Le plus haut tribunal de Turquie juge légale la détention du mécène Kavala

Ecroué depuis 2017, M. Kavala est accusé de tentative de coup d'Etat et d'espionnage, ce qu'il nie catégoriquement, et risque la prison à vie. (AFP)
Ecroué depuis 2017, M. Kavala est accusé de tentative de coup d'Etat et d'espionnage, ce qu'il nie catégoriquement, et risque la prison à vie. (AFP)
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Publié le Mardi 29 décembre 2020

Le plus haut tribunal de Turquie juge légale la détention du mécène Kavala

  • La Cour constitutionnelle a estimé que la détention de M. Kavala ne représentait  «pas une violation» de ses droits, déboutant ainsi le mécène qui voulait faire annuler son emprisonnement, selon l'agence de presse étatique Anadolu
  • Lors de cette audience, M. Kavala avait estimé que son long emprisonnement, en dépit d'un acquittement, était une forme de «torture mentale»

ISTANBUL: le plus haut tribunal de Turquie a jugé légale mardi la détention prolongée de l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kavala, un membre important de la société civile emprisonné depuis plus de trois ans sans avoir été condamné.

La Cour constitutionnelle a estimé que la détention de M. Kavala ne représentait  «pas une violation» de ses droits, déboutant ainsi le mécène qui voulait faire annuler son emprisonnement, selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Signe de la division entre les membres de cette institution sur cette question, la décision a été prise par huit voix contre sept, a ajouté Anadolu.

Ecroué depuis 2017, M. Kavala est accusé de tentative de coup d'Etat et d'espionnage, ce qu'il nie catégoriquement, et risque la prison à vie.

Né à Paris et âgé de 63 ans, M. Kavala, une figure respectée de la société civile en Turquie, est connu pour son soutien aux projets culturels portant sur les droits des minorités, la question kurde et la réconciliation arméno-turque.

Acquitté en février lors d'un premier procès où il était accusé d'avoir financé des manifestations anti-gouvernementales en 2013, il avait immédiatement été replacé en détention dans le cadre d'une autre enquête liée à la tentative de coup d'Etat de juillet 2016.

Au terme de la première audience de ce nouveau procès le 18 décembre, un tribunal d'Istanbul avait ordonné le maintien en détention de M. Kavala.

Lors de cette audience, M. Kavala avait estimé que son long emprisonnement, en dépit d'un acquittement, était une forme de «torture mentale»

Les partisans de M. Kavala, qui dénoncent des accusations «absurdes», espéraient pourtant que le philanthrope serait libéré, alors que le président Recep Tayyip Erdogan a promis le mois dernier de mener des réformes judiciaires afin de «renforcer l'Etat de droit».

-  «Jour de honte» -

La décision de la Cour constitutionnelle mardi  «marque un jour de honte et jette une ombre sur la justice turque moribonde, tout en soulignant son manque d'indépendance, a déclaré à l'AFP Milena Buyum, chargée de campagne sur la Turquie à Amnesty International.

 «La Cour constitutionnelle creuse un peu plus sa propre tombe», a renchéri sur Twitter Emma Sinclair-Webb, directrice de Human Rights Watch en Turquie. Sa décision est «un affront flagrant à la Cour européenne des droits de l'Homme» qui avait ordonné sa libération, a-t-elle ajouté.

L'incarcération de M. Kavala est devenue l'un des symboles des pressions qui se sont multipliées contre la société civile en Turquie, en particulier depuis le putsch avorté de 2016 qui a été suivi d'une répression tous azimuts.

Le Conseil de l'Europe, dont la Turquie fait partie, a réclamé la libération de M. Kavala, en application de la décision de la Cour européenne des droits de l'Homme estimant que son incarcération visait à le  «réduire au silence».

Après son maintien en détention le 18 décembre, le rapporteur du Parlement européen sur la Turquie, Nacho Sanchez Amor, avait exprimé sa  «déception», estimant que la justice turque avait «manqué une nouvelle opportunité» de se conformer aux décisions de la CEDH.

Le président Erdogan a plusieurs fois publiquement attaqué M. Kavala, l'accusant de «financer les terroristes» et d'être le «représentant en Turquie» du milliardaire américain George Soros, bête noire de plusieurs dirigeants autoritaires dans le monde.


L'Iran dément avoir visé l'ambassade américaine à Ryad 

L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad. (AFP)
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  • L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles
  • Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti

RYAD: L'ambassadeur d'Iran en Arabie saoudite, Alireza Enayati, a catégoriquement démenti jeudi que son pays ait frappé l'ambassade des Etats-Unis dans le royaume cette semaine, comme l'en avait accusé Ryad.

"Aucun drone n'a été lancé depuis l'Iran vers l'ambassade des Etats-Unis à Ryad", a-t-il déclaré dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Si le commandement des opérations à Téhéran attaque quelque part, il en assume la responsabilité", a-t-il assuré.

L'Iran mène depuis samedi des frappes sur les pays du Golfe, disant y viser les installations américaines, après l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël, prélude à une guerre qui déborde en dehors de la région.

L'Arabie saoudite a accusé à plusieurs reprises Téhéran d'avoir lancé des salves de missiles et des attaques de drones sur son territoire et a averti que le royaume se réservait le droit de se défendre, y compris par des représailles.

Ryad a notamment accusé l'Iran d'avoir attaqué à deux reprises avec des drones la vaste raffinerie de Ras Tanura, l'une des plus importantes du Moyen-Orient, ce que Téhéran a démenti.

De la même manière, l'Iran n'a "aucun rôle dans l'attaque (de drone, NDLR) qui a ciblé l'ambassade américaine" et provoqué un incendie, a affirmé Alireza Enayati.

Guerre "imposée" 

Le diplomate a exprimé sa reconnaissance envers l'Arabie saoudite pour son engagement à ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien, ni de son territoire, pendant la guerre.

"Nous apprécions ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part de l'Arabie saoudite: qu'elle n'autorise pas l'utilisation de son espace aérien, de ses eaux ou de son territoire contre la République islamique d'Iran", a-t-il dit.

Avant le déclenchement de la guerre, Ryad avait apporté son soutien aux efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions entre Téhéran et Washington et avait promis de ne pas autoriser l'utilisation de son espace aérien pour des attaques contre l'Iran.

Après des années d'hostilité, l'Iran, à majorité chiite, et l'Arabie saoudite, à majorité sunnite, avaient renoué leurs relations en 2023, à la suite d'un accord surprise négocié par l'intermédiaire de la Chine.

Ryad avait rompu en 2016 ses relations diplomatiques avec la République islamique après que son ambassade à Téhéran et son consulat à Mashhad, dans le nord-ouest du pays, avaient été attaqués lors de manifestations. Celles-ci avaient suivi l'exécution par l'Arabie saoudite du religieux chiite saoudien Nimr al-Nimr.

Depuis que la guerre lancée par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran embrase le Moyen-Orient, au moins 13 personnes ont été tuées dans le Golfe, dont sept civils.

"Ceci n'est pas une guerre régionale et ça n'est pas notre guerre. Elle a été imposée à la région", a regretté Alireza Enayati.

 

 


Le ministre saoudien de la Défense s'entretient avec son homologue des Émirats arabes unis et condamne les attaques iraniennes

 Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, s'est entretenu avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum, jeudi. (@DXBMediaOffice)
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  • Les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres pays
  • Ils ont déclaré que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités

RIYAD: Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, s'est entretenu jeudi avec son homologue émirati, le cheikh Hamdan bin Mohammed Al-Maktoum.

Au cours de cet entretien, les ministres ont condamné l'agression iranienne contre le Royaume, les Émirats arabes unis et d'autres nations, a écrit le prince Khalid sur X.

Les attaques iraniennes ont été décrites comme une "violation claire des conventions internationales, ainsi que de la souveraineté, de la sécurité et de la sûreté des nations", a déclaré le Dubai Media Office.

"Les deux parties ont souligné que de tels actes ont de graves implications pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales", a ajouté le bureau.

Les deux ministres ont également affirmé leur entière solidarité et leur engagement à soutenir toutes les mesures prises en réponse à ces actes, a déclaré le prince Khalid.

Ils ont ajouté que leurs pays se réservaient le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder leurs capacités et assurer la sécurité de tous ceux qui vivent dans les deux pays.


Liban: frappe sur la banlieue sud de Beyrouth après un avis d'évacuation 

La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
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  • La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information
  • La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi

BEYROUTH: La banlieue sud de Beyrouth a été visée jeudi soir par une frappe israélienne après un avis d'évacuation, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un panache de fumée se dégage du lieu du site, selon des images de l'AFPTV.

La panique s'est emparée de Beyrouth dans l'après-midi, après un appel inédit d'Israël à évacuer toute la banlieue sud qu'il pilonne depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, lundi.