Le Forum mondial des réfugiés face au plus grand déplacement humain de l'histoire

Des personnes près de tentes dans le camp de fortune Sahlat al-Banat pour les personnes déplacées à l'intérieur du pays, installé à côté d'une décharge à la périphérie de la ville de Raqqa, dans le nord de la Syrie, le 10 juillet 2023 (Photo, AFP).
Des personnes près de tentes dans le camp de fortune Sahlat al-Banat pour les personnes déplacées à l'intérieur du pays, installé à côté d'une décharge à la périphérie de la ville de Raqqa, dans le nord de la Syrie, le 10 juillet 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 15 décembre 2023

Le Forum mondial des réfugiés face au plus grand déplacement humain de l'histoire

  • Avec 114 millions de personnes déplacées dans le monde, les agences d'aide et les pays en développement demandent des actions concrètes au sommet de Genève
  • L'Arabie saoudite a fourni 18,57 milliards de dollars d'aide aux réfugiés dans le pays, déclare Abdallah al-Rabeeah, le superviseur général de KSrelief, lors d'un forum

LONDRES: Avant même que la guerre à Gaza ne provoque le déplacement de quelque 1,9 million de personnes, le monde était déjà en proie à la pire crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale, avec des conflits, des crises et des catastrophes climatiques qui forçaient les gens à quitter leur foyer.

Plus de 114 millions de personnes sont actuellement en déplacement dans le monde, contre 75 millions en 2019. Les conflits en Ukraine, en Syrie et au Sahel, la sécheresse dans la Corne de l'Afrique et les crises économiques, du Liban au Venezuela, poussent les gens à rechercher la sécurité.

En réponse à ces immenses défis, qui ont des implications significatives pour les économies des pays d'accueil et de transit, l'ONU a organisé son dernier Forum mondial sur les réfugiés à Genève – son premier depuis la pandémie – qui se déroulé du 13 au 15 décembre.

«Le Forum mondial sur les réfugiés se tient à un moment où les déplacements de population dans le monde atteignent des niveaux inégalés», a déclaré à Arab News, Ezekiel Simperingham, responsable mondial des migrations et des déplacements pour la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Le roi Abdallah II de Jordanie prononce un discours lors du Forum mondial sur les réfugiés, à Genève, le 13 décembre 2023 (Photo, AFP).

«Cette situation est aggravée par le changement climatique, les conflits et les maladies, mais les besoins des réfugiés et des autres personnes déplacées sont urgents et complexes», a indiqué Simperingham.

Les séances d'ouverture du forum, mercredi, ont été dominées par la question de Gaza, où la guerre entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas, qui a débuté le 7 octobre, a entraîné le déplacement d’environ 85% des habitants de la bande de Gaza.

En ouvrant le forum par un appel à un cessez-le-feu immédiat, Filippo Grandi, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a prévenu que la poursuite des combats ne ferait qu'augmenter le nombre de personnes déplacées dans le monde.

«Une catastrophe humaine majeure se déroule à Gaza et, jusqu'à présent, le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas réussi à mettre fin à la violence», a prévenu Grandi dans son discours d'ouverture, faisant référence au récent veto de Washington à une motion appelant à un cessez-le-feu.

Il a averti que de nouveaux déplacements dans une région déjà saturée de réfugiés en raison des multiples conflits en cours constituaient une menace majeure pour la sécurité et la stabilité.

Ses commentaires font écho à un tweet qu'il a publié plus tôt dans la semaine et dans lequel il avertissait qu'un «déplacement massif» au-delà des frontières de Gaza serait non seulement «catastrophique pour les Palestiniens, qui connaissent le traumatisme de l'exil», mais aussi impossible à résoudre, ce qui «compromettrait encore davantage toute chance de paix».

Depuis que le Hamas a lancé son attaque transfrontalière sans précédent sur les villes du sud d'Israël le 7 octobre, tuant 1 400 personnes, pour la plupart des civils, et prenant en otage quelque 240 personnes, la bande de Gaza est soumise à des bombardements soutenus de la part des forces de défense israéliennes (FDI).

Bien que l'objectif déclaré des FDI soit de détruire le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, la campagne militaire israélienne a coûté la vie à quelque 17 000 personnes, dont une majorité de femmes et d'enfants, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

Certains pays arabes, dont l'Égypte et la Jordanie, ont accusé Israël d'essayer de chasser les Palestiniens de la bande de Gaza dans une répétition de la Nakba, ou la catastrophe, de 1948, qui a vu la population chassée de ses maisons pour faire place au nouvel État israélien.

Plus de 114 millions de personnes sont aujourd'hui en déplacement dans le monde (Photo, AFP).

Si les deux millions d'habitants de Gaza devaient se réfugier en Égypte et dans d'autres pays voisins, il est probable qu'ils ne seraient jamais autorisés à revenir, ce qui rendrait encore plus improbable la possibilité d'un État palestinien indépendant aux côtés d'Israël.

Une telle vague de personnes dépossédées placerait également un immense fardeau sur les épaules des pays voisins, qui accueillent déjà un grand nombre de Palestiniens ainsi que des millions de personnes déplacées par la guerre en Syrie.

S'exprimant mercredi lors du Forum mondial sur les réfugiés, le roi Abdallah II de Jordanie a déclaré que le monde ne devait pas tourner le dos aux personnes déplacées ni aux pays d'accueil, avertissant que l'inaction risquait de «laisser derrière elle une génération perdue».

«Au lieu de progresser dans la résolution de cette crise des réfugiés qui ne cesse d'évoluer et de s'étendre, et alors même que de nouvelles crises de déplacement apparaissent, nous constatons que l'attention se relâche. Nous ne pouvons pas nous permettre que cela continue», a-t-il signalé, citant les 1,4 million de Syriens, dont 650 000 réfugiés accueillis par la Jordanie.

Abdallah a évoqué ce qu'il a appelé un modèle de «soutien fluctuant» de la part des gouvernements en Europe et dans le monde occidental en général, où les réfugiés ont parfois été accueillis, comme dans le cas des Ukrainiens, et parfois refusés.

La vice-présidente de la Colombie, Francia Elena Marquez Mina, s'est également exprimée lors du forum mercredi, appelant à un plus grand soutien de la part des pays occidentaux. Son pays, situé au carrefour de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale, a accueilli des millions de Vénézuéliens et d'autres nationalités fuyant les difficultés et les persécutions.

Robinah Nabbanja, Première ministre de l'Ouganda, qui accueille la quatrième plus grande population de réfugiés au monde, a également déclaré que «nos maigres ressources économiques ont été mises à rude épreuve» par la crise des déplacements, un fardeau qui n'a pas été partagé par les pays les plus riches.

En réponse à ces appels, Yoko Kamikawa, ministre des Affaires étrangères du Japon, a déclaré qu'il était temps que le monde adopte «une approche plus prospective» de la question des déplacements.

«Nous ne pouvons pas améliorer la situation en nous contentant de fournir de la nourriture, de l'eau et des abris», a-t-elle précisé lors du forum. «Je pense que nous devons tous envisager un avenir où chaque réfugié et chaque personne déplacée pourra parler de ses rêves et aura la possibilité de travailler dur pour les réaliser.»

Soulignant la nécessité urgente de résoudre le conflit, Yoko a indiqué que l'agence des Nations unies pour les réfugiés, le HCR, pouvait contribuer à atténuer certaines souffrances, mais qu'elle ne pouvait pas s'attaquer aux causes sous-jacentes.

L'ONU accueille son récent Forum mondial sur les réfugiés à Genève du 13 au 15 décembre (Photo, AFP).

«Le HCR peut aider à sauver des vies et à atténuer certaines souffrances, mais il ne peut pas résoudre les conflits. C'est la responsabilité des hommes politiques comme moi et beaucoup d'autres ici aujourd'hui», a-t-elle déclaré.

Consciente de sa responsabilité d'aider les communautés vulnérables, l'Arabie saoudite a fourni plus de 18,57 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,91 euro) d'aide aux réfugiés dans le pays à ce jour, selon Abdallah al-Rabeeah, superviseur général de l'agence d'aide saoudienne KSrelief.

S'exprimant lors du forum, Al-Rabeeah a déclaré que l’Arabie saoudite accueille 1,07 million de réfugiés, qui représentent 5,5% de la population nationale, et leur fournit des soins de santé gratuits, des possibilités d'éducation et de l'aide pour s'intégrer dans leurs nouvelles communautés.

L'Arabie saoudite a également fourni 1,15 milliard de dollars d'aide aux réfugiés dans d'autres pays d'accueil à travers le monde, a ajouté Al-Rabeeah, révélant que son pays prévoit de lancer plusieurs nouveaux projets d'une valeur de 170 millions de dollars, notamment la fourniture d'une aide de 40 millions de dollars pour les réfugiés palestiniens à Gaza et de 10 millions de dollars pour le Fonds islamique mondial pour les réfugiés.

Malgré ces efforts, de nombreuses personnes travaillant dans le secteur humanitaire se sont inquiétées du manque de volonté des autres pays développés de joindre le geste à la parole.

Des Palestiniens brandissent leur carte d'identité alors qu'ils se rassemblent pour recevoir des rations de farine pour leurs familles devant un entrepôt de l'Unrwa à Rafah (Photo, AFP).

Prenant le Royaume-Uni comme exemple de cette tendance, Sile Reynolds, responsable de la défense du droit d'asile à Freedom from Torture, a constaté un écart entre le soutien humanitaire apporté par le gouvernement aux enfants et son objectif politique d'expulser les demandeurs d'asile vers le Rwanda.

«Alors que la délégation britannique défend son ambitieux programme au forum, ses collègues au Royaume-Uni célèbrent le succès douteux de l'adoption en deuxième lecture d'un projet de loi qui met le feu aux engagements internationaux du Royaume-Uni en matière de protection des réfugiés», a déclaré Reynolds à Arab News.

«Pourquoi un pays prendrait-il au sérieux les promesses du Royaume-Uni de partager la responsabilité d'assurer la protection et le bien-être des réfugiés?», a-t-elle demandé.

«Le même gouvernement britannique conspire et complote pour envoyer des enfants, fuyant exactement le même conflit et la même persécution que ceux qui font l'objet des ambitions louables du Forum mondial sur les réfugiés, vers un avenir incertain au Rwanda», a-t-elle ajouté.

En 2019, le Forum mondial sur les réfugiés a recueilli plus de 1 400 initiatives et promesses de soutien aux personnes déplacées et aux pays d'accueil. Toutefois, à ce jour, moins d'un tiers d'entre elles ont été concrétisées.

Carenza Arnold, porte-parole de l'organisation caritative britannique Women for Refugee Women, a déclaré que si le forum représentait «une excellente occasion» de faire avancer les initiatives visant à soutenir les personnes en quête de sécurité dans le monde, il est essentiel que ces initiatives soient mises en œuvre.

EN CHIFFRES

- 114 millions de réfugiés dans le monde en 2023.

- 43,3 millions d'enfants réfugiés dans le monde.

- 4,4 millions de personnes considérées comme apatrides.

- 69% des réfugiés vivent dans des pays voisins de leur pays d'origine.

(HCR)

«Nous savons qu'il y a de plus en plus de personnes qui sont forcées de fuir leur maison pour sauver leur vie chaque année», a déclaré Arnold à Arab News.

«Il est toutefois essentiel que des initiatives soient mises en place afin d’aider les gens à se déplacer en toute sécurité lorsqu'ils en ont besoin, à se remettre des traumatismes qu'ils ont subis et à reconstruire leur vie dans la dignité», a-t-elle insisté.

Pour Adhieu Achuil Dhieu, réfugié du Sud-Soudan, qui s'est adressé au forum mercredi, l'un des éléments essentiels pour remédier à la baisse d'intérêt est d'offrir aux réfugiés une plate-forme pour partager leurs histoires.

Reconnaissant la «participation accrue» des personnes déplacées aux dialogues stratégiques depuis le forum de 2019, Dhieu a souligné: «Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant de parvenir à un véritable leadership des réfugiés.»

«Il doit y avoir des changements concrets menés par les personnes déplacées et les apatrides, afin de garantir notre place légitime dans les processus de prise de décision qui ont un impact sur nos vies», a-t-il expliqué.

Ajoutant que «le déplacement est un défi temporaire, pas une condition permanente». Dhieu a ainsi spécifié que les gouvernements devaient augmenter leur financement pour les organisations dirigées par des réfugiés, rappelant aux dirigeants mondiaux que l'escalade de la crise des réfugiés est «une responsabilité partagée».

Le roi Abdallah II de Jordanie (à gauche) s'entretient avec le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi (à droite), lors du Forum mondial sur les réfugiés, à Genève (Photo, AFP).

Najwa al-Abdallah, directrice générale d'Amna, anciennement Refugee Trauma Initiative, partage le même point de vue de Dhieu.

«Notre vision des réfugiés qui déterminent leur avenir, sans être limités par l'impact des conflits et des déplacements, et notre mission qui consiste à encourager la joie et l'appartenance, ce qui s'alignent sur le message du forum», a déclaré Al-Abdallah à Arab News.

«Ce message a jusqu'à présent mis l'accent sur le leadership des réfugiés, sur des solutions tenant compte des traumatismes et sur la communauté comme réponse à un problème complexe», a-t-elle ajouté.

«La communauté mondiale ne peut prospérer si ses membres les plus vulnérables sont laissés pour compte. Faisons-en sorte que ce forum soit pris en compte», a-t-elle soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz face au blocus américain

Une vue aérienne par drone montre le pétrolier battant pavillon maltais Agios Fanourios I, ayant traversé le détroit d’Ormuz, arrivant dans les eaux territoriales de l’Irak au large de Bassora, le 17 avril 2026. (REUTERS)
Une vue aérienne par drone montre le pétrolier battant pavillon maltais Agios Fanourios I, ayant traversé le détroit d’Ormuz, arrivant dans les eaux territoriales de l’Irak au large de Bassora, le 17 avril 2026. (REUTERS)
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  • L’Iran rétablit un contrôle strict du détroit d’Ormuz, accusant les États-Unis de violer leurs engagements en maintenant le blocus maritime malgré des signes d’ouverture
  • Les tensions persistent malgré des efforts diplomatiques et des cessez-le-feu fragiles, avec un impact direct sur le trafic maritime, les marchés pétroliers et la stabilité régionale

TEHERAN: L'Iran a annoncé samedi reprendre "le strict contrôle" du détroit d'Ormuz en réaction au maintien du blocus américain des ports iraniens, revenant sur sa décision de la veille de rouvrir cette voie maritime stratégique.

Téhéran avait "accepté de bonne foi d'autoriser le passage d'un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux" mais les Américains, violant leur engagement, "continuent de se livrer à des actes de piraterie sous couvert du soi-disant blocus", a dénoncé le commandement des forces armées iraniennes.

"Pour cette raison", la situation est revenue "à son état antérieur, et ce passage stratégique est désormais placé sous le contrôle strict" de l'Iran, a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient en plein ballet diplomatique pour essayer de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au-delà du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril entre Iran et Etats-Unis.

Plus tôt samedi matin, le site MarineTraffic montrait une timide reprise du trafic commercial dans le détroit: plus d'une dizaine de bâtiments y circulaient, dont plusieurs pétroliers, mais au moins deux semblaient faire demi-tour vers 09H00 GMT.

Un paquebot de croisière, le Celestyal Discovery, a franchi la voie maritime sans passagers pour relier Dubaï à Mascate, une première depuis le début des hostilités le 28 février, selon la même source.

Avant la guerre, quelque 120 bâtiments franchissaient quotidiennement ce goulet, d'après le journal spécialisé Lloyd's List.

- 21 navires bloqués -

Après l'annonce par Téhéran de la réouverture du détroit vendredi, Donald Trump avait affirmé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait "totalement en vigueur" jusqu'à la fin des négociations, et qu'il "continuerait" si aucun accord n'était atteint à l'issue des négociations.

"Depuis le début du blocus, 21 navires ont obtempéré aux directives des forces américaines leur ordonnant de faire demi-tour et de retourner en Iran", a indiqué samedi sur X le commandement central américain.

En Iran, le journal conservateur Kayhan avait manifesté son hostilité au processus de détente, jugeant qu'"ouvrir l'artère vitale d'Ormuz avant d'avoir reçu des dédommagements, la levée totale des sanctions (...) donne à l'ennemi perfide la possibilité de reprendre des forces en plein milieu de la bataille".

La reprise du trafic dans le détroit avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du pétrole, alors qu'un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent habituellement par cette voie maritime.

- Diplomatie pakistanaise -

Vendredi, M. Trump a déclaré à l'AFP qu'un accord de paix était "très proche" et affirmé que l'Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un point clé des négociations alors que les Etats-Unis et Israël accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique - ce qu'elle dément.

Mais Téhéran a nié avoir accepté le transfert de ces stocks de matière fissile.

Le chef de l'armée et le Premier ministre pakistanais ont annoncé samedi avoir bouclé des visites diplomatiques distinctes dans le cadre des efforts de paix, en Iran d'une part et en Arabie Saoudite, au Qatar et en Turquie d'autre part.

"Je quitte Antalya (Turquie) (...) avec une détermination renouvelée (...) à poursuivre notre étroite coopération visant à promouvoir le dialogue et la diplomatie pour une paix et une stabilité durables dans la région", a tweeté le chef du gouvernement, Shehbaz Sharif.

Des pourparlers directs entre Iran et Etats-Unis, les premiers en personne à un tel niveau depuis la Révolution islamique de 1979, se sont tenus le 11 avril à Islamabad mais ont échoué. De nouvelles discussions pourraient avoir lieu au Pakistan dans les jours qui viennent.

Parmi les signes de retour à la normale, l'Iran a annoncé la réouverture partielle samedi de son espace aérien, fermé depuis l'offensive israélo-américaine contre son territoire le 28 février, ainsi que de plusieurs aéroports dont les deux les plus importants de Téhéran.

- "Accord permanent" espéré par le Liban -

Au Liban, l'autre front de la guerre, de nombreux déplacés ont pris la route pour regagner leurs foyers, dans le sud du pays ou la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

La cessation des hostilités entre Israël et le mouvement pro-iranien a débuté vendredi à minuit (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit qui a fait côté libanais près de 2.300 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu qu'Israël n'avait "pas encore fini" le travail pour obtenir le désarmement du Hezbollah. L'armée israélienne reste présente au Liban dans une bande de dix kilomètres de profondeur depuis la frontière.

Mais Donald Trump, qui a arraché cette trêve de dix jours, a haussé le ton à l'égard de son allié: "Israël ne bombardera plus le Liban. Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des Etats-Unis. Ça suffit !!!", a-t-il martelé.

Le Liban travaille désormais à "un accord permanent" avec Israël, selon son président Joseph Aoun, qui a promis de "sauvegarder les droits" du peuple et de ne pas "céder un iota du territoire national" dans les discussions.

Le Hezbollah, qui a attaqué Israël début mars en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, a prévenu que ses combattants gardaient le "doigt sur la gâchette" et se méfiaient "de la traîtrise de l'ennemi".


Le chef de l'ONU appelle «tous les acteurs» à respecter le cessez-le-feu au Liban

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
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  • "Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations"
  • "Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international"

NATIONS-UNIES: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué.

"Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations", a déclaré Stéphane Dujarric dans un communiqué.

"Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international", a-t-il ajouté, une formulation qui peut viser Israël et le Liban, mais aussi le Hezbollah.

 

 

 


Trump estime les Etats-Unis et l'Iran «très proches» d'un accord

Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
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  • "Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait
  • "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté

WASHINGTON: Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

"Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait.

"Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté.

"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a assuré Donald Trump sans plus de détail, utilisant le terme qu'il emploie pour désigner les stocks d'uranium enrichi, une des demandes américaines clés pour parvenir à un accord.

La République islamique n'a pas confirmé cet élément dans l'immédiat.

Donald Trump a en outre annoncé jeudi un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT. Cette trêve, dont sont convenus le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président du Liban Joseph Aoun, inclut le Hezbollah libanais, mouvement chiite pro-iranien, a dit le président américain.

"Pas de date"

Entre l'Iran et les Etats-Unis, les tractations se poursuivent sous l'égide du Pakistan afin d'organiser une deuxième session de négociations, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.

L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir était en Iran jeudi pour y rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.

Face à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, depuis l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, et qui secoue l'économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

"Si l'Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé le ministre de la Défense américain Pete Hegseth.

L'Iran menace lui de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.

L'ambassadeur iranien à l'ONU a qualifié Téhéran de "prudemment optimiste" quant à ces pourparlers et a exprimé son espoir d'un "résultat significatif".

Première historique ? 

Israël a de son côté menacé l'Iran de frappes "encore plus douloureuses" s'il refusait de se plier aux demandes des Etats-Unis, notamment sur l'armement nucléaire.

A Washington, la Chambre des représentants a rejeté à nouveau jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient forcer Donald Trump à obtenir l'aval du Congrès pour éventuellement poursuivre les hostilités contre l'Iran.

La France a annoncé jeudi soir qu'une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visoconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer visant à mettre en place une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz quand les conditions le permettront.

Au Liban, "les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement", a commenté Donald Trump, avant d'inviter les dirigeants israélien et libanais à se rencontrer à la Maison Blanche "au cours des quatre ou cinq prochains jours" - une première à un tel niveau de représentation entre les deux pays depuis 1993.

Le Liban s'est engagé à prendre des "mesures concrètes pour empêcher" toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre de la trêve, selon la diplomatie américaine.

Le mouvement pro-iranien compte respecter le cessez-le-feu "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous", a déclaré à l'AFP un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.

Echange de tirs 

S'il y voit une occasion de "paix historique" avec Beyrouth, Benjamin Netanyahu a rappelé son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable et indiqué que l'armée israélienne allait maintenir sa présence "dans le sud (du Liban) dans une bande frontalière de dix kilomètres de profondeur".

Dans les heures qui ont précédé l'entrée en vigueur de la trêve, Israël et le Hezbollah ont échangé de nouveaux tirs transfrontaliers.

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé des lanceurs de roquettes du Hezbollah après que deux personnes ont été blessées, dont une grièvement, par des tirs vers le nord du pays,selon un bilan de l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Plus tôt dans la journée, au moins sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans une frappe israélienne sur le village de Ghazieh, dans le sud du Liban, selon les autorités.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le Hezbollah a visé Israël pour soutenir l'Iran, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.