En Israël, des bénévoles pour les récoltes des agriculteurs arabes

Un travailleur étranger cueille des fruits dans une ferme du kibboutz Malkia, près de la frontière avec le Liban, dans le nord d'Israël, le 13 octobre 2023. (Photo Jalaa Maarey AFP)
Un travailleur étranger cueille des fruits dans une ferme du kibboutz Malkia, près de la frontière avec le Liban, dans le nord d'Israël, le 13 octobre 2023. (Photo Jalaa Maarey AFP)
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Publié le Samedi 16 décembre 2023

En Israël, des bénévoles pour les récoltes des agriculteurs arabes

  • Israël a suspendu les permis de travail en Israël d'environ 130.000 ouvriers de cette partie des Territoires palestiniens
  • Les exploitations israéliennes se retrouvent ainsi sans bras pour cueillir et planter fruits et légumes

BAQA AL-GHARBIYA, Israël : Ils sont juif ou arabe, enseignant ou avocat: ces bénévoles venus de Haïfa, dans le nord d'Israël, prennent sur leur temps libre pour aider des agriculteurs arabes israéliens manquant de main d'oeuvre depuis le début de la guerre à Gaza.

A Baqa al-Gharbiya, à une heure de route plus au sud, Marwan Abou Yassine accueille à bras ouverts ces citadins qui ont provisoirement troqué stylo et robe contre une paire de bottes.

«J'avais 16 ouvriers thaïlandais, neuf ont quitté le pays à cause de la guerre, et j'avais 15 travailleurs qui venaient de Cisjordanie mais ne peuvent plus venir en Israël à cause des barrages», se désole ce maraîcher de 55 ans.

Marwan Abou Yassine, comme les autres Arabes israéliens, est descendant de Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l'Etat d'Israël en 1948, dont la communauté représente aujourd'hui environ 20% de la population du pays et dit être victime de discrimination par rapport à la majorité juive.

Cet agriculteur cultive habituellement 150 dounams (environ 15 hectares) mais il affirme qu'il ne pourra en exploiter que 40 ou 50 cette saison car il n'a réussi à embaucher que sept employés et que le travail des volontaires, s'il est bienvenu, ne suffit pas.

Quelques-uns cueillent ce jour-là des concombres tandis que d'autres placent des plants sur des tuteurs, mais aucun ne remplace un ouvrier habitué au dur labeur des champs.

Et les coûts restent ceux d'une exploitation de 150 dounams car il lui faut continuer à entretenir ses terres, notamment les serres en plastique.

Israël qui mène une offensive contre le Hamas dans la bande de Gaza, en représailles à l'attaque sanglante sur son territoire du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre, se trouve du coup refermé sur lui-même, jusqu'en Cisjordanie occupée, sclérosée par des restrictions de mouvement supplémentaires.

- «Se soutenir mutuellement»-

Israël a en outre suspendu les permis de travail en Israël d'environ 130.000 ouvriers de cette partie des Territoires palestiniens.

Les alentours de la bande de Gaza, côté israélien, comprennent beaucoup d'exploitations agricoles et les Thaïlandais qui sont nombreux à y travailler ont été, eux aussi, victimes du feu du Hamas le 7 octobre.

Plusieurs dizaines d'entre eux ont été tués, blessés et pris en otage à Gaza. Cette tragédie a suscité la peur parmi les 30.000 ressortissants travaillant en Israël qui ont massivement quitté le pays.

Les exploitations israéliennes se retrouvent ainsi sans bras pour cueillir et planter fruits et légumes.

«Il faut se soutenir mutuellement», explique Abir Abdel Ghani, avocate de 33 ans qui trouve «très amusant» de s'essayer à la cueillette. Elle reconnait toutefois qu'«une journée de travail ne suffit pas» à résoudre le problème.

Youssef Sader, un professeur de physique retraité, est aussi venu pour ses «frères», et suppose qu'il sera fourbu mais content à la fin de la journée car il aura quand même «donné un petit coup de pouce aux agriculteurs».

- «Faire un pas» -

D'autres bonnes volontés s'apprêtaient à ramasser des fraises quand la pluie les a surprises. Lasses d’attendre un ciel plus clément, elles ont fini par abandonner.

Pour Guy, 56 ans, travailleur social israélien et juif, offrir son temps pour les récoltes de Baqa al-Gharbiya est «très important pour les bonnes relations entre juifs et arabes en Israël».

«Nous devons tous faire un pas les uns vers les autres», poursuit-il.

Ce sont les agriculteurs eux-mêmes qui ont lancé des appels aux volontaires comme l'explique Ibrahim Mawasi, coordinateur des associations de bénévoles.

«Une semaine après la guerre, nous nous sommes réunis et nous avons décidé de mobiliser toutes les personnes qui le voudraient bien pour sauver ce qu'il est possible de sauver de l'agriculture».

«Les bénévoles nous aident, dans la limite de leurs moyens, mais ce n'est pas vraiment ce qu'il nous faut, nous avons besoin de professionnels», précise l'agriculteur de 65 ans.

Le cabinet de guerre du gouvernement se déchire sur la question du retour des milliers de travailleurs palestiniens en Israël. Des ministres qui s'y opposent suggèrent désormais de faire venir des dizaines de milliers de travailleurs de l'étranger, notamment d'Inde.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.

 


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.