Face au risque d'embrasement, la cheffe de la diplomatie française au Liban

La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna assiste à une conférence de presse à la Maison d'hôtes d'État Diaoyutai à Pékin, le 24 novembre 2023. (Photo de Pedro Pardo / AFP)
La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna assiste à une conférence de presse à la Maison d'hôtes d'État Diaoyutai à Pékin, le 24 novembre 2023. (Photo de Pedro Pardo / AFP)
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Publié le Vendredi 15 décembre 2023

Face au risque d'embrasement, la cheffe de la diplomatie française au Liban

  • En coulisses, des pays occidentaux, notamment la France et les Etats-Unis, s'activent pour éviter que la situation ne dégénère, selon des sources diplomatiques
  • A Beyrouth, Catherine Colonna s'entretiendra avec le Premier ministre Najib Mikati, le chef du Parlement Nabih Berri, allié du Hezbollah et probablement le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Joseph Aoun

PARIS: La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna est attendue samedi au Liban au moment où les pressions diplomatiques s'intensifient pour éviter un embrasement général à la frontière entre Israël et le puissant Hezbollah.

"Il faut éviter l'embrasement régional", souligne Christophe Lemoine, porte-parole adjoint du Quai d'Orsay, soulignant que Mme Colonna allait "faire passer des messages de retenue" et de "responsabilité" pour contenir le risque d'un deuxième front au nord d'Israël après celui du sud dans la bande de Gaza.

Depuis le début de la guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza le 7 octobre, le Hezbollah pro-iranien a ouvert le front du sud du Liban pour soutenir son allié palestinien, et Israël riposte avec des bombardements.

Les violences qui restent pour le moment limitées aux zones frontalières ont fait 129 morts, dont quelque 91 combattants du Hezbollah au Liban, et au moins onze tués côté israélien.

Mais les bombardements israéliens ont gagné en intensité ces derniers jours. Et les dirigeants israéliens multiplient les mises en garde à l'adresse du Hezbollah.

"Je suggère à nos ennemis de bien faire attention, parce que si le Hezbollah choisit de déclencher une guerre totale, il transformera par sa faute Beyrouth et le sud du Liban, non loin d'ici, en Gaza et Khan Younès", a averti la semaine dernière le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en visite auprès des troupes massées le long de la frontière avec le Liban.

En coulisses, des pays occidentaux, notamment la France et les Etats-Unis, s'activent pour éviter que la situation ne dégénère, selon des sources diplomatiques.

A Beyrouth, Catherine Colonna s'entretiendra avec le Premier ministre Najib Mikati, le chef du Parlement Nabih Berri, allié du Hezbollah et probablement le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Joseph Aoun, a indiqué vendredi une source diplomatique.

A Paris, on souligne que les risques d'embrasements "sont bien réels" si les Libanais sous-estiment la détermination d'Israël à protéger ses frontières et le traumatisme des Israéliens après les attaques sanglantes du 7 octobre perpétrées par le Hamas qui ont fait 1 200 morts et quelque 250 otages. La riposte israélienne à Gaza a fait plus de 18 780 morts, selon le Hamas.

La France s'efforce de convaincre les dirigeants israéliens qu'un nouveau front avec le Liban n'apporterait pas nécessairement la sécurité régionale.

La ministre française, qui se rendra également en Israël dimanche, va ainsi "réitérer les appels de la France à la responsabilité et la retenue", a expliqué Christophe Lemoine.

Avant Catherine Colonna, le patron du renseignement extérieur français, Bernard Emié, s'était rendu la semaine dernière à Beyrouth dans le même cadre, selon des responsables libanais qui l'ont rencontré.

Forces d'élite

Selon une source diplomatique occidentale à Beyrouth, "Israël veut que le Hezbollah s'éloigne de 40 kilomètres de la frontière".

Les responsables israéliens demandent en particulier le retrait des combattants de la force Al-Radwan, l'unité d'élite du Hezbollah, et des armes lourdes des zones proches de la frontière, selon cette source.

Le Hezbollah réplique qu'il n'a pas de présence visible dans la zone frontalière, d'où ses combattants et ceux de formations alliées lancent des attaques contre les positions israéliennes.

"Nous ne discutons avec personne d'aucun déploiement dans le sud du Liban, tant que l'agression contre Gaza se poursuit", a assuré mardi le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem.

Israël réclame également "l'application pleine et entière de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU", selon des sources diplomatiques occidentales.

Cette résolution adoptée pour mettre fin à la guerre qui a opposé Israël et le Hezbollah en 2006 stipule que seule l'armée libanaise et la Force Intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) soient déployés dans le sud du Liban.

Catherine Colonna aura aussi un briefing avec le commandant de la Finul dans la capitale libanaise car elle ne pourra pas se rendre dans le sud pour des questions sécuritaires. La France qui a le principal contingent avec 700 hommes a condamné les tirs israéliens contre les Casques bleus.

Les médiateurs proposent, pour obtenir un arrêt des hostilités, "un règlement du litige frontalier" entre les deux pays, qui s'opposent sur la démarcation de la frontière, selon la source diplomatique occidentale. Cette dernière évoque un retrait d'Israël de deux secteurs contestés qu'il occupe, les fermes de Chebaa et la partie libanaise du village d'Al Ghajar.

Dimanche, Catherine Colonna se rendra aussi en Cisjordanie où une extension du conflit est également redoutée.


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.


Netanyahu affirme depuis le sud du Liban que son armée restera tant que le Hezbollah «nous menace»

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
  • Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place
  • "Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici"

JERUSALEM: Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace".

"Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici", a-t-il affirmé à des troupes israéliennes sur place selon une vidéo diffusée par son bureau.

 


L’Arabie saoudite en tête du classement de sécurité publique du G20

Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
  • 97,7 % des habitants déclarent se sentir en sécurité en marchant seuls la nuit

RIYAD: L’Arabie saoudite occupe la première place parmi les pays du G20 dans l’Indice de sécurité 2025, selon les données de la base des indicateurs des Objectifs de développement durable des Nations unies, publiées lundi par l’Autorité générale des statistiques du Royaume.

Les résultats indiquent que 97,7 % de la population se sent en sécurité en marchant seule la nuit dans son quartier, selon l’Agence de presse saoudienne (Saudi Press Agency).

Ils montrent également que 94,9 % des femmes, 97 % des citoyens saoudiens et 97,2 % des personnes âgées de 60 à 64 ans se sentent en sécurité en marchant seules la nuit dans les zones résidentielles.

Ces résultats soulignent les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité dans l’ensemble du Royaume, a ajouté la SPA. Ils s’inscrivent dans les initiatives visant à renforcer la sécurité, la stabilité et la qualité de vie dans les secteurs économique, alimentaire, environnemental, sanitaire, social, politique, intellectuel, technologique et de cybersécurité, conformément à la Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

L’Autorité générale des statistiques mène ses travaux selon une méthodologie unifiée basée sur le Statistical Business Process Manual, conforme aux normes statistiques internationales.

Dans un autre rapport, l’autorité a indiqué que 75,3 % de la population saoudienne a participé à des événements ou activités culturelles en 2025, reflétant une participation croissante à la vie culturelle dans le Royaume.

Ces données ont été publiées dans le cadre de l’initiative Raqam Saudi, qui met en avant les réalisations nationales, renforce la fierté nationale et les valeurs de citoyenneté, et souligne le rôle des statistiques officielles dans le suivi des progrès vers les objectifs de Vision 2030 et du développement durable. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com