Maroc: Alstom en lice pour le juteux marché de l’ONCF

Alstom est l’un des fournisseurs majeurs de matériel roulant au Maroc. Une voiture d'un train à grande vitesse TGV produit par Alstom est chargée sur un navire en partance pour Tanger, au port de La Rochelle, le 26 juin 2015. (AFP).
Alstom est l’un des fournisseurs majeurs de matériel roulant au Maroc. Une voiture d'un train à grande vitesse TGV produit par Alstom est chargée sur un navire en partance pour Tanger, au port de La Rochelle, le 26 juin 2015. (AFP).
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Publié le Lundi 15 janvier 2024

Maroc: Alstom en lice pour le juteux marché de l’ONCF

  • En ce début d’année, c’est le branle-bas pour les entreprises publiques spécialisées dans les transports
  • Le Maroc nourrit de grands désirs de positionnement régional en termes d’attractivité touristique et de développement industriel

CASABLANCA: Le Maroc accélère le renforcement de ses infrastructures. En ce début d’année, c’est le branle-bas pour les entreprises publiques spécialisées dans les transports. La compagnie nationale de transport aérien, Royal Air Maroc, a lancé mi-octobre un programme d’investissement colossal dans le but de quadrupler sa flotte. L’objectif est d’atteindre plus de 200 appareils d’ici à 2037. Quelques jours après, c’est l’Office national des chemins de fer (ONCF) qui a annoncé un plan stratégique similaire qui visait notamment le renforcement de sa flotte et l’émergence d’une industrie ferroviaire Made in Morocco, à l’instar des industries automobile et aéronautique, devenues de véritables secteurs clés à l’export.

Appel à concurrence

L’ONCF a ainsi lancé un appel à concurrence pour l’acquisition de 168 trains. Il concerne 150 trains qui seront utilisés pour différents services (intervilles, navettes rapides et métropolitains), ainsi que 18 trains à grande vitesse destinés aux extensions des lignes à grande vitesse. Le montant du marché s’élève à 1,5 milliard d’euros. «Cette acquisition vise à accompagner la forte croissance du trafic voyageur et à remplacer une partie de la flotte matériel roulant arrivée en fin de vie. En outre, elle aura pour mission d’assurer les liaisons sur la future extension de ligne à grande vitesse vers Marrakech ainsi que de garantir le service de proximité, type RER, dans les régions de Casablanca et Rabat», explique l’ONCF dans la communication relative au lancement de cet appel à concurrence.

L’ONCF avait déjà lancé en septembre 2022 un appel à manifestation d’intérêt (AMI) international autour de cette acquisition. À l’issue de cette démarche, l’ONCF a reçu dix expressions d’intérêt de la part de la majorité des constructeurs internationaux de matériel roulant.

Selon des sources proches du dossier, une alliance serait envisageable entre Alstom et Talgo pour se partager le marché. Ils pourraient présenter une offre commune et établir une joint-venture au Maroc.

Le constructeur ferroviaire Alstom aurait, selon nos informations, plus de chances de remporter ce marché juteux dans la mesure où il est l’un des fournisseurs majeurs de matériel roulant au Maroc et qu’il présente une offre meilleure que ses concurrents dans le cadre de la mise en place d’un écosystème industriel au Maroc, avec, à la clé, un important taux d’intégration local.

Rappelons que la première ligne de train à grande vitesse marocain est signée Alstom. Le groupe français se serait ainsi positionné dans cet appel d’offres à travers sa filiale espagnole, qui a déjà remporté plusieurs marchés au Maroc, notamment pour les tramways de Casablanca et Rabat. En Espagne, un autre concurrent, Talgo, a déjà exprimé son intention de placer ses cartes dans cette course à l’appel d’offres de l’ONCF, l’un des plus importants de ces dernières années.

Alliance envisageable

Selon des sources proches du dossier, une alliance serait envisageable entre Alstom et Talgo pour se partager le marché. Ils pourraient présenter une offre commune et établir une joint-venture au Maroc. La proximité géographique du voisin ibérique avec le royaume du Maroc et le réchauffement des relations bilatérales pourraient jouer en faveur d’un rapprochement entre les deux groupes européens.

Si l’ONCF et la Royal Air Maroc affichent aujourd’hui leurs ambitions de développement structurel, c’est que le Maroc nourrit de grands désirs de positionnement régional en termes d’attractivité touristique et de développement industriel. De plus, il souhaite devenir peu à peu une véritable base arrière des énergies renouvelables, notamment pour le continent européen.

Par ailleurs, la Coupe du monde de football 2030 (organisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal) approche et cette échéance aurait poussé ces entreprises publiques à accélérer le déploiement de leurs stratégies de développement et de montée en puissance, que ce soit en termes de voilure et de flotte ou pour le développement de véritables industries locales.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.