Netanyahou réaffirme son refus d'un contrôle palestinien sur Gaza, théâtre de combats acharnés

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou (Photo, AFP).
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 21 janvier 2024

Netanyahou réaffirme son refus d'un contrôle palestinien sur Gaza, théâtre de combats acharnés

  • Israël doit «s'assurer que Gaza ne constituera plus une menace» et cette exigence «contredit la demande de souveraineté palestinienne», a expliqué M. Netanyahou
  • «L'illusion que Biden prêche en faveur d'un Etat de Palestine (....) ne dupe pas notre peuple», a réagi samedi le Hamas

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a réaffirmé son opposition à une "souveraineté palestinienne" à Gaza, estimant qu'Israël doit conserver "le contrôle de la sécurité" du territoire où les combats acharnés se poursuivent samedi au 106e jour de guerre contre le Hamas.

Israël doit "s'assurer que Gaza ne constituera plus une menace" et cette exigence "contredit la demande de souveraineté palestinienne", a expliqué M. Netanyahou lors d'un entretien téléphonique vendredi avec le président américain Joe Biden, selon le bureau du Premier ministre.

Jeudi, M. Netanyahou avait déjà affirmé qu'Israël devait contrôler la sécurité de "l'ensemble du territoire situé à l'ouest du Jourdain", englobant la Cisjordanie occupée et Gaza.

Le conflit, déclenché par une attaque sans précédent du Hamas dans le sud d'Israël le 7 octobre, met à l'épreuve ses relations avec son principal allié et soutien américain, en particulier sur la question, centrale pour l'après-guerre, d'une solution à "deux Etats".

«Illusion»

Joe Biden "croit toujours à la perspective et à la possibilité" d'un Etat palestinien, mais "reconnaît qu'il faudra beaucoup de travail pour en arriver là", avait indiqué la Maison Blanche après l'échange téléphonique.

"L'illusion que Biden prêche en faveur d'un Etat de Palestine (....) ne dupe pas notre peuple", a réagi samedi le Hamas, classé organisation terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a pour sa part affirmé que "le droit du peuple palestinien" à un Etat devait être "reconnu par tous" et que tout "déni" était "inacceptable".

L'attaque sanglante du mouvement islamiste a entraîné la mort de 1.140 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de chiffres officiels israéliens. Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza, dont une centaine libérées fin novembre.

Israël, qui a juré "d'anéantir" le Hamas, pilonne en représailles le petit territoire où 24.927 personnes, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, ont été tuées par les bombardements et les opérations militaires, selon un bilan samedi du ministère de la Santé du Hamas.

Au moins 1,7 million de personnes ont été déplacées par la guerre, selon des chiffres révisés de l'Agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).

M. Netanyahou rejette les appels de l'ONU et de la communauté internationale pour un cessez-le-feu humanitaire alors que Washington a appelé Israël à limiter le nombre des victimes civiles à Gaza.

Les Palestiniens «ont le droit à un Etat» (ministre français)

Les Palestiniens "ont le droit à la souveraineté et à un Etat", a déclaré samedi le chef de la diplomatie française Stéphane Séjourné, après que le Premier ministre israélien a réaffirmé son opposition à une "souveraineté palestinienne" à Gaza.

"La France restera fidèle à son engagement pour atteindre ce but", poursuit M. Séjourné sur X (anciennement twitter).

Tracts des otages

Un correspondant de l'AFP a rapporté samedi d'intenses tirs d'artillerie et frappes aériennes, en particulier à Khan Younès, dans le sud, désormais épicentre des opérations militaires.

Les forces israéliennes ont indiqué avoir détruit des "infrastructures terroristes" sur le territoire et frappé des lanceurs de roquettes à Khan Younès.

Le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, a fait aussi part de combats acharnés dans le nord et a annoncé dans la soirée la mort de "cinq personnes dont un femme" lors d'une "frappe contre une voiture civile" à Rafah, ville frontalière de l'Egypte.

L'armée a largué samedi des tracts montrant des photos des otages et appelant les habitants la ville, où s'entassent des dizaines de milliers de déplacés, à partager toute information à leur sujet.

Selon Israël, 132 otages se trouvent toujours dans le territoire. Au moins 27 auraient été tués, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres israéliens.

A Tel-Aviv, des milliers d'Israéliens se sont rassemblés samedi à Tel-Aviv pour exiger le retour des otages détenus depuis le 7 octobre dans la bande de Gaza et réclamer le départ du Premier ministre Benjamin Netanyahou, accusé notamment de poursuivre la guerre pour se maintenir au pouvoir.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.