Soudan: Les paramilitaires s'emparent d'une ville près de Wad Madani

Des déplacés soudanais fuyant Wad Madani, le 17 décembre (Photo, AFP).
Des déplacés soudanais fuyant Wad Madani, le 17 décembre (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 19 décembre 2023

Soudan: Les paramilitaires s'emparent d'une ville près de Wad Madani

  • Les FSR ont pris le contrôle «du quartier général de l'armée, du bureau de la police et de l'hôpital après un affrontement qui a duré une heure», selon les mêmes sources
  • Chef-lieu de l'Etat d'al-Jazira, Wad Madani compte plus de 270.000 personnes ayant besoin d'«aide» et constituait jusque-là un «hub humanitaire», d'après l'ONU

WAD MADANI: Les paramilitaires soudanais, en guerre contre l'armée depuis le 15 avril, se sont emparés lundi de Roufaa et fait de nouvelles incursions dans la ville voisine de Wad Madani, toutes deux dans l'Etat d'al-Jazira (centre-est), jusque-là épargné par les hostilités, selon des témoins.

Vendredi, les combats entre l'armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont gagné Wad Madani, à 180 kilomètres au sud de Khartoum, qui était devenue un refuge pour de nombreux déplacés fuyant les combats dans la capitale. A mesure que les combats progressent, les habitants fuir la zone.

Chef-lieu de l'Etat d'al-Jazira, Wad Madani compte plus de 270.000 personnes ayant besoin d'"aide" et constituait jusque-là un "hub humanitaire", d'après l'ONU.

Dimanche, les paramilitaires y ont établi une base militaire, avant de s'emparer lundi de Roufaa, à 40 km de Wad Madani, ont dit à l'AFP des témoins.

Les FSR ont pris le contrôle "du quartier général de l'armée, du bureau de la police et de l'hôpital après un affrontement qui a duré une heure", selon les mêmes sources.

Dans une déclaration sur X (ex-Twitter), les paramilitaires ont affirmé avoir pris le contrôle, entre autres, de "la première division d'infanterie de l'armée à Wad Madani".

L'armée a pour sa part assuré que "la situation sécuritaire dans l'Etat d'al-Jazira s'est stabilisée", appelant les habitants à "ne pas quitter leurs maisons".

Des millions de déplacés

Sur un autre front, cette fois dans la vaste région du Darfour (ouest), une source militaire a dit à l'AFP que l'armée avait frappé l'aéroport de Nyala, deuxième ville du Soudan, ainsi que les bâtiments de la 16e division d'infanterie, que les paramilitaires ont dit avoir pris en octobre.

La même source a ajouté que "la base Al-Zurq des FSR, principal centre de ravitaillement, a été bombardée".

Le collectif  "Avocats d'urgence" a dit dans un communiqué qu'un bombardement avait "touché des quartiers peuplés" lundi, après un autre jeudi mené avec "des barils explosifs, tuant 10 personnes et faisant 37 civils blessés".

Le conflit déclenché entre le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, et son adjoint devenu rival, le général Mohamed Hamdane Daglo à la tête des FSR, a fait au moins 12.000 morts et plus de six millions de déplacés dans ce pays d'Afrique de l'Est, selon l'ONU.


L'Iran dément avoir visé l'ambassade américaine à Ryad 

L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
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  • L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles
  • Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti

RYAD: L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad.

"Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des Etats-Unis à Ryad", a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité", a-t-il assuré.

L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, disant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël, prélude à une guerre qui déborde en dehors de la région.

L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles.

Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti.

De la même manière, l'Iran n'a "aucun rôle dans l'attaque (de drone, NDLR) qui a ciblé l'ambassade américaine" et provoqué un incendie, a affirmé Alireza Enayati.

Guerre "imposée" 

Le diplomate a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, ni de son territoire, pendant la guerre.

"Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite: qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran", a-t-il dit.

Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.

Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine.

Ryad avait rompu en 2016 ses relations diplomatiques avec la République islamique après que son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad, dans le nord-ouest du pays, avaient été attaqués lors de manifestations. Celles-ci avaient suivi l'exécution par l'Arabie saoudite du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Depuis que la guerre lancée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran embrase le Moyen-Orient, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils.

"Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région", a regretté Alireza Enayati.

 

 


Le ministre saoudien de la Défense s'entretient avec son homologue des Émirats arabes unis et condamne les attaques iraniennes

 Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
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  • Les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres pays
  • Ils ont déclaré que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités

RIYAD: Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, s'est entretenu jeudi avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum.

Au cours de cet entretien, les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres nations, a écrit le prince Khalid sur X.

Les attaques iraniennes ont été décrites comme une "violation claire des conventions internationales, ainsi que de la souveraineté, de la sécurité et de la sûreté des nations", a déclaré le Dubai Media Office.

"Les deux parties ont souligné que de tels actes ont de graves implications pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales", a ajouté le bureau.

Les deux ministres ont également affirmé leur entière solidarité et leur engagement à soutenir toutes les mesures prises en réponse à ces actes, a déclaré le prince Khalid.

Ils ont ajouté que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités et assurer la sécurité de tous ceux qui vivent dans les deux pays.


Liban: frappe sur la banlieue sud de Beyrouth après un avis d'évacuation 

La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
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  • La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information
  • La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi

BEYROUTH: La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un panache de fumée se dégage du lieu du site, selon des images de l'AFPTV.

La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi.