Une mosquée touchée par des raids et des bombes au phosphore sur le front du Liban-Sud

Une photo prise le 14 décembre 2023 montre une maison détruite par les bombardements israéliens de la semaine dernière, dans le village d'Aitaroun, au sud du Liban (Photo, AFP).
Une photo prise le 14 décembre 2023 montre une maison détruite par les bombardements israéliens de la semaine dernière, dans le village d'Aitaroun, au sud du Liban (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 15 décembre 2023

Une mosquée touchée par des raids et des bombes au phosphore sur le front du Liban-Sud

  • Un drone israélien a bombardé une mosquée dans la ville de Jebbayn avec un missile, l'endommageant
  • Les rapports d'appels inconnus demandant aux propriétaires d'évacuer avant les bombardements se sont multipliés dans la région méridionale.

BEYROUTH: Les tirs d'artillerie israéliens se sont intensifiés jeudi sur plusieurs villes frontalières libanaises où le Hezbollah est actif.

Les correspondants de guerre ont signalé «l'utilisation de bombes au phosphore par l'armée israélienne lors du bombardement de la périphérie de la ville de Khiam».

La chaîne israélienne Channel 14 a rapporté que le Dôme de fer avait intercepté 20 missiles tirés depuis le Liban-Sud en direction de la vallée de Galilée.

L'armée israélienne a lancé une attaque de drone sur une maison située dans le centre-ville d’Aïta ach-Chab.

La propriété appartient à Haidar Srour, citoyen libanais, qui a évacué avec sa famille au début de l'escalade à la frontière. Israël a également ciblé la même maison lors d'un précédent raid.

Un drone israélien a bombardé une mosquée de la ville de Jebbayn avec un missile, l'endommageant, et la région entre Aalma ech Chaab et Naqoura a subi des tirs d'artillerie de la part des forces de défense israéliennes (FDI).

Les avions de guerre israéliens ont mené des frappes aériennes dans les zones forestières et les plaines près d'Aitaroun et de Maroun al-Ras, et la zone entre Chihine et Marwahin a été soumise à des tirs d'artillerie israéliens. Wadi Saluki et Meiss El Jabal ont aussi fait l'objet de tirs d'artillerie.

Dans la matinée, l'artillerie israélienne a pris pour cible les collines d’Al-Awaidah et d'Aaziyyeh, à la périphérie de la ville de Taybeh, qui a connu une panne d'électricité en raison d'une attaque ciblée sur le réseau de transmission à haute tension qui alimente la région.

La frontière sud du Liban est divisée en trois secteurs connus sous le nom de Ligne bleue: l'ouest, le centre et l'est. Le secteur est le plus important d'un point de vue stratégique, car il comprend les villages de montagne contestés de la région d'Arqoub entre le Liban, la Syrie et Israël.

Les rapports d'appels inconnus demandant aux propriétaires d'évacuer avant les bombardements se sont multipliés dans la région méridionale.

Le Hezbollah surpris

L'analyste politique Ali al-Amin a déclaré à Arab News que plusieurs personnes avaient été contactées par des personnes parlant arabe et qu'elles avaient vécu des situations similaires.

«Cela ne signifie pas que l'armée israélienne fait preuve de pitié envers les civils, car nous pouvons voir ses massacres dans la bande de Gaza, mais il semble que son plan actuel au Liban n'est pas de cibler les civils», a-t-il expliqué.

«Les Israéliens ont accès aux données de communication des habitants du Liban-Sud et peut-être d'autres régions», a-t-il indiqué.

«Il est inquiétant que certaines personnes ayant reçu des appels de personnes inconnues n'aient pas su que ces appels venaient d'Israël», a ajouté Al-Amin.

«Des hommes et des femmes ont répondu normalement, pensant que l'appelant voulait s'assurer qu'ils étaient en sécurité», a-t-il précisé.

Al-Amin a mentionné: «Les progrès technologiques réalisés par l'armée israélienne au cours de ces affrontements ont pu surprendre le Hezbollah en lui permettant d'atteindre ses cibles avec précision. En retour, le Hezbollah a pu réaliser des gains sur le terrain grâce à ses tactiques visant à diminuer ses pertes.»

Le Hezbollah a annoncé jeudi qu'il avait pris pour cible l'avant-poste de Yiftah et un rassemblement de soldats et de véhicules israéliens dans ses environs.

Le groupe a également pris pour cible les forces israéliennes à proximité de l'avant-poste de Shomera.

Le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, a déclaré que les avions de combat israéliens avaient frappé les infrastructures et les bâtiments militaires du Hezbollah à l'intérieur du Liban.

Adraee a indiqué que le côté israélien «a détecté le lancement d'une roquette depuis le Liban vers la région de Shomera à la frontière libanaise».

Le Hezbollah a informé de la mort d'un de ses combattants, Ahmed Hassan Moukahal, originaire du village de Jouaya, dans le sud du Liban.

Le groupe militant a annoncé la mort de deux de ses combattants mercredi, ce qui porte à 101 le nombre total de combattants du Hezbollah tués depuis que les violences ont éclaté le long de la frontière libanaise le 8 octobre, à cette date de jeudi après-midi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Liban: l'armée israélienne déclare que toute la zone au sud du fleuve Zahrani est une «zone de combat»

Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
Une capture d'écran montre des habitants quittant Tyr en voiture après que l'armée israélienne a lancé mercredi un avis d'évacuation à l'intention de cette ville côtière du sud du Liban et des zones environnantes, indiquant qu'elle s'apprêtait à frapper des cibles du Hezbollah dans la région. (X/@SawtBeirut)
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  • L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban
  • "A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier

JERUSALEM: L'armée israélienne a averti mercredi soir qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

Dans un message sur les réseaux sociaux semblant acter la fin du cessez-le-feu plus que précaire entre Israël et le mouvement islamiste libanais Hezbollah, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l'armée israélienne a appelé tous les habitants qui se trouveraient dans cette région à évacuer vers la rive nord du Zahrani.

"A la lumière des violations répétées des termes du cessez-le-feu par le Hezbollah terroriste, [l'armée israélienne] va agir contre lui avec une très grande force", a prévenu l'officier.

"Au Liban, nous intensifions nos opérations afin de porter des coups toujours plus sévères à l'organisation Hezbollah", a déclaré de son côté le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée israélienne, lors d'une cérémonie de réception d'un nouvel avion ravitailleur pour l'armée de l'Air.

"Cette mission est conduite de manière méthodique, sur tous les fronts — dans les airs comme au sol — avec responsabilité et détermination, face à un ennemi affaibli et durement éprouvé", a-t-il dit selon une vidéo de la cérémonie diffusée par le service de presse de l'armée.

"Le Hezbollah déploie contre nous une large gamme de menaces, notamment celle des drones" explosifs, a-t-il ajouté promettant de poursuivre "sans relâche [les] efforts [pour infliger] à l'ennemi un coût élevé, tant sur la ligne de front qu'en profondeur".


Liban: le Hezbollah dit mener des combats directs avec des forces israéliennes dans le sud

Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
Des soldats israéliens se mettent à l'abri près de la frontière israélo-libanaise, à la suite d'une attaque par drone du Hezbollah qui a frappé la frontière nord. (AFP)
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  • Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué
  • Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité

BEYROUTH: Le Hezbollah a indiqué mercredi mener des combats avec des forces israéliennes dans une localité située à la lisière de la "ligne jaune" établie dans le sud du Liban par Israël, qui étend ses opérations terrestres dans le pays.

L'armée israélienne avait élargi et intensifié ses frappes mardi sur des villes et villages dans le sud du Liban et dans des zones de l'est du pays limitrophes du sud, faisant au moins 31 morts selon les autorités.

Des combattants "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" à Zawtar el-Charqiyé, au nord du fleuve Litani, a écrit mercredi le groupe pro-iranien dans un communiqué.

Le Hezbollah avait revendiqué depuis la veille à l'aube des tirs et attaques au drone contre des forces israéliennes qui tentaient de s'infiltrer dans la localité.

Ce village, situé au nord du fleuve Litani, revêt une importance stratégique pour sa proximité avec la ville de Nabatiyé, grande ville du sud visée par un nouvel appel à évacuation israélien avant des frappes, le deuxième depuis mardi.

Israël dit cibler le Hezbollah, qu'il accuse de violer le cessez-le-feu.

Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" que l'armée israélienne a établie dans le sud du Liban à une dizaine de kilomètres de la frontière, zone qu'elle interdit d'accès aux habitants et où elle mène de larges opérations de démolition.

Parallèlement à cette avancée, Israël a annoncé mardi étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la "ligne jaune", malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril.

"Nous intensifions notre action au Liban" et "nous renforçons la zone de sécurité afin de protéger les localités du nord" d'Israël, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.


L'Iran juge peu probable la reprise de la guerre avec les Etats-Unis

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis
  • Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, malgré les récentes frappes américaines, et sur fond de laborieuses tractations diplomatiques pour mettre fin durablement à la guerre.

Dans le même temps, comme une étape de plus vers un retour à la normale, l'accès à internet a été partiellement rétabli en Iran, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks. Et dans le ciel, le trafic a désormais pleinement repris dans 10 aéroports du pays.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations piétinent depuis. Et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran continue, faisant flamber les prix du pétrole, tout comme les échanges de menaces.

"La probabilité d'une guerre est faible en raison de la faiblesse de l'ennemi", a lancé mercredi Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens, cité par l'agence de presse Tasnim. Mais "les forces armées se tiennent en alerte, leurs chargeurs pleins", a-t-il ajouté, jurant de "transformer la zone" allant de l'est à l'ouest du Golfe en "un cimetière pour les agresseurs".

La veille, la République islamique avait déjà menacé de riposter à tout "acte malveillant", accusant Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit de lundi à mardi des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Alors que les pays musulmans célèbrent l'Aïd al-Adha, fête majeure de l'islam, le président iranien Massoud Pezeshkian a délivré à cette occasion un message contre "les tyrans de notre époque".

 "Globalement positives"

Mercredi, les cours du pétrole fléchissaient de nouveau et les Bourses européennes ont ouvert en petite hausse.

Si l'enthousiasme des marchés est retombé après les signaux positifs du weekend, "il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU) entre les Etats-Unis et l'Iran", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

Car le dialogue n'est pas rompu: l'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables au Qatar, une première depuis le début des hostilités.

Ce déplacement avait pour but de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes, en juin 2025.

Au-delà de la "ligne jaune" 

Donald Trump, qui doit réunir mercredi son gouvernement, cherche de son côté une issue à cette guerre impopulaire qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Si le mémorandum est signé (...), Trump revendiquera un succès diplomatique, les prix du carburant devraient baisser et l'Iran aura obtenu ce qu'il recherchait depuis le début: la fin des hostilités actives et un répit économique, avant d'être contraint de faire des concessions sur la question nucléaire", écrit sur son site le groupe de réflexion International Crisis Group.

A condition que son allié israélien, désireux de renverser la République islamique, ne fasse pas dérailler les discussions.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé une intensification de l'offensive de l'armée israélienne au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.

De nouvelles frappes mardi ont fait 31 morts, selon le gouvernement libanais. Et Israël a dit étendre ses opérations terrestres au-delà de la "ligne jaune" qu'elle a établie dans le sud du pays.