Comment l'Arabie saoudite devient une destination touristique de choix pour une escapade hivernale

La ville historique d'AlUla, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est devenue un lieu populaire pour les concerts et les expositions, notamment le festival Azimuth. (Photo, MDLBEAST)
La ville historique d'AlUla, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est devenue un lieu populaire pour les concerts et les expositions, notamment le festival Azimuth. (Photo, MDLBEAST)
Un ensemble musical international se produit lors du Festival international des arts de la montagne de Qeman à Abha. (Photo, Huda Bashatah/Arab News)
Un ensemble musical international se produit lors du Festival international des arts de la montagne de Qeman à Abha. (Photo, Huda Bashatah/Arab News)
L'E-Prix Ad Diriyah 2023 a vu 11 équipes et 22 pilotes s'élancer sur la grille de course pour la cinquième fois dans le Royaume depuis que le prince héritier Mohammed ben Salmane a inauguré l'événement en décembre 2018. (Photo, AN/ Abderrahmane Shalhoub)
L'E-Prix Ad Diriyah 2023 a vu 11 équipes et 22 pilotes s'élancer sur la grille de course pour la cinquième fois dans le Royaume depuis que le prince héritier Mohammed ben Salmane a inauguré l'événement en décembre 2018. (Photo, AN/ Abderrahmane Shalhoub)
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Publié le Samedi 06 janvier 2024

Comment l'Arabie saoudite devient une destination touristique de choix pour une escapade hivernale

  • Avec un programme chargé d'événements cette saison, l’Arabie saoudite de plus en plus un centre majeur de loisirs et de divertissement
  • De l'E-Prix d’Ad Diriyah à la Coupe Saoudienne en passant par les concerts d'AlUla et les nouvelles stations balnéaires de la mer Rouge, l'Arabie saoudite est l'endroit idéal pour passer l'hiver

RIYAD: Lorsque l'on pense aux destinations de vacances d'hiver, le Royaume d'Arabie saoudite est rarement le premier endroit qui vient à l'esprit. Mais avec un programme chargé d'événements prévus dans le calendrier du tourisme et du divertissement cette saison, il semble que cela soit en train de changer.

L'Autorité saoudienne du tourisme organise 17 000 événements inédits, faisant du Royaume l'une des destinations hivernales les plus animées au monde. De «L'hiver à Tantora» à AlUla aux festivals folkloriques, l'Arabie saoudite s'impose rapidement comme une destination favorite improbable.

Il y a quelques années encore, les pique-niques sur la corniche ou les rassemblements dans le désert constituaient le summum des divertissements hivernaux en Arabie saoudite. Cet hiver, cependant, les voyageurs arrivent des quatre coins du monde, attirés par l'étendue des activités proposées.

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Il y a quelques années encore, les rassemblements dans le désert constituaient le summum des divertissements hivernaux en Arabie saoudite. (Photo, SPA)

«Le tourisme en Arabie saoudite ne cesse de se renforcer, jouant un rôle essentiel dans la diversification de notre économie grâce à la création de nombreuses opportunités d'emploi et au soutien du secteur privé», a déclaré à Arab News, Abdellah al-Dakhil, porte-parole et directeur de la communication de l'Autorité saoudienne du tourisme.

«Nous progressons rapidement vers nos objectifs de la Vision 2030, avec le soutien de l'écosystème du tourisme, et visons désormais 150 millions de visites d'ici 2030», a-t-il signalé.

L'année passée a été marquée par plusieurs réalisations notables. La Banque centrale saoudienne a récemment indiqué que les dépenses des visiteurs ont dépassé les 100 milliards de riyals (1 riyal saoudien = 0,24 euro) au cours des trois premiers trimestres de 2023.

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Pour sa troisième édition, qui s'est déroulée jusqu'au 16 décembre 2023, Noor Riyadh − le plus grand festival d'art lumineux au monde − a encore attiré les foules. (Photo, RCRC)

En outre, l'Organisation mondiale du tourisme des Nations unies a reconnu l’Arabie saoudite comme la deuxième destination touristique à la croissance la plus rapide au monde pour le premier trimestre de l'année dernière.

Le nombre de touristes en Arabie saoudite a augmenté de 142% au cours du premier semestre 2023, avec 14,2 millions de visiteurs se rendant dans le Royaume et une augmentation de 132% des dépenses des voyageurs entrants au cours de la même période, enregistrées à 86,9 milliards de riyals. 

La stratégie nationale du tourisme saoudien avait initialement fixé un objectif de 100 millions de touristes par an d'ici 2030. Cependant, Ahmed al-Khateeb, le ministre saoudien du Tourisme, a annoncé en octobre que cette ambition avait été revue à la hausse pour atteindre 150 millions.

Au cours des sept premiers mois de 2023, l'Arabie saoudite a accueilli 17 millions de visiteurs internationaux, l'objectif étant d'en accueillir 30 millions d'ici la fin de l'année.

Il s'agit d'un bond en avant considérable, étant donné qu'il n'y a eu que 4,14 millions de touristes entrants en 2020, d'après le ministère du Tourisme. À titre de comparaison, la France, pays le plus visité au monde, a reçu environ 117 millions de visiteurs entrants en 2020.

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Le quartier d’At Turaif à Ad Diriyah, Riyad, est l'un des sept sites du Royaume inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. (Photo, DGDA)

«L'Autorité saoudienne du tourisme s'est engagée à favoriser la croissance en collaboration avec ses partenaires, en mettant en valeur les attractions uniques et variées de l'Arabie saoudite, notamment notre saison hivernale dynamique avec un éventail d'activités pour les familles, et nos sept sites du patrimoine mondial de l'UNESCO, comme le site archéologique de Hegra à AlUla, le Jeddah historique et le quartier d’At Turaif à Ad Diriyah», a déclaré Al-Dakhil.

«À l'horizon 2024, l'Arabie saoudite deviendra plus accessible grâce à de nouvelles liaisons aériennes, des hôtels supplémentaires et un système de visa électronique amélioré. Nous sommes ravis d'accueillir de nouveaux visiteurs du monde entier», a-t-il précisé.

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Une vue générale du peloton lors du 3e Tour saoudien 2023 − Étape 5, une étape de 142,9 km entre la vieille ville d'AlUla et Maraya, le 3 février 2023. (Photo, Getty Images)

Des célébrités, telles que Will Smith, Johnny Depp, Sofia Vergara, Alicia Keys et Andrew Garfield, ont déjà visité l’Arabie saoudite.

Le quartier d’Al-Balad, à Djeddah, a toujours été une destination historique attrayante. Aujourd'hui, un nouveau calendrier d'événements culturels a relancé l'intérêt. Dans les prochains mois, il accueillera l'initiative Balad Al-Fann et les Voix d'Al-Balad.

À Riyad, le Diriyah E-Prix aura lieu à la fin du mois de janvier, suivi de la Coupe Saoudienne – l'événement équestre le plus prisé du Royaume – le 04 février.  

Riyad accueille également le premier château Disney du Moyen-Orient, avec cinq zones et des spectacles musicaux en direct, un plateau de Monopoly immersif grandeur nature, des jeux de réalité virtuelle à Metaworld, une expérience unique pour les fans de football au CR7 Signature Museum, et une fusion d'art et de cuisine à Layali Diriyah.

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La Coupe saoudienne 2023 a attiré plus de 1 400 inscriptions, avec des chevaux de 22 pays participant à l'hippodrome King Abdulaziz à Riyadh les 24 et 25 février. (Photo fournie)

Sur la côte de la mer Rouge, l'ouverture du nouvel aéroport international du Royaume en septembre a entraîné une vague de réservations dans les nouveaux complexes hôteliers St. Regis Red Sea Resort, Nujuma Ritz Carlton Reserve et Six Senses Southern Dunes.

Dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, les retraites relaxantes et les festivals de musique d'AlUla ont déjà consolidé son statut de destination incontournable tout au long de l'année, mais le festival des arts d'AlUla, en février, constituera un attrait particulier.

Les visiteurs peuvent également se détendre sous un ciel nocturne captivant jusqu'au 9 mars en observant les étoiles à Gharameel ou rechercher des sensations fortes dans une montgolfière avec des vues inoubliables de la région lors du festival AlUla Skies, du 10 au 17 avril.

AlUla, qui figure sur la liste des «sept merveilles du monde pour 2023» établie par Conde Nast Traveler, possède certains des plus anciens monuments historiques du royaume, notamment Jabal AlFil, Hegra, ainsi que Dadan et Lihyan.

Les visiteurs peuvent également vivre une expérience musicale unique dans l'impressionnante salle de concert Maraya d'AlUla, un édifice recouvert de 9 740 miroirs, ce qui lui permet de se fondre parfaitement dans le paysage environnant, ou se promener dans la vieille ville d'AlUla, qui a été ravivée et qui contient encore des vestiges des bâtiments originaux en pierre et en brique crue.

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Les anciennes civilisations d'AlUla, placées au carrefour des échanges commerciaux, communiquaient avec diverses cultures, dont beaucoup étaient fortement influencées par l'astronomie. (Photo, Instagram/experiencealula)

L’Arabie saoudite n'a pas toujours regorgé d'autant d'options de divertissement. Depuis la création de l'Autorité saoudienne du tourisme en 2020, le Royaume a connu une formidable transformation, contribuant à la reprise du tourisme dans la région après la pandémie.

Les arrivées de touristes en Arabie saoudite ont presque atteint les niveaux d'avant la pandémie au premier trimestre 2023, selon un rapport de HSBC Global Research.

Auparavant, le tourisme étranger en Arabie saoudite était limité aux voyages organisés et aux pèlerins. C'était jusqu'à ce que le Royaume ouvre ses portes au tourisme de loisirs en 2019 avec l'introduction d'un nouveau visa électronique. Depuis, l'industrie est devenue l'un de ses principaux moteurs économiques.

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Une vue générale de l'oasis d'AlUla. (Photo, RCA)

«Dans les années 1920, le monde venait en Arabie saoudite pour le pétrole, mais dans les années 2020, nous nous attendons à ce que les gens du monde entier viennent pour le tourisme. C'est pourquoi nous disons que le tourisme est le nouveau pétrole», a déclaré Fahd Hamidaddin, PDG de l'Autorité saoudienne du tourisme, dans une récente interview accordée à The National.

Ses progrès ne sont pas passés inaperçus. L'Arabie saoudite a été considérée comme un pays qui change la donne dans l'annuaire World Travel Market 2023.

L'année dernière, l'Arabie saoudite a été l'hôte officiel de la Journée mondiale du tourisme, une journée internationale instituée par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) pour célébrer le pouvoir du secteur dans le rapprochement des cultures.

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Des artistes de différentes nations ont contribué à animer le Festival international des arts de la montagne de Qeman, l'année dernière à Abha. (Photo, SPA)

Et il reste encore plusieurs projets à réaliser qui continueront à révolutionner le secteur de l'événementiel, du divertissement et du tourisme.

Sindalah, l'île de rêve saoudienne, deviendra une destination mondiale pour les yachts, tandis que le mégaprojet NEOM a dévoilé Norlana, une communauté ultra-moderne de style de vie actif dans le nord-ouest du Royaume.

La première station de ski du Royaume à Trojena, qui accueillera le premier événement sportif hivernal organisé dans un pays arabe, est également à l'ordre du jour.

L'Arabie saoudite a également remporté l'organisation de la Coupe d'Asie de l'AFC en 2027 et celle de l'Exposition universelle de 2030. Tous les regards se tournent désormais vers le Royaume pour savoir s'il réussira le tour de force de remporter l'organisation de la Coupe du monde de football de 2034.

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La Saison 2023 de Djeddah, qui s'est déroulée pendant 60 jours à partir du mois de mai, a établi un nouveau record de fréquentation avec plus de 6 millions de personnes - le chiffre le plus élevé de sa courte histoire. (Photo, SPA)

«En quelques années seulement, l'Arabie saoudite est rapidement devenue la nouvelle destination la plus excitante au monde, offrant les plus grandes opportunités touristiques actuelles», a indiqué Hamidaddin lors d'une récente interview accordée à WTM.

Ce développement rapide est le fruit d’innombrables efforts déployés par le gouvernement saoudien pour développer les secteurs des loisirs, du divertissement et du tourisme et pour transformer le Royaume en une plaque tournante mondiale pour les visiteurs.

S'appuyant sur le visa électronique de 2019, qui a permis à 63 nationalités de visiter la région, le visa pour les résidents du Conseil de coopération du Golfe a été annoncé en 2022, suivi par le visa d'escale en 2023, qui accorde un séjour gratuit d'une nuit à l'hôtel lorsque la réservation est effectuée auprès du transporteur national, la SAUDIA.

En 2024, un visa pour l'ensemble du CCG pourrait être mis en place, permettant aux touristes de se rendre à Bahreïn, au Koweït, à Oman, au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis avec le même visa.

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Lionel Messi, légende du football argentin, lors d'une visite avec sa famille à Riyad en mai 2023. (Photo / Archives)

L'année dernière a également vu le lancement de la campagne «Rethink Summer» et le retour de l'ambassadeur saoudien du tourisme, Lionel Messi, accompagné de sa famille.

Elle a également vu se développer des collaborations avec des entités internationales, une exposition itinérante de l'Autorité saoudienne du tourisme en Inde, la signature d'un protocole d'accord avec le groupe Trip.com et l'organisation d'une exposition culturelle saoudienne de deux semaines à Paris.

L'Arabie saoudite est actuellement le premier investisseur mondial dans le secteur du tourisme, avec des investissements qui devraient atteindre 800 milliards de dollars américains (1 dollar américain = 0,91 euro) d'ici à 2030. Un montant supplémentaire de 550 milliards de dollars sera consacré au développement des destinations touristiques.

Alors que les voyageurs étudient les options qui s'offrent à eux pour une escapade hivernale de dernière minute, ils seront sans doute nombreux à choisir l'Arabie saoudite.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.