Stanislas rappelé à l'ordre sur un «contournement» des règles de Parcoursup

Cette photographie prise le 18 janvier 2024 montre une vue de la façade de l'Ecole Alsacienne, à Paris. (Photo par Thomas Samson AFP)
Cette photographie prise le 18 janvier 2024 montre une vue de la façade de l'Ecole Alsacienne, à Paris. (Photo par Thomas Samson AFP)
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Publié le Dimanche 21 janvier 2024

Stanislas rappelé à l'ordre sur un «contournement» des règles de Parcoursup

  • Des études montrent que la perception qu’ont les parents de la composition sociale d’un établissement est importante dans la décision d’y inscrire leur enfant, selon le chercheur Youssef Souidi, spécialiste des inégalités scolaires
  • L’Alsacienne est un établissement privé mais laïque d’abord et dans lequel il y a un rapport assez lâche à l’autorité. Stanislas, à l’inverse, est un établissement catholique, dont on apprend qu’il rend obligatoire les cours d’enseignement religieux

PARIS : L'établissement scolaire privé Stanislas a été rappelé à l'ordre par le ministère de l'Enseignement supérieur sur un "contournement" des règles de Parcoursup, a-t-on appris dimanche, confirmant des informations de Mediapart, qui affirme que le fils de la ministre de l'Education est concerné.

Un rapport dévoilé cette semaine par le média en ligne relève qu'à Stanislas, "certains élèves sont incités à renoncer à leurs autres voeux dans Parcoursup" en échange de la "garantie d'être admis" en classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE).

Le rapport relève que la pratique est "très isolée" parmi les lycées ayant des CPGE: "En 2023, sur plus de 600.000 lycéens ayant formulé des voeux dans Parcoursup, il y a seulement 41 candidats qui n'ont fait qu'un seul voeu" pour une CPGE dans l'établissement où ils sont en terminale et "38 sont des élèves de Stanislas".

Selon Mediapart, le fils aîné de la ministre de l'Education nationale, Amélie Oudéa-Castéra, dans la tourmente depuis plus d'une semaine, figure parmi ces 38 élèves.

Le ministère de l'Enseignement supérieur a fait savoir dimanche qu'à l'issue de ses investigations l'inspection générale "a adressé en août un courrier faisant état de ce contournement".

Un courrier a été adressé le 17 janvier à Stanislas "pour lui rappeler ses engagements" à respecter la charte de Parcoursup, notamment de "respect des principes de +Liberté d’expression des vœux émis et de choix des propositions d’admission+ et de +non-discrimination, d’égalité de traitement, d’équité et de transparence+", précise le ministère.

"Il a été demandé au chef d’établissement de confirmer que toutes les dispositions sont prises en ce sens au sein de son établissement pour la session 2024 qui s’ouvre", a poursuivi le ministère qui ajoute qu'il "appréciera les actions à conduire en regard des réponses du chef d'établissement".

Il y’a de «la place»

Le directeur de Stanislas Frédéric Gautier a affirmé dimanche sur BFMTV que les élèves de l'établissement décidaient "eux-mêmes" du choix qu'ils font.

"Il y a largement de la place pour tous les autres élèves qui veulent postuler, donc il n'y a pas de délit d’initié", a-t-il poursuivi.

"S'il faut faire autrement, nous ferons autrement, mais nous n'avons pas le sentiment de léser les élèves qui viennent de l'extérieur ni de tromper nos propres élèves", a-t-il insisté.

Sollicité par l'AFP, l'entourage de Mme Oudéa-Castéra a rappelé qu'elle "fait l'objet d'un déport concernant les actes relatifs à l'établissement Stanislas". Dans une réponse fournie à Médiapart, il a fait savoir que "comme d'autres familles", celle de la ministre "a suivi la procédure prévue par Stanislas et chacune des étapes prévues par Parcoursup".

Interrogée dimanche dans l'émission "Questions politiques" (France Inter, FranceinfoTV et Le Monde) sur le fait de savoir si Mme Oudéa-Castéra était trop fragilisée pour rester à son poste, la ministre déléguée à l'Egalité hommes/femmes Aurore Bergé a assuré ne pas voir "pourquoi elle n'aurait pas la possibilité de rester".

"A un moment, il faut qu'on arrête avec ce sujet là", a lancé Mme Bergé, jugeant "insupportable" d'aller "fouiller dans l'intimité des familles".


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.