Algérie: relance du barrage vert, un rempart contre la désertification et la sécheresse

La relance du barrage vert en présence des personnalités algériennes concernées par le projet. (Photo fournie).
La relance du barrage vert en présence des personnalités algériennes concernées par le projet. (Photo fournie).
La relance du barrage vert en présence des personnalités algériennes concernées par le projet. (Photo fournie).
La relance du barrage vert en présence des personnalités algériennes concernées par le projet. (Photo fournie).
Le barrage vert à M'sila. (Photo fournie).
Le barrage vert à M'sila. (Photo fournie).
Le barrage vert Medea. (Photo fournie).
Le barrage vert Medea. (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 15 décembre 2023

Algérie: relance du barrage vert, un rempart contre la désertification et la sécheresse

  • Le coup d’envoi de ce programme a été donné par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, lors de sa visite de travail en octobre dernier dans la région d’El-Maalba
  • Ce projet d’envergure, initié sous la présidence de Houari Boumediene dans les années 1970, est précurseur en matière de développement durable et il constitue «l’un des projets des plus ambitieux» réalisés par l’Algérie

PARIS: La relance du barrage vert, le mégaprojet agroécologique des années 1970, vise à porter sa superficie de 3,7 à 4,7 millions d’hectares dans les zones steppiques à travers 13 wilayas, 183 communes et 1 200 localités. Son objectif: lutter contre la désertification et la sécheresse dans le pays.

Le coup d’envoi de ce programme a été donné par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, lors de sa visite de travail en octobre dernier dans la région d’El-Maalba, une localité nichée dans les steppes de Djelfa, à 1 170 mètres d’altitude. Il est confié au Bureau d’études pour le développement rural (Bneder) et le Groupe génie rural (GGR), sous la supervision du ministère de l’Agriculture et du Développement rural.

La réactivation de ce projet écologique et économique concerne le reboisement d’une superficie d’un million d’hectares avec la plantation de 400 000 hectares d’ici à 2026, puis 600 000 autres d’ici à la fin de l’année 2030. Il prévoit la plantation de différentes espèces d’arbres, notamment fruitiers, qui ont une grande valeur économique et qui résistent mieux au climat steppique. Le barrage vert couvrira le pays, d’est en ouest, via les wilayas de Nâama, El-Bayadh, Laghouat, Djelfa, Médéa, Bouira, M’sila, Batna, Khenchela, Tébessa, Sétif, Bordj Bou-Arreredj et Biskra.

Plus concrètement, les experts préconisent de créer trois catégories de végétation: forestière, pour le reboisement; pastorale, pour le fourrage à destination des cheptels et fruitière, adaptée au climat steppique, comme le cactus, le pistachier, l’olivier, l’amandier ou encore le caroubier.

Enjeux écologiques et économiques

Selon les pouvoirs publics, la réactivation du projet du barrage vert répond à des enjeux écologiques et économiques. Sa concrétisation va permettre de ralentir l’avancée du désert, de protéger l’environnement, notamment les forêts, très vulnérables aux changements climatiques. Pilotée en région par la direction générale des forêts, sous la supervision d’un comité scientifique et technique, sa mise en œuvre consiste à créer des concessions centrées sur l’arboriculture, l’apiculture, le tourisme et l’artisanat.

Selon les pouvoirs publics, la réactivation du projet du barrage vert répond à des enjeux écologiques et économiques; sa concrétisation va permettre de ralentir l’avancée du désert, de protéger l’environnement, notamment les forêts, très vulnérables aux changements climatiques.

Pour permettre la création de bandes forestières le long des routes et de ceintures vertes exploitables autour des zones habitables, la nouvelle stratégie de relance du barrage vert se focalise sur le renforcement des plantations de variétés fourragère, pastorale et alfatière. Cette initiative repose également sur la gestion des ressources naturelles à travers la création de zones protégées et la construction d’ouvrages de préservation des ressources hydriques. Pour les experts, les objectifs de ce programme agroécologique consistent à éviter que les phénomènes de désertification n’atteignent l’Atlas tellien et les zones côtières.

Bénéficiant d’une enveloppe budgétaire de 93 millions de dinars (1 dinar algérien = 0,0069 euro), l’extension du barrage vert de Dirah, situé dans la wilaya de Bouira, s’étendra sur plus de 95 000 hectares et elle concernera 7 communes: Sour el-Ghozlane, Dirah, Hakimia, Ridane, Maâmoura, Hedjra Zerga et Taguedit. Amar Nait Messaoud, expert forestier et chef de projet de ce programme, explique que de nombreuses opérations sont prévues, dont la plantation d’arbres comme le cèdre et l’eucalyptus, lesquels permettent la stabilisation du sol, le gabionnage pour lutter contre l’érosion et la protection des bassins versants des retenues collinaires de la région de Dirah. «Des travaux de gabionnage d'un volume de 1 500 m3 ont aussi été réalisés pour protéger le sol et les ouvrages hydrauliques en aval ainsi que pour lutter contre l’érosion», précise-t-il.

Stopper l’avancée du désert

Selon M. Messaoud, ce projet d’envergure, initié sous la présidence de Houari Boumediene dans les années 1970, est précurseur en matière de développement durable et il constitue «l’un des projets des plus ambitieux» réalisés par l’Algérie.

Face à la recrudescence des incendies de forêt, à la perte de milliers d'hectares de végétation, à la faiblesse des précipitations et à la persistance de la sécheresse, l'Algérie prend aujourd'hui la décision de façonner un avenir plus durable pour ses citoyens à travers la mise en œuvre de ce programme d'envergure à vocation socio-économique et environnementale. Un choix, qui, selon Sabrina Rachedi, sous-directrice du reboisement et des pépinières à la direction générale des Forêts, s’inscrit dans le cadre des engagements pris par l’Algérie à l’occasion des accords de Paris (COP21) sur le changement climatique.


E. Leclerc: hausse de 2,4% des ventes en 2025

Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an. (AFP)
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  • Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U
  • E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire

PARIS: Le distributeur E.Leclerc, numéro un du secteur en France, a fait état dimanche de ventes toujours en croissance l'an dernier, à 51,1 milliards d'euros hors carburant, soit une progression de 2,4% sur un an.

Depuis 2020, son chiffre d'affaires a bondi de près d'un quart, indique Leclerc, soit un gain de près de 12 milliards d'euros et 5 points de parts de marché en 5 ans, se targue-t-il, selon des chiffres reçus dimanche par l'AFP.

En 2024, le chiffre d'affaires avait augmenté de 2,6% pour atteindre 49,9 milliards d'euros.

"L'écart avec nos concurrents se resserre, mais ils ne sont pas près de nous rattraper", a estimé dans le quotidien économique Les Echos le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc.

Selon un classement Kantar (réalisé du 6 octobre au 2 novembre 2025), E. Leclerc représentait 24,4% de parts de marché, contre 21,2% pour Carrefour, 17,6% pour le groupement Mousquetaires et 12,9% pour La Coopérative U.

E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire.

Par ailleurs, "nous avons identifié un potentiel de 600 magasins de proximité que l'on ouvrira d'ici à 2030", a relaté aux Echos Michel-Edouard Leclerc, évoquant l'existence actuelle d'une centaine de E. Leclerc Express, avec "différents formats, qui vont de 300 à 1.000 m2".

Sur leurs objectifs pour 2030, "cela inclut des grandes métropoles - Paris n'est pas forcément notre priorité, car les espaces sont rares et très disputés".

"Il faut ajouter les centres-villes délaissés, les petites villes, mais aussi les villages. Pour ces derniers, les drives piétons et les camions E. Leclerc se révèlent une très bonne option", a-t-il ajouté.

E. Leclerc, comme Intermarché ou Système U en France, est un groupement de magasins indépendants, où les patrons de magasins ont plus de marge de manoeuvre que dans les groupes dits intégrés, comme Carrefour ou Auchan par exemple.

C'est la raison pour laquelle ces groupements ne communiquent que sur leurs ventes, pas sur leurs résultats nets qui dépendent des orientations et de la situation financière de chacun des membres.

 

 


La France mobilise 98 entreprises au World Health Expo Dubai 2026

Le pavillon France au World Health Expo Dubai 2026 réunit 98 entreprises françaises venues présenter leurs innovations en technologies médicales, e-santé et infrastructures hospitalières. (Photo: fournie)
Le pavillon France au World Health Expo Dubai 2026 réunit 98 entreprises françaises venues présenter leurs innovations en technologies médicales, e-santé et infrastructures hospitalières. (Photo: fournie)
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  • 98 entreprises françaises présentent leurs innovations en santé au World Health Expo Dubai 2026, principal salon médical du Moyen-Orient
  • La coopération franco-émirienne s’intensifie autour de l’IA, des biotechnologies et de la modernisation des infrastructures de santé

DUBAÏ: À l’occasion de la 50e édition du World Health Expo Dubai (anciennement Arab Health), qui s’est tenue du 9 au 12 février 2026 au Dubai Exhibition Center – Expo City, la France a déployé une délégation exceptionnelle de 98 entreprises réunies sous la bannière French Healthcare. Une présence stratégique au cœur du principal rendez-vous de la santé au Moyen-Orient.

Réparties dans les halls Medical Devices (S5), Orthopedics & Rehabilitation (N37) et Radiology & Medical Imaging (N21), les entreprises françaises présentent un éventail complet d’innovations couvrant les technologies médicales, l’ingénierie hospitalière, les produits pharmaceutiques et la e-santé. L’objectif : illustrer l’engagement français en faveur d’une médecine de précision, durable et centrée sur le patient.

Cette mobilisation intervient alors que les Émirats arabes unis accélèrent la transformation de leur système de santé dans le cadre de la Vision 2071. En 2025, Dubaï comptait près de 5 000 établissements de santé, confirmant son ambition de devenir un hub mondial de l’excellence médicale et du tourisme de santé. Intelligence artificielle, plateformes numériques unifiées et automatisation réglementaire façonnent désormais l’écosystème sanitaire local.

Dans ce contexte, la France renforce son rôle de partenaire clé. En 2024, elle s’est hissée au quatrième rang des fournisseurs pharmaceutiques des Émirats, avec 298,5 millions de dollars d’exportations, en nette progression. Ses expertises en génomique, biotechnologies, IA et santé prédictive répondent directement aux priorités stratégiques émiriennes.

Les relations institutionnelles se sont intensifiées ces dernières années. Le 16e Dialogue stratégique UAE–France, organisé à Abu Dhabi en mai 2024, a consolidé les coopérations dans la santé, les technologies avancées et la recherche. En avril 2025, les French Healthcare Days, organisés lors de l’Abu Dhabi Global Health Week, ont permis à six innovateurs français de multiplier visites hospitalières et rencontres B2B avec le Department of Health – Abu Dhabi.

En mai 2025, le 17e Dialogue stratégique, à Paris, a confirmé la santé parmi les six priorités communes, ouvrant la voie à de nouveaux programmes académiques conjoints et projets de recherche.

Des innovations intégrées au service de la pratique clinique

Au pavillon France, plusieurs entreprises illustrent cette approche intégrée :

  • DMS Imaging et Delmont Imaging présentent des plateformes avancées en radiologie et hystéroscopie, intégrant des analyses pilotées par IA pour favoriser la détection précoce et les interventions mini-invasives.
  • Nutrisens propose des solutions de nutrition médicale fondées sur des preuves scientifiques, essentielles en périopératoire et dans la gestion des maladies chroniques.
  • DessinTey développe des systèmes de rééducation destinés à restaurer la mobilité fonctionnelle et accélérer la récupération post-traumatique.
  • Nateosanté intègre la qualité de l’air dans les parcours cliniques grâce à des dispositifs connectés, contribuant à réduire les risques infectieux nosocomiaux.
  • Praticima optimise la logistique hospitalière et la gestion des médicaments, renforçant sécurité et efficience.

« La France est reconnue pour ses normes de qualité exigeantes, ses cadres réglementaires robustes et sa culture d’innovation fondée sur la recherche. Ces atouts en font un partenaire fiable pour les Émirats arabes unis et l’ensemble du Moyen-Orient », souligne Axel Baroux, directeur Business France Proche et Moyen-Orient.

Portée par l’innovation opérationnelle, la participation française au World Health Expo Dubai 2026 reflète une ambition commune : bâtir des systèmes de santé performants, durables et centrés sur le patient pour les décennies à venir.


ArcelorMittal confirme la construction à Dunkerque de son plus gros four électrique en Europe

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à gauche) observe les nouvelles lignes de production lors de sa visite de la nouvelle installation de production d’acier électrique d’ArcelorMittal à Mardyck, dans le nord de la France, le 10 février 2026. (AFP)
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  • ArcelorMittal investit 1,3 milliard d’euros dans un four électrique de 2 Mt/an à Dunkerque, le plus grand d’Europe, avec un démarrage prévu en 2029 et un financement public couvrant 50 % via les CEE
  • Le projet marque un tournant vers la décarbonation de l’acier (60 % recyclé), tout en maintenant une production stable du site, soutenu par des mesures européennes de protection du marché et un contrat énergétique de long terme avec EDF

DUNKERQUE: Le sidérurgiste ArcelorMittal a confirmé mardi la construction d'un four électrique d'une capacité de deux millions de tonnes d'acier par an sur son site de Dunkerque, ce qui en fait son plus gros en Europe, destiné à remplacer un des deux hauts-fourneaux du site.

Le projet annoncé en janvier 2024 par le géant de l'acier, comprenant initialement deux fours et chiffré jusqu'à 1,8 milliard d'euros, concerne finalement un four électrique, pour un montant de 1,3 milliard d'euros, a précisé ArcelorMittal.

Le début des travaux est prévu "dans les semaines qui viennent" et le démarrage du four "courant 2029" a précisé le président d'ArcelorMittal Fance, Alain Grix de la Salle peu avant l'annonce officielle en présence du président Emmanuel Macron.

L'investissement sera financé à hauteur de 50% via le mécanisme de certificats d'économie d'énergie (CEE), un dispositif encadré par l'Etat qui oblige les fournisseurs d'énergie à financer des projets visant à réduire la consommation d'énergie.

L'un des deux haut-fourneaux de Dunkerque sera arrêté lorsque le four électrique sera "en rythme de production normale", c'est-à-dire dans les "années à peu près 2030", a-t-il précisé, ajoutant que le site doit garder "un niveau total de production stable" à 5,5 millions de tonnes.

Les hauts-fourneaux fabriquent de l'acier à partir de matières premières brutes, tandis que le four annoncé fonctionnera à 60% avec de l'acier recyclé.

ArcelorMital a salué dans un communiqué "les progrès accomplis par la Commission européenne", citant les restrictions sur les importations d'acier en Europe, dont le groupe espère qu'elles seront mises en oeuvre avant le 1er juillet, et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.

Le PDG d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, a remercié dans un communiqué M. Macron et le gouvernement français pour "leur soutien, et en particulier leur mobilisation pour faire évoluer les mécanismes de défense du marché de l'acier" qui "vont bénéficier à l'ensemble de l'industrie de l'acier en Europe, à commencer par Dunkerque".

Avec deux fours électriques en cours d'agrandissement à Sestao en Espagne, ArcelorMittal prévoit d'avoir "une capacité proche de 5 millions de tonnes d'acier en acier décarboné".

En France, ArcelorMittal et EDF ont signé en décembre 2025 "un contrat sur 18 ans pour les sites français du groupe" lui garantissant un accès à l'énergie "à un coût compétitif", a souligné l'Elysée.