2020 : Le palmarès du Moyen-Orient n’est pas que noir

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Publié le Jeudi 31 décembre 2020

2020 : Le palmarès du Moyen-Orient n’est pas que noir

  • Le monde arabe connait des percées politiques et conquiert l’espace au cours d'une année accaparée par les nouvelles de la pandémie
  • Les succès diplomatiques et les grands progrès de l'humanité sont tempérés par des catastrophes, des attaques et des assassinats très médiatisés

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JANVIER
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Qassem Soleimani tué dans une frappe de drone américain

Quelques jours seulement après le début de la nouvelle année, le Golfe semble au bord de la guerre. Le 3 janvier, le général iranien Qassem Soleimani, commandant de l’unité extraterritoriale d’Al-Quds du Corps des gardiens de la révolution islamique, est éliminé lors d'une frappe de drone américain près de l'aéroport de Bagdad. L'Iran riposte avec des missiles balistiques qui visent des bases américaines en Irak, mais l’offensive cause le crash accidentel d’un avion commercial ukrainien, tuant les 167 passagers et 9 membres de l’équipage à bord. La confrontation survient après des mois de politiques vexatoires, et qui ont débuté quand les États-Unis se sont retirés de l'accord nucléaire iranien en mai 2018 pour ensuite réimposer des sanctions à Téhéran. (Photo, AFP)

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FÉVRIER
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La pandémie de la Covid-19 frappe le Moyen-Orient

Le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord ne sont pas épargnés par les ravages de la Covid-19. Les communautés locales font face aux mêmes enjeux médicaux et économiques que le reste du monde, et la santé mentale des individus est soumise aux mêmes défis. Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) suspendent leurs vols internationaux presque immédiatement, ce qui cause l’effondrement des secteurs des loisirs et de l’hôtellerie dans la région. Même le tourisme religieux n’est pas épargné, ce qui déçoit des millions de pèlerins. Les masques, les désinfectants et la distanciation sociale deviennent rapidement la norme, tandis que les pertes d'emplois, les fermetures d'écoles et le passage aux achats en ligne et au travail à distance altèrent radicalement la fibre de notre vie quotidienne.

Parallèlement, dans les zones en conflit de la région, la pandémie entrave les interventions humanitaires, et rend la vie encore plus difficile pour des millions de familles déplacées. (Photo, SPA)

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MARS
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Les missiles houthis continuent de cibler l'Arabie saoudite

Le printemps amène son lot de violence dans la péninsule Arabique, avec Riyad qui intercepte trois missiles balistiques tirés par la milice pro-iranienne des Houthis à partir du Yémen. Deux civils sont légèrement blessés par les débris dans la capitale, alors qu'un missile est abattu au-dessus de la ville méridionale de Jazan. Ces attaques sont les premières de cette envergure à être perpétrées contre le Royaume depuis les doubles frappes dévastatrices contre les installations pétrolières saoudiennes en septembre 2019. John Abizaid, l'ambassadeur américain en Arabie saoudite, s’insurge contre ceux qui prennent des villes pour cibles, tandis que le secrétaire général du CCG, le Dr Naif ben Falah al-Hajraf, dénonce une «attaque terroriste» qui vise non seulement l'Arabie saoudite, mais aussi la sécurité et la stabilité collectives du Golfe. (Photo/AFP)

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AVRIL
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Le Liban légalise le cannabis à des fins médicales

Le Liban devient le premier pays arabe à légaliser la culture du cannabis à des fins médicinales et commerciales. Le Liban en avait auparavant interdit la production, la vente et la consommation de cannabis, rejetant toutes les tentatives de légalisation de sa production. Les attitudes ont vite commencé à changer après que le cabinet de conseil américain McKinsey a vanté la légalisation du cannabis dans une étude sur la manière dont le gouvernement pourrait revitaliser l'économie. En 2018, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) classe le Liban parmi les cinq plus grands producteurs de cannabis au monde. En 2019, Raed Khoury, alors ministre libanais de l'Économie, affirme que les exportations de marijuana à des fins médicales pourraient générer jusqu'à 1 milliard de dollars de revenus annuels. (Crédit Photo/AFP)

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MAI
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Décès de l'acteur et comédien égyptien Hassan Hosny

Hassan Hosny, acteur, comédien et vétéran du cinéma égyptien, décède le 30 mai à l'âge de 88 ans des suites d'une crise cardiaque. Sa carrière dans le théâtre, le cinéma et la comédie s’étend sur plus de cinquante ans, ce qui lui a valu le surnom affectueux de «farceur» du grand écran. Né dans la capitale en 1931, il découvre son amour de la scène à l’école avant de devenir un comédien régulier de la troupe de théâtre militaire dans les années 1960. Il poursuit sa carrière dans d'innombrables films et émissions de télévision, dont Nasser 56 et Al-Nazer, ce qui lui vaut un nombre de prix prestigieux. Hosny est inhumé au cimetière familial au Caire. (Crédit Photo/Social Media /Instagram)

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JUIN
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Explosions et incendies en Iran

Toujours sous le choc du meurtre de Soleimani en janvier et aux prises avec l'une des pires pandémies de Covid-19 de la région, l'Iran entame l'été 2020 avec une série d'explosions suspectes dans ses installations d'enrichissement nucléaire, ses sites de missiles, ses centres pétrochimiques et ses centrales électriques ainsi que ses cliniques médicales. Une explosion dans le complexe militaire de Parchin à l'est de Téhéran est balayée par les médias d'État comme un simple incident de stockage de gaz. Plus tard, des incendies éclatent dans une centrale électrique d'Ahvaz ainsi que dans l'installation nucléaire de Natanz, et 19 personnes meurent dans une explosion dans une clinique médicale au nord de Téhéran. Les causes réelles de ces explosions demeurent nébuleuses. (Photo, Reuters)

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JUILLET
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Les EAU lancent avec succès une mission d’espoir vers Mars

L’été est ponctué par l’annonce d’une réalisation remarquable: la première mission spatiale arabe sans pilote vers Mars. Le 19 juillet à 21 h 58 UTC, la mission Emirates Mars lance sa sonde spatiale «Hope», ou «Espoir», à partir du centre spatial de Tanegashima au Japon. Elle devrait arriver en orbite autour de la planète rouge en février 2021, date qui coïncide avec le 50e  anniversaire des Émirats arabes unis (EAU), où elle doit étudier les cycles météorologiques et les événements atmosphériques martiens. Une équipe d'experts du Centre spatial Mohammed ben Rashid de Dubaï supervise le circuit de la sonde qui dure sept mois. (Photo, AFP)

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AOÛT
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L'explosion du port de Beyrouth plonge le Liban dans la souffrance

La tragédie frappe Beyrouth, le 4 août, lorsqu'une explosion massive ravage entièrement le port de la capitale libanaise. L'explosion, provoquée par l'incendie de tonnes de nitrate d'ammonium mal stockées, envoie une gigantesque onde de choc qui déchire la ville. L'explosion est tellement massive qu'elle aurait été entendue à Chypre. Plus de 200 personnes perdent la vie, au moins 6 000 sont blessées, et des milliers d'autres n’ont plus leurs maisons et leurs entreprises. Le pays est en proie depuis quelques temps à une crise bancaire, une agitation sociale, des tensions confessionnelles, et bien sûr, la pandémie. (Photo, AFP)

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SEPTEMBRE
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L'accord EAU-Israël annonce une ère de paix

Le début de l'automne nous apprend qu'Israël et les Émirats arabes unis normalisent leurs relations dans le cadre d'un accord décisif négocié par les États-Unis, connu sous le nom des accords d'Abraham. Les ententes similaires suivent rapidemnt, avec Bahreïn et le Soudan. Les tout premiers vols commerciaux entre Tel Aviv et Abu Dhabi sont établis, et une délégation israélienne visite Abu Dhabi en vue de finaliser l’accord. L'administration américaine applaudit les accords, les décrivant comme une percée historique. Les leaders palestiniens continuent de voir dans la normalisation une «trahison» de la cause, et maintiennent la revendication d’un État indépendant calqué sur les frontières de 1967, avec Jérusalem pour capitale. (Photo, AFP)

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OCTOBRE
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Le Soudan envisage de mettre fin à la guerre avec les groupes rebelles

Le gouvernement soudanais signe un accord de paix avec 10 groupes d’opposition rebelle du pays, mettant éventuellement fin à dix-sept ans de conflits ethniques et de guerre civile. Les représentants s’entendent après un an de pourparlers lors d'une cérémonie à Juba, la capitale sud-soudanaise. L'accord traite, entre autres, de la propriété territoriale, des indemnisations et des réparations, de la richesse ainsi que du partage du pouvoir et du retour des réfugiés. Après la signature, le Premier ministre soudanais, Abdalla Hamdok, a accueilli les chefs rebelles dans la capitale Khartoum pour une célébration populaire de la fin des hostilités. (Photo, AFP)

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NOVEMBRE
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Riyad accueille le sommet virtuel des leaders du G20

La Covid-19 impose un sommet du G20 virtuel, une première. Sous la présidence de l’Arabie saoudite, le sommet de deux jours, organisé par Riyad jette les bases d’une reprise plus inclusive, résiliente et durable face à la pandémie. La conférence aborde les questions de la protection de l’environnement, l’urbanisme, l’autonomisation des femmes et du progrès technologique. Le thème choisi par la présidence cette année : «Concrétiser les opportunités du XXIe siècle pour tous». Dans ses remarques de clôture aux délégués du sommet, le roi Salmane affirme: «En raison de sa stature unique aux niveaux régional et international… le Royaume ne cesse de jouer un rôle clé au sein du G20 afin de parvenir à une coopération mondiale et trouver des solutions aux défis les plus pressants du monde entier». (Photo, AFP)

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DÉCEMBRE
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L'Iran exécute un journaliste en pleine crise des sanctions

L'année se termine très mal avec l'exécution du journaliste-activiste Ruhollah Zam par l'État iranien, près d'un an après son enlèvement in Irak par les autorités iraniennes. La lutte pacifique de Zam inspire depuis 2017 des manifestations partout dans le pays contre l'injustice économique, au moment où Téhéran croule sous les sanctions américaines renouvelées. L'homme, âgé de 47 ans et qui résidait à Paris, fait partie des personnalités de l'opposition enlevées à l'étranger par des agents secrets iraniens ces derniers mois. Son exécution survient alors que l'Iran cherche à faire pression sur la France et les autres puissances européennes pour qu'elles sauvent l'accord nucléaire dans les derniers jours de l'administration Trump. (Photo, AFP)

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Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

Retrospective: L’année 2020 en images
Par Arab News en Français -
Les gagnants et les perdants du monde des affaires en 2020
Par CORNELIA MEYER -

Liban: le chef du Hezbollah défiant, les forces israéliennes avancent dans le sud

Le chef du Hezbollah pro-iranien s'est dit mercredi soir déterminé à "faire face" à Israël, dont l'armée est entrée dans plusieurs localités frontalières dans le sud du Liban tout en poursuivant le pilonnage de vastes régions du pays, entraîné dans la guerre régionale. (AFP)
Le chef du Hezbollah pro-iranien s'est dit mercredi soir déterminé à "faire face" à Israël, dont l'armée est entrée dans plusieurs localités frontalières dans le sud du Liban tout en poursuivant le pilonnage de vastes régions du pays, entraîné dans la guerre régionale. (AFP)
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  • Le Hezbollah fera face à "l'agression israélo-américaine" et ne se rendra pas, a assuré son chef Naïm Qassem
  • Israël, qui élargit le champ de ses attaques au Liban, a ordonné mercredi à tous les habitants d'une partie du sud d'évacuer, alors que les autorités libanaises ont recensé 72 morts et 83.000 déplacés depuis lundi

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah pro-iranien s'est dit mercredi soir déterminé à "faire face" à Israël, dont l'armée est entrée dans plusieurs localités frontalières dans le sud du Liban tout en poursuivant le pilonnage de vastes régions du pays, entraîné dans la guerre régionale.

Le Hezbollah fera face à "l'agression israélo-américaine" et ne se rendra pas, a assuré son chef Naïm Qassem dans un discours diffusé sur la chaîne de son parti, le premier depuis le début samedi de l'attaque américano-israélienne contre l'Iran.

Israël, qui élargit le champ de ses attaques au Liban, a ordonné mercredi à tous les habitants d'une partie du sud d'évacuer, alors que les autorités libanaises ont recensé 72 morts et 83.000 déplacés depuis lundi.

Le Liban a été entraîné lundi dans la guerre après une première attaque contre Israël du mouvement chiite, qui affirmait vouloir "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei.

Le Hezbollah a revendiqué mercredi au moins 15 attaques contre Israël, dont une à l'aide de drones contre les industries aérospatiales israéliennes dans le centre du pays, ciblant pour la première fois une région aussi éloignée de la frontière.

Il a également dit avoir visé à l'aide d'un "missile de précision" une base militaire du nord du pays.

Dans le sud du Liban, le Hezbollah a rapporté pour la première fois des affrontements "directs" avec des soldats israéliens entrés dans le village de Khiam, à six kilomètres de la frontière avec Israël.

La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a annoncé avoir observé "plusieurs mouvements et activités militaires de l'armée" israélienne dans des localités frontalières dont Khiam.

Des vidéos de l'AFP montrent deux chars israéliens avancer dans des quartiers résidentiels de ce village.

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir déployé "sur plusieurs positions" du sud du Liban des soldats, avec des unités "de l'infanterie, des blindés et du génie".

Dans le même temps, l'armée israélienne a demandé aux habitants d'évacuer une vaste zone dans le sud du Liban, entre la frontière avec Israël et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Fausses alertes 

L'aviation israélienne a elle élargi le champ de ses frappes, visant pour la première fois un hôtel à Hazmieh, une banlieue chrétienne de Beyrouth proche du palais présidentiel et de nombreuses missions diplomatiques.

Des images de l'AFP ont montré le bâtiment de l'hôtel Comfort dont certaines chambres sont éventrées, et des blessés recevant des soins à la réception. Il n'a pas été possible de savoir quelle cible était visée par cette attaque.

Lena, une habitante de ce quartier résidentiel cossu, affirme avoir cru que la banlieue sud qu'il surplombe était visée.

"Je me suis bien trompée. A deux pas de chez moi, un hôtel était la cible cette fois-ci", dit à l'AFP cette femme de 59 ans.

Dans le même temps, des habitants de plusieurs régions libanaises ont indiqué à l'AFP avoir reçu un message enregistré au téléphone leur demandant d'évacuer, provoquant la panique. L'AFP n'a pas pu s'assurer de la véracité de ces alertes.

L'un de ces appels est parvenu au poste-frontière de Masnaa avec la Syrie, qui a été brièvement fermé avant de vérifier qu'il s'agissait d'une fausse alerte, a indiqué un responsable de sécurité à l'AFP.

La banlieue sud visée 

Une série de frappes a en outre visé mercredi matin la banlieue sud de Beyrouth, après des ordres d'évacuation de l'armée israélienne.

L'une des frappes a visé un immeuble proche d'un important hôpital, selon un photographe de l'AFP.

Au sud de la capitale libanaise, des attaques ont visé Aramoun et Saadiyat, des zones résidentielles qui ne font pas partie des bastions du Hezbollah.

Les frappes ont également visé un immeuble de quatre étages dans la ville millénaire de Baalbeck, dans l'est du Liban, où le Hezbollah est fortement implanté.

Trois secouristes ont été tués alors qu'ils portaient assistance à des personnes blessées dans des explosions dans le district de Tyr (sud), selon le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Les parties belligérantes doivent respecter le droit international humanitaire et protéger les professionnels de santé", a-t-il rappelé.

 


Turquie: un missile tiré depuis l'Iran se dirigeant vers l'espace aérien turc a été détruit 

Un missile tiré depuis l'Iran qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan basés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense. (AFP)
Un missile tiré depuis l'Iran qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan basés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense. (AFP)
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  • "Un missile balistique tiré d'Iran se dirigeant vers l'espace aérien turc après avoir survolé les espaces aériens irakien et syrien, a été intercepté et neutralisé à temps par les éléments de défense aérienne et antimissile de l'Otan"
  • "Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous vous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays"

ANKARA: Un missile tiré depuis l'Iran qui se dirigeait vers l'espace aérien turc a été détruit par les systèmes de défense de l'Otan basés en Méditerranée orientale, a affirmé mercredi le ministère turc de la Défense.

"Un missile balistique tiré d'Iran se dirigeant vers l'espace aérien turc après avoir survolé les espaces aériens irakien et syrien, a été intercepté et neutralisé à temps par les éléments de défense aérienne et antimissile de l'Otan déployés en Méditerranée orientale. (...) L'incident n'a fait ni victimes ni blessés", a affirmé le ministère turc dans un communiqué publié sur X.

"Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous vous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays", a ajouté le ministère.

Un débris appartenant à une munition de défense aérienne est tombé dans le district de Dörtyol, dans la province de Hatay, dans le sud-est du pays, a précisé le ministère.

"Toute action hostile recevra la réponse appropriée dans le cadre du droit international. La consultation et la coopération avec l'OTAN et nos alliés se poursuivront tout au long de ce processus", a de son côté affirmé sur X le directeur des communications de la présidence turque Burhanettin Duran.

"Nous réitérons notre avertissement à toutes les parties : elles doivent s'abstenir de toute action susceptible d'exacerber les tensions dans la région", a-t-il conclu.

 


L'Iran de nouveau cible de frappes d'ampleur dans une guerre qui ne faiblit pas

L'Iran sous de nouvelles bombes israélo-américaines, les Gardiens de la Révolution qui revendiquent le contrôle du détroit d'Ormuz et des frappes d'Israël qui s'intensifient au Liban: la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe d'essoufflement mercredi, au cinquième jour du conflit. (AFP)
L'Iran sous de nouvelles bombes israélo-américaines, les Gardiens de la Révolution qui revendiquent le contrôle du détroit d'Ormuz et des frappes d'Israël qui s'intensifient au Liban: la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe d'essoufflement mercredi, au cinquième jour du conflit. (AFP)
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  • Nouvelles explosions aux quatre coins de la région, frappes d'ampleur et riposte iranienne sur des cibles américaines dans le Golfe: le même scénario se répète depuis samedi et le monde retient son souffle
  • A Téhéran, aux allures de ville morte dont les habitants restent cloîtrés chez eux pour ceux qui ne sont pas partis, des obsèques nationales se tiendront mercredi soir pour Ali Khamenei

TEHERAN: L'Iran sous de nouvelles bombes israélo-américaines, les Gardiens de la Révolution qui revendiquent le contrôle du détroit d'Ormuz et des frappes d'Israël qui s'intensifient au Liban: la guerre au Moyen-Orient ne montre aucun signe d'essoufflement mercredi, au cinquième jour du conflit.

Nouvelles explosions aux quatre coins de la région, frappes d'ampleur et riposte iranienne sur des cibles américaines dans le Golfe: le même scénario se répète depuis samedi et le monde retient son souffle.

A Téhéran, aux allures de ville morte dont les habitants restent cloîtrés chez eux pour ceux qui ne sont pas partis, des obsèques nationales se tiendront mercredi soir pour Ali Khamenei, intransigeant guide suprême pendant 36 ans, tué samedi au début de l'offensive.

Alors que le pouvoir s'organise pour assurer sa succession, Israël a prévenu que tout remplaçant serait "une cible" destinée à être assassinée.

De très fortes détonations secouent régulièrement la capitale iranienne, provoquant d'épais nuages de fumée grise s'élevant dans le ciel bleu, selon des journalistes de l'AFP.

"Nous avons dormi par terre, la tête protégée, au milieu de l'appartement, à distance égale des fenêtres de la chambre et du salon, pour être en sécurité si les ondes de choc brisaient les vitres", raconte Amir, 50 ans.

"Presque tout détruit" 

Face à cet embrasement, les marchés asiatiques ont plongé mercredi, la place de Séoul dévissant de 12% et suspendant temporairement les cotations, tandis que le pétrole grimpe, guettant les développements dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Le trafic maritime y est toujours paralysé et les Gardiens de la Révolution, force chargée des opérations extérieures iraniennes, ont assuré mercredi avoir le contrôle "total" du détroit, par lequel transitent 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le général Ebrahim Jabbari a promis de "brûler tout navire" qui tenterait de le franchir.

Et un conseiller du guide défunt a prévenu mercredi que l'Iran était prêt à "poursuivre la guerre". "Aussi longtemps que nous le souhaitons", a assuré Mohammad Mokhbar.

Depuis samedi, le pays est pilonné sans relâche: les Etats-Unis, qui disent avoir frappé "près de 2.000 cibles", ont "presque tout détruit" et tué la plupart des responsables dans leur viseur, s'est félicité le président américain Donald Trump.

L'armée israélienne multiplie elle aussi les frappes "à grande échelle", contre "des cibles du régime terroriste iranien", et a abattu un avion de combat iranien au-dessus de la capitale.

Parmi les lieux touchés, les centres du pouvoir, comme les ministères, les tribunaux ou le quartier général des Gardiens de la Révolution, l'aéroport Mehrabad de Téhéran, qui assure principalement des vols intérieurs, ou le palais historique du Golestan, l'un des sites touristiques de la capitale.

Chambres éventrées 

Israël lutte aussi sur le front libanais, où elle a élargi le champ de ses frappes, visant le secteur du palais présidentiel près de Beyrouth et d'autres zones au sud de la capitale, ainsi que des bastions du Hezbollah pro-iranien.

A Hazmieh, banlieue chrétienne de Beyrouth proche du palais et de nombreuses missions diplomatiques, des images de l'AFP montrent le bâtiment d'un hôtel aux chambres éventrées, et des blessés recevoir des soins à la réception.

Lena, une habitante de ce quartier résidentiel cossu, affirme avoir cru que la banlieue sud qu'il surplombe était visée. "Je me suis bien trompée. A deux pas de chez moi, un hôtel était la cible cette fois-ci", dit à l'AFP cette femme de 59 ans.

Le Liban a été entraîné lundi dans la guerre régionale après une première attaque contre Israël du mouvement chiite, qui affirmait vouloir "venger" la mort d'Ali Khamenei.

Au total, une soixantaine de personnes ont été tuées et plus de 58.000 personnes déplacées, selon les autorités libanaises.

Evacuations en série 

Côté iranien, le Croissant-Rouge iranien a annoncé mardi plus de 780 morts depuis le début de la guerre, un bilan que l'AFP n'a pu vérifier.

Dans le camp adverse, six militaires américains ont été tués, selon le Pentagone. Et en Israël, d'après les services de secours, dix personnes sont mortes dans des frappes iraniennes.

Au début de l'attaque, Donald Trump avait appelé le peuple iranien à renverser la République islamique, instaurée en 1979.

Mais si les Etats-Unis souhaitent la chute du pouvoir actuel, le principal objectif déclaré est d'empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique - intention que Téhéran dément - et de détruire ses capacités balistiques, d'après Israël.

L'armée israélienne a affirmé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire iranien, dans la région de Téhéran.

Pendant ce temps, l'Iran poursuit ses frappes sur des cibles américaines, notamment dans les pays du Golfe, et israéliennes.

Elles ont fait neuf morts dans les monarchies de la région, dont une fillette de 11 ans tuée mercredi par la chute de débris dans une zone résidentielle au Koweït.

Les drones et missiles iraniens ont aussi visé les ambassades américaines et provoqué des dégâts et incendies dans des sites aussi emblématiques que The Palm, l'île artificielle emblématique de Dubaï.

Un coup dur pour ces destinations, réputées parmi les plus sûres du Moyen-Orient, et abritant des infrastructures énergétiques vitales pour la production d'hydrocarbures mondiale.

Quelque 9.000 Américains ont quitté le Moyen-Orient depuis le début des hostilités.

Mais des milliers de vols ont été annulés et de nombreux touristes bloqués. Paris, Berlin ou Londres ont organisé des vols pour rapatrier leurs ressortissants, comme Emmy Coutelier, 18 ans, arrivée mercredi à l'aéroport de Roissy en provenance d'Oman. Elle raconte, encore sous le choc, sa profonde peur, quand a résonné une "alarme en pleine nuit" et sa fuite dans un abri au sous-sol.