Les Libanais accusent le «brutal» régime syrien d’attaquer les réfugiés

Des réfugiés syriens récupèrent des effets personnels parmi les débris dans un camp incendié pendant la nuit dans la ville de Bhanine, dans le nord du Liban, le 27 décembre 2020, à la suite d’un combat entre des membres du camp et une famille libanaise locale. (AFP)
Des réfugiés syriens récupèrent des effets personnels parmi les débris dans un camp incendié pendant la nuit dans la ville de Bhanine, dans le nord du Liban, le 27 décembre 2020, à la suite d’un combat entre des membres du camp et une famille libanaise locale. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 29 décembre 2020

Les Libanais accusent le «brutal» régime syrien d’attaquer les réfugiés

  • Ces accusations font suite à la confirmation par l’armée libanaise que huit personnes – deux Libanais et six Syriens – ont été arrêtées
  • Selon le ministère libanais des Affaires étrangères, les autorités libanaises n’ont reçu aucune communication de la part des responsables syriens

BEYROUTH: Un incendie criminel a détruit un camp de réfugiés syriens dans le nord du Liban et a suscité de nombreuses critiques à l’encontre du régime d’Assad pour ne pas avoir aidé ou rapatrié ses citoyens déplacés.

Au lendemain de l’attaque qui a contraint 370 personnes à fuir le camp samedi dernier, les dirigeants politiques libanais ont accusé le régime syrien d’intimider les réfugiés dans le pays et d’entraver délibérément leur retour. Ces accusations font suite à la confirmation par l’armée libanaise que huit personnes – deux Libanais et six Syriens – ont été arrêtées dans le cadre de l’incendie criminel provoqué à la suite d’un conflit salarial entre les travailleurs syriens et leurs employeurs libanais.

L’Agence de presse officielle syrienne (Sana) cite une source officielle du ministère des Affaires étrangères qui appelle le Liban à «assurer la protection et les soins aux Syriens déplacés». La source officielle a également réitéré ses appels aux réfugiés «contraints par une guerre injuste de quitter le pays et de retourner dans leur patrie», affirmant que «tous les efforts sont déployés pour faciliter leur retour».

Cependant, selon le ministère libanais des Affaires étrangères, les autorités libanaises n’ont reçu aucune communication de la part des responsables syriens, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de l’ambassade à Damas.

Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste libanais, accuse le régime syrien d’hypocrisie pour sa condamnation de l’attaque contre le camp et ses appels à en punir les auteurs. «Ce gang du régime a détruit des villes et des villages entiers en Syrie et violé le Liban par des actes de terreur et des assassinats», explique-t-il.

Pour l’ancien chef du Hezbollah, Cheikh Sobhi al-Tufayli, la campagne médiatique qui appelle au retour des réfugiés syriens «fait craindre un projet sale dont l’objectif est de résoudre le problème des réfugiés en les remettant au régime meurtrier de Damas».

Lundi, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), Khaled Kabbara, a visité le camp incendié pour inspecter les dégâts. Selon l’UNHCR, la plupart des 370 résidents sont, depuis, hébergés dans d’autres camps de la région ou ont trouvé un logement chez des habitants.

Selon les chiffres du gouvernement libanais, environ 1,5 million de Syriens vivent au Liban, dont 1 million sont enregistrés comme réfugiés auprès de l’Organisation des nations unies (ONU). Cependant, un grand nombre de Syriens seraient également entrés dans le pays clandestinement et ne seraient pas enregistrés. Selon le UNHCR, les réfugiés syriens représentent 25 % de la population libanaise, et 17 % vivent dans des camps. Un récent sondage montre que 96 % des réfugiés souhaitent rentrer en Syrie dès qu’ils penseront s’y sentir en sécurité.

Sur les réseaux sociaux, les commentaires sur le sujet du retour des réfugiés syriens dans leur pays natal saluent l’Arabie saoudite pour l’aide d’urgence que le Centre du roi Salmane pour le secours et l’action humanitaire (KSrelief) a fournie aux résidents laissés sans abri après l’incendie criminel de samedi.

Dans une interview au journal syrien Al-Watan, l’ambassadeur de Syrie au Liban, Ali Abdel-Karim explique que le ministre syrien des Affaires étrangères l’a contacté pour s’assurer du bien-être des réfugiés. «Certains Libanais ont ouvert leurs maisons aux Syriens qui avaient perdu leur abri», poursuit-il. L’envoyé syrien appelle également le Liban à «punir les responsables et ceux qui ont causé du tort aux Syriens déplacés».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur ArabNews.com

Liban: L’année de l’apocalypse, en photos
Par Arab News en Français -
Liban 2020: une année en enfer
Par Rodolphe Barakat -

L'armée jordanienne annonce avoir intercepté cinq missiles iraniens

L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. (AFP)
Short Url
  • L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume
  • L'attaque n'avait pas fait de victimes

AMMAN: L'armée jordanienne a annoncé jeudi que sa défense aérienne avait abattu cinq missiles tirés depuis l'Iran et visant le territoire du royaume, précisant que l'attaque n'avait pas fait de victimes.

"Les missiles ont été détectés, interceptés et abattus conformément aux plans de défense", a déclaré un porte-parole de l'armée jordanienne cité dans un communiqué, en pleine reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran.

 

 


Le ministre saoudien des Affaires étrangères appelle à tenir les colons responsables des violences en Cisjordanie

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'exprimait lors d'une réunion de haut niveau sur le dialogue interreligieux à Rome. (SPA)
Short Url
  • Le prince Faisal ben Farhane appelle à mettre immédiatement fin aux attaques

ROME : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a appelé mercredi à prendre des mesures pour tenir les colons israéliens responsables des violences commises contre les Palestiniens, avertissant que la poursuite des attaques et l'expansion des colonies illégales compromettaient les perspectives d'une solution à deux États.

S'exprimant lors d'une réunion de haut niveau consacrée au dialogue interreligieux à Rome, le prince Faisal a demandé la cessation immédiate des attaques dans la Cisjordanie occupée, affirmant qu'elles étaient menées sous la protection ou avec le soutien des forces de sécurité israéliennes.

Il a salué les mesures adoptées par plusieurs États, notamment l'interdiction des importations en provenance des colonies israéliennes, les sanctions visant les personnes responsables de graves violations des droits humains, ainsi que les restrictions de voyage imposées aux colons impliqués dans des actes de violence.

Le prince Faisal a appelé à renforcer davantage les mécanismes de responsabilité, estimant que ces violations ne devaient pas rester impunies, car elles compromettent les perspectives de paix et portent atteinte aux droits des Palestiniens à la vie, à la sécurité, à la dignité et à l'autodétermination, selon l'Agence de presse saoudienne.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de préoccupation internationale croissante face aux violences en Cisjordanie occupée, à la suite d'affrontements survenus le 24 juillet entre des habitants du village de Tal, au sud-ouest de Naplouse, et des colons israéliens, qui ont fait quatre morts palestiniens et deux morts israéliens.

Depuis lors, les forces israéliennes ont mené de vastes opérations militaires, des arrestations et des démolitions de maisons à travers la Cisjordanie.

Les Nations unies ont à plusieurs reprises mis en garde contre des niveaux records de violences commises par des colons, tandis que plusieurs gouvernements occidentaux, dont le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et des États membres de l'Union européenne, ont imposé des sanctions à des colons extrémistes et à des organisations accusées d'être impliquées dans des attaques contre des Palestiniens.

Le prince Faisal a également réaffirmé le rejet par l'Arabie saoudite de toute tentative visant à modifier le statut historique et juridique de Jérusalem ainsi que de ses lieux saints musulmans et chrétiens.

Il a mis en garde contre les provocations répétées à la mosquée Al-Aqsa et les attaques visant les sites religieux, estimant que de tels actes alimentaient les tensions religieuses et réduisaient encore les chances de parvenir à une paix durable.

Dans son intervention, le prince Faisal a déclaré qu'une sécurité durable ne pourrait être assurée tant que les Palestiniens seraient privés de leurs droits légitimes.

La réunion, présidée par le vice-président du Conseil italien et ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a réuni les membres de l'Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États ainsi que des partenaires internationaux afin d'examiner le rôle du dialogue interreligieux dans l'avancement du processus de paix.

Le prince Faisal a affirmé que l'Arabie saoudite poursuivrait sa coopération avec les États-Unis, l'Autorité palestinienne et ses partenaires internationaux pour mettre en œuvre le plan de paix global soutenu par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies et la Déclaration de New York, notamment à travers des initiatives visant à promouvoir le dialogue entre les fidèles de différentes religions. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban enquête sur une rencontre entre un influent banquier et Netanyahu

La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire. (AFP)
Short Url
  • Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington
  • Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi d'ouvrir une enquête sur la présence d'un influent banquier aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Washington, malgré l'interdiction par la loi de toute relation avec Israël, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire.

Le correspondant du média américain Axios, Barak David, a mis en ligne mardi une photo montrant le PDG de la Société Générale de Banque au Liban (SGBL), Antoun Sehnaoui, aux côtés de M. Netanyahu et de son épouse lundi soir, à Washington, provoquant un tollé au Liban.

Il a précisé que M. Sehnaoui avait organisé ce dîner avec sa compagne, l'ancienne émissaire américaine pour le Liban Morgan Ortagus, en hommage au sénateur républicain Lindsey Graham, décédé le 11 juillet.

M. Sehnaoui, décrit par sa compagne comme un "chrétien sioniste", prône la normalisation des relations israélo-libanaises, alors que les deux pays, techniquement toujours en état de guerre, mènent depuis avril des négociations sous égide américaine pour une issue à leur conflit.

Son établissement, la Société Générale de Banque au Liban (SGBL) fait partie des plus grandes banques libanaises, accusées d'avoir joué un rôle dans l'effondrement économique du pays à partir de 2019. M. Sehnaoui possède également des parts dans des médias.

Un responsable judiciaire qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que le procureur général avait demandé aux forces de sécurité d'ouvrir une enquête sur la photo d'Axios "pour établir son authenticité".

"Les mesures légales appropriées seront prises si c'est le cas", a-t-il ajouté.

De leur côté, plusieurs avocats libanais ont saisi la justice, réclamant des poursuites contre M. Sehnaoui pour ses contacts avec Israël et son Premier ministre, a-t-il indiqué.

Une autre photo publiée par M. Netanyahu sur X montre M. Sehnaoui derrière lui.

En avril, M. Sehnaoui était apparu dans une vidéo dans laquelle Mme Ortagus annonçait qu’il avait fait un don au musée de l’Holocauste aux Etats-Unis et le présentait comme un "chrétien sioniste".

Le banquier est dans le viseur des enquêteurs français depuis avril.

Ils suspectent la SGBL et sa filiale française Banque Richelieu France, dont M. Sehnaoui est président non exécutif, d'avoir participé, avec d'autres établissements, à des transferts d'actifs vers l'Europe pendant et après le début de la crise financière de 2019.