Attal prépare son grand oral avec ses ministres et les «forces vives»

Gabriel Attal a réuni jeudi à Matignon son gouvernement et poursuivi ses entretiens avec les "forces vives" du pays (Photo, AFP).
Gabriel Attal a réuni jeudi à Matignon son gouvernement et poursuivi ses entretiens avec les "forces vives" du pays (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 19 janvier 2024

Attal prépare son grand oral avec ses ministres et les «forces vives»

  • Le chef du gouvernement a reçu le président du Medef Patrick Martin
  • Cette réunion se tient deux jours après une longue conférence de presse d'Emmanuel Macron

PARIS: Gabriel Attal a réuni jeudi à Matignon son gouvernement et poursuivi ses entretiens avec les "forces vives" du pays pour préparer de manière "collégiale" sa déclaration de politique générale du 30 janvier, qu'il présente comme une réponse aux attentes des "classes moyennes".

"Agir et avancer", a écrit sur X le Premier ministre avec une photo du gouvernement réuni autour de lui à Matignon. Ce travail vise une "mise en œuvre immédiate des chantiers, dès leur présentation par le Premier ministre devant le Parlement", pour des "résultats concrets et rapides", souligne-t-on à Matignon.

Cette réunion se tient deux jours après une longue conférence de presse d'Emmanuel Macron lors de laquelle le président a souhaité que le gouvernement fasse preuve "d'efficacité" sur plusieurs sujets: le travail, la natalité, l'école ou la santé.

Il a notamment promis un "acte II d'une loi pour la croissance" et "l'activité", des baisses d'impôts dès 2025, mais aussi un nouveau congé de naissance, des régulations dans l'usage des écrans par les enfants ou la généralisation en 2026 d'une "tenue unique" dans les écoles.

Après cette réunion de travail qui a duré près de deux heures, le nouveau Premier ministre a poursuivi ses entretiens avec les forces politiques, les organisations syndicales, patronales et associations d'élus, pour "nourrir" son discours devant le Parlement. Il prévoit aussi de nouvelles rencontres sur le terrain.

«Fermeté» de LR 

Le chef du gouvernement a reçu le président du Medef Patrick Martin parce que, a-t-il écrit sur X, "le mérite et le travail doivent être toujours mieux récompensés". M. Martin a, lui, plaidé pour une Europe forte "qui n'existera pas sans entreprises fortes" et souligné le besoin de lutter contre la prolifération des normes.

François Asselin au nom de la CPME a eu un échange "fluide" avec Gabriel Attal, suggérant que le futur congé de naissance soit passé au "test" des PME, tout comme une "remontée du seuil de 50 salariés, pour certaines obligations des entreprises, à 100 salariés".

Gabriel Attal a échangé ensuite avec la droite représentée par Eric Ciotti, président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau et Olivier Marleix, respectivement chefs de file des sénateurs et députés LR, dont les voix sont cruciales à l'Assemblée nationale en l'absence de majorité absolue.

Eric Ciotti a dit en sortant avoir tenu un "discours de fermeté" à Gabriel Attal, en "contrepartie des méthodes un peu agressives du président" après le "débauchage" de la sarkozyste Rachida Dati, devenue ministre de la Culture.

Il a notamment menacé le gouvernement d'une "réaction" s'il recourait à nouveau à l'article 49.3 de la Constitution sur les textes budgétaires à l'automne prochain.

L'ancien Premier ministre socialiste rallié à la macronie Manuel Valls a vu dans cette arrivée de Mme Dati une "triple provocation" du président: à l'égard de LR, à l'égard de la justice car Mme Dati est "mise en examen pour corruption" et à l'égard du monde de la culture qui a "le sentiment d'être pris en otage".

«Valoriser le travail»

Vendredi, seront reçus à leur tour le secrétaire général de Force ouvrière, Frédéric Souillot, le président du Rassemblement national Jordan Bardella et le sénateur président du groupe Union centriste Hervé Marseille.

Privé de majorité relative, le Premier ministre ne demandera pas de vote de confiance à l'issue de son discours, comme les autres chefs de gouvernement de la Ve République dans cette situation.

La gauche a promis une motion de censure mais qui a peu de chance d'être adoptée, la droite n'envisageant pas de la soutenir.

Gabriel Attal entend dans ce discours "valoriser le travail des classes moyennes" qui "attendent qu'on agisse pour elles pour réarmer nos services publics", "assurer la sécurité" et "agir pour la transition écologique".

Reçue mardi après-midi, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a dit avoir pointé l'importance du "pacte de la vie au travail", "le pouvoir d'achat", "l'index égalité femmes-hommes" et la nécessité de "renforcer le dialogue social", plusieurs mois après l'adoption au forceps de la réforme des retraites.

Son homologue de la CGT, Sophie Binet, venue à Matignon mercredi soir, a martelé la nécessité d'augmenter les salaires, "première priorité aujourd'hui des Français".

Jeudi soir, Gabriel Attal s'est exprimé devant le bureau exécutif de Renaissance. Le nouveau Premier ministre a appelé le parti présidentiel à "assumer une forme de radicalité", citant les chantiers du travail, ou encore les thèmes de la sécurité et de l'environnement.

2023 fut "une année difficile" et en 2024 ce "n'est pas voué à s'améliorer", a dit le Premier ministre.


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
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  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
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  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.