La guerre Israël-Hamas va entrer dans son quatrième mois, craintes d'une contagion

Israël poursuit ses bombardements et ses opérations au sol à Gaza vendredi, à l'approche de la date marquant les trois mois du conflit l'opposant au Hamas palestinien. Le bilan humain ne fait que monter (AFP).
Israël poursuit ses bombardements et ses opérations au sol à Gaza vendredi, à l'approche de la date marquant les trois mois du conflit l'opposant au Hamas palestinien. Le bilan humain ne fait que monter (AFP).
Vendredi matin, l'armée israélienne a annoncé "l'élimination d'une cellule terroriste" qui voulait attaquer un de ses chars à Bureij (centre) pendant la nuit, et la destruction, au prix de combats au sol, de plusieurs sites de lancement de roquettes vers Israël. (AFP).
Vendredi matin, l'armée israélienne a annoncé "l'élimination d'une cellule terroriste" qui voulait attaquer un de ses chars à Bureij (centre) pendant la nuit, et la destruction, au prix de combats au sol, de plusieurs sites de lancement de roquettes vers Israël. (AFP).
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Publié le Dimanche 07 janvier 2024

La guerre Israël-Hamas va entrer dans son quatrième mois, craintes d'une contagion

  • Le Premier ministre israélien a juré samedi de poursuivre jusqu'à la «victoire complète» sa guerre contre le Hamas
  • Dans la journée, l'armée de l'air israélienne a mené de nouvelles frappes meurtrières du nord au sud de la bande de Gaza

JÉRUSALEM: Le Premier ministre israélien a juré samedi de poursuivre jusqu'à la "victoire complète" sa guerre contre le Hamas, qui entrera dimanche dans son quatrième mois, transformant Gaza en "lieu de mort" selon l'ONU et alimentant les craintes d'une contagion au Liban voisin.

Dans la journée, l'armée de l'air israélienne a mené de nouvelles frappes meurtrières du nord au sud de la bande de Gaza, où le Hamas a pris le pouvoir en 2007, tandis que la tension est montée à la frontière israélo-libanaise.

"La guerre ne doit pas s'arrêter tant que nous n'aurons pas atteint" tous ses objectifs, qui sont "d'éliminer le Hamas, récupérer les otages et faire en sorte que Gaza ne soit plus une menace pour Israël", a déclaré Benjamin Netanyahu, dans un communiqué concluant trois mois de conflit.

"Nous devons nous assurer que le conflit ne se propage pas" a de son côté souligné le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, lors d'une étape en Crète, avant son arrivée dans la soirée à Amman pour y entamer une tournée dans des pays arabes et en Israël.

"L'une des véritables préoccupations est la frontière entre Israël et le Liban et nous voulons faire tout notre possible pour nous assurer qu'il n'y ait pas d'escalade", a-t-il ajouté.

Le Hezbollah libanais pro-iranien a tiré des dizaines de roquettes vers une base militaire à Meron dans le nord d'Israël, une attaque présentée comme sa première riposte à l'élimination, attribuée à Israël, du numéro deux du Hamas, Saleh al-Arouri, mardi près de Beyrouth.

L'armée israélienne a indiqué avoir frappé en retour "une série de cibles terroristes" du mouvement chiite libanais dans le sud du Liban.

Selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI), des frappes israéliennes ont visé plusieurs villages et villes du sud du Liban, blessant une réfugiée syrienne.

Six combattants ont été tués, selon le Hezbollah, un allié du Hamas.

Israël dit avoir «achevé le démantèlement» militaire du Hamas dans le nord de Gaza

Dans le nord de la bande de Gaza, "il y a encore des terroristes agissant de façon sporadique et sans commandement", a déclaré le général Daniel Hagari, porte-parole de l'armée israélienne lors d'une conférence de presse alors que la guerre entre dimanche dans son quatrième mois.

Mais "désormais [l'armée se concentre] sur le démantèlement du Hamas dans le centre et dans le sud" de ce territoire côtier exigu, a ajouté l'officier.

«Un autre moyen d'éradiquer le Hamas»

Israël a juré de détruire le Hamas après son attaque inédite sur le sol israélien le 7 octobre, fatale à environ 1.140 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir du bilan israélien. Environ 250 personnes ont été enlevées dont une centaine libérées lors d'une trêve fin novembre.

Des familles des otages israéliens se sont par ailleurs rassemblées à Tel-Aviv dans la soirée, sous le slogan "Nous ne pouvons pas atteindre 100 jours, ramenez les otages maintenant!".

Les opérations israéliennes dans la bande de Gaza ont fait 22.722 morts, majoritairement des femmes, enfants et adolescents, et plus de 58.000 blessés, selon un dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas.

"Cette injustice doit cesser", hurle Wali Mamluk, un habitant du quartier al-Rimal de la ville de Gaza, dans le nord du territoire palestinien, où des secouristes rassemblent les corps de plusieurs personnes tuées dans un  bombardement israélien, selon l'AFPTV.

"Où est la communauté internationale? Où sont les Arabes?", s'insurge-t-il.

"Ils ont tué nos enfants, ils ont tué nos proches", se lamente plus au sud une femme, devant l'hôpital européen de Khan Younès, où affluent les corps de victimes, selon des images de l'AFPTV.

Selon des journalistes de l'AFP, des frappes ont aussi ciblé la nuit et tôt samedi Rafah, à la pointe sud de la bande de Gaza où ont afflué des centaines de milliers de Palestiniens fuyant les opérations militaires plus au nord.

L'offensive israélienne a rasé des quartiers entiers de Gaza et déplacé 1,9 million de personnes -  85% de la population d'après l'ONU - qui manquent d'eau, de nourriture, de médicaments et de soins, avec des hôpitaux pour la plupart hors service.

La bande de Gaza est "tout simplement devenue inhabitable", "un lieu de mort et de désespoir" a déploré le coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU, Martin Griffiths.

Selon l'Unicef, les combats, la malnutrition et la situation sanitaire menacent "plus de 1,1 million d'enfants" dans ce petit territoire surpeuplé et paupérisé.

"Israël a proclamé son objectif d'éradiquer le Hamas. Il doit y avoir un autre moyen d'éradiquer le Hamas qui ne provoquerait pas autant de morts", a plaidé samedi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, en visite au Liban.

Il a aussi jugé "absolument nécessaire d'éviter que le Liban ne soit entraîné dans un conflit régional".

Des Palestiniens réenterrent des corps exhumés d'un cimetière

Sur des images tournées dans le cimetière du quartier d'al-Tuffah, des corps exhumés, dans leur sac mortuaire, sont visibles au milieu de monticules de terre. D'autres corps sont encore à moitié ensevelis, au milieu de stèles renversées dans ce petit cimetière entouré d'immeubles et où le sol porte clairement la marque de traces de chenilles.

Au milieu d'une nuée de mouches, une petite dizaines d'hommes, portant des gants et des masques chirurgicaux, s'affairent à les réenterrer.

"Nous avons été surpris de voir les corps exhumés" samedi matin, raconte un des hommes en train d'enterrer les corps, qui se présente comme un membre de la famille Aliwa mais refuse de donner son prénom.

Sans avoir été témoin des faits, il accuse l'armée israélienne d'être passée avec "un bulldozer" sur le cimetière et d'avoir "roulé sur des corps".

"Nous sommes en train de récupérer les corps présents dans le cimetière (...), nous n'en avons identifié que quelques-un", ajoute-t-il, dénonçant des "actes barbares qui ne respectent aucune religion ni droits humains".

«Risque d'embrasement»

Depuis le 8 octobre, les échanges de tirs quasi-quotidiens entre le Hezbollah et les forces israéliennes ont fait 181 morts au Liban, dont 135 combattants du mouvement chiite, selon un décompte de l'AFP.

En Syrie et en Irak, les attaques contre des bases militaires des Etats-Unis se aussi sont multipliées depuis le 7 octobre, tandis que les rebelles Houthis au Yémen perturbent le trafic maritime mondial en mer Rouge en y attaquant des navires, au nom de leur "soutien" aux Palestiniens.

La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a elle appelé samedi son homologue iranien, Hossein Amir-Abdollahian, pour exhorter "l'Iran et ses affidés" à cesser "immédiatement" leurs "actions déstabilisatrices" alors que "le risque d'embrasement régional n'a jamais été aussi important".

Dans un message vidéo adressé au chef de la diplomatie américaine, le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, basé au Qatar, a appelé M. Blinken à "se concentrer sur la fin" de l'offensive israélienne et la "fin de l'occupation de l'ensemble de la terre palestinienne".

"L'avenir de la bande de Gaza" sera "déterminé par le peuple palestinien et non par Israël", dont "tous les scénarios (...) ne mèneront qu'à l'échec", a pour sa part déclaré samedi Hussein al-Sheikh, un haut responsable de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, en réponse aux pistes pour l'après-guerre présentées jeudi par le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant.

Ce plan, qui doit encore être examiné par un gouvernement divisé, prône que l'administration de Gaza soit confiée à des "entités palestiniennes" mais excluant le Hamas, classé groupe terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.


En pleines discussions à Rome, Israël se dit prêt à avancer sur deux «zones pilotes» au Liban

Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington
  • Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais

ROME: Israël s'est dit prêt à avancer dans le projet de retrait de ses troupes de deux zones du sud du Liban, au moment où se tiennent mardi de nouvelles négociations à Rome dans l'ombre d'une reprise des hostilités au Moyen-Orient.

Les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de discussions à Washington.

Mais le Hezbollah, armé et financé par Téhéran, rejette ce texte dont l'application doit commencer par le retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud du Liban.

Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré que son pays était prêt à "aller de l'avant" dans la mise en oeuvre de deux "zones pilotes", revendication clé du pouvoir libanais.

"J'espère et j'ai bon espoir que cette série de discussions à Rome y contribuera", a-t-il déclaré depuis Jérusalem.

Aucune information n'a filtré à ce stade des pourparlers dans la capitale italienne.

Des journalistes de l'AFP ont vu les voitures des délégations entrer dans l'enceinte de l'ambassade américaine sous haute sécurité mardi matin, tandis que l'ambassade, sollicitée, s'est refusée à tout commentaire.

"Se retirer progressivement" 

La délégation libanaise "a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion", avait fait savoir la présidence libanaise lundi soir.

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, "l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait".

"Israël est disposé à se retirer progressivement, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise dispose des capacités nécessaires pour maintenir ces secteurs démilitarisés et empêcher tout retour du mouvement", explique l'analyste israélienne Orna Mizrahi.

Une délégation militaire américaine a d'ailleurs entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces "zones pilotes".

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté début mars entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans le conflit en bombardant Israël en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

L'armée israélienne poursuit cependant des frappes limitées dans le sud, où un drone a visé mardi la localité de Nabatiyé al-Fawqa et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

"Réfléchir à deux fois" 

Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4.300 morts, d'après les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

"Les chances d'une percée à Rome sont assez limitées", estime Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris, qui voit plutôt dans cette réunion "l'opportunité de montrer que le processus est encore en place (...), qu'il y a des négociations qui perdurent malgré les oppositions et les obstacles qui commencent à apparaître".

Téhéran avait exigé l'arrêt des hostilités au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin.

Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril.

"Les Iraniens veulent établir un lien entre les deux dossiers, tandis que nous souhaitons les dissocier", relève Orna Mizrahi.

"Chaque fois qu'ils en auront l'occasion, ils (les Iraniens) chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise", ajoute cette chercheuse spécialiste du Liban à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv. Même si Téhéran a actuellement d'autres priorités, notamment le contrôle du détroit d'Ormuz.

Karim Bitar souligne pour sa part que le risque d'une reprise des violences au Liban en raison du contexte régional "n'est bien évidemment pas négligeable".

"Mais je pense que l'Iran aujourd'hui y réfléchira à deux fois avant de demander au Hezbollah de lancer de nouvelles frappes contre Israël", dit-il.

Selon lui, Téhéran "souhaite maintenir le Hezbollah comme instrument de dissuasion à long terme et ne veut pas l'utiliser immédiatement pour ouvrir un nouveau front".


Netanyahu avertit les dirigeants iraniens qu'Israël ripostera en cas d'attaque

Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
Un homme tient une pancarte sur laquelle figurent des photos du guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, aux côtés de l'officier militaire assassiné Qasem Soleimani, alors qu'il assiste à la cérémonie d'adieu organisée en l'honneur de l'équipe nationale iranienne de football avant son départ pour la Coupe du monde de la FIFA 2026, à Téhéran, le 13 mai 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque
  • "Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue"

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti mardi les dirigeants iraniens qu'Israël riposterait en cas d'attaque, alors que les frappes américaines et iraniennes ont repris avec une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu d'avril.

"Je le dis aux dirigeants iraniens : ne comptez pas sur le calme si vous nous attaquez (...), l'époque où l'on pouvait nous frapper sans que nous ripostions de manière décisive est révolue", a déclaré M. Netanyahu lors d'une conférence, selon une vidéo diffusée par son cabinet.


Le Liban et Israël négocient à Rome sur fond de reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis

De la fumée s'élève du site d'une explosion contrôlée par l'armée israélienne dans le village de Kfar Tibnit, vue depuis la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, avec la forteresse de Beaufort visible au loin, le 13 juillet 2026. (AFP)
De la fumée s'élève du site d'une explosion contrôlée par l'armée israélienne dans le village de Kfar Tibnit, vue depuis la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, avec la forteresse de Beaufort visible au loin, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban et Israël reprennent les négociations à Rome, Beyrouth exigeant un retrait israélien de deux zones pilotes avant toute avancée
  • Les analystes estiment qu'une percée est peu probable, les tensions entre Washington et Téhéran risquant de compliquer le processus

BEYROUTH: Le Liban et Israël entament mardi à Rome de nouvelles négociations sous l’égide des États-Unis, sur fond de reprise des hostilités dans la région entre Washington et Téhéran qui pourrait les impacter selon des analystes.

Les deux pays, en état de guerre depuis des décennies, avaient conclu le 26 juin un accord-cadre en vue d'une "paix durable", à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington.

Mais le Hezbollah, armé et financé par Téhéran, rejette cet accord dont l'application doit commencer par le retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud du Liban.

"La délégation libanaise a reçu comme instruction de réclamer le début immédiat du retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes avant toute autre discussion", a annoncé lundi soir la présidence libanaise.

Selon une source diplomatique libanaise informée de la teneur des négociations, "l'armée libanaise est prête à prendre progressivement le contrôle des localités dont l'armée israélienne se retirerait".

"Israël est disposé à se retirer progressivement, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise dispose des capacités nécessaires pour maintenir ces secteurs démilitarisés et empêcher tout retour du mouvement", explique l'analyste israélienne Orna Mizrahi.

Une délégation militaire américaine a d'ailleurs entamé samedi à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien de l'une de ces "zones pilotes".

- "Chances limitées" -

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée un vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Le mouvement chiite pro-iranien avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël pour soutenir l'Iran.

L'armée israélienne poursuit cependant des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe selon les médias officiels libanais.

Depuis le début de ce conflit, ces frappes israéliennes ont fait depuis plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises. Sur la même période, l'armée israélienne a annoncé la mort de 38 soldats et d'un contractuel civil au Liban.

"Les chances d'une percée à Rome sont assez limitées (..) Ce à quoi nous pourrions assister, c'est plutôt une sorte d'opportunité de montrer que le processus est encore en place (..) qu'il y a des négociations qui perdurent malgré les oppositions et les obstacles qui commencent à apparaître", estime Karim Bitar, enseignant à Sciences Po Paris.

Téhéran avait exigé le cessez-le-feu au Liban pour conclure un protocole d'accord avec Washington le 17 juin.

Mais ce texte semble avoir volé en éclats après des frappes américaines et iraniennes au Moyen-Orient d'une ampleur inédite depuis la mise en place d'un cessez-le-feu début avril. Dans la nuit de lundi à mardi, les Etats-Unis ont mené pour la troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens.

"Les Iraniens veulent établir un lien entre les deux dossiers, tandis que nous souhaitons les dissocier", affirme Orna Mizrahi.

"Chaque fois qu'ils en auront l'occasion, ils (les Iraniens) chercheront à faire échouer ce qui se passe sur la scène libanaise", ajoute cette chercheuse spécialiste du Liban à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de Tel-Aviv. Mais l'analyste israélienne estime que les priorités de Téhéran aujourd'hui sont le détroit d'Ormuz et le dossier nucléaire.

Karim Bitar affirme pour sa part, que le risque d'une reprise des violences au Liban en raison du contexte régional "n'est bien évidemment pas négligeable".

"Mais je pense que l'Iran aujourd'hui y réfléchira à deux fois avant de demander au Hezbollah de lancer de nouvelles frappes contre Israël", dit-il.

Selon lui, Téhéran "souhaite maintenir le Hezbollah comme instrument de dissuasion à long terme et ne veut pas l'utiliser immédiatement pour ouvrir un nouveau front".