Comment l'Arabie saoudite devient une destination touristique de choix pour une escapade hivernale

La ville historique d'AlUla, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est devenue un lieu populaire pour les concerts et les expositions, notamment le festival Azimuth. (Photo, MDLBEAST)
La ville historique d'AlUla, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite, est devenue un lieu populaire pour les concerts et les expositions, notamment le festival Azimuth. (Photo, MDLBEAST)
Un ensemble musical international se produit lors du Festival international des arts de la montagne de Qeman à Abha. (Photo, Huda Bashatah/Arab News)
Un ensemble musical international se produit lors du Festival international des arts de la montagne de Qeman à Abha. (Photo, Huda Bashatah/Arab News)
L'E-Prix Ad Diriyah 2023 a vu 11 équipes et 22 pilotes s'élancer sur la grille de course pour la cinquième fois dans le Royaume depuis que le prince héritier Mohammed ben Salmane a inauguré l'événement en décembre 2018. (Photo, AN/ Abderrahmane Shalhoub)
L'E-Prix Ad Diriyah 2023 a vu 11 équipes et 22 pilotes s'élancer sur la grille de course pour la cinquième fois dans le Royaume depuis que le prince héritier Mohammed ben Salmane a inauguré l'événement en décembre 2018. (Photo, AN/ Abderrahmane Shalhoub)
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Publié le Samedi 06 janvier 2024

Comment l'Arabie saoudite devient une destination touristique de choix pour une escapade hivernale

  • Avec un programme chargé d'événements cette saison, l’Arabie saoudite de plus en plus un centre majeur de loisirs et de divertissement
  • De l'E-Prix d’Ad Diriyah à la Coupe Saoudienne en passant par les concerts d'AlUla et les nouvelles stations balnéaires de la mer Rouge, l'Arabie saoudite est l'endroit idéal pour passer l'hiver

RIYAD: Lorsque l'on pense aux destinations de vacances d'hiver, le Royaume d'Arabie saoudite est rarement le premier endroit qui vient à l'esprit. Mais avec un programme chargé d'événements prévus dans le calendrier du tourisme et du divertissement cette saison, il semble que cela soit en train de changer.

L'Autorité saoudienne du tourisme organise 17 000 événements inédits, faisant du Royaume l'une des destinations hivernales les plus animées au monde. De «L'hiver à Tantora» à AlUla aux festivals folkloriques, l'Arabie saoudite s'impose rapidement comme une destination favorite improbable.

Il y a quelques années encore, les pique-niques sur la corniche ou les rassemblements dans le désert constituaient le summum des divertissements hivernaux en Arabie saoudite. Cet hiver, cependant, les voyageurs arrivent des quatre coins du monde, attirés par l'étendue des activités proposées.

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Il y a quelques années encore, les rassemblements dans le désert constituaient le summum des divertissements hivernaux en Arabie saoudite. (Photo, SPA)

«Le tourisme en Arabie saoudite ne cesse de se renforcer, jouant un rôle essentiel dans la diversification de notre économie grâce à la création de nombreuses opportunités d'emploi et au soutien du secteur privé», a déclaré à Arab News, Abdellah al-Dakhil, porte-parole et directeur de la communication de l'Autorité saoudienne du tourisme.

«Nous progressons rapidement vers nos objectifs de la Vision 2030, avec le soutien de l'écosystème du tourisme, et visons désormais 150 millions de visites d'ici 2030», a-t-il signalé.

L'année passée a été marquée par plusieurs réalisations notables. La Banque centrale saoudienne a récemment indiqué que les dépenses des visiteurs ont dépassé les 100 milliards de riyals (1 riyal saoudien = 0,24 euro) au cours des trois premiers trimestres de 2023.

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Pour sa troisième édition, qui s'est déroulée jusqu'au 16 décembre 2023, Noor Riyadh − le plus grand festival d'art lumineux au monde − a encore attiré les foules. (Photo, RCRC)

En outre, l'Organisation mondiale du tourisme des Nations unies a reconnu l’Arabie saoudite comme la deuxième destination touristique à la croissance la plus rapide au monde pour le premier trimestre de l'année dernière.

Le nombre de touristes en Arabie saoudite a augmenté de 142% au cours du premier semestre 2023, avec 14,2 millions de visiteurs se rendant dans le Royaume et une augmentation de 132% des dépenses des voyageurs entrants au cours de la même période, enregistrées à 86,9 milliards de riyals. 

La stratégie nationale du tourisme saoudien avait initialement fixé un objectif de 100 millions de touristes par an d'ici 2030. Cependant, Ahmed al-Khateeb, le ministre saoudien du Tourisme, a annoncé en octobre que cette ambition avait été revue à la hausse pour atteindre 150 millions.

Au cours des sept premiers mois de 2023, l'Arabie saoudite a accueilli 17 millions de visiteurs internationaux, l'objectif étant d'en accueillir 30 millions d'ici la fin de l'année.

Il s'agit d'un bond en avant considérable, étant donné qu'il n'y a eu que 4,14 millions de touristes entrants en 2020, d'après le ministère du Tourisme. À titre de comparaison, la France, pays le plus visité au monde, a reçu environ 117 millions de visiteurs entrants en 2020.

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Le quartier d’At Turaif à Ad Diriyah, Riyad, est l'un des sept sites du Royaume inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. (Photo, DGDA)

«L'Autorité saoudienne du tourisme s'est engagée à favoriser la croissance en collaboration avec ses partenaires, en mettant en valeur les attractions uniques et variées de l'Arabie saoudite, notamment notre saison hivernale dynamique avec un éventail d'activités pour les familles, et nos sept sites du patrimoine mondial de l'UNESCO, comme le site archéologique de Hegra à AlUla, le Jeddah historique et le quartier d’At Turaif à Ad Diriyah», a déclaré Al-Dakhil.

«À l'horizon 2024, l'Arabie saoudite deviendra plus accessible grâce à de nouvelles liaisons aériennes, des hôtels supplémentaires et un système de visa électronique amélioré. Nous sommes ravis d'accueillir de nouveaux visiteurs du monde entier», a-t-il précisé.

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Une vue générale du peloton lors du 3e Tour saoudien 2023 − Étape 5, une étape de 142,9 km entre la vieille ville d'AlUla et Maraya, le 3 février 2023. (Photo, Getty Images)

Des célébrités, telles que Will Smith, Johnny Depp, Sofia Vergara, Alicia Keys et Andrew Garfield, ont déjà visité l’Arabie saoudite.

Le quartier d’Al-Balad, à Djeddah, a toujours été une destination historique attrayante. Aujourd'hui, un nouveau calendrier d'événements culturels a relancé l'intérêt. Dans les prochains mois, il accueillera l'initiative Balad Al-Fann et les Voix d'Al-Balad.

À Riyad, le Diriyah E-Prix aura lieu à la fin du mois de janvier, suivi de la Coupe Saoudienne – l'événement équestre le plus prisé du Royaume – le 04 février.  

Riyad accueille également le premier château Disney du Moyen-Orient, avec cinq zones et des spectacles musicaux en direct, un plateau de Monopoly immersif grandeur nature, des jeux de réalité virtuelle à Metaworld, une expérience unique pour les fans de football au CR7 Signature Museum, et une fusion d'art et de cuisine à Layali Diriyah.

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La Coupe saoudienne 2023 a attiré plus de 1 400 inscriptions, avec des chevaux de 22 pays participant à l'hippodrome King Abdulaziz à Riyadh les 24 et 25 février. (Photo fournie)

Sur la côte de la mer Rouge, l'ouverture du nouvel aéroport international du Royaume en septembre a entraîné une vague de réservations dans les nouveaux complexes hôteliers St. Regis Red Sea Resort, Nujuma Ritz Carlton Reserve et Six Senses Southern Dunes.

Dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, les retraites relaxantes et les festivals de musique d'AlUla ont déjà consolidé son statut de destination incontournable tout au long de l'année, mais le festival des arts d'AlUla, en février, constituera un attrait particulier.

Les visiteurs peuvent également se détendre sous un ciel nocturne captivant jusqu'au 9 mars en observant les étoiles à Gharameel ou rechercher des sensations fortes dans une montgolfière avec des vues inoubliables de la région lors du festival AlUla Skies, du 10 au 17 avril.

AlUla, qui figure sur la liste des «sept merveilles du monde pour 2023» établie par Conde Nast Traveler, possède certains des plus anciens monuments historiques du royaume, notamment Jabal AlFil, Hegra, ainsi que Dadan et Lihyan.

Les visiteurs peuvent également vivre une expérience musicale unique dans l'impressionnante salle de concert Maraya d'AlUla, un édifice recouvert de 9 740 miroirs, ce qui lui permet de se fondre parfaitement dans le paysage environnant, ou se promener dans la vieille ville d'AlUla, qui a été ravivée et qui contient encore des vestiges des bâtiments originaux en pierre et en brique crue.

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Les anciennes civilisations d'AlUla, placées au carrefour des échanges commerciaux, communiquaient avec diverses cultures, dont beaucoup étaient fortement influencées par l'astronomie. (Photo, Instagram/experiencealula)

L’Arabie saoudite n'a pas toujours regorgé d'autant d'options de divertissement. Depuis la création de l'Autorité saoudienne du tourisme en 2020, le Royaume a connu une formidable transformation, contribuant à la reprise du tourisme dans la région après la pandémie.

Les arrivées de touristes en Arabie saoudite ont presque atteint les niveaux d'avant la pandémie au premier trimestre 2023, selon un rapport de HSBC Global Research.

Auparavant, le tourisme étranger en Arabie saoudite était limité aux voyages organisés et aux pèlerins. C'était jusqu'à ce que le Royaume ouvre ses portes au tourisme de loisirs en 2019 avec l'introduction d'un nouveau visa électronique. Depuis, l'industrie est devenue l'un de ses principaux moteurs économiques.

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Une vue générale de l'oasis d'AlUla. (Photo, RCA)

«Dans les années 1920, le monde venait en Arabie saoudite pour le pétrole, mais dans les années 2020, nous nous attendons à ce que les gens du monde entier viennent pour le tourisme. C'est pourquoi nous disons que le tourisme est le nouveau pétrole», a déclaré Fahd Hamidaddin, PDG de l'Autorité saoudienne du tourisme, dans une récente interview accordée à The National.

Ses progrès ne sont pas passés inaperçus. L'Arabie saoudite a été considérée comme un pays qui change la donne dans l'annuaire World Travel Market 2023.

L'année dernière, l'Arabie saoudite a été l'hôte officiel de la Journée mondiale du tourisme, une journée internationale instituée par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) pour célébrer le pouvoir du secteur dans le rapprochement des cultures.

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Des artistes de différentes nations ont contribué à animer le Festival international des arts de la montagne de Qeman, l'année dernière à Abha. (Photo, SPA)

Et il reste encore plusieurs projets à réaliser qui continueront à révolutionner le secteur de l'événementiel, du divertissement et du tourisme.

Sindalah, l'île de rêve saoudienne, deviendra une destination mondiale pour les yachts, tandis que le mégaprojet NEOM a dévoilé Norlana, une communauté ultra-moderne de style de vie actif dans le nord-ouest du Royaume.

La première station de ski du Royaume à Trojena, qui accueillera le premier événement sportif hivernal organisé dans un pays arabe, est également à l'ordre du jour.

L'Arabie saoudite a également remporté l'organisation de la Coupe d'Asie de l'AFC en 2027 et celle de l'Exposition universelle de 2030. Tous les regards se tournent désormais vers le Royaume pour savoir s'il réussira le tour de force de remporter l'organisation de la Coupe du monde de football de 2034.

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La Saison 2023 de Djeddah, qui s'est déroulée pendant 60 jours à partir du mois de mai, a établi un nouveau record de fréquentation avec plus de 6 millions de personnes - le chiffre le plus élevé de sa courte histoire. (Photo, SPA)

«En quelques années seulement, l'Arabie saoudite est rapidement devenue la nouvelle destination la plus excitante au monde, offrant les plus grandes opportunités touristiques actuelles», a indiqué Hamidaddin lors d'une récente interview accordée à WTM.

Ce développement rapide est le fruit d’innombrables efforts déployés par le gouvernement saoudien pour développer les secteurs des loisirs, du divertissement et du tourisme et pour transformer le Royaume en une plaque tournante mondiale pour les visiteurs.

S'appuyant sur le visa électronique de 2019, qui a permis à 63 nationalités de visiter la région, le visa pour les résidents du Conseil de coopération du Golfe a été annoncé en 2022, suivi par le visa d'escale en 2023, qui accorde un séjour gratuit d'une nuit à l'hôtel lorsque la réservation est effectuée auprès du transporteur national, la SAUDIA.

En 2024, un visa pour l'ensemble du CCG pourrait être mis en place, permettant aux touristes de se rendre à Bahreïn, au Koweït, à Oman, au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis avec le même visa.

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Lionel Messi, légende du football argentin, lors d'une visite avec sa famille à Riyad en mai 2023. (Photo / Archives)

L'année dernière a également vu le lancement de la campagne «Rethink Summer» et le retour de l'ambassadeur saoudien du tourisme, Lionel Messi, accompagné de sa famille.

Elle a également vu se développer des collaborations avec des entités internationales, une exposition itinérante de l'Autorité saoudienne du tourisme en Inde, la signature d'un protocole d'accord avec le groupe Trip.com et l'organisation d'une exposition culturelle saoudienne de deux semaines à Paris.

L'Arabie saoudite est actuellement le premier investisseur mondial dans le secteur du tourisme, avec des investissements qui devraient atteindre 800 milliards de dollars américains (1 dollar américain = 0,91 euro) d'ici à 2030. Un montant supplémentaire de 550 milliards de dollars sera consacré au développement des destinations touristiques.

Alors que les voyageurs étudient les options qui s'offrent à eux pour une escapade hivernale de dernière minute, ils seront sans doute nombreux à choisir l'Arabie saoudite.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Dans le Kordofan soudanais, une offensive paramilitaire se profile, la ville d'El-Obeid tremble

Après avoir brisé un siège prolongé en février de l'année dernière, l'armée a peiné à empêcher les paramilitaires de réimposer un blocus par le biais de frappes répétées de drones contre la ville, ses infrastructures et la principale route de sortie. (AFP)
Après avoir brisé un siège prolongé en février de l'année dernière, l'armée a peiné à empêcher les paramilitaires de réimposer un blocus par le biais de frappes répétées de drones contre la ville, ses infrastructures et la principale route de sortie. (AFP)
  • El-Obeid est un enjeu majeur dans la guerre qui oppose depuis trois ans l'armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR)
  • La ville d'un demi-million d'habitants accueille environ 100.000 réfugiés, déplacés par la violence ailleurs dans le pays

Al-Ubayyid: Dans un camp de déplacés près d'El-Obeid, dans la région soudanaise du Kordofan, Agsam Hamad brave péniblement la chaleur écrasante pour aller chercher de l'eau trouble dans un puits. Déjà assiégés, les habitants vivent dans la crainte d'un assaut des paramilitaires, qui serait le plus violent à ce jour contre cette grande ville stratégique.

"Nous faisons de longues distances pour cette eau et elle est imbuvable", dit à l'AFP cette femme de 35 ans, mère de sept enfants. "Notre situation est très difficile. Nous avons besoin de nourriture et d'eau" potable.

El-Obeid est un enjeu majeur dans la guerre qui oppose depuis trois ans l'armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

La ville d'un demi-million d'habitants accueille environ 100.000 réfugiés, déplacés par la violence ailleurs dans le pays.

Ces dernières semaines, elle a fait face à des attaques des FSR, les plus intenses jusqu'à présent.

Après avoir brisé un siège prolongé en février de l'année dernière, l'armée a peiné à empêcher les paramilitaires de réimposer un blocus par le biais de frappes répétées de drones contre la ville, ses infrastructures et la principale route de sortie.

De récentes attaques ont frappé la principale centrale électrique et les dépôts de carburant, plongeant des quartiers dans l'obscurité et mettant les pompes à eau hors service.

Les habitants doivent aujourd'hui s'en remettre à des camions-citernes, des puits et quelques points de distribution d'eau, ont-ils expliqué à l'AFP.

"Pouvoir et argent" 

L'ONU a alerté sur un renforcement de la présence des FSR autour de la ville avant un possible assaut terrestre, ce qui fait craindre une répétition des atrocités observées à El-Facher.

Cette ville du Darfour est tombée aux mains des paramilitaires en octobre dernier, lors d'une attaque présentant selon l'ONU les caractéristiques d'un "génocide".

D'après Nohad Eltayeb, de l'ONG basée aux Etats-Unis ACLED, des mouvements de troupes ont été observés au cours du mois passé à environ 60 kilomètres au nord, au sud et à l'ouest d'El-Obeid.

El-Obeid se trouve à un carrefour stratégique reliant des régions du centre et de l'est du Soudan contrôlées par l'armée, dont Khartoum, au Darfour sous contrôle des FSR à l'ouest.

Selon des analystes, sa prise consoliderait le contrôle des FSR sur l'ouest du Soudan et pourrait ouvrir la voie à une avancée vers la capitale.

El-Obeid abrite une division d'infanterie, une base aérienne, un oléoduc stratégique et un important marché de gomme arabique.

" La contrôler, c'est une question de pouvoir, de territoire et d'argent ", affirme l'analyste Kholood Khair.

Les combats et les restrictions ont pratiquement coupé tout accès à la ville, rendant de plus en plus difficile toute couverture indépendante.

De rares images obtenues par l'AFP dans le camp d'Al-Rahmaniyah montrent des femmes épuisées avançant sous un soleil accablant, des jerricans sur la tête après des heures passées à attendre de l'eau à un puits éloigné.

Trop fatigués 

Dans le camp, près de 200 familles s'entassent dans des abris précaires.

Des enfants traînent dans l'étroite zone d'ombre projetée par les huttes . Certains sont trop fatigués pour jouer, d'autres suivent silencieusement leur mère.

" Nous n'avons rien. Ni eau, ni nourriture, ni matelas ", lâche Waseela Mohamed, une grand-mère de 70 ans.

Les livraisons d'aide qui avaient réussi à atteindre le camp il y a plusieurs semaines se sont raréfiées.

" Les organisations humanitaires font ce qu'elles peuvent, mais les besoins sont bien plus importants ", explique un bénévole qui a requis l'anonymat.

A l'intérieur d'El-Obeid, les drones bourdonnent presque en permanence, raconte Adam Hussein - un pseudonyme.

"Nous ne savons pas ce qui se passe vraiment. Tout est en crise. Les civils et les infrastructures sont constamment pris pour cible ", a-t-il confié à l'AFP.

Au moment où il parlait, un drone s'est écrasé tout près, sans faire de victimes.

Alors que le prix de l'eau a doublé, que celui de la nourriture a augmenté jusqu'à 300 % et que les tarifs des transports ont aussi grimpé en flèche, de nombreux habitants sont désormais, de fait, "encerclés ", selon Kholood Khair.

"Boucliers humains" 

Mohamed Refaat, de l'Organisation internationale pour les migrations, a averti que la ville se rapprochait d'un siège total, les civils pouvant bientôt "ne plus être capables de partir ni de revenir".

Sans aide immédiate, les conditions pourraient "en quelques semaines" ressembler à celles observées à El-Facher, où les civils ont survécu en se nourrissant d'aliments pour animaux pendant 18  mois de siège, a-t-il prévenu.

Selon l'ONU, plus de 6. 000 personnes ont été tuées durant les trois premiers jours de sa chute.

Une source gouvernementale a indiqué à l'AFP que l'armée avait tenté de ralentir l'avancée des paramilitaires.

Une source proche des FSR a elle accusé l'armée d'utiliser des civils comme " boucliers humains ", estimant qu'ils devraient être évacués.

Bien que la composition démographique de la ville diffère de celle d'El-Facher, où les violences ont suivi des lignes ethniques, Noha Eltayeb prévient que les civils "pourraient néanmoins être confrontés à des pillages, des violences sexuelles et des attaques contre ceux accusés de soutenir l'armée".


Liban: nouvelles frappes israéliennes, le chef du Parlement enterre déjà l'accord-cadre

Israël a mené dimanche de nouvelles frappes dans le sud du Liban, au surlendemain de la signature par les deux pays d'un accord-cadre visant une "paix durable", dont le chef du Parlement libanais affirme qu'il ne sera pas adopté. (AFP)
Israël a mené dimanche de nouvelles frappes dans le sud du Liban, au surlendemain de la signature par les deux pays d'un accord-cadre visant une "paix durable", dont le chef du Parlement libanais affirme qu'il ne sera pas adopté. (AFP)
  • "Cet accord ne sera pas adopté, et il ne sera pas mis en oeuvre dans sa forme actuelle", a dit Nabih Berri
  • Les bombardements rapportés par l'Agence libanaise d'information ANI (officielle) interviennent alors que la veille déjà, une série de raids israéliens avait fait un mort dans la région

BEYROUTH: Israël a mené dimanche de nouvelles frappes dans le sud du Liban, au surlendemain de la signature par les deux pays d'un accord-cadre visant une "paix durable", dont le chef du Parlement libanais affirme qu'il ne sera pas adopté.

"Cet accord ne sera pas adopté, et il ne sera pas mis en oeuvre dans sa forme actuelle", a dit Nabih Berri, allié du Hezbollah pro-Iran, dans un communiqué diffusé par son parti, le mouvement Amal, dénonçant un "accord de +diktats+, pas un accord qui préserve les droits du Liban".

Les bombardements rapportés par l'Agence libanaise d'information ANI (officielle) interviennent alors que la veille déjà, une série de raids israéliens avait fait un mort dans la région.

Le ministère de la Santé a en outre fait état dimanche de deux blessés après le lancement d'une grenade par "l'ennemi israélien" sur une localité du sud.

Dans un communiqué, le Hezbollah "réaffirme que ce qu'a fait l'ennemi est une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il s'était tenu jusque-là, et qu'il surveille et recense ces violations, se réservant le droit de défendre sa patrie et son peuple".

De son côté, l'armée israélienne a affirmé cibler des combattants du Hezbollah près de ce qu'elle appelle sa "zone de sécurité".

Elle a aussi annoncé la mort d'un soldat lors de combats, portant à 38 ses pertes dans le pays voisin, où elle affronte le mouvement islamiste. L'auteur, un "terroriste du Hezbollah", a ensuite été localisé et "éliminé par les soldats", a précisé l'armée.

Tunnel détruit 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense israéliens Israël Katz ont par ailleurs indiqué que l'armée avait détruit un long tunnel construit par le Hezbollah dans le sud du pays.

Celui-ci "s'étendait sur plus de 200 mètres et atteignait une profondeur de plus de 25 mètres, contenait des centaines d'armes ainsi que plusieurs puits de lancement destinés à frapper l'État d'Israël et ses civils", détaille un communiqué conjoint.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à l'Iran, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran.

Israël a lancé en représailles de vastes frappes aériennes et déployé des troupes dans le sud du pays, faisant plus de 4.200 morts selon Beyrouth.

Une trêve annoncée le 17 avril n'a jamais été respectée mais les affrontements ont largement diminué depuis la signature mi-juin d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran ayant exigé qu'une cessation des combats au Liban en fasse partie.

Parallèlement, Israël et le Liban ont entamé des discussions directes sous l'égide de Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays techniquement toujours en état de guerre. Et ils ont conclu vendredi un accord-cadre, qualifié d'"historique" par Benjamin Netanyahu.

Dans un entretien téléphonique avec Donald Trump, le président libanais Joseph Aoun a assuré que l'Etat "assumerait ses responsabilités" dans la mise en œuvre de l'accord, qui conditionne un retrait israélien du pays au désarmement du mouvement chiite. Une exigence de longue date que Beyrouth peine à mettre en oeuvre.

"Sédition" 

Le Hezbollah s'était déjà fermement opposé à l'accord, son député Hassan Fadlallah affirmant dès dimanche qu'il "ne serait pas appliqué".

Ce qu'ont fait les autorités "équivaut à une sédition" visant à passer "d'un conflit avec l'ennemi à un conflit interne", avait-t-il ajouté.

Dénonçant une "grave erreur", le chef du groupe Naïm Qassem avait fustigé samedi un texte "humiliant, honteux, qui représente un abandon de souveraineté", accusant les autorités libanaises de "légitimer la poursuite de l'occupation" israélienne.

Des partisans du Hezbollah ont manifesté vendredi soir et un correspondant de l'AFP a vu, sur la route de l'aéroport de Beyrouth longeant la banlieue sud, bastion du Hezbollah, des pancartes portant l'inscription "Le Liban d'abord" incendiées.

L'Iran a, lui, réitéré ses exigences d'un retrait total d'Israël.

"Notre objectif est de mettre fin à la guerre au Liban, permettre le retour des déplacés dans leurs foyers, mettre un terme à l'occupation et obtenir le retrait du régime sioniste du territoire libanais", a souligné le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un appel avec son homologue libanais Nabih Berri.

 


L'accord sur le Liban est un "premier pas" vers la restauration de sa souveraineté, dit le président Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a salué un nouvel accord-cadre avec Israël. (Archive/AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a salué un nouvel accord-cadre avec Israël. (Archive/AFP)
  • Le président libanais Joseph Aoun a qualifié l'accord-cadre signé avec Israël de « première étape » vers le rétablissement de la pleine souveraineté du Liban
  • Il a affirmé son engagement à mettre fin à toute occupation, à obtenir la libération des prisonniers et à garantir un Liban sans subordination ni tutelle

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a déclaré vendredi que l'accord cadre signé avec Israël était "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté de son pays sans "occupation", "subordination" ni "tutelle".

"L'accord-cadre signé aujourd'hui est une première étape" qui doit permettre aux Libanais "de revenir sur leurs terres entièrement libérées et dans leurs maisons qui seront assurément reconstruites (...) sous la souveraineté de l'Etat libanais, qui n'a aucun partenaire dans l'exercice de sa souveraineté sur sa terre et son peuple", a déclaré Joseph Aoun dans un communiqué de la présidence.

"Nous jurons de continuer à oeuvrer jusqu'à ce que cela soit accompli. Il n'y aura plus d'occupation, de prisonniers, de subordination ni de tutelle", a-t-il promis.