L’abécédaire 2020 de l’Algérie : l’année de tous les changements

La Covid-19 a eu raison de la ferveur populaire communément appelé le «Hirak» qui a été suspendu par les autorités algériennes. En effet la crise sanitaire est venue mettre fin aux manifestations du vendredi, devenues un rendez-vous presque traditionnel. Le souffle est retombé pour les centaines de milliers de protestataires qui, chaque semaine depuis le 22 février, envahissaient les grandes villes pour réclamer la fin du «système». (Photo Sarra Ben Ali Cherif).
La Covid-19 a eu raison de la ferveur populaire communément appelé le «Hirak» qui a été suspendu par les autorités algériennes. En effet la crise sanitaire est venue mettre fin aux manifestations du vendredi, devenues un rendez-vous presque traditionnel. Le souffle est retombé pour les centaines de milliers de protestataires qui, chaque semaine depuis le 22 février, envahissaient les grandes villes pour réclamer la fin du «système». (Photo Sarra Ben Ali Cherif).
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Publié le Jeudi 31 décembre 2020

L’abécédaire 2020 de l’Algérie : l’année de tous les changements

  • Pour l’Algérie, 2020 a été une année riche en événements, rebondissements et émotions
  • À l’instar du reste des pays du monde, l’Algérie a été fortement touchée par le nouveau coronavirus, devenue même l’un des pays d’Afrique les plus touchés par la pandémie

ALGER : Incontestablement, les Algériens auront passé une année 2020 particulièrement riche en événements, rebondissements et émotions. Arab News en français a sélectionné pour vous, de A à Z, les faits les plus marquants de cette année qui ne ressemble décidément à aucune autre.

A comme Algérie nouvelle: L’édification démocratique de l’Algérie nouvelle à laquelle aspirent les Algériens a été le mot d’ordre de l’année 2020. En effet, faire sortir l’Algérie d’une situation politique et économique délicate vers une phase nouvelle, une ère où le peuple retrouvera confiance en ses institutions, était le principal défi des pouvoirs publics. Le nouveau gouvernement mis en place a œuvré à l’édifice de l’État de droit tant revendiqué par le peuple qui, grâce à sa conscience et à son courage, a pu remporter une victoire avec le départ forcé d’Abdelaziz Bouteflika, qui a remis sa démission après vingt ans au pouvoir.

B comme Bouregaâ Lakhdar: Le décès en novembre dernier du héros de l’indépendance algérienne et figure du Hirak, Lakhdar Bouregaâ, a suscité une forte émotion. De centaines d’Algériens lui ont rendu hommage. Décédé à l’âge de 87 ans, après avoir été affecté par la Covid-19, ce vétéran de la révolution était très respecté par ses compatriotes. Son emprisonnement du 30 juin 2019 au 2 janvier 2020 pour son engagement aux côtés du Hirak avait suscité une vive indignation dans le pays.

C comme Covid-19: À l’instar des autres pays du monde, l’Algérie a été fortement touchée par le nouveau coronavirus, devenue même l’un des pays d’Afrique les plus touchés par la pandémie. Chaque jour, l’Algérie bat presque le record de contaminations quotidiennes. Près de 100 000 cas d’infection ont été recensés depuis l’enregistrement du premier cas le 25 février, dont plus de 3000 décès. Face à la dégradation de la situation, les autorités ont restreint certaines activités économiques et imposé un couvre-feu dans plusieurs provinces. Les frontières sont fermées depuis le 17 mars.

D comme Djamaâ el-Djazaïr: L'appel du muezzin a retenti pour la première fois en octobre de cette année à la grande mosquée d’Alger, troisième plus grande mosquée du monde et première d'Afrique, qui a reçu ses premiers prêches. À la veille de la fête du Mawlid, la naissance du prophète de l'islam Mahomet, la grande salle de prière qui peut accueillir jusqu'à 120 000 fidèles a été officiellement inaugurée par le Premier ministre, Abdelmadjid Djerad. Érigée sur plus de 27 hectares, la grande mosquée d’Alger possède le plus haut minaret au monde, long de 267 mètres. Le coût global de réalisation de ce joyau architectural s’élève à 898 millions d’euros.

E comme Économie: L’économie de l’Algérie est au plus mal. La crise sanitaire a aggravé la baisse d’activité d’une grande partie des secteurs de l’économie. Les domaines des transports aériens et terrestres, le tourisme, la restauration font partie des secteurs les plus touchés par cette pandémie. Un des effets les plus marquants du coronavirus est d’avoir mis en lumière les défaillances et les fragilités de l’économie nationale. Face à cette situation, l’action du gouvernement a oscillé entre promesses de sauvetages et esquisses de plans de relance. Une dynamique toujours en œuvre pour gérer la crise sanitaire qui perdure, nécessitant jour après jour le déploiement de plus de moyens pour tenter de sortir le pays de la crise avec le moins de dégâts possible. Lourde tâche qui sera éventuellement évaluée dans ses détails en 2021.

F comme Féminicides: Chaïma, Ikram, Amira, Asma, Razika et 42 autres femmes ont été victimes de féminicides durant l’année 2020. Des meurtres odieux qui ont suscité une large indignation en Algérie, relançant le débat sur l'urgence de la lutte contre les violences faites aux femmes. L’émoi provoqué par de récents féminicides a incité un groupe d’actrices à lancer une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux contre les violences faites aux femmes.

G comme Gastronomie: «Le couscous a réussi là où la politique a échoué», ce plat ancestral a fait son entrée au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). En effet, l ’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, qui se sont longtemps disputé la paternité se sont mis d’accord pour déposer un dossier multinational des savoirs, savoir-faire et pratiques liés à sa production.

H comme Héliopolis: Le premier long-métrage du producteur algérien Djaâfar Gacem a été sélectionné pour représenter l'Algérie pour l'Oscar du meilleur long métrage international (film non anglophone). Inspiré de faits réels, ce film traite des massacres perpétrés par la colonisation française en Algérie. Il met en scène l'un des crimes les plus odieux commis par la France contre le peuple algérien. Le film relate les événements qui ont précédé les manifestations du 8 mai 1945 et qui leur ont succédé, et les massacres perpétrés contre les Algériens. Selon les estimations officielles, au moins 45 000 personnes ont été tuées.

I comme Idir: Le chanteur Idir, l’un des principaux ambassadeurs de la chanson kabyle, s’est éteint à l’âge de 70 ans, le 2 mai de cette année.  L’interprète de la chanson A Vava Inouva, diffusée dans 77 pays et traduite en quinze langues, a succombé à une maladie pulmonaire. Le choc a été immense. Autant en Algérie qu'à l'étranger, une avalanche de réactions a suivi l'annonce de sa disparition. L’Algérie a perdu «une pyramide de l’art algérien».

J comme Justice: Justice, voilà un domaine qui incarne les attentes et les aspirations de tout un peuple en rapport avec l'instauration d'un véritable État de droit. La justice pendant l'année 2020 ne fonctionne plus au gré des humeurs du clan Bouteflika et de son régime déchu. Elle semble s’émanciper progressivement. Le renouveau national en Algérie entend hisser la justice au rang de source de quiétude au sein de la société. Un vrai défi pour la justice algérienne sous le regard d’une population qui aspire tant à voir émerger l’État citoyen.

K comme Khaled Drareni: Incarcéré depuis le 29 mars, le journaliste algérien Khaled Drareni est devenu un symbole du combat pour la liberté de la presse. Il a été condamné en appel à deux ans de prison ferme pour «incitation à attroupement non armé» et «atteinte à l'unité nationale». La sentence, d'une sévérité inédite, avait surpris et indigné en Algérie comme à l’étranger. Il bénéficie d'une très forte mobilisation en faveur de sa libération. Nombreux sont ceux, confrères et consœurs, médias, syndicats ou organisations de défense de la liberté de la presse, qui, sans relâche, tentent d'obtenir sa libération.

L comme Lutte contre la corruption: La lutte contre la corruption sous toutes ses formes s'est poursuivie de manière résolue en 2020. M. Abdelmadjid Tebboune l'a érigée en nécessité absolue pour restaurer l'autorité de l'État et regagner la confiance des citoyens. De vastes enquêtes pour corruption et népotisme avaient été lancées après la démission, sous la pression d’un mouvement de contestation inédit. De ce fait, de lourdes peines d'emprisonnement ont été requises par le parquet algérien contre d'anciens hauts dirigeants politiques, dont deux ex-Premiers ministres, et des hommes d'affaires accusés de corruption, dans des procès sans précédent en Algérie.

M comme Mouvement populaire: La Covid-19 a eu raison de la ferveur populaire communément appelé le «Hirak» qui a été suspendu par les autorités algériennes. En effet la crise sanitaire est venue mettre fin aux manifestations du vendredi, devenues un rendez-vous presque traditionnel. Le souffle est retombé pour les centaines de milliers de protestataires qui, chaque semaine depuis le 22 février, envahissaient les grandes villes pour réclamer la fin du «système».

N comme Nouvelle loi électorale: La révision de la loi électorale fait partie de l'agenda tracé par M. Tebboune. Une révision qui devait succéder à la réforme constitutionnelle et préparer des législatives et des locales anticipées. Cette loi devrait, selon les spécialistes, prendre en considération les nouveautés qui concernent l’intervention et la réponse aux demandes publiques croissantes qui exigent plus de crédibilité et de transparence de l’opération politique qui s’est affaissée durant l’ère de Bouteflika.

O comme Obsèques de Mgr Henri Teissier: Le décès de l’ex-archevêque d'Alger Henri Teissier a également marqué les Algériens qui lui ont rendu un hommage solennel lors de ses obsèques organisées dans la capitale où il a été inhumé. Ces derniers ont salué «sa grande connaissance de la culture arabo-musulmane» et «son engagement pour le dialogue civilisationnel et pour le vivre-ensemble». Profondément attaché à l'Algérie, le défunt a obtenu la nationalité algérienne en 1965.

P comme Pétrole: Comme l’ensemble des producteurs de pétrole et de gaz du monde, l’Algérie a été durement affectée par la pandémie et la faible demande de pétrole et de gaz. Cette année, l’Algérie a produit 8% de moins de sa production d’hydrocarbures par rapport à l’année dernière. Les recettes de la vente des hydrocarbures et des produits pétrochimiques vont afficher, au 31 décembre, 22 milliards de dollars, contre 33 milliards de dollars en 2019, soit un tiers de moins.

Q comme Qualification à la CAN 2022: L’équipe nationale algérienne, championne d’Afrique en titre, a validé son billet pour la prochaine édition de la Coupe d'Afrique des nations, prévue au Cameroun du 9 janvier au 6 février 2022. Rappelons que l'édition 2021 a été reportée en raison de l'épidémie de coronavirus. Les Fennecs défendront donc le trophée qu'ils avaient décroché en 2019.

R comme référendum constitutionnel: Le rendez-vous référendaire a été sans aucun doute l’événement le plus marquant de 2020. Le référendum constitutionnel qui doit lancer «l’Algérie nouvelle» a été massivement boycotté par les Algériens. Le taux de participation final s’est établi à 23,7%, le plus bas historiquement pour un scrutin majeur. Le «oui» a, tout de même, recueilli 66,8 % des voix.

S comme Sahara occidental: Depuis son indépendance, l'Algérie a pris fait et cause pour le droit des peuples à l'autodétermination, en particulier celui des Sahraouis, dont elle est un des soutiens les plus actifs. La reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le territoire du Sahara occidental a provoqué la colère d'Alger qui fustige des manœuvres étrangères voulant déstabiliser le pays. L’Algérie estime que le conflit du Sahara occidental est une question de décolonisation qui ne peut être résolue qu'à travers l'application du droit international.

T comme Tebboune Abdelmadjid: Indubitablement le nouveau président de l’Algérie a été «la personnalité à laquelle les Algériens se sont le plus intéressés en 2020. Contesté par certains et idolâtré par d’autres, Tebboune s’est trouvé confronté dès son investiture à une situation compliquée sur les plans économique, politique et social. Il n’a cessé de renouveler son engagement de tendre la main pour mettre en œuvre les revendications du Hirak dans le cadre d'un consensus national. La tâche s’est avérée compliquée, surtout à la suite de son hospitalisation à la fin d’octobre après avoir contracté le coronavirus.

U comme Union maghrébine: Décidément, le projet d’une alliance concrète entre les pays du Maghreb est remis aux calendes grecques et tarde à se concrétiser. Même si la proximité entre les peuples existe bel et bien, l’union politico-économique reste problématique et sa mise en forme s’éloigne de plus en plus, notamment à la suite de la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël.

V comme vingt-quatre restes mortuaires: Les restes mortuaires de 24 résistants algériens à la colonisation française ont été rapatriés de France en juillet après avoir été transférés vers des structures muséales en France depuis plus d'un siècle et demi.

W comme Wilayas: Impulser une nouvelle dynamique et favoriser le développement économique local, deux thèmes au centre des préoccupations du gouvernement pour cette année. L’enjeu, c’est davantage la mise des walis devant leurs responsabilités et plus que jamais tenus à réussir leurs missions sur plus d’un front. Il est question également d’améliorer les conditions de vie des citoyens en renforçant leur participation dans la démocratie locale et le développement de leurs collectivités.

X comme Nés sous X: L’Algérie autorise désormais les parents adoptifs à donner leur nom aux enfants nés sous X. Cette décision importante permettra à ces enfants d’échapper à la stigmatisation dont ils sont l’objet et de mener une vie normale, et facilitera leur insertion dans la société.

Y comme Yazid Zerhouni: Le décès de l’ancien ministre de l’Intérieur Noureddine Yazid Zerhouni en ce mois de décembre a également touché les Algériens. L’histoire retiendra son courage et sa détermination, en tant que ministre de l’Intérieur en poste, de dénoncer la loi sur les hydrocarbures que l’ancien président de la République avait confectionnée pour les multinationales américaines.

Z comme Zones d’ombre: Le dossier du développement des zones d'ombre à travers le territoire national arrive en tête des priorités inscrites dans le programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Plus de 15 000 zones d’ombre ont été recensées par les pouvoirs publics avec une population de près de 8 millions d’habitants.


Guerre au Moyen-Orient: le chef de la diplomatie française en visite au Liban jeudi

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot participe à une conférence de presse conjointe avec le ministre allemand des Affaires étrangères après des entretiens au ministère des Affaires étrangères à Berlin, le 18 mars 2026. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot participe à une conférence de presse conjointe avec le ministre allemand des Affaires étrangères après des entretiens au ministère des Affaires étrangères à Berlin, le 18 mars 2026. (AFP)
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  • Le ministre français Jean-Noël Barrot se rend au Liban pour exprimer le soutien de la France et discuter d’une désescalade avec les dirigeants libanais
  • Le conflit entre Hezbollah et Israël a causé près de 1 000 morts et déplacé plus d’un million de personnes, tandis que Paris renforce son aide humanitaire

PARIS: Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, se rendra jeudi au Liban, où l'armée israélienne mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien qui ont provoqué des déplacements massifs de population, a annoncé mercredi à l'AFP le ministère des Affaires étrangères.

"Cette visite témoigne du soutien et de la solidarité de la France avec le peuple libanais, entraîné dans une guerre qu'il n'a pas choisie", affirme le ministère, en indiquant que "le ministre consultera les principales autorités du pays sur la situation au Liban et les voies d'une désescalade, dans le prolongement de leurs échanges avec le président de la République".

Selon une source diplomatique, M. Barrot devrait notamment s'entretenir avec le président, Michel Aoun, le Premier ministre, Nawaf Salam et le président du Parlement, Nabih Berri.

Cette visite intervient notamment après des discussions téléphoniques avec ses homologues israélien, Gideon Sarr, et américain, Marco Rubio, mercredi, a-t-on précisé de même source.

Le président français, Emmanuel Macron, s'est entretenu vendredi avec MM. Aoun, Salam et Berri, et a appelé le lendemain Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban. M. Macron s'est dit prêt à "faciliter" ces discussions en "les accueillant à Paris", afin d'empêcher que "le Liban ne sombre dans le chaos".

Le mouvement chiite Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale au Moyen-Orient le 2 mars, en lançant des missiles sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël mène depuis des bombardements massifs sur de vastes parties du Liban, y compris la capitale Beyrouth, et des incursions au sol dans le sud du pays avec des soldats et des blindés.

Les frappes israéliennes ont fait au moins 968 morts parmi lesquels 116 enfants, selon les autorités, et jeté sur les routes plus d'un million de personnes, soit plus du sixième de la population de ce petit pays.

La France a envoyé la semaine dernière 60 tonnes d'aide humanitaire, et Jean-Noël Barrot devrait "annoncer un nouveau paquet d'aide humanitaire pour venir en aide aux Libanais", a indiqué le ministère.


Pour le ministre saoudien des AE, la patience de son pays n'est «pas illimitée»,  se réserve le droit d'agir contre l'Iran

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan. (AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan. (AFP)
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  • Dans des propos parmi les plus fermes qu'il ait tenus depuis le début du conflit, le prince Fayçal a déclaré que l'Arabie saoudite "se réservait le droit d'entreprendre une action militaire si elle le jugeait nécessaire"
  • Il a ajouté que le "peu de confiance" rétabli avec Téhéran après le rétablissement des liens diplomatiques en 2023 "a été complètement brisé"

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a averti jeudi que la retenue du Royaume face à l'escalade des attaques iraniennes "n'est pas illimitée", signalant que l'action militaire reste une option.

"Le Royaume et ses partenaires possèdent d'importantes capacités et la patience dont nous avons fait preuve n'est pas illimitée. Cela pourrait prendre un jour, deux jours ou une semaine - je ne le dirai pas", a-t-il déclaré aux journalistes à l'issue d'une réunion d'urgence des ministres des affaires étrangères arabes et islamiques à Riyad.

Dans des propos parmi les plus fermes qu'il ait tenus depuis le début du conflit, le prince Fayçal a déclaré que l'Arabie saoudite "se réservait le droit d'entreprendre une action militaire si elle le jugeait nécessaire", avertissant que la poursuite de l'escalade iranienne aurait des conséquences politiques et morales.

Il a ajouté que le "peu de confiance" rétabli avec Téhéran après le rétablissement des liens diplomatiques en 2023 "a été complètement brisé" et a averti que de nouvelles attaques pourraient ne laisser "presque rien" à sauver dans les relations.

Depuis le 28 février, l'Iran a lancé des vagues de missiles et de drones armés visant l'Arabie saoudite et les États voisins du Golfe, notamment les Émirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn et le Qatar, en représailles, selon Téhéran, aux frappes américano-israéliennes sur des cibles en Iran.

Le conflit s'est intensifié mercredi après que l'Iran a accusé Israël d'avoir frappé des installations du champ gazier de South Pars et a promis de cibler des infrastructures énergétiques dans tout le Golfe. Les autorités d'Arabie saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis ont signalé le même jour des attaques contre des installations pétrolières et gazières.

Dans la capitale saoudienne, les défenses aériennes ont intercepté quatre missiles balistiques visant Riyad, selon le ministère de la défense. Les débris des projectiles interceptés sont tombés près d'une raffinerie au sud de la ville, tandis que les habitants ont signalé avoir entendu des explosions et reçu des alertes d'urgence, ce qui constitue un rare moment où le conflit a été directement ressenti dans la capitale.

Les responsables saoudiens de la défense affirment que les défenses aériennes ont intercepté au moins 457 drones, 40 missiles balistiques et sept missiles de croisière depuis le début de l'escalade. Les Émirats arabes unis auraient été confrontés à un volume d'attaques encore plus important, tandis que d'autres États du Golfe ont également été touchés.

"Préparés à l'avance

Le prince Faisal a déclaré que les frappes semblaient avoir été "préparées à l'avance" et a accusé l'Iran de mener des "actions hostiles préméditées" contre ses voisins, à la fois directement et par l'intermédiaire de mandataires régionaux.

Il a également confirmé que deux raffineries de pétrole saoudiennes avaient été visées, contredisant ainsi les affirmations de l'ambassadeur iranien selon lesquelles les frappes se limitaient aux installations américaines.

"L'Iran n'a pas traité ses voisins dans un esprit de fraternité, mais dans une optique hostile", a-t-il déclaré, ajoutant que les États du Golfe avaient à plusieurs reprises exhorté Téhéran à cesser de soutenir des groupes armés et à assurer la sécurité de la navigation maritime.

L'Iran est accusé de soutenir le mouvement Houthi, qui a pris pour cible la navigation commerciale dans le Bab el-Mandeb, ainsi que le Hezbollah, dont la confrontation avec Israël a intensifié la crise au Liban.

Les frappes israéliennes au Liban depuis le début du mois de mars - déclenchées par les attaques du Hezbollah en soutien à l'Iran - ont tué au moins 968 personnes et en ont blessé plus de 2 400, selon l'Associated Press, citant le ministère libanais de la santé. Plus d'un million de personnes ont été déplacées à la suite d'avertissements d'évacuation généralisés.

Malgré l'escalade, le prince Faisal a déclaré que l'Arabie saoudite préférait toujours la diplomatie, mais il a averti que la poursuite des attaques pourrait fermer la porte à une désescalade.

Plus d'un million de personnes ont été déplacées, Israël ayant émis de nombreux avis d'évacuation dans certaines parties du pays.


L'Arabie saoudite abat 4 missiles balistiques visant Riyad

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
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  • Le quartier des ambassades à Riyad est la cible d'un drone, des débris de missiles balistiques tombent près de la base aérienne Prince Sultan.
  • Les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït interceptent également les attaques de drones

RIYAD: Les systèmes de défense aérienne de l'Arabie saoudite ont intercepté des vagues de drones et de missiles balistiques tirés sur le Royaume mercredi.

Un drone a été intercepté et détruit alors qu'il s'approchait du quartier diplomatique de Riyad, a déclaré un porte-parole du ministère de la défense vers midi.

Vers 19h30, le ministère a déclaré que les défenses aériennes traitaient une menace balistique à Riyad.

Plus tôt, un missile balistique lancé vers le gouvernorat d'Al-Kharj a été abattu et les débris de l'interception sont tombés près de la base aérienne Prince Sultan "sans causer de dommages", a déclaré un porte-parole.

Deux autres missiles balistiques lancés vers la province orientale ont été interceptés et détruits dans la soirée.

Le ministère a fait état de neuf drones ciblant la même région depuis minuit heure locale.

Les attaques contre l'Arabie saoudite s'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle journée de tentatives iraniennes de frapper les pays du Golfe.

Aux Émirats arabes unis, le ministère de la défense a déclaré avoir abattu 13 missiles balistiques et 27 drones lancés depuis l'Iran mercredi.

De fortes détonations ont été entendues au-dessus de Dubaï dans la matinée.

Les Émirats ont également cité les six victimes civiles des attaques iraniennes depuis le début du conflit, le 28 février.

Il s'agit notamment de la Palestinienne Alaa Mushtaha, qui a été tuée lundi à Abou Dhabi lorsqu'un missile est tombé sur sa voiture. Ses funérailles ont eu lieu mardi soir, ont rapporté les médias locaux.

Le ministre des affaires étrangères, Sheikh Abdullah, a exprimé mercredi ses "sincères condoléances et sa profonde sympathie aux familles des victimes des attaques terroristes non provoquées de l'Iran contre les Émirats arabes unis".

Il a condamné les attaques de missiles et de drones iraniens visant des infrastructures civiles essentielles, des aéroports, des zones résidentielles et des sites civils dans l'ensemble des Émirats arabes unis.

Le Qatar et le Koweït ont également signalé avoir intercepté des attaques de drones mercredi.