Au 80e jour du conflit au Liban, de nombreuses victimes sont à déplorer

De la fumée s’élève après une attaque du Hezbollah contre un poste militaire israélien à Metoula, en face du village frontalier de Khiam, dans le sud du Liban (Photo, AFP).
De la fumée s’élève après une attaque du Hezbollah contre un poste militaire israélien à Metoula, en face du village frontalier de Khiam, dans le sud du Liban (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 27 décembre 2023

Au 80e jour du conflit au Liban, de nombreuses victimes sont à déplorer

  • Les hostilités entre le Hezbollah et l’armée israélienne ont fait des victimes parmi les civils libanais et les soldats israéliens, y compris des blessés graves
  • Israël a également violé l’espace aérien de Beyrouth

BEYROUTH: Mardi, au 80e jour du conflit au Liban-Sud, les hostilités entre le Hezbollah et l’armée israélienne ont fait des victimes parmi les civils libanais et les soldats israéliens, y compris des blessés graves.

Israël a également violé l’espace aérien de Beyrouth. Un drone israélien a pris pour cible un endroit proche d’un supermarché sur la route menant au centre du village de Touline. Deux civils ont été blessés par des éclats de verre provenant de l’attaque.

Malek Awali, maire de Touline, a confié à Arab News qu’il était «surpris par cette frappe, car le village se trouve à 5 km au nord de la ligne Litani, ce qui signifie qu’il n’est pas situé dans la zone de conflit», ajoutant que «la route bombardée ne mène pas à la région frontalière située au sud de la ligne».

Awali a indiqué que «les habitants de Touline n’ont pas quitté le village, qui abrite 170 familles de réfugiés syriens et 100 familles libanaises qui ont fui la région frontalière, car il s’agit d’un village sûr».

Avant l’attaque de Touline, un drone israélien a effectué deux frappes sur une zone ouverte entre les villages de Jibchit et de Choukine. Les explosions ont été entendues à Nabatiyé.

Une source de sécurité a expliqué à Arab News que «les bombardements israéliens de la semaine dernière et du début de cette semaine ont visé des routes qui mènent à la région frontalière et qui sont vitales pour le Hezbollah, notamment la route d’Al-Khardali».

Après la mort du commandant militaire iranien Sayyed Reza Mousavi lors d’un raid israélien à Damas, les habitants de la région du Sud ont craint que l’Iran et ses alliés ne réagissent à l’incident depuis le Liban.

Le Hezbollah a annoncé qu’il avait attaqué plusieurs avant-postes militaires israéliens, faisant des pertes directes, notamment «l’avant-poste de Zebdine, en utilisant des missiles Burkan», ajoutant que «des soldats de l’ennemi israélien étaient déployés à proximité de l’avant-poste de Ramyah».

Le groupe militant a ajouté qu’il avait ciblé «une salle de contrôle près de l’avant-poste de Shomera en utilisant des armes appropriées, faisant des morts et des blessés parmi ses membres».

Le Hezbollah a par ailleurs affirmé avoir visé «un rassemblement de soldats de l’ennemi dans l’avant-poste de Dovev en utilisant des armes appropriées, faisant des morts et des blessés».

Selon les médias israéliens, «un soldat israélien est décédé des suites de ses blessures causées par un missile antichar tiré depuis le Liban la semaine dernière».

L’armée israélienne a mené des actions militaires dans le sud du Liban, recourant à des frappes aériennes, à des tirs d’artillerie et à des bombes au phosphore.

Les attaques ont visé les banlieues de Blida, Mays al-Jabal, Jabal Balat, Marwahine et les banlieues est de Naqoura.

Le bombardement israélien a touché les environs de la ferme de Zabdine dans les fermes de Chebaa, et l’armée israélienne a effectué deux frappes aériennes avec des missiles, visant des terres agricoles dans la ville de Mays al-Jabal dans le secteur est. Les tirs d’artillerie israéliens ont également visé la périphérie de la ville de Rachaya al-Fakhar.

Dans la matinée, l’armée israélienne a tiré en direction des vallées et des périphéries adjacentes aux villes de Aïta al-Chaab, Ramiya, Tallet al-Mutran, la zone de Hamams à Sarda, Wata al-Khiam, les périphéries de la ville de Beit Lev, les périphéries de la ville d’Aïtaroun, et la zone d’Al-Tarash dans la ville de Mays al-Jabal. Le bombardement d’artillerie au phosphore a visé les hauteurs de Balat.

Pendant les vacances de Noël, le député Melhem Khalaf, des Forces du changement, a visité les villages de Hasbaya, Al-Kfir, Al-Qulayaa, Deir Mimas, Rmeich, Aïn Ebel et Bint Jbeil, à la frontière sud. 

«44 villages frontaliers sont en guerre. Il y a des victimes et des martyrs, les magasins sont fermés, la vie quotidienne est perturbée et l’anxiété, la peur et la destruction se répandent. Tous les habitants de ces villages payent le prix de cette guerre à notre place et nous demandent: “Quelle est votre position en ce qui concerne nos préoccupations?”», a-t-il souligné mardi.

Les politiciens du Hezbollah ont répondu aux appels à éviter que le Liban ne s’implique davantage dans la guerre de Gaza. Hussein Jashi, député du Hezbollah, a mentionné ce qu’il considère comme «l’appel des délégations occidentales à ne pas étendre le front de la confrontation au Liban».

«Nous ne cherchons pas à rassurer l’ennemi et ses colons. Au contraire, nous sommes présents sur notre terre et prêts à répondre à toute attaque de manière décisive et rapide», a-t-il assuré.

Mohammed Fneich, ancien ministre du Hezbollah, a déclaré: «Personne ne peut nous décourager de jouer notre rôle. Celui qui veut faire l’autruche doit le faire et s’abstenir d’assumer ses responsabilités. Nous ne sommes pas à l’abri des répercussions du conflit et nous ne tomberons pas dans le piège des promesses ou des tentations.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les églises de Dubaï passent les messes de Pâques en ligne pour des raisons de sécurité

Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
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  • Les églises de Dubaï annoncent un passage en ligne des messes pendant le week-end de Pâques pour des raisons de sécurité

DUBAÏ : Les églises aux Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture temporaire pendant Pâques en raison de préoccupations liées à la sécurité dans un contexte de tensions régionales.

Les églises, dont l’église catholique St. Mary, l’église catholique St. Francis of Assisi et la cathédrale orthodoxe St. Thomas, ont indiqué qu’elles resteraient fermées suite à une directive du gouvernement et que les offices du Vendredi saint seraient diffusés en ligne via leurs chaînes officielles.

« Les paroissiens sont priés de ne pas se rendre dans les locaux de l’église, dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être de la communauté », indique l’annonce.

Cette décision représente un changement majeur pour les communautés chrétiennes, particulièrement pendant l’une des périodes les plus sacrées de l’année.

Traditionnellement, la Semaine Sainte est remplie de prières communautaires, de grandes réunions familiales et de célébrations religieuses menant à Pâques.

Sandra Sabbagh, résidente de Dubaï, a déclaré que la Semaine Sainte est l’un des moments les plus attendus de l’année.

« Nous jeûnons pendant presque cinq semaines, et cette semaine est considérée comme très importante pendant notre période de jeûne. Donc oui, c’est décevant. Nous l’attendons depuis le tout début du Carême », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette période est habituellement consacrée à se rassembler à l’église avec d’autres.

« Bien sûr, nous sommes attristés, mais en même temps, le gouvernement n’aurait pas pris une telle décision si ce n’était pas pour le bien des gens et leur sécurité. Et bien sûr, nous soutenons ces décisions. Je prie pour que la paix revienne bientôt, que nous puissions traverser cette situation, et que les gens puissent revenir à une vie sûre et paisible, comme nous en avons l’habitude dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Bien que les messes diffusées en direct permettent aux fidèles de maintenir un lien spirituel depuis chez eux, beaucoup estiment que l’absence de participation physique rend les célébrations incomplètes, mais ils comprennent l’importance de respecter les règles gouvernementales.

Rachel Henry, résidente de Dubaï, a déclaré que, même si ne pas pouvoir se rendre à l’église est décevant, elle est reconnaissante que la technologie permette à la communauté de se rassembler virtuellement pour le culte.

« Grâce à la technologie et tout, nous pouvons assister en ligne. Donc, le même sentiment de participation est là, mais la perte de ne pas être physiquement présente à l’église se fait toujours ressentir », a-t-elle dit.

« Nous réalisons que tout cela est pour notre sécurité et notre bien-être, et nous souhaitons respecter les règles », a-t-elle ajouté.

Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont sous attaque de missiles et drones iraniens. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


A la frontière libanaise, l'armée syrienne se renforce et découvre des tunnels attribués au Hezbollah

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  • Dans la province de Qousseir, où le Hezbollah était autrefois implanté, des soldats montrent à un correspondant de l'AFP plusieurs tunnels, récemment découverts par l'armée
  • La Syrie oeuvre à se maintenir à l'écart du conflit régional aspirant depuis un mois le Liban, où le Hezbollah pro-iranien et Israël se livrent à une nouvelle guerre

AL-QUSAYR: A la frontière avec le Liban, l'armée syrienne a renforcé son déploiement, en pleine guerre au Moyen-Orient: des blindés sont positionnés derrière des barricades de sable et ses soldats ratissent des tunnels qu'ils disent avoir été utilisés par le Hezbollah.

La Syrie oeuvre à se maintenir à l'écart du conflit régional aspirant depuis un mois le Liban, où le Hezbollah pro-iranien et Israël se livrent à une nouvelle guerre.

Dans la province de Qousseir, où le Hezbollah était autrefois implanté, des soldats montrent à un correspondant de l'AFP plusieurs tunnels, récemment découverts par l'armée.

"En ratissant les zones frontalières", elle a découvert "un réseau de tunnels reliant les deux pays et servant au trafic d'armes et de drogues", déclare à l'AFP le responsable des postes entre la Syrie et le Liban, Mohammad Hammoud.

Selon un commandant syrien, ces tunnels ont servi au Hezbollah.

Le ministère de la Défense a autorisé mercredi un journaliste de l'AFP à documenter le déploiement des renforts militaires, pour la première fois depuis qu'ils ont été dépêchés il y a un mois dans ces zones, où des bulldozers jaunes érigent des barricades de sable.

Le correspondant a observé au moins cinq tunnels. L'un d'eux s'ouvre dans le sous-sol d'une maison, avec des marches en béton menant à des passages étroits et sombres.

D'autres, dans des zones montagneuses et escarpées, disposent du courant électrique et de systèmes de ventilation sur tout le tronçon.

Dans l'une des maisons, subsistent encore sur le mur une vieille photo de l'ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et une autre du commandant militaire iranien Qassem Soleimani.

L'est du Liban, de l'autre côté, est un bastion du Hezbollah.

Le mouvement chiite, qui était intervenu aux côtés des forces gouvernementales syriennes contre les rebelles lors de la guerre civile (2011-2024), s'était emparé en 2013 de la ville clé de Qousseir.

Il a évacué cette région à la hâte lors de la chute du président Bachar al-Assad, renversé fin 2024 par une coalition islamiste hostile à l'organisation libanaise.

Depuis, ses routes d'approvisionnement à partir de la Syrie ont été coupées et les autorités libanaises et syriennes tentent de combattre la contrebande à travers la frontière poreuse.

 

- Pas d'engagement militaire -

 

Israël a par le passé bombardé des points de passage, dans le but de couper les voies d'approvisionnement du Hezbollah.

Le correspondant de l'AFP a vu des sites endommagés par d'anciennes frappes, dont des bâtiments détruits à proximité de l'un des tunnels.

Des soldats syriens patrouillent à pied la zone et un autre surveille de loin un poste de l'armée libanaise.

Damas avait annoncé le 4 mars, peu après le début de la guerre dans la région, que l'armée avait renforcé son déploiement le long des frontières avec le Liban et l'Irak.

La mission des forces déployées est de "contrôler la sécurité aux frontières", indique Mohammad Hammoud.

Selon une source diplomatique, "le gouvernement syrien a subi des pressions pour intervenir au Liban afin de neutraliser la menace du Hezbollah dans la région", ce qu'il refuse jusqu'à nouvel ordre de faire.

"L'armée syrienne n'a aucune intention d'agir militairement, sa mission se limitant actuellement à la surveillance des frontières", a affirmé mercredi à l'AFP une source militaire syrienne.

Les renforts incluent des canons, des blindés, des automitrailleuses et des soldats d'infanterie, a-t-elle précisé.

Bien que se tenant à l'écart des hostilités, la Syrie n'a pas été à l'abri de tensions.

Elle a dénoncé le 10 mars des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, tirés à partir du Liban.

Les présidents libanais et syrien, Joseph Aoun et Ahmad al-Chareh, avaient alors décidé de mieux "contrôler" leur frontière.

"Tant que la Syrie n'est pas directement visée par une partie, elle restera à l'écart du conflit", a répété mardi le président syrien, en visite à Londres. "Quatorze ans de guerre, cela suffit".

 


L'armée israélienne signale quatre attaques iraniennes en six heures

Des camions transportant des chars de l'armée circulent sur une route près de la frontière avec le Liban, en Haute-Galilée, dans le nord d'Israël, le 20 mars 2026. Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février 2026 en attaquant l'Iran et en tuant son guide suprême. (AFP)
Des camions transportant des chars de l'armée circulent sur une route près de la frontière avec le Liban, en Haute-Galilée, dans le nord d'Israël, le 20 mars 2026. Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février 2026 en attaquant l'Iran et en tuant son guide suprême. (AFP)
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  • Après la première attaque, dans la nuit, la police a déclaré avoir été appelée sur "plusieurs" sites touchés dans le centre d'Israël, les médias avançant le chiffre de neuf sites
  • Quatre personnes ont été légèrement blessées, selon les médias, qui citent des secouristes

JERUSALEM: L'armée israélienne a indiqué jeudi contrer quatre salves de tirs de missiles venus d'Iran, dont deux survenues après un discours du président américain Donald Trump qui a promis de frapper durement l'Iran pendant encore "deux à trois" semaines.

Après la première attaque, dans la nuit, la police a déclaré avoir été appelée sur "plusieurs" sites touchés dans le centre d'Israël, les médias avançant le chiffre de neuf sites.

Quatre personnes ont été légèrement blessées, selon les médias, qui citent des secouristes.

Selon les médias israéliens, les dégâts observés sur une zone particulièrement étendue résultent de l'utilisation de munitions à fragmentation, qui explosent en vol, dispersant des sous-munitions.

Iran et Israël s'accusent mutuellement d'utiliser des bombes à fragmentation.

Près de six heures seulement après avoir signalé la première attaque, l'armée israélienne a de nouveau - et pour la quatrième fois - indiqué avoir "identifié des missiles lancés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël". "Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a-t-elle écrit sur Telegram.

Dans un court message publié peu après, les autorités israéliennes ont autorisé les habitants à "quitter les abris dans l'ensemble du pays", a indiqué l'armée sur Telegram.

Aucun bilan immédiat n'a été publié concernant d'éventuelles victimes ou dégâts suite aux dernières attaques.

Dans le nord d'Israël, des sirènes d'alerte ont également retenti tôt jeudi matin pour avertir d'attaques en provenance du Liban.

Dans différents communiqués, le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient début mars, a affirmé avoir visé avec des roquettes des positions israéliennes dans les zones frontalières et avoir attaqué avec des drones un village israélien.

Aucune victime ni dégât n'a été rapporté par les autorités israéliennes.