Au Soudan en guerre, l'ONU tire la sonnette d'alarme sur la «catastrophe»

Des manifestants soudanais anti-coup d'État affrontent les forces de sécurité lors d'une manifestation dans la capitale Khartoum, le 30 octobre 2022 (Photo, AFP).
Des manifestants soudanais anti-coup d'État affrontent les forces de sécurité lors d'une manifestation dans la capitale Khartoum, le 30 octobre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 11 décembre 2023

Au Soudan en guerre, l'ONU tire la sonnette d'alarme sur la «catastrophe»

  • L'ONU recense dans un nouveau bilan 12.000 morts
  • La capitale, Khartoum, où les premiers tirs ont eu lieu, est, elle, toujours inaccessible alors que des millions d'habitants y sont toujours piégés

PORT-SOUDAN: La patronne des opérations humanitaires de l'ONU au Soudan en guerre s'inquiète du sort de 20 millions de Soudanais, soit plus de 40% de la population, auxquels elle n'a aucun accès, et prévient que l'aide humanitaire pourrait cesser faute de fonds.

La Camerounaise Clementine Nkweta-Salami, coordonnatrice de l'action humanitaire au Soudan, décrit dans un entretien à l'AFP une "situation catastrophique après huit mois de conflit" meurtrier entre les deux généraux au pouvoir depuis le coup d'Etat de 2021.

Le 15 avril, le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane et son second, le général Mohamed Hamdane Daglo, patron des très redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), ont retourné leurs armes l'un contre l'autre.

Depuis, "environ sept millions de personnes ont été déplacées, ce qui constitue le plus important déplacement au monde", rappelle Mme Nkweta-Salami.

L'ONU recense dans un nouveau bilan 12.000 morts, ajoute-t-elle, un chiffre sûrement très sous-estimé tant des pans entiers du pays sont coupés du monde.

Malgré l'ampleur de la crise, poursuit-elle, il faut "composer avec des ressources limitées" car l'ONU a besoin d'"environ 2,6 milliards de dollars et n'en a reçu jusqu'ici que 38,6%".

"A un moment, même si nous trouvons des accès, nous n'aurons plus les ressources", prévient-elle.

Jan Egeland, patron du Norwegian Refugee Council, l'ONG internationale la plus en pointe sur l'aide au Soudan, partage le même constat.

«Pires heures»

"Je n'ai jamais vu, après des années de travail humanitaire, une méga-catastrophe aussi horrible et captant aussi peu d'attention et de ressources", dit-il à l'AFP.

Les Soudanais "pris sous les feux croisés, les violences ethniques et les bombardements" vivent "leurs pires heures et nous ne sommes pas là", ajoute-t-il. "Nous n'arrivons pas à dégager pour les Soudanais ne serait-ce qu'une fraction des ressources que nous avons reçues pour tous les méga-désastres récents".

Pour le moment, "environ 24,7 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire", soit plus d'un Soudanais sur deux, rappelle Mme Nkweta-Salami.

"Jusqu'ici, nous n'avons pu accéder qu'à quatre millions de personnes et notre objectif est d'en atteindre 18 millions" qui ont besoin d'aide pour "la santé, l'eau, l'hygiène, la nourriture", détaille-t-elle.

L'ONU se félicite notamment d'avoir pu lancer une opération d'aide depuis le Tchad à plusieurs Etats du Darfour, où l'ONU soupçonne un "génocide", et tente désormais d'accéder aux Etats du Kordofan, une autre région où les combats sont intenses.

La capitale, Khartoum, où les premiers tirs ont eu lieu le 15 avril, est, elle, toujours inaccessible alors que des millions d'habitants y sont toujours piégés.

L'ONU, elle, s'est repliée dès les premiers jours à Port-Soudan, sur la mer Rouge, jamais gagnée par les combats et l'une des rares zones encore sous le contrôle de l'armée, où le port et l'aéroport sont toujours opérationnels.

«Au-delà des lignes de front»

Car, explique la responsable onusienne, "l'insécurité crée un énorme défi". Et au-delà de la sécurisation des humanitaires, "il faut des négociations très compliquées pour amener l'aide au-delà des lignes de front".

Et asseoir les deux camps à la table des négociations est toujours un objectif lointain. A la demande des autorités soudanaises, le Conseil de sécurité a mis un terme le 1er décembre à la mission politique de l'ONU qui recensait notamment les violations des droits humains qui se multiplient depuis le début de la guerre.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a pointé du doigt "deux généraux qui méprisent totalement les intérêts de leur population" et dénoncé des soutiens "financiers et en armement" d'autres acteurs qu'il n'a pas nommés.

Depuis des mois, les experts affirment que l'Egypte et la Turquie notamment soutiennent l'armée du général Burhane, alors que les Emirats arabes unis soutiennent les FSR --qui tiennent une bonne part des mines d'or du Soudan.

Malgré les interférences, le désintérêt médiatique et diplomatique et les autres turbulences régionales, "il faut que les deux parties arrivent à un cessez-le-feu puis à la fin des hostilités", plaide Mme Nkweta-Salami.

"Le peuple soudanais a besoin de la paix, des enfants sont déscolarisés, des personnes se retrouvent hors du pays".


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.