Remaniement: Beaucoup d'attente, beaucoup de questions

Emmanuel Macron et le ministre français de la Défense Sébastien Lecornu à l'Hôtel des Invalides à Paris, le 5 janvier 2024 (Photo, AFP).
Emmanuel Macron et le ministre français de la Défense Sébastien Lecornu à l'Hôtel des Invalides à Paris, le 5 janvier 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 06 janvier 2024

Remaniement: Beaucoup d'attente, beaucoup de questions

  • Les rumeurs mettent les nerfs à rude épreuve : Elisabeth Borne sera-t-elle ou non confortée à Matignon ?
  • Le nom du discret ministre de la Défense Sébastien Lecornu, un proche d'Emmanuel Macron venu de la droite, circule beaucoup

PARIS: Les ministres d'Emmanuel Macron se sont retrouvés vendredi pour l'hommage à Jacques Delors sans réussir à percer les intentions du chef de l'Etat en vue d'un remaniement gouvernemental potentiellement d'envergure mais qui devrait attendre le début de la semaine prochaine.

En attendant, les rumeurs mettent les nerfs à rude épreuve: Elisabeth Borne est donnée par beaucoup partante de Matignon, mais qui pourrait la remplacer? Et quels autres changements, après la fronde de l'aile gauche sur l'immigration? A quel horizon?

La Première ministre continue comme si de rien n'était, enchaîne les déplacements mais a pris soin de réduire son exposition médiatique.

Quels prétendants pour Matignon ?

Le nom du discret ministre de la Défense Sébastien Lecornu, un proche d'Emmanuel Macron venu de la droite, circule beaucoup, même si l'hypothèse déplaît à certains alliés du président, dont le centriste François Bayrou.

Est aussi cité un macroniste de la première heure: Julien Denormandie, 43 ans, déjà trois fois au gouvernement pendant le premier quinquennat - au Logement et à l'Agriculture.

Le nom d'un autre fidèle, Richard Ferrand, 61 ans, ex-président de l'Assemblée nationale, a aussi circulé. "Le président, comme bon nombre de macronistes, ont envisagé son retour à la politique. Mais celui-ci a montré peu d’entrain, en invoquant notamment sa défaite aux législatives en 2022", a fait savoir son entourage.

L'objectif est en tout cas de trouver un Premier ministre "capable de réunir la majorité", fracturée par la loi sur l'immigration, et "capable de trouver des alliances" dans le contexte de la majorité relative à l'Assemblée, résume un cacique.

Autre hypothèse avancée, Bruno Le Maire, ministre de l'Economie depuis six ans, qui plaide comme Emmanuel Macron pour davantage de réformes. Mais "quels seront alors ses rapports avec le président", qui s'en méfie, se demande le même élu.

Quant à l'option d'un maintien d'Elisabeth Borne, elle n'est pas totalement écartée.

Quels entrants ou sortants possibles ?

Au premier rang des ministres donnés sortants figure Agnès Firmin Le Bodo. Elle remplace à la Santé, par intérim, Aurélien Rousseau, qui a démissionné en raison de ses désaccords sur la loi immigration. Mais elle est visée par une enquête pour avoir reçu des cadeaux du laboratoire Urgo.

Ce portefeuille, prioritaire pour l'exécutif, a été évoqué lors du déjeuner hebdomadaire entre Elisabeth Borne et Emmanuel Macron mercredi.

Reste à savoir à quelle sauce seront mangés les autres ministres qui avaient exprimé leur malaise après le vote du texte, sans quitter le gouvernement, comme Clément Beaune (Transports), Sylvie Retailleau (Enseignement supérieur) ou Patrice Vergriete (Logement) .

Clément Beaune, qui a assuré dans Le Parisien avoir "encore des combats à mener" et être prêt à "servir", est "hors jeu", avance une source ministérielle.

Le sort de Rima Abdul Malak (Culture), que le président avait contredit publiquement sur Gérard Depardieu, est-il aussi scellé?

L'avenir de Catherine Colonna (Affaires étrangères), que Sébastien Lecornu avait semblé presque remplacer sur le plan diplomatique au Proche-Orient, est également incertain. Pour la remplacer, certains glissent que le ministre de l'Intérieur Gérard Darmanin se verrait bien au Quai d'Orsay, tandis que circule aussi le nom de Stéphane Séjourné, eurodéputé et président du parti présidentiel Renaissance.

Quant à Olivier Dussopt (Travail), qui attend le 17 janvier le jugement dans son procès pour favoritisme, il pourrait être remplacé au Travail.

Parmi les entrants, le nom de la députée Maud Bregeon, une proche de Gérald Darmanin, est aussi avancé. Elle avait été écartée à la dernière minute du poste de porte-parole du précédent gouvernement.

Quels contours ?

Emmanuel Macron "a envie de changer des têtes, beaucoup", glisse un ministre, tandis qu'un autre, qui s'est entretenu avec le président, prédit  "beaucoup de sortants".

Et, à chaque remaniement, revient l'idée d'un gouvernement resserré, avec par exemple un grand ministère de l'Education nationale qui comprendrait l'Enseignement supérieur.

Quel calendrier ?

"Ça va aller vite", assurait à la mi-journée un ministre, alors que certains s'attendaient à ce que ça bouge dès vendredi. Mais dans la soirée, plusieurs sources proches du chef de l'Etat ont temporisé. L'annonce sur le maintien d'Elisabeth Borne ou la nomination d'un nouveau titulaire à Matignon ne devrait pas tomber avant  dimanche soir voire lundi matin, avec un gouvernement qui verrait le jour dans les jours suivants, à temps pour le Conseil des ministres de rentrée mercredi.

"Mais tout est possible", nuance un familier du palais.


Au cœur du centre de crise du Quai d’Orsay: rapatrier mais également écouter et rassurer

Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable. (Arlette Khouri)
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  • Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés
  • Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités

PARIS: Depuis les frappes israélo-américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la situation militaire au Moyen-Orient s’est fortement tendue. Cette crise représente un défi majeur pour la France, qui doit protéger et rapatrier ses ressortissants dans une région devenue instable.

Le Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, dirigé par l’ambassadeur Louis L’alliot, a été immédiatement mobilisé. Ses équipes travaillent jour et nuit pour répondre aux appels des Français, organiser des évacuations et coordonner les actions diplomatiques et humanitaires.

Environ 400 000 Français vivent au Moyen-Orient, auxquels s’ajoutent de nombreux touristes. La fermeture des espaces aériens rend les départs très difficiles. Une plateforme téléphonique composée d’environ 30 répondants, dont une majorité de bénévoles de la Croix-Rouge, traite les appels de personnes inquiètes ou bloquées. Au total, plus de 50 agents peuvent répondre simultanément grâce à plusieurs centres d’appel.

Depuis le début de la crise, près de 15 000 appels ont été enregistrés. Chaque appel permet de créer un dossier pour identifier la situation des personnes et déterminer les priorités. Les personnes vulnérables (personnes âgées, malades, familles avec jeunes enfants) sont prioritaires pour les vols spéciaux affrétés par l’État, dont le coût est en partie pris en charge.

Jusqu’à présent, plus de 1 500 personnes ont été rapatriées par ces vols, tandis qu’environ 17 000 Français ont quitté la région par leurs propres moyens.

Le centre fonctionne grâce à plusieurs pôles spécialisés : gestion des ressources humaines, relations internationales, soutien médical, organisation des vols et le « pôle communauté » chargé de contacter les ressortissants prioritaires.

Les bénévoles de la Croix-Rouge jouent également un rôle important en apportant écoute et soutien psychologique aux appelants souvent stressés ou inquiets.

Créé en 2008, le Centre de crise et de soutien est aujourd’hui un outil essentiel de la diplomatie française, capable d’activer une cellule de crise en moins d’une heure et de fonctionner 24h/24 lors de situations internationales majeures.


Municipales en France: percée de la gauche radicale, l'extrême droite s'installe

Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
Sarah Knafo (au centre), candidate d'extrême droite du parti Reconquete! à la mairie de Paris, se promène parmi ses partisans et les représentants des médias après l'annonce des résultats du premier tour des élections municipales de 2026 à Paris, le 15 mars 2026. (AFP)
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  • Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au 2e tour
  • A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS)

PARIS: Au lendemain d'élections locales en France marquées par la percée de la gauche radicale et des scores favorables à l'extrême droite, des alliances délicates ont commencé à se nouer à gauche lundi en vue du second tour dimanche.

Les résultats ont placé en effet dimanche soir les forces politiques, et notamment la gauche, face à de nombreux dilemmes à treize mois de la prochaine présidentielle. Le scrutin a été marqué par une progression de l'abstention.

Tard dans la nuit dimanche, les tractations ont commencé partout où de possibles triangulaires, quadran, quinquan, voire sextangulaires sont théoriquement possibles, puisqu'il suffit qu'une liste ait obtenu 10% pour qu'elle puisse se maintenir au second tour.

A Toulouse (sud), 4e ville de France, où La France insoumise (LFI), le parti de gauche radicale dirigé par Jean-Luc Mélenchon, est arrivé à la surprise générale devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste (PS), une "liste commune" a été annoncée dès lundi matin.

A Lille (nord), les discussions ont débuté entre les trois forces de gauche arrivées en tête, socialistes et insoumis cherchant une alliance avec les Écologistes.

A Besançon (est), la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat Les Républicains (LR, droite), a annoncé son ralliement à LFI pour "battre la droite".

A Lyon (centre-est) également, la candidate LFI espère une fusion avec la liste de l'écologiste sortant Grégory Doucet contre le candidat de droite Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'Olympique lyonnais.

Mais à Paris et Marseille, 2e ville de France, les négociations s'annoncent plus ardues après des campagnes extrêment tendues entre PS et LFI.

A Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati, ex-ministre de la Culture, d'au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la capitale.

Mais la candidate Insoumise Sophia Chikirou, qui a passé le cap des 10%, risque de lui mettre des bâtons dans les roues.

Faute de fusion, elle se maintiendra, a-t-elle assuré. Le socialiste a toujours exclu la moindre alliance avec LFI.

"Tradition à gauche" 

En face, le candidat centriste Pierre-Yves Bournazel va lui aussi devoir décider s'il répond à l'appel au "rassemblement" lancé par Rachida Dati.

Pour la gauche, la situation est plus complexe encore à Marseille, où le sortant Benoît Payan est au coude-à-coude avec Franck Allisio (Rassemblement national, RN).

M. Payan a affirmé qu'il n'était "pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit". Une position jugée "irresponsable" par le LFI Sébastien Delogu, lui aussi qualifié.

Les choix pour le second tour du 22 mars devront être tranchés au plus tard mardi soir, date-butoir pour les têtes de liste ayant obtenu plus de 10% des voix dimanche qui devront dire si elles se maintiennent, fusionnent ou se désistent.

Lundi matin, les stratèges des partis ont développé leurs argumentaires.

Répétant qu'il n'y aurait pas d'"accord national", le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a demandé "solennellement" à LFI de se retirer à Marseille, tout en évoquant des alliances locales possibles, comme à Nantes (ouest).

Forte de ses bons résultats dans les grandes villes, de sa victoire à Saint-Denis (nord de Paris) et de son score très prometteur à Roubaix (nord), LFI continue de mettre la pression sur le reste de la gauche.

Son coordinateur Manuel Bompard a répété son souhait d'"une fusion entre les différentes listes (de gauche) pour battre la droite et l'extrême droite, comme d'ailleurs c'est la tradition à gauche depuis la nuit des temps".

A rebours, l'ancien président François Hollande ou le très probable candidat Place publique (gauche) à la présidentielle Raphaël Glucksmann semblent prêts à prendre le risque de voir des villes basculer à droite plutôt que de passer un accord avec le parti mélenchoniste.

Défendant le principe d'alliances locales, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a, pour sa part, estimé que refuser tout accord avec LFI "a un coût pour les habitants (des) villes qui avaient besoin de politiques de gauche et écolos".

De son côté, le RN, qui revendique 24 communes remportées et est en tête dans 60 autres, selon son vice-président Sébastien Chenu, a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.

Le RN, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, a vu plusieurs maires sortants être réélus comme Louis Aliot à Perpignan (sud).

A Nice (sud), son allié Eric Ciotti est très bien parti dans sa lutte fratricide contre Christian Estrosi, symbole d'un score en demi-teinte du bloc macroniste.

Seul l'ex-Premier ministre Édouard Philippe lui redonne quelques couleurs, avec une dizaine de points d'avance sur son concurrent communiste au Havre (nord-ouest).

 


Macron appelle Israël à des "discussions directes" avec le Liban, propose de les accueillir à Paris

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
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  • Emmanuel Macron appelle Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, se proposant de faciliter ces rencontres à Paris
  • Il exhorte le Hezbollah à stopper ses actions et Israël à renoncer à une offensive majeure afin d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements

PARIS: Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".

"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements", a déclaré le président français sur X, rapportant s'être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président du Parlement libanais Nabih Berri.