Mort du chef du Hamas: Les craintes d'un débordement du conflit de Gaza s'intensifient

Des secouristes libanais se rassemblent sur le site d'une attaque visant un bureau du Hamas, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 2 janvier 2024 (Photo, AFP).
Des secouristes libanais se rassemblent sur le site d'une attaque visant un bureau du Hamas, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 2 janvier 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 03 janvier 2024

Mort du chef du Hamas: Les craintes d'un débordement du conflit de Gaza s'intensifient

  • Saleh al-Arouri, chef adjoint du Hamas, figurerait parmi les six personnes tuées par une frappe de drone à Dahieh, dans la banlieue sud de Beyrouth
  • Les autorités libanaises ont déclaré qu'elles allaient déposer une plainte officielle auprès du Conseil de sécurité des Nations unies contre la frappe «flagrante» à Beyrouth

BEYROUTH: Les craintes que la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza ne s'étende aux pays voisins se sont accrues mardi lorsqu'une frappe de drone israélien a tué le chef adjoint du Hamas, Saleh al-Arouri, à Beyrouth.

Il fait partie des six personnes qui ont trouvé la mort dans l'attentat perpétré dans la banlieue sud de la ville, à Dahieh, a rapporté l'agence de presse nationale libanaise. Le Hamas a déclaré que ce décès n'ébranlerait pas «la résistance courageuse qui se poursuit» à Gaza.

«Cela prouve une fois de plus que l'ennemi n'a réussi à atteindre aucun de ses objectifs d’agression dans la bande de Gaza», a déclaré Izzat al-Rishq, haut responsable du Hamas.

Mark Regev, conseiller du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a déclaré à MSNBC qu’Israël «n’a pas assumé la responsabilité de cette attaque. Mais quel que soit celui qui l’a fait, il doit être clair qu’il ne s’agissait pas d’une attaque contre l’État libanais… Celui qui a fait cela a commis une frappe chirurgicale contre les dirigeants du Hamas».

Selon la chaîne de télévision Al-Hadath, le bureau de Netanyahou a demandé à son gouvernement de ne pas commenter l'assassinat d’Al-Arouri.

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a condamné l'assassinat et a déclaré que cette attaque «visait à entraîner le Liban» dans «une nouvelle phase d'affrontements» dans la guerre entre Israël et le Hamas. Le Hezbollah, allié du Hamas, échange quotidiennement des tirs transfrontaliers avec les forces israéliennes dans le sud du Liban.

Les autorités libanaises ont déclaré qu'elles allaient déposer une plainte officielle auprès du Conseil de sécurité des Nations unies contre la frappe à Beyrouth et contre toute «nouvelle violation israélienne de la souveraineté libanaise».

Le Premier ministre palestinien, Mohammed Chtayyeh, a qualifié l'attaque de drone de «crime» et a déclaré qu'il pourrait y avoir des répercussions.

Le Hezbollah, groupe libanais soutenu par l'Iran, a averti que l'assassinat d’Al-Arouri par Israël dans une banlieue de Beyrouth que le Hezbollah contrôle «ne restera pas sans réponse ni impunité», le qualifiant d’«agression grave contre le Liban».

«Nous, le Hezbollah, affirmons que ce crime ne restera pas sans réponse ni impunité», a averti le groupe dans un communiqué.

«Nous considérons que l'assassinat du cheikh Saleh al-Arouri au cœur de la banlieue sud de Beyrouth constitue une atteinte grave au Liban et une évolution dangereuse dans le cours de la guerre», a ajouté le communiqué.

Réactions à l’attaque

Les autorités iraniennes ont déclaré que l'assassinat d'Al-Arouri encouragerait la poursuite de la résistance contre Israël, selon les médias d'État du pays.

«Le sang du martyr fera sans aucun doute jaillir une nouvelle poussée dans les veines de la résistance et de la motivation à lutter contre l'occupant sioniste, non seulement en Palestine mais aussi dans la région et parmi tous les défenseurs de la liberté dans le monde», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanaani. Il a également condamné la violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Liban par «un régime sioniste agressif».

Les réactions à l’assassinat ne se sont pas faites attendre sur les réseaux sociaux.

Dans un message posté sur X, l'analyste politique Omar Baddar a écrit: «Il s'agit d'une escalade extrêmement grave. Le bombardement de Beyrouth ou de sa banlieue a longtemps été considéré comme une ligne rouge par le Hezbollah, qui nécessiterait d'importantes représailles. Tous les regards sont désormais tournés vers le Liban.»

Haya Hijazi, une femme médecin de Gaza, a déclaré sur Instagram: «Ils disent même qu'ils nous ont vaincus. La situation est catastrophique. Ils veulent tuer tous les membres du Hamas. Le Hamas est une ligne de défense pour le peuple palestinien.»

Khaled Beydoun, professeur et écrivain, a rappelé que c'était la première fois que Beyrouth était bombardée par Israël depuis 2006.

Il a ajouté que les prochaines vingt-quatre heures seront «extrêmement importantes et définitives, et peuvent changer le destin de la région».

«Depuis le début de cette crise, Netanyahou tente d'entraîner le Liban dans la guerre», a-t-il précisé.

Des vidéos de manifestations à Ramallah, ville natale d’Al-Arouri, condamnant son assassinat, ont également circulé sur Internet.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Liban n'acceptera pas d'être entraîné dans le conflit, dit son Premier ministre

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
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  • Les autorités libanaises, dont le Premier ministre Nawaf Salam et le président Joseph Aoun, ont affirmé leur refus d’impliquer le Liban dans l’escalade entre les États-Unis, Israël et l’Iran, appelant à la sagesse et à la préservation de l’unité nationale
  • Le Hezbollah, affaibli par son récent conflit avec Israël, a reporté le discours de son chef Naïm Qassem et maintient une posture défensive

BEYROUTH: Les dirigeants libanais, qui craignent une implication du Hezbollah après les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, ont affirmé samedi qu'ils refusaient d'entraîner leur pays dans le conflit.

Le Hezbollah a annoncé qu'un discours de son chef Naïm Qassem, prévu à 13h00 GMT, était reporté "en raison des développements".

Les Etats-Unis et Israël ont mené samedi une série de frappes contre l'Iran qui a riposté, faisant craindre un embrasement régional.

"Je réitère que nous n'accepterons pas que quiconque entraîne le pays dans des aventures qui menacent sa sécurité et son unité", a affirmé le Premier ministre Nawaf Salam sur X.

"A la lumière des sérieux développements dans la région, j'appelle à nouveau tous les Libanais à agir avec sagesse et patriotisme et à placer les intérêts du Liban et de son peuple au-dessus de toute considération", a-t-il ajouté.

Le président Joseph Aoun a estimé dans un communiqué "nécessaire d'éviter au Liban les catastrophes des conflits extérieurs".

La coordinatrice spéciale de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis, a exhorté "toutes les parties au Liban" de "donner la priorité, en paroles et en actes, à la nécessité de protéger le pays et son peuple des développements régionaux".

Peu avant le début des frappes, Israël a annoncé avoir visé des positions "des infrastructures" du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'agence nationale d'information (ANI, officielle) a indiqué que des raids avaient visé des régions montagneuses où le Hezbollah est fortement implanté.

Le Liban a dit craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles en cas d'élargissement du conflit avec l'Iran.

Le Hezbollah n'interviendra pas militairement en cas de frappes américaines "limitées" contre l'Iran, mais considérera toute atteinte contre le guide suprême, Ali Khamenei, comme une "ligne rouge", avait indiqué mercredi à l'AFP un responsable de cette formation.

Le chef du Hezbollah répète que sa formation est en "position défensive" mais a affirmé qu'elle s'estimerait "visée" par toute attaque américaine contre l'Iran.

Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, le Hezbollah n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer.


L’Arabie saoudite condamne les violations iraniennes de la souveraineté dans le Golfe et la région

Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
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  • L’Arabie saoudite dénonce des violations iraniennes de la souveraineté des Émirats, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, et soutient toute action de ces pays
  • Le Royaume appelle la communauté internationale à condamner ces actes et à prendre des mesures pour préserver la paix et la stabilité dans la région

RIYAD : L’Arabie saoudite a fermement condamné ce qu’elle a qualifié de violations iraniennes de l’autonomie de plusieurs États du Golfe et de la région, a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Dans un communiqué officiel, le ministère a dénoncé ce qu’il a qualifié de « violation flagrante » de la souveraineté des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, exprimant sa pleine solidarité avec ces pays et son soutien à toute mesure qu’ils pourraient prendre.

Le Royaume a averti des graves conséquences de la poursuite de violations de l’autonomie des États et des atteintes au droit international, soulignant que de telles actions menacent la sécurité et la stabilité régionales.

L’Arabie saoudite a également appelé la communauté internationale à condamner les actions présumées de l’Iran et à prendre des mesures fermes pour faire face aux violations qui compromettent la paix et la stabilité dans la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington et Israël ont lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne, selon Netanyahu

Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
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  • Benjamin Netanyahu annonce qu’Israël et les États-Unis ont lancé une « opération » contre la « menace existentielle » que représente le régime iranien
  • Il appelle le peuple iranien à se soulever contre le pouvoir en place et à construire un « Iran libre et épris de paix »

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé samedi qu'Israël et les Etats-Unis avaient lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne et appelé les Iraniens à se soulever contre le pouvoir en place à Téhéran.

"Mes frères et soeurs, citoyens d'Israël, il y a peu, Israël et les Etats-Unis ont lancé une opération pour éliminer la menace existentielle que fait peser le régime terroriste en Iran", a déclaré M. Netanyahu dans un message vidéo.

"Notre action commune créera les conditions pour que le courageux peuple iranien prenne son destin en main", a ajouté M. Netanyahu. "Le temps est venu pour toutes les composantes du peuple iranien (...) de rejeter le joug de la tyrannie et de faire advenir un Iran libre et épris de paix".