L'UE sous pression pour désamorcer la colère des agriculteurs

Cette photographie prise le 15 décembre 2023 montre des drapeaux alignés au siège européen lors du sommet de l'Union européenne, à Bruxelles. (AFP)
Cette photographie prise le 15 décembre 2023 montre des drapeaux alignés au siège européen lors du sommet de l'Union européenne, à Bruxelles. (AFP)
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Publié le Mardi 23 janvier 2024

L'UE sous pression pour désamorcer la colère des agriculteurs

  • Le rendez-vous survient au moment où les mouvements de protestation touchent la France, l'Allemagne, la Roumanie ou la Pologne, après les Pays-Bas
  • L'enjeu agricole est explosif avant les élections européennes: les sondages prédisent une poussée de l'extrême droite et des nationalistes, qui s'emparent du sujet

BRUXELLES: Importations d'Ukraine, coût du carburant, normes écologiques... A quelques mois des élections de juin, la colère des agriculteurs s'invite mardi à une réunion des ministres européens du secteur, avant le lancement jeudi par Bruxelles d'un "dialogue stratégique" destiné à désamorcer leurs griefs.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait promis une telle initiative dès septembre, assurant qu'agriculture et protection de la nature pouvaient "aller de pair".

Le rendez-vous survient au moment où, entre blocages d'autoroutes et défilés de tracteurs, les mouvements de protestation touchent la France, l'Allemagne, la Roumanie ou la Pologne, après les Pays-Bas.

Une "initiative bienvenue, mais tardive", a réagi le Copa-Cogeca, l'organisation des syndicats agricoles majoritaires européens, regrettant que les questions couvertes "restent floues".

L'enjeu agricole est explosif avant les élections européennes: les sondages prédisent une poussée de l'extrême droite et des nationalistes, qui s'emparent du sujet.

Objectif affiché de la réunion de jeudi? "Dépasser le clivage dans les débats sur la transition écologique" au cœur des textes législatifs du Pacte vert de l'UE.

Au programme: revenus des agriculteurs, durabilité des pratiques, innovation technologique, compétitivité. "L'idée est de forger une vision commune de l'avenir" en "s'assurant que les agriculteurs sont récompensés pour leur contribution aux objectifs environnementaux", résume Olof Gill, porte-parole de l'exécutif européen.

Organisations agricoles, mais aussi secteur agro-alimentaire, ONG et experts ont reçu la semaine dernière leur invitation pour participer à cette première rencontre sous la présidence d'un universitaire allemand.

«Surchauffe réglementaire»

Si les récentes manifestations évoquent des facteurs nationaux divers (fin des subventions au gazole en Allemagne, par exemple), les secousses se sont multipliées partout: épisodes climatiques extrêmes (sécheresse, inondations), grippe aviaire, flambée des prix de l'énergie...

Autre sujet clivant: l'afflux de produits agricoles ukrainiens dans l'UE depuis la levée des droits de douane en 2022. Bruxelles doit se prononcer sous peu sur sa reconduction en juin, avec de probables mécanismes "de sauvegarde".

Au-delà des cultivateurs polonais et roumains, les organisations agricoles appellent à restreindre ces importations (céréales, volailles, sucre...) accusées de plomber les prix — en écho aux critiques récurrentes sur les accords de libre-échange négociés par Bruxelles.

Surtout, s'exprime de façon diffuse une "exaspération" commune face à une "surchauffe réglementaire", estime Christiane Lambert, présidente du Copa.

La Politique agricole commune (PAC), premier poste du budget européen, a renforcé les obligations environnementales (jachères, haies...), et depuis "la machine réglementaire fonctionne à plein régime, ignorant le contexte géopolitique, climatique, économique", s'alarme son organisation.

Dans son viseur: la loi de "restauration de la nature" promouvant la réparation d'écosystèmes agricoles dégradés (tourbières...) — pourtant largement édulcorée après une violente bataille menée par la droite au Parlement européen.

Un autre texte encadrant les émissions polluantes des gros élevages épargnera finalement les élevages bovins, mais concernera porcs et volailles. Les eurodéputés ont en revanche rejeté une législation réduisant l'usage des pesticides.

Face à la résistance croissante des agriculteurs — et des élus conservateurs —, la Commission a donné des gages, proposant d'assouplir la protection des loups et renonçant à un projet d'étiquetage nutritionnel. De plus, Bruxelles a ouvert en juin à l'ensemble des Vingt-Sept sa "réserve de crise" agricole au montant relevé.

«Alertes ignorées»

Au Parlement européen, le sujet s'est imposé dans les débats ces derniers mois.

Le PPE (droite), premier groupe à Strasbourg, s'est employé à édulcorer drastiquement les textes agricoles, voulant se faire le porte-voix des exploitants.

"Nous partageons l'ambition environnementale, mais il faut l'adapter à la conjoncture. Les prix agricoles baissent, les charges explosent, à force de rajouter des efforts normatifs supplémentaires, c'est trop", affirme l'eurodéputée PPE Anne Sander.

Ce dialogue "arrive beaucoup trop tard. La Commission a ignoré le monde agricole et les alertes pendant quatre ans", tranche-t-elle.

"Les agriculteurs sont un électorat crucial, la droite et l'extrême-droite veulent leur donner l'impression que la transition environnementale se fait contre eux", dénonce de son côté le vice-président des socialistes (S&D) Pedro Marques.

Il reconnaît cependant le besoin d'apporter "un soutien" approprié alors que l'UE s'apprête à ouvrir le débat sur ses ambitieux objectifs climatiques 2040, qui impliqueraient une décarbonation douloureuse du monde agricole (11% des émissions de gaz à effet de serre européennes).


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.