Crise des otages, 24 soldats tués: Netanyahou dans la tourmente

Des soldats israéliens manœuvrent des véhicules militaires, alors que le conflit entre Israël et le groupe islamiste palestinien Hamas se poursuit, près de la frontière avec le centre de Gaza (Reuters).
Des soldats israéliens manœuvrent des véhicules militaires, alors que le conflit entre Israël et le groupe islamiste palestinien Hamas se poursuit, près de la frontière avec le centre de Gaza (Reuters).
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou est confronté à une crise croissante après la pire journée de pertes de troupes israéliennes dans la guerre de Gaza (Reuters/photo d'archives).
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou est confronté à une crise croissante après la pire journée de pertes de troupes israéliennes dans la guerre de Gaza (Reuters/photo d'archives).
Short Url
Publié le Mercredi 24 janvier 2024

Crise des otages, 24 soldats tués: Netanyahou dans la tourmente

  • C'est le bilan quotidien le plus lourd du côté israélien depuis le lancement de l'offensive terrestre contre ce territoire palestinien le 27 octobre
  • La plupart de ces réservistes avaient été tués par l'explosion d'un RPG ayant visé un tank et un bâtiment miné par l'armée en vue de sa démolition, dans le sud de la bande de Gaza.

GAZA: Israël a annoncé mardi la mort de 24 soldats à Gaza la veille, sa plus lourde perte militaire en une journée depuis le début de son offensive terrestre dans le territoire palestinien, alors que les pressions s'accentuent sur son gouvernement pour une trêve dans la guerre contre le Hamas.

Selon le porte-parole de l'armée israélienne Daniel Hagari, 21 "réservistes" sont morts lundi dans l'effondrement de deux bâtiments qu'ils étaient en train de miner dans le sud de la bande de Gaza, après un tir de roquette contre un tank proche.

Avec la mort de trois autres soldats dans un incident séparé, Israël a enregistré la perte quotidienne la plus lourde depuis le 27 octobre, portant le bilan total des militaires tués à 221.

C'est un "coup dur", a admis le ministre de la Défense Yoav Gallant, le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, annonçant l'ouverture d'une enquête sur le "désastre" de la mort des réservistes.

A Jérusalem, plus de 200 personnes ont assisté mardi aux funérailles d'une des victimes, Hadar Kapeluk. Son cercueil était porté par des soldats et recouvert d'un drapeau israélien, au milieu de tombes fraîchement refermées.

Khan Younès «encerclé»

La guerre a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de plus de 1.140 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.

Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza, dont une centaine libérées fin novembre lors d'une trêve en échange de prisonniers palestiniens. Selon le même décompte, 132 otages sont toujours dans le territoire, dont 28 seraient morts.

Israël a juré "d'anéantir" le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et a lancé une vaste opération militaire qui a tué 25.490 Palestiniens, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Au 109e jour de la guerre, les forces israéliennes ont annoncé avoir "encerclé" Khan Younès (sud), ville natale de Yahya Sinouar, le chef à Gaza du mouvement islamiste, considéré comme l'architecte de l'attaque du 7 octobre.

Le Croissant-Rouge palestinien a accusé l'armée israélienne d'avoir visé son QG dans cette ville, et blessé des personnes réfugiées dans l'enceinte de l'hôpital Nasser.

Le Hamas a affirmé que des chars israéliens avaient tiré "de manière massive sur les étages supérieurs du bâtiment de chirurgie et le bâtiment des urgences", s'attendant à "des dizaines de blessés".

Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne n'a pas commenté dans l'immédiat ces allégations.

Question des otages 

Le petit territoire palestinien assiégé et dévasté est menacé "d'une famine imminente" a dénoncé l'ONU à Genève, alors qu'au moins 1,7 des 2,4 millions d'habitants ont fui leur foyer, beaucoup se massant dans le sud où ils vivent dans des conditions très précaires. Les Gazaouis sont aussi confrontés à une nouvelle coupure d'internet et téléphone.

La poursuite du conflit et son coût humain font monter la pression sur le gouvernement israélien pour qu'il négocie une nouvelle trêve avec le Hamas, et prépare l'après-guerre dans la bande côtière.

Selon le site d'informations américain Axios, Israël a proposé au Hamas, via la médiation de l'Egypte et du Qatar, une pause de deux mois dans les opérations militaires à Gaza pour un échange entre des prisonniers palestiniens et tous les otages, vivants et décédés.

Le Qatar, médiateur lors d'un précédent accord de trêve et de libération de détenus, a contesté mardi ces informations.

Dans la journée, une source palestinienne bien informée a indiqué à l'AFP, qu'une délégation du Hamas était arrivée mardi au Caire pour "discuter (...) d'une nouvelle proposition de cessez-le-feu".

Benjamin Netanyahou, qui rejette l'idée d'un arrêt des combats, a évoqué lundi avec les proches d'otages une "initiative" israélienne mais sans détails, selon la presse locale.

Le gouvernement israélien refuse aussi de discuter d'une "solution à deux Etats", avec un Etat palestinien indépendant aux côtés d'Israël, irritant la communauté internationale.

Mardi, le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, a martelé qu'"Israël "ne peut pas avoir un droit de veto" sur le droit des Palestiniens à disposer d'un Etat.


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Short Url
  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Short Url
  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Short Url
  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.