Gaza: Blinken retourne au Moyen-Orient pour plaider une aide accrue et éviter l'embrasement

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s'embarque jeudi soir pour sa quatrième tournée au Moyen-Orient depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas palestinien (Photo, Reuters).
Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s'embarque jeudi soir pour sa quatrième tournée au Moyen-Orient depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas palestinien (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 04 janvier 2024

Gaza: Blinken retourne au Moyen-Orient pour plaider une aide accrue et éviter l'embrasement

  • M. Blinken doit quitter Washington jeudi soir à destination d'abord de la Turquie, première étape de cette tournée prévue pour durer jusqu'au 10 janvier
  • M. Blinken s'attend à avoir des discussions difficiles lors de cette nouvelle tournée qui l'amènera dans cinq pays arabes

WASHINGTON: Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s'embarque jeudi soir pour sa quatrième tournée au Moyen-Orient depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas palestinien, où il entend plaider pour une aide accrue pour Gaza et des moyens d'éviter l'embrasement dans un contexte régional à cran.

M. Blinken s'attend à avoir des discussions difficiles lors de cette nouvelle tournée qui l'amènera, outre en Israël en début de semaine prochaine, dans cinq pays arabes - Jordanie, Qatar, Emirats, Arabie saoudite et Egypte -, ainsi qu'en Cisjordanie, siège de l'Autorité palestinienne, a indiqué à la presse son porte-parole Matthew Miller.

M. Blinken doit quitter Washington jeudi soir à destination d'abord de la Turquie, première étape de cette tournée prévue pour durer jusqu'au 10 janvier.

Le secrétaire d'Etat américain discutera des "mesures immédiates visant à accroître considérablement l'aide humanitaire à Gaza", où la situation humanitaire est décrite par l'ONU et les ONG comme "catastrophique".

"Nous ne nous attendons pas à ce que toutes les conversations de ce voyage soient faciles. Il est évident que la région est confrontée à des problèmes difficiles et que des choix difficiles s'imposent", a affirmé M. Miller.

"Mais le secrétaire d'Etat estime qu'il est de la responsabilité des Etats-Unis de mener des efforts diplomatiques pour s'attaquer de front à ces défis", a-t-il ajouté.

La position américaine est délicate: les Etats-Unis sont le premier soutien militaire d'Israël mais ils rejettent un cessez-le-feu réclamé avec force par les pays arabes notamment.

Washington n'est pas opposé en revanche à des pauses humanitaires comme celle qui a eu lieu en novembre permettant la libération d'otages retenus par le Hamas.

En dépêchant une nouvelle fois le secrétaire d'Etat américain dans la région -- ce sera son cinquième déplacement officiel en Israël depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre --, les Etats-Unis entendent ainsi maintenir la pression sur les autorités israéliennes.

Malgré une marge de manoeuvre limitée, les responsables de l'administration américaine répètent que les pressions exercées en coulisses sur Israël portent leurs fruits, mais ils ne cachent pas leur frustration avec le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu et sa conduite de la guerre.

En riposte à l'attaque du 7 octobre, Israël a lancé une vaste campagne militaire, pilonnant sans relâche la bande de Gaza du nord au sud. Selon le Hamas, celle-ci a fait plus de 22.000 morts côté palestinien.

Les Etats-Unis dénoncent aussi les positions extrêmes de ministres israéliens appelant au retour de colons juifs à Gaza, après la guerre en cours, et visant à "encourager" la population palestinienne à émigrer.

Eviter l'escalade

Les craintes de voir la guerre embraser tout le Moyen-Orient se sont encore accrues depuis une frappe mardi fatale au N.2 du Hamas, Saleh al-Arouri, dans la banlieue sud de Beyrouth, et une double explosion qui a fait 84 morts mercredi en Iran, revendiquée jeudi par le groupe Etat islamique.

La communauté internationale s'inquiète aussi de la multiplication des attaques de navires marchands par les Houthis du Yémen en mer Rouge, exhortant ces derniers à cesser "immédiatement leurs attaques illégales", faute de quoi ces rebelles, proches de l'Iran, en assumeront les "conséquences".

M. Blinken s'en est d'ailleurs entretenu mercredi avec son homologue française Catherine Colonna, les deux responsables discutant de mesures visant à "éviter l'escalade au Liban et en Iran", a fait savoir jeudi le département d'Etat américain.

Les deux ministres ont échangé au téléphone de "l'importance de mesures visant à prévenir que le conflit à Gaza ne s'étende, dont des mesures visant à faire baisser la tension en Cisjordanie et à éviter l'escalade au Liban et en Iran", selon un communiqué.

Suède à l'Otan

En Turquie, la situation à Gaza tout comme l'adhésion de la Suède à l'Otan, seront au centre des entretiens de M. Blinken.

Depuis le début du conflit, le chef de l'Etat turc, allié traditionnel de la cause palestinienne, a multiplié les invectives à l'égard d'Israël, dénonçant aussi le soutien des Etats-Unis au gouvernement israélien.

Il sera aussi question de faire à nouveau pression sur Ankara pour qu'elle ratifie l'adhésion de la Suède à l'Otan.

La Turquie, qui conditionne son feu vert à la livraison d'avions de combat américains F-16, jusqu'ici bloquée par le Congrès, est le dernier membre de l'Alliance atlantique avec la Hongrie à barrer la route à la Suède.

Diplomatie oblige, M. Blinken fera aussi une brève escale samedi en Grèce, qui s'inquiète de cette vente d'avions de combat à Ankara, son adversaire historique.


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
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  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.