Guerre Israël-Hamas: fin d'année noire sans issue en vue

Israël se dit déterminé à poursuivre son offensive aérienne et terrestre sur Gaza (Photo, AP).
Israël se dit déterminé à poursuivre son offensive aérienne et terrestre sur Gaza (Photo, AP).
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Publié le Lundi 01 janvier 2024

Guerre Israël-Hamas: fin d'année noire sans issue en vue

  • En ces dernières heures de l'année 2023, les raids aériens, les tirs d'artillerie et les combats au sol ne connaissent aucun répit dans la bande de Gaza, au grand désarroi d'une population palestinienne «épuisée»
  • 21672 personnes, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants, ont été tuées depuis le début de la guerre le 7 octobre

TEL-AVIV: Israël a poursuivi dimanche ses bombardements sur la bande de Gaza assiégée et dans une situation humanitaire désespérée pour les Palestiniens après bientôt trois mois de guerre contre le Hamas en cette fin d'année noire pour les deux parties.

Au moins 48 Palestiniens ont été tués dans des frappes au cours de la nuit sur la ville de Gaza, a indiqué le ministère de la Santé du Hamas au pouvoir dans le territoire palestinien. Dix-huit corps ont été retrouvés jusqu'ici.

Une autre frappe sur le campus de l'Université Al-Aqsa de Gaza a fait au moins 20 morts, selon la même source.

"Après l'explosion, nous sommes arrivés sur les lieux et nous avons vu des martyrs partout (...), des enfants sont toujours portés disparus", a témoigné Mohamed Btihan, un habitant de Gaza.

L'armée israélienne a indiqué de son côté avoir tué plus d'une dizaine de combattants ennemis lors de multiples combats au sol, de frappes aériennes et de tirs de chars, ajoutant avoir localisé des tunnels du Hamas et des explosifs placés dans une école maternelle.

La guerre déclenchée par les attaques sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre se poursuivra encore pendant "de nombreux mois", a averti le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

«Situation difficile»

"Nous espérions que l'année 2024 arriverait sous de meilleurs auspices et célébrer le Nouvel An chez nous, en famille. Mais la situation est difficile", a déploré Mahmoud Abou Shahma, 33 ans, dans un camp de déplacés à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

"Comment se fait-il que le monde entier fasse la fête alors que nous sommes bombardés et massacrés tous les jours ici ?", demande un déplacé, qui n'a pas donné son identité, rencontré par l'AFPTV au camp de réfugiés de Jabaliya.

En Israël, les célébrations du Nouvel An s'annoncent plus sobres que d'habitude à Tel-Aviv, capitale de la fête, où les bars seront ouverts toute la nuit, mais l'ambiance ne sera pas la même, des dizaines de milliers de jeunes étant mobilisés sur le front.

De nombreux jeunes sont sortis dans les bars et restaurants pour célébrer le passage à la Nouvel année, a constaté une journaliste de l'AFP. Parmi eux, Ran Stahl, 24 ans, n'a pas le cœur "à danser" et à s'amuser. "Car à la minute où je commence à danser, la tristesse et le deuil reviennent", raconte le jeune homme, dont un ami est mort au festival de musique Tribe of Nova le 7 octobre.

L'attaque du Hamas le 7 octobre a fait environ 1.140 morts en Israël, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes. En réaction, Israël a juré de "détruire" le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, et pilonne sans relâche le petit territoire où 129 personnes sur les quelque 250 prises en otage le 7 octobre sont toujours retenues par le Hamas et ses alliés locaux.

Dimanche, le Bureau central des statistiques palestiniennes a indiqué dans un communiqué que l'année 2023 a été "la plus meurtrière" depuis la +Nakba+ ("catastrophe" en arabe), référence à la première guerre israélo-arabe qui éclate en 1948 après la création de l'Etat d'Israël et pousse 760.000 Palestiniens à l'exode.

Selon un nouveau bilan annoncé dimanche par le ministère de la Santé du Hamas, 21.822 personnes, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants, ont été tuées dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre, et 56.451 blessés.

Ces dernières semaines, l'armée israélienne s'est déployée dans le nord de la bande de Gaza, puis vers Khan Younès (sud) et récemment dans les camps du centre de ce territoire où 1,9 million d'habitants (85% de la population) ont dû fuir leur foyer en raison des combats.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde contre la menace croissante de propagation de maladies infectieuses et l'ONU a dit craindre une famine.

«Ramenez-les !»

M. Netanyahu a lui réaffirmé dimanche qu'Israël poursuivrait sa guerre "dont la justice et la moralité sont sans équivalent", réagissant aux accusations d'"actes de génocide" portées par l'Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice (CIJ).

Les proches d'otages retenus dans la bande de Gaza maintiennent eux la pression sur le gouvernement israélien. Plus d'un millier de personnes ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv en soutien aux otages et à leurs proches, en scandant "ramenez-les à la maison!"

Les médiateurs internationaux, menés par le Qatar et l'Egypte, étaient parvenus à négocier une trêve d'une semaine fin novembre ayant permis la libération de plus de 100 otages et l'entrée à Gaza d'une aide limitée. Ils poursuivent actuellement leurs efforts en vue d'une nouvelle pause dans les combats.

Une délégation du Hamas, mouvement classé organisation terroriste par l'UE, les Etats-Unis et Israël notamment, est arrivée vendredi au Caire pour transmettre "la réponse des factions palestiniennes" à un plan égyptien prévoyant la libération d'otages et une pause dans les affrontements.

Tensions en mer Rouge 

Cette réponse sera donnée "dans les prochains jours", a affirmé dans un communiqué Muhammad al-Hindi, secrétaire général adjoint du Jihad islamique, un groupe armé combattant aux côtés du Hamas.

Interrogé samedi soir, Benjamin Netanyahu est resté évasif sur les tractations de coulisses mais a assuré que la guerre allait continuer encore "pendant plusieurs mois".

La guerre à Gaza a ravivé les tensions à la frontière entre le Liban et Israël, théâtre quasi quotidien depuis le 7 octobre d'échanges de tirs entre l'armée israélienne et le Hezbollah libanais, mouvement islamiste proche de l'Iran et qui soutient le Hamas.

Israël "doit d'abord mettre fin à la guerre à Gaza" pour les hostilités avec le Liban "cessent", a averti dimanche le numéro deux du Hezbollah Naïm Qassem.

En mer Rouge, l'armée américaine a annoncé dimanche avoir coulé trois bateaux des rebelles yéménites Houthis alliés de l'Iran, accusés d'avoir attaqué un porte-conteneurs. Dix d'entre eux ont été tués par la frappe américaine.

Depuis le début de la guerre le 7 octobre, les Houthis affichent leur soutien aux Palestiniens de Gaza en menacent le trafic sur cette voie maritime stratégique.

Le géant danois du transport maritime Maersk a lui annoncé dimanche la suspension pendant 48 heures du transit de sa flotte par cette voie maritime.


L’accord avec les FDS kurdes est une « victoire pour tous les Syriens », selon l’ambassadeur syrien à l’ONU

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  • Ibrahim Olabi affirme que l’accord de cessez-le-feu et d’intégration progressive montre que le « meilleur scénario de réussite » des FDS se situe au sein de l’État syrien
  • Il salue le « rôle diplomatique constant » de l’Arabie saoudite dans l’encouragement à la désescalade et le soutien à la réintégration de la Syrie dans les systèmes régional et international

NEW YORK : Un accord historique de cessez-le-feu et d’intégration progressive entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, a été annoncé vendredi. Des responsables syriens de haut rang ont qualifié cet accord d’étape majeure vers l’unité nationale et la stabilité, après des années de conflit et de négociations au point mort.

S’exprimant auprès d’Arab News à New York, Ibrahim Olabi, représentant permanent de la République arabe syrienne auprès des Nations unies, a décrit l’accord non seulement comme une réussite militaire et administrative, mais aussi comme une victoire symbolique pour tous les Syriens, reflétant les aspirations collectives du pays à la paix, à la reconstruction et à la coopération internationale.

Il a souligné que la stabilité, une répartition équitable des ressources et la sécurité intérieure constituent le socle de l’importance de cet accord. Il a également mis en avant le large soutien international, ainsi que l’implication spécifique de pays tels que l’Arabie saoudite et les États-Unis.

Selon lui, l’Arabie saoudite a joué un rôle diplomatique constant pour encourager la désescalade et soutenir la réintégration de la Syrie dans le système régional et international, notamment par des appels à la levée des sanctions et au soutien des institutions étatiques.

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Le drapeau national de la République arabe syrienne. (AFP)

Concernant Washington, Olabi a déclaré que les États-Unis considéraient désormais qu’un État syrien unifié servait leurs intérêts ainsi que ceux de la région, et voyaient l’intégration au sein du gouvernement syrien comme la protection à long terme la plus viable pour les FDS.

« Nous considérons l’étape franchie aujourd’hui comme un succès pour tous les Syriens et pour la Syrie. Tous les Syriens bénéficient de la stabilité, de la présence d’appareils de sécurité dans leurs villes. Tous bénéficient du contrôle des ressources par l’État, car elles peuvent être distribuées équitablement. Il en va de même pour les frontières. Tous les Syriens bénéficient du calme intérieur, qui a aussi des répercussions régionales et sur la reconstruction », a-t-il déclaré.

« Nous le voyons donc comme un succès, comme une victoire pour tous les Syriens. »

Il a ajouté que l’accord s’inscrivait dans une dynamique déjà amorcée par des ententes précédentes et des soutiens internationaux, ainsi que par l’évolution des réalités politiques et militaires, créant des conditions favorables à sa pérennité.

Le cœur de l’accord du 30 janvier repose sur l’intégration progressive des unités militaires et des structures administratives des FDS dans les institutions de l’État syrien, en commençant par les dispositifs de sécurité et en évoluant vers une intégration institutionnelle complète.

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Des soldats montent la garde alors que les forces gouvernementales syriennes se dirigent vers la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 20 janvier 2026. (AFP)

Selon Olabi, ce modèle vise à éviter des changements brusques susceptibles de déstabiliser des équilibres locaux fragiles.

« L’approche d’intégration progressive s’inscrit dans la logique plus large d’un gouvernement syrien qui a toujours été ouvert aux propositions, aux idées et au débat, pourvu que cela serve une Syrie unie, forte et stable », a-t-il expliqué.

« On commence par la sécurité, puis l’administration, puis les institutions de l’État. Nous avons estimé qu’un mois constituait un délai raisonnable. L’objectif n’est pas de précipiter les choses, mais pas non plus de les faire durer indéfiniment. Tous les Syriens souhaitent avancer vers l’avenir et tourner la page de quatorze années de conflit et de divisions. »

Conformément à l’accord, les combattants des FDS commenceront à rejoindre des unités et brigades de sécurité nationales, tandis que les forces du ministère de l’Intérieur seront déployées dans des villes clés sous contrôle kurde, notamment Hassaké et Qamichli, où la présence de l’État syrien était limitée depuis des années.

Une nouvelle formation militaire, comprenant trois brigades issues des FDS, sera intégrée à la structure globale de l’armée syrienne, tandis que les institutions civiles kurdes seront intégrées au cadre administratif de l’État.

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Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes font la queue pour régulariser leur statut auprès du gouvernement syrien à Raqqa, en Syrie, le 27 janvier 2026. (REUTERS)

Olabi a insisté sur le fait que l’accord prévoit un délai pour une intégration ordonnée, et non une absorption immédiate, délai convenu avec les FDS afin de renforcer la confiance et de réduire les tensions.

Répondant aux inquiétudes concernant la sincérité des garanties accordées aux membres des FDS contre les représailles ou la perte de leur statut, Olabi a souligné les ouvertures de longue date du gouvernement et ses interactions précédentes avec les dirigeants kurdes, ainsi que la conduite du gouvernement tout au long des négociations comme preuves de son approche.

« Mazloum Abdi a été accueilli à Damas comme un héros, et non comme un ennemi. Les FDS ont toujours été les bienvenues à Damas. Nous n’avons aucun intérêt aux représailles ni à la détérioration de la situation. Nous voulons avancer », a-t-il déclaré, ajoutant que les partenaires internationaux avaient également constaté l’absence de volonté d’escalade de la part du gouvernement syrien.


L’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, affirme la PDG de SRMG

Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
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  • S’exprimant auprès de Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, Jomana R. Alrashid a dit être fière des plateformes de SRMG qui ont su intégrer et adopter l’IA

RIYAD : Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group (SRMG), a souligné que l’intelligence artificielle ne pouvait pas remplacer la créativité humaine lors d’une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office sur l’île de Shura, vendredi.

« On ne peut jamais remplacer la créativité humaine. Le journalisme, au final, et la création de contenu, reposent sur le storytelling, et c’est un rôle créatif que l’IA n’a pas encore la capacité d’assumer », a déclaré Alrashid lors du sommet d’investissement.

« Nous n’éliminerons jamais ce rôle humain qui consiste à raconter l’histoire, à mener un véritable travail d’enquête, à distinguer ce qui relève de l’actualité ou des faits de ce qui est faux… à différencier la désinformation du biais. C’est là le rôle fondamental que joue la rédaction au sein d’une newsroom. »

Abordant le thème de l’IA lors de cette discussion modérée par Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, la PDG a exprimé sa fierté quant à la manière « transformatrice » dont les plateformes de SRMG ont intégré l’IA.

« Nous traduisons désormais l’ensemble de nos contenus en nous appuyant sur l’IA. Nous produisons également des documentaires grâce à l’IA. Nous disposons aujourd’hui de la vérification des faits assistée par l’IA, de l’indexation, du clipping et de la transcription automatisés. C’est cela, selon nous, l’avenir. »

Interrogée sur le profil du journaliste de demain, Alrashid a répondu : « C’est à la fois un journaliste et un ingénieur. Quelqu’un qui doit comprendre les données. Et c’est un autre sujet extrêmement important : comprendre les données avec lesquelles on travaille. »

« L’IA a également facilité cet aspect. Je dois dire qu’au cours des vingt dernières années dans la région, en particulier dans les entreprises de médias, nous n’avons pas suffisamment compris l’importance des données. »

La PDG a rappelé qu’auparavant, les médias s’appuyaient principalement sur des sondages, des enquêtes ou des chiffres d’audience, alors qu’aujourd’hui, des informations beaucoup plus détaillées sur les attentes des publics sont disponibles.

Lors de cette discussion informelle, Alrashid a également été interrogée sur la perception des médias du Moyen-Orient par la communauté internationale. Elle a expliqué qu’au fil des décennies, ces médias avaient joué un rôle essentiel pour informer un public plus large sur des enjeux extrêmement complexes — politiques, culturels et économiques — et continuaient de le faire.

« Aujourd’hui, ce rôle est encore plus important, notamment en raison de l’essor des réseaux sociaux, des journalistes citoyens et des créateurs de contenu. Mais je pense aussi que cela a été facilité par la puissance de l’IA. Désormais, un contenu produit par des journalistes crédibles, de premier plan, de classe mondiale, peut immédiatement dépasser les frontières, atteindre différentes zones géographiques, différents publics, différents pays, dans plusieurs langues et sous divers formats. »

Elle a souligné qu’il existait une opportunité majeure pour les médias arabes de ne plus se limiter à un public exclusivement arabe, mais de franchir les frontières, d’être disponibles en plusieurs langues et de mieux servir leurs audiences.

La PDG s’est montrée optimiste quant à l’avenir, insistant sur l’importance d’une vision claire, d’une stratégie solide et d’un alignement total des équipes.

Les modèles publicitaires traditionnels, autrefois centrés sur la télévision et la presse écrite, évoluent rapidement, les plateformes de réseaux sociaux dominant désormais les revenus publicitaires.

« Le changement est radical. Autrefois, nous étions en concurrence les uns avec les autres pour l’audience. Aujourd’hui, nous sommes aussi en concurrence avec les plateformes de réseaux sociaux : 80 % des revenus publicitaires au Moyen-Orient vont aux réseaux sociaux, mais cela signifie aussi qu’il existe 80 % d’opportunités d’intérêt. »

Selon elle, le défi consiste à créer le bon contenu sur ces plateformes afin d’engager les audiences cibles et de permettre des partenariats commerciaux. « Ce n’est un secret pour personne : les marques n’aiment pas faire de la publicité sur les chaînes d’information. Cela est souvent associé aux conflits ou à la guerre, ce qui dissuade les annonceurs. »

« C’est pourquoi nous nous sommes développés dans de nouveaux secteurs comme le sport. Et c’est aussi pour cela que nous avons renforcé notre position dans le lifestyle. Nous détenons la plus grande part de marché dans ce domaine… Et nous avons lancé de nouvelles plateformes comme Billboard Arabia, qui nous permet d’entrer dans l’univers de la musique. »

Alrashid a expliqué que cette diversification plaçait le groupe dans une position solide pour faire face au déclin des revenus publicitaires sur différentes plateformes, grâce au lancement de nouveaux produits.

« Un autre actif de propriété intellectuelle très important que nous avons créé, ce sont les événements associés à des marques présentes dans la région depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, toute marque ou tout titre qui n’est pas accompagné d’un événement passe à côté d’une opportunité commerciale majeure, qui nous permet de nous retrouver dans une même salle, d’échanger des idées et de nous connaître au-delà des écrans. »

La PDG a déclaré que les perturbations étaient désormais constantes et souvent autonomes, ajoutant que l'avenir du secteur reposait souvent sur la narration et la capacité à innover en créant des contenus convaincants qui touchent directement le public. 

« Mais la prochaine perturbationsviendra encore de l’IA. De la vitesse à laquelle cet outil et cette technologie extrêmement puissante évoluent. Et de notre capacité à y faire face, à nous y adapter et à l’intégrer pleinement — ou non. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com