides.

- 69% des réfugiés vivent dans des pays voisins de leur pays d'origine.

(HCR)

«Nous savons qu'il y a de plus en plus de personnes qui sont forcées de fuir leur maison pour sauver leur vie chaque année», a déclaré Arnold à Arab News.

«Il est toutefois essentiel que des initiatives soient mises en place afin d’aider les gens à se déplacer en toute sécurité lorsqu'ils en ont besoin, à se remettre des traumatismes qu'ils ont subis et à reconstruire leur vie dans la dignité», a-t-elle insisté.

Pour Adhieu Achuil Dhieu, réfugié du Sud-Soudan, qui s'est adressé au forum mercredi, l'un des éléments essentiels pour remédier à la baisse d'intérêt est d'offrir aux réfugiés une plate-forme pour partager leurs histoires.

Reconnaissant la «participation accrue» des personnes déplacées aux dialogues stratégiques depuis le forum de 2019, Dhieu a souligné: «Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de parvenir à un véritable leadership des réfugiés.»

«Il doit y avoir des changements concrets menés par les personnes déplacées et les apatrides, afin de garantir notre place légitime dans les processus de prise de décision qui ont un impact sur nos vies», a-t-il expliqué.

Ajoutant que «le déplacement est un défi temporaire, pas une condition permanente». Dhieu a ainsi spécifié que les gouvernements devaient augmenter leur financement pour les organisations dirigées par des réfugiés, rappelant aux dirigeants mondiaux que l'escalade de la crise des réfugiés est «une responsabilité partagée».

Le roi Abdallah II de Jordanie (à gauche) s'entretient avec le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi (à droite), lors du Forum mondial sur les réfugiés, à Genève (Photo, AFP).

Najwa al-Abdallah, directrice générale d'Amna, anciennement Refugee Trauma Initiative, partage le même point de vue de Dhieu.

«Notre vision des réfugiés qui déterminent leur avenir, sans être limités par l'impact des conflits et des déplacements, et notre mission qui consiste à encourager la joie et l'appartenance, ce qui s'alignent sur le message du forum», a déclaré Al-Abdallah à Arab News.

«Ce message a jusqu'à présent mis l'accent sur le leadership des réfugiés, sur des solutions tenant compte des traumatismes et sur la communauté comme réponse à un problème complexe», a-t-elle ajouté.

«La communauté mondiale ne peut prospérer si ses membres les plus vulnérables sont laissés pour compte. Faisons-en sorte que ce forum soit pris en compte», a-t-elle soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.


Les Etats-Unis visent «l'asphyxie économique» de l'Iran et menacent les alliés de Téhéran

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  • L'Iran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines d'un accord sur les modalités de son franchissement avec Oman, qui borde la rive sud du détroit
  • Lors d'une conférence de presse à Washington, le ministre des Finances Scott Bessent a présenté un nouveau train de sanctions dites "secondaires", touchant non pas l'Iran directement mais ses partenaires commerciaux

WASHINGTON: Le gouvernement américain a affirmé lundi sa volonté de "couper toutes les ressources économiques" de l'Iran et adressé un avertissement ferme aux pays qui continueraient à soutenir Téhéran, qui voit là un "aveu de défaite" des Etats-Unis.

Lors d'une conférence de presse à Washington, le ministre des Finances Scott Bessent a présenté un nouveau train de sanctions dites "secondaires", touchant non pas l'Iran directement mais ses partenaires commerciaux, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.

Il n'a toutefois pas précisé quand elles entreraient en vigueur ni quels pays pourraient se retrouver dans le viseur des Etats-Unis. La Chine, par exemple, est une grande consommatrice de pétrole iranien.

"L'Iran fait face à un choix très clair, avec seulement deux chemins possibles: un isolement total et une économie de subsistance, ou un retour vers la normalité avec la possibilité de rejoindre l'économie mondiale", a prévenu M. Bessent.

L'avertissement s'adresse également au reste du monde puisque les pays qui ne participeront pas aux sanctions américaines "partageront l'isolement de l'Iran", a menacé le ministre, envisageant notamment d'expulser les récalcitrants "du système dollar".

"Nous tiendrons chacun pour responsable. Ceci marque l'asphyxie économique de ce régime. Personne ne devrait tester notre volonté" en la matière, a ajouté Scott Bessent.

"Nouvelle défaite" 

La veille, il avait promis à l'Iran un "D-Day économique" - en référence au Débarquement allié de 1944 en France - visant à couper ses dernières "lignes de survie", alors que les efforts diplomatiques pour régler le conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, sont dans l'impasse.

Sur la télévision d'Etat iranienne, le ministre de l'Economie Ali Madanizadeh a rétorqué que les menaces américaines se traduiraient par "une nouvelle défaite" de Washington et que Téhéran disposait d'un "plan sur deux ans" pour contrer ces sanctions.

Avant même la conférence de presse de Scott Bessent, Pékin, partenaire stratégique de Téhéran, avait estimé que les "sanctions et la pression" américaines ne permettraient pas de résoudre le conflit régional.

Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a lui affirmé devant la presse que cette pression économique maximale ne signifiait pas la fin des frappes, si Washington les jugeait nécessaires.

"Situation très difficile" 

Au cœur du conflit, le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.

L'Iran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines d'un accord sur les modalités de son franchissement avec Oman, qui borde la rive sud du détroit. Le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, est attendu mardi à Téhéran.

Illustrant les risques liés à la traversée du détroit, un pétrolier a été touché par un "projectile inconnu" alors qu'il circulait au large d'Oman, a annoncé dans la nuit de lundi à mardi l'agence maritime britannique, UKMTO.

En dépit de la fermeté affichée par Téhéran, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que le pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques", après des décennies de sanctions américaines et internationales.

"L'Iran devrait faire des compromis dès maintenant", estime Sarah Hassanbeigi, une pharmacienne interrogée par l'AFP à Téhéran. "La situation est vraiment très difficile. Je ne pense pas que les gens puissent supporter cela beaucoup plus longtemps."

Le 22 juillet, l'inflation atteignait 66% sur douze mois dans le pays, contre 46% en février, et la monnaie nationale poursuit sa dégringolade: un dollar s'échangeait la semaine dernière contre 1,88 million de rials, contre 1,65 million juste avant le conflit.

Et selon la société de suivi maritime Kpler, le blocus américain imposé aux ports iraniens a entraîné une chute des exportations pétrolières de l'Iran, passées de deux millions de barils par jour avant la guerre à seulement 0,4 million à la mi-août, leur plus bas depuis le début du conflit.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.