La procédure de destitution, fardeau ou... possible cadeau pour Biden

Joe Biden a balayé les accusations des républicains sur la procédure de destitution pour mieux pointer du doigt l'incapacité du Congrès à se mettre d'accord sur l'aide à l'Ukraine ou le budget, relève encore le politologue Todd Belt. (AFP)
Joe Biden a balayé les accusations des républicains sur la procédure de destitution pour mieux pointer du doigt l'incapacité du Congrès à se mettre d'accord sur l'aide à l'Ukraine ou le budget, relève encore le politologue Todd Belt. (AFP)
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Publié le Vendredi 15 décembre 2023

La procédure de destitution, fardeau ou... possible cadeau pour Biden

  • Le président américain est dans le viseur des républicains à la Chambre des représentants pour son rôle supposé dans les affaires controversées de son fils à l'étranger
  • Même si Joe Biden venait à être formellement mis en accusation ("impeached") par la Chambre, une condamnation au Sénat, à majorité démocrate, est extrêmement improbable

WASHINGTON: Etre formellement visé par une procédure en destitution du Congrès n'était certainement pas sur la liste de Noël de Joe Biden -- mais la décision des républicains pourrait finalement constituer un cadeau politique pour le démocrate, en campagne pour sa réélection.

Le président américain, 81 ans, est dans le viseur des républicains à la Chambre des représentants pour son rôle supposé dans les affaires controversées de son fils à l'étranger.

Mais Joe Biden a répliqué immédiatement, avec un message qu'il veut clair: tout ceci n'est qu'un théâtre politique monté par une opposition vengeresse. Et le président en fait même un argument pour lever des fonds dans sa course à venir contre Donald Trump.

"Aucun président ne veut se voir inculpé" au Congrès, rappelle Todd Belt, politologue. Mais "en réalité, politiquement, c'est plutôt un cadeau pour Joe Biden", analyse ce professeur à l'université George Washington.

Dans sa réaction au vote des républicains mercredi, la Maison Blanche "s'est rapidement tournée vers l'économie et le fait que ce Congrès n'a pas fait grand chose et est obsédé par des revanches politiques au profit de Donald Trump", ajoute-t-il.

«Chanceux»

Les républicains n'ont pour l'instant pas apporté la preuve d'une implication du président. Et même si Joe Biden venait à être formellement mis en accusation ("impeached") par la Chambre, une condamnation au Sénat, à majorité démocrate, est extrêmement improbable.

L'intérêt, pour les républicains, est celui d'une plateforme politique et médiatique de première importance, à quelques semaines des premières primaires républicaines -- et des procès de Donald Trump.

L'ancien président, qui surpasse de loin ses rivaux dans la course à l'investiture du Parti républicain, domine également Joe Biden dans les sondages les plus récents.

Lui qui pousse à cette procédure de destitution contre Joe Biden a déclaré jeudi qu'il n'avait "jamais eu le luxe" d'une véritable enquête lors des deux procédures qui l'ont visé. "Biden est chanceux d'avoir une enquête, et il est TOTALEMENT COUPABLE", a-t-il écrit.

Donald Trump, inculpé, avait vendu mugs et t-shirts avec sa fameuse photo d'identité judiciaire tout en dénonçant une chasse aux sorcières politique. Le camp Biden a lui appelé à donner des fonds - dès 5 dollars - pour financer sa campagne dans un courriel dénonçant la procédure de destitution, une réussite selon les médias américains.

«Tensions»

Joe Biden a balayé les accusations des républicains sur la procédure de destitution pour mieux pointer du doigt l'incapacité du Congrès à se mettre d'accord sur l'aide à l'Ukraine ou le budget, relève encore le politologue Todd Belt.

"Si cela se poursuit tout au long de ce cycle électoral, tout ce que le président a à faire est de pointer du doigt la colline du Capitole et dire +regardez ce qu'il font là-haut+", analyse-t-il.

Hunter Biden, soutenu depuis longtemps par son père président, semble de son côté avoir changé de stratégie de défense, après des années à préférer la discrétion.

L'homme de 53 ans, sous le coup de deux inculpations, a tenu mercredi une rare conférence de presse à Washington pour dédouaner son père de toute implication dans ses affaires controversées, attaquant "les trumpistes" pour d'avoir tenté de le "déshumaniser".

Une stratégie plus risquée ayant "provoqué des tensions" avec la Maison Blanche qui préférerait une approche plus prudente, rapporte le média américain Axios.

Depuis le Bureau ovale, Joe Biden peut se rassurer avec quelques éléments historiques: aucune procédure de destitution n'est arrivée à effectivement mettre fin au mandat présidentiel. En 1974, Richard Nixon, cerné, avait démissionné avant de faire face à son "impeachment".

Mais la procédure elle-même peut être coûteuse: si la présidence refuse de donner des documents en citant le droit de l'exécutif au secret, les républicains pourraient s'indigner, arguant que le camp Biden aurait quelque chose à cacher. Et puis, une surprise est toujours possible.

"L'enquête pourrait peut-être révéler quelque chose. Nous n'en savons rien", résume Todd Belt.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.