Syrie: 23 combattants pro-Iran tués par des frappes dans l'est

Les soldats israéliens opèrent sur le plateau du Golan occupé par Israël, près de la frontière avec la Syrie (Photo, Reuters).
Les soldats israéliens opèrent sur le plateau du Golan occupé par Israël, près de la frontière avec la Syrie (Photo, Reuters).
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Publié le Dimanche 31 décembre 2023

Syrie: 23 combattants pro-Iran tués par des frappes dans l'est

  • L'Iran soutient des groupes armés accusés par Washington d'être à l'origine d'une recrudescence des attaques contre ses forces au Proche-Orient
  • Téhéran a accusé Israël, qui n'a pas démenti

BEYROUTH: Vingt-trois combattants affiliés à l'Iran ont été tués samedi dans des frappes aériennes "probablement israéliennes" dans l'est de la Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui a aussi fait état de quatre morts dans d'autres frappes près d'Alep (nord).

"Vingt-trois combattants affiliés à l'Iran", dont cinq Syriens, quatre membres du Hezbollah libanais, six Irakiens et huit Iraniens ont été tués dans au moins neuf frappes aériennes ayant visé des positions militaires près de la frontalière avec l'Irak, a annoncé l'ONG, ajoutant qu'une vingtaine de personnes avaient été blessées.

Les frappes sont "probablement israéliennes", a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane, qui avait dit dans un premier temps qu'elles pourraient avoir été menées par les Etats-Unis.

Interrogé sur une éventuelle frappe américaine dans l'est de la Syrie, un responsable militaire américain, qui a requis l'anonymat, avait alors dit à l'AFP que son pays n'avait "mené aucune frappe défensive durant la nuit" de vendredi à samedi.

Ces propos interviennent sur fond de multiplication des attaques de groupes pro-Iran visant l'armée américaine en Syrie et en Irak depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre.

Une cargaison d'armes en provenance d'Irak et un entrepôt de munitions ont également été ciblés et d'importantes explosions ont retenti, a ajouté l'OSDH, basé au Royaume-Uni mais disposant d'un vaste réseau de sources en Syrie.

D'autres frappes près d'Alep, selon l'OSDH

L'OSDH a également annoncé samedi en fin de journée que "des missiles israéliens" avaient "visé des entrepôts et des bases de groupes pro-Iran" dans le nord de la Syrie, dans une zone proche de l'aéroport d'Alep, tuant quatre combattants.

Vers 17H20 locales (14H20 GMT), "l'ennemi israélien a mené une attaque aérienne (...) visant un certain nombre de points au sud de la ville d'Alep", a de son côté déclaré une source militaire citée par l'agence officielle Sana. Elle n'a toutefois fait état que de "dégâts matériels".

Par ailleurs, dans la nuit de vendredi à samedi, des "bombardements terrestres israéliens" ont tué deux combattants d'un groupe affilié au Hezbollah libanais, soutenu par Téhéran, dans la province de Qouneitra (sud), a indiqué l'OSDH.

Les deux hommes, "d'origine palestinienne", étaient "membres d'un groupe affilié à la Résistance syrienne pour la libération du Golan (annexé par Israël, ndlr), qui travaille avec le Hezbollah libanais", a ajouté l'Observatoire.

L'armée israélienne avait annoncé samedi matin mener des frappes en Syrie après que deux roquettes tirées depuis ce pays sont tombées sur un territoire sous son contrôle.

Israël, qui a intensifié ses frappes en Syrie depuis le 7 octobre, les revendique rarement. Mais il a déclaré à plusieurs reprises qu'il ne permettrait pas à son ennemi juré, l'Iran, d'étendre sa présence en Syrie, notamment via des milices ou des groupes armés comme le Hezbollah.

L'Iran soutient des groupes armés en Syrie depuis le début du conflit dans ce pays en 2011 et fait partie de l'"axe de la résistance" à Israël qui soutient le Hamas dans le contexte de la guerre à Gaza.

De son côté, le Hezbollah, mouvement libanais, a annoncé samedi que quatre de ses combattants avaient été tués "sur la route de Jérusalem", terme employé par la formation pour désigner ses membres tombés depuis le 7 octobre.

Le mouvement, qui échange quotidiennement des tirs avec Israël à la frontière israélo-libanaise, n'a pas donné plus de détails.

Le Hezbollah dit lui aussi agir en soutien à son allié du Hamas à Gaza.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".