Daniel Noboa, le jeune président équatorien au défi des narcotrafiquants

Le président équatorien Daniel Noboa s'exprimant lors d'une émission de radio dans le nord de Quito, le 10 janvier 2024 (Photo, AFP).
Le président équatorien Daniel Noboa s'exprimant lors d'une émission de radio dans le nord de Quito, le 10 janvier 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 11 janvier 2024

Daniel Noboa, le jeune président équatorien au défi des narcotrafiquants

  • L'héritier de l'empire du roi de la banane Alvaro Noboa est au défi de mettre un terme à l'emprise des multiples gangs de narcotrafiquants en Equateur
  • «Nous luttons pour la paix nationale, nous luttons aussi contre les groupes terroristes qui comptent aujourd'hui plus de 20.000 membres», a-t-il dit

QUITO: Daniel Noboa, 36 ans, plus jeune président de l'histoire de l'Equateur élu à l'automne, avait promis "une main ferme" contre les groupes criminels pour ramener "la paix". Voilà à l'épreuve des actes ce fils de milliardaire qui a déclaré son pays "en état de guerre" contre les narcotrafiquants.

L'héritier de l'empire du roi de la banane Alvaro Noboa, cinq fois malheureux prétendant à la magistrature suprême, est au défi de mettre un terme à l'emprise des multiples gangs de narcotrafiquants dans un Equateur autrefois havre de paix mais devenu point d'expédition de la cocaïne vers les Etats-unis et l'Europe.

En fonctions jusqu'au terme du mandat théorique du président sortant Guillermo Lasso, qui avait convoqué des élections anticipées pour éviter sa destitution sur fond d'accusations de corruption, Daniel Noboa envisage déjà sa réélection en 2025.

Mais pour cela, il sait devoir obtenir des résultats en terme de baisse de la criminalité. Mercredi, il a dit avoir pris "les mesures nécessaires que personne ne voulait prendre ces dernières années. Et pour ça, il faut des couilles de la taille d'un oeuf d'autruche", a-t-il lancé.

De l'état d'urgence décrété lundi, donnant pouvoir à l'armée d'opérer dans les rues et les prisons, à "la mobilisation de l'armée et la police" appelée mardi pour résoudre "le conflit armé interne", Daniel Noboa a estimé mercredi le pays "en état de guerre".

"Nous luttons pour la paix nationale, nous luttons aussi contre les groupes terroristes qui comptent aujourd'hui plus de 20.000 membres", a-t-il dit.

Il propose pour cela la "militarisation des ports et des frontières, de protéger les voies stratégiques d'exportation et de commerce". Son grand projet étant de créer une agence du renseignement national qui chapeautera tous les organes de renseignement, y compris l'administration pénitentiaire (SNAI).

L'inspiration Bukele

La semaine dernière, il a annoncé la construction de deux prisons de haute sécurité en Amazonie et sur la côte Pacifique, sur le modèle de celle de 40.000 places construite par le président salvadorien Nayib Bukele dans le cadre de sa "guerre" contre les gangs.

Le plan du président Noboa consiste à séparer les détenus les plus dangereux, afin de mettre un terme aux massacres qui ont eu lieu dans les prisons du pays, causant la mort de 460 prisonniers depuis février 2021.

Il a fourni une liste exhaustive des bandes criminelles dont il veut la "neutralisation", soulignant toutefois la nécessité pour les forces armées d'agir "dans le respect des droits humains".

Au Salvador, les organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent les atteintes portées aux droits des détenus.

Et comme M. Bukele, qui fin communicant abreuve ses réseaux sociaux d'images de détenus parqués dans les prisons, le gouvernement Noboa a partagé les spectaculaires images des récentes interventions policières montrant des centaines de détenus en sous-vêtements, mains sur la tête et allongés sans ménagement au sol.

Difficile de cataloguer l'appartenance politique de Daniel Noboa qui durant la campagne s'était dit de "centre gauche". Mais ce néo-libéral incarne l'élite politique équatorienne issue du monde de l'entreprise privée et proche de la droite.

Divorcé puis remarié à une influenceuse en nutrition, ce prospère homme d'affaires a étudié dans les meilleures universités américaines et est titulaire d'un diplôme d'administration publique de la Harvard Kennedy School et d'un master en gouvernance et communication politique de l'université George Washington.

Outre le monde de l'entreprise qu'il connaît parfaitement, ses seules expériences en politique sont deux années passées comme député et président de la commission économique au parlement.

Mais il a comme mentor son père auprès duquel il a grandi dans les coulisses des campagnes électorales, et s'inspire désormais de Nayib Bukele.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"