Moody's fait passer la perspective du Liban de nulle à stable

Le rapport de l’agence de notation donne un aperçu du paysage économique complexe du Liban, avec une croissance négative du produit intérieur brut réel de 2,6% en 2022. (Shutterstock)
Le rapport de l’agence de notation donne un aperçu du paysage économique complexe du Liban, avec une croissance négative du produit intérieur brut réel de 2,6% en 2022. (Shutterstock)
Short Url
Publié le Jeudi 14 décembre 2023

Moody's fait passer la perspective du Liban de nulle à stable

  • L’agence de notation maintient la note «C» du pays
  • Moody’s s’attend à ce que l’environnement économique du Liban reste instable en raison de l’impasse politique récurrente et de la faiblesse des institutions

RIYAD: Les graves difficultés économiques du Liban ont conduit l’agence américaine Moody’s Investors Service à maintenir sa note à «C», dans la mesure où les pertes subies par les obligataires pourraient dépasser 65%.

Selon Moody’s, cette note reflète les pertes subies en raison du défaut de paiement du Liban depuis le 16 mars 2020. Le pays est plongé dans une crise économique, financière et sociale que ses institutions affaiblies semblent incapables de résoudre.

L’agence a également modifié la perspective de la note du pays, la faisant passer de «aucune perspective» à «stable», reflétant ainsi son anticipation du maintien de la note «C» dans un avenir proche, compte tenu de la forte probabilité que les créanciers privés subissent des pertes importantes.

L’agence s’attend aussi à ce que l’environnement économique reste instable en raison de l’impasse politique récurrente et de la faiblesse des institutions.

La crise économique a été alimentée par l’effondrement de la monnaie nationale sur le marché parallèle et par une flambée de l’inflation, qui a atteint le chiffre stupéfiant de 215,4% à la fin du mois d’octobre 2023 par rapport à la même période de l’année précédente.

L’absence de mesures décisives en faveur de la mise en œuvre de réformes économiques et fiscales plausibles fait douter de la faisabilité d’un soutien financier extérieur officiel accompagnant une restructuration de la dette publique dans un avenir proche.

Le Liban est confronté à une impasse politique récurrente et à la faiblesse de ses institutions. Sa vulnérabilité face à l’exacerbation du conflit entre Israël et le Hamas annule les progrès récents de l’industrie du tourisme et nuit davantage à l’activité économique.

L’agence a par ailleurs constaté que le plafond en monnaie locale reste à «Ca», ce qui indique que l’obligation est quasi-défaillante, même si le plafond en monnaie étrangère se maintient au même niveau.

Compte tenu des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance, le score d'impact de crédit ESG du Liban est nettement inférieur à celui qui lui aurait été attribué dans d’autres circonstances.

Les contraintes de gouvernance, le déclin des niveaux de richesse et un bilan gouvernemental surchargé contribuent à une faible résilience face aux risques environnementaux et sociaux.

Le pays est confronté à des défis environnementaux, notamment des problèmes chroniques de gestion des déchets solides et une eau potable insalubre pour plus de 25% de la population, les pénuries d’eau risquant de devenir de plus en plus fréquentes si des politiques efficaces ne sont pas mises en place.

Les risques sociaux sont accentués par un accès insuffisant aux services essentiels, un accès peu fiable à l’électricité, une migration importante de la main-d’œuvre qualifiée vers les pays étrangers et un afflux de réfugiés syriens représentant plus de 30% de la population.

Le rapport de notation a également donné un aperçu du paysage économique complexe du Liban, avec une croissance négative du produit intérieur brut réel de 2,6% en 2022, un taux d’inflation de 122% et un ratio dette extérieure-PIB de 319,6%.

Le rapport ajoute que le profil de crédit du pays reste fortement exposé aux risques environnementaux, aux défis sociaux et aux questions de gouvernance, ce qui se traduit par une note de résilience économique de «Caa3».

Les facteurs susceptibles d’entraîner une révision à la hausse ou à la baisse des notes sont limités, étant donné que la note «C» est la plus basse sur l’échelle de Moody’s.

Toute amélioration potentielle après la restructuration serait limitée et nécessiterait un rythme soutenu et plus rapide que prévu d’assainissement budgétaire et de réformes structurelles sur plusieurs années.

En outre, l’évolution de facteurs essentiels comme la croissance économique, les taux d’intérêt, les recettes de la privatisation et la capacité à générer et à maintenir d’importants excédents primaires jouerait un rôle crucial dans la détermination de la faisabilité d’un relèvement substantiel de la note.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Short Url
  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Short Url
  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Short Url
  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.