La Corée du Nord tire des missiles de croisière en mer Jaune

Des gens sont assis près d'un écran de télévision diffusant un journal télévisé avec des images d'archives d'un essai de missile nord-coréen, dans une gare de Séoul, le 18 décembre 2023 (Photo, AFP).
Des gens sont assis près d'un écran de télévision diffusant un journal télévisé avec des images d'archives d'un essai de missile nord-coréen, dans une gare de Séoul, le 18 décembre 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 25 janvier 2024

La Corée du Nord tire des missiles de croisière en mer Jaune

  • Les deux pays ennemis ont renoncé à des accords conclus en 2018 pour prévenir les incidents armés
  • Les tensions entre les deux Corées se sont fortement aggravées ces derniers mois

SÉOUL: La Corée du Nord a tiré mercredi plusieurs missiles de croisière en direction de la mer Jaune, a annoncé l'armée sud-coréenne, au moment où les tensions entre Séoul et Pyongyang sont à leur comble.

Pyongyang a procédé au tir d'essai d'une nouvelle génération de missiles de croisière stratégiques, a confirmé de son côté l'agence de presse d'État nord-coréenne KCNA sans préciser le nombre de missiles testés.

L'annonce nord-coréenne est intervenue quelques heures après que l'armée sud-coréenne a déclaré que le Nord avait tiré plusieurs missiles de croisière en direction de la mer Jaune à l'ouest de la péninsule coréenne.

"Notre armée a détecté plusieurs missiles de croisière lancés par la Corée du Nord en direction de la mer Jaune" vers 07H00 mercredi (22H00 GMT mardi), a déclaré l'état-major interarmées sud-coréen dans un communiqué.

"Les spécifications détaillées sont analysées de près par les services de renseignement sud-coréens et américains", a-t-il ajouté.

Les essais de missiles de croisière, qui volent dans l'atmosphère, ne tombent pas sous le coup des sanctions infligées par l'ONU à la Corée du Nord. Et ce contrairement aux missiles balistiques, dont la trajectoire s'effectue essentiellement dans l'espace, et aux armes nucléaires.

Ces tirs interviennent au moment où la Corée du Sud mène jusqu'à jeudi un exercice d'infiltration de ses forces spéciales au large de sa côte est, "à la lumière de graves problèmes de sécurité" avec le Nord, selon la marine sud-coréenne.

"Nous accomplirons notre mission d'infiltrer profondément le territoire de l'ennemi et de le neutraliser complètement, quelles que soient les circonstances", a déclaré le commandant de l'exercice dans un communiqué.

Les tensions entre les deux Corées se sont fortement aggravées ces derniers mois. Les deux pays ennemis ont renoncé à des accords conclus en 2018 pour prévenir les incidents armés, renforcé les moyens militaires à la frontière et procédé à des exercices d'artillerie à munitions réelles près du territoire de l'autre.

Menaces de guerre 

La semaine dernière, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a déclaré que le Sud était le "principal ennemi" de son pays. Il a dissous les agences gouvernementales dédiées à la réunification et aux contacts avec le Sud, et a menacé de déclarer la guerre si son voisin empiétait sur son territoire "ne serait-ce que de 0,001 mm".

Il a également appelé à des changements constitutionnels permettant au Nord d'"occuper" Séoul en cas de guerre, selon l'agence de presse officielle KCNA.

Fin décembre, Kim Jong Un a ordonné l'accélération des préparatifs militaires en vue d'une "guerre" pouvant "être déclenchée à tout moment". Il a dénoncé une "situation de crise persistante et incontrôlable", selon lui amorcée par Séoul et Washington avec leurs exercices militaires conjoints dans la région.

Le ton est également monté d'un cran au Sud, où le président conservateur Yoon Suk Yeol a averti que Séoul mènerait une riposte "plusieurs fois plus forte" en cas de provocation, mettant en avant les "capacités de réponse écrasantes" de son armée.

Séoul et Washington ont averti à plusieurs reprises que toute attaque de la part de Pyongyang signerait inéluctablement la destruction de son régime.

"Si le régime de Kim Jong Un fait le pire des choix en déclenchant une guerre, il vous faudra devenir la force invisible qui protège la Corée du Sud, (...) éliminer les dirigeants ennemis le plus rapidement possible et mettre fin à leur régime", a encore déclaré mercredi le ministre sud-coréen de la Défense, Shin Won-sik, en visitant une base aérienne d'où opèrent des avions de combat furtifs.

La Corée du Nord a multiplié ces derniers mois les essais d'armes interdites par l'ONU.

Début janvier, elle a ainsi lancé un missile hypersonique à carburant solide et procédé à des tirs d'artillerie à munitions réelles près de la frontière maritime avec le Sud, déclenchant des ordres d'évacuation sur plusieurs îles sud-coréennes proches des côtes nord-coréennes. Séoul a répliqué par des contre-exercices dans la même région, sur la côte ouest de la péninsule.

Enfin, vendredi, Pyongyang a annoncé avoir testé un "système d'armement nucléaire sous-marin" en réponse à des manoeuvres navales menées par la Corée du Sud, les Etats-Unis et le Japon dans les eaux au sud de la péninsule.

La Corée du Nord a également réussi à mettre en orbite un satellite espion fin 2023 après avoir reçu, selon Séoul, l'aide technologique de la Russie, en échange de livraisons d'armes pour la guerre en Ukraine.


Le chef de l'ONU appelle «tous les acteurs» à respecter le cessez-le-feu au Liban

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
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  • "Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations"
  • "Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international"

NATIONS-UNIES: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué.

"Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations", a déclaré Stéphane Dujarric dans un communiqué.

"Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international", a-t-il ajouté, une formulation qui peut viser Israël et le Liban, mais aussi le Hezbollah.

 

 

 


Trump estime les Etats-Unis et l'Iran «très proches» d'un accord

Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
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  • "Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait
  • "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté

WASHINGTON: Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

"Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait.

"Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté.

"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a assuré Donald Trump sans plus de détail, utilisant le terme qu'il emploie pour désigner les stocks d'uranium enrichi, une des demandes américaines clés pour parvenir à un accord.

La République islamique n'a pas confirmé cet élément dans l'immédiat.

Donald Trump a en outre annoncé jeudi un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT. Cette trêve, dont sont convenus le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président du Liban Joseph Aoun, inclut le Hezbollah libanais, mouvement chiite pro-iranien, a dit le président américain.

"Pas de date"

Entre l'Iran et les Etats-Unis, les tractations se poursuivent sous l'égide du Pakistan afin d'organiser une deuxième session de négociations, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.

L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir était en Iran jeudi pour y rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.

Face à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, depuis l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, et qui secoue l'économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

"Si l'Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé le ministre de la Défense américain Pete Hegseth.

L'Iran menace lui de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.

L'ambassadeur iranien à l'ONU a qualifié Téhéran de "prudemment optimiste" quant à ces pourparlers et a exprimé son espoir d'un "résultat significatif".

Première historique ? 

Israël a de son côté menacé l'Iran de frappes "encore plus douloureuses" s'il refusait de se plier aux demandes des Etats-Unis, notamment sur l'armement nucléaire.

A Washington, la Chambre des représentants a rejeté à nouveau jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient forcer Donald Trump à obtenir l'aval du Congrès pour éventuellement poursuivre les hostilités contre l'Iran.

La France a annoncé jeudi soir qu'une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visoconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer visant à mettre en place une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz quand les conditions le permettront.

Au Liban, "les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement", a commenté Donald Trump, avant d'inviter les dirigeants israélien et libanais à se rencontrer à la Maison Blanche "au cours des quatre ou cinq prochains jours" - une première à un tel niveau de représentation entre les deux pays depuis 1993.

Le Liban s'est engagé à prendre des "mesures concrètes pour empêcher" toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre de la trêve, selon la diplomatie américaine.

Le mouvement pro-iranien compte respecter le cessez-le-feu "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous", a déclaré à l'AFP un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.

Echange de tirs 

S'il y voit une occasion de "paix historique" avec Beyrouth, Benjamin Netanyahu a rappelé son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable et indiqué que l'armée israélienne allait maintenir sa présence "dans le sud (du Liban) dans une bande frontalière de dix kilomètres de profondeur".

Dans les heures qui ont précédé l'entrée en vigueur de la trêve, Israël et le Hezbollah ont échangé de nouveaux tirs transfrontaliers.

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé des lanceurs de roquettes du Hezbollah après que deux personnes ont été blessées, dont une grièvement, par des tirs vers le nord du pays,selon un bilan de l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Plus tôt dans la journée, au moins sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans une frappe israélienne sur le village de Ghazieh, dans le sud du Liban, selon les autorités.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le Hezbollah a visé Israël pour soutenir l'Iran, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.

 

 


Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires

Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires
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  • Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte
  • Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens au cours des premières 48 heures du blocus imposé par les Etats-Unis à la République islamique.

"Dix navires ont été refoulés et AUCUN navire n'a réussi à franchir le blocus depuis son entrée en vigueur lundi", a déclaré le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), dans une publication sur X.

Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte.

Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain, même si certains ont ensuite fait demi-tour, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.

Le détroit d'Ormuz, stratégique pour le transport maritime, notamment d'hydrocarbures, est paralysé par l'Iran depuis le début de la guerre.

Faute d'accord avec Téhéran pour mettre fin au conflit, l'armée américaine a annoncé dimanche imposer son propre blocus aux "navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens" depuis lundi, à 14H00 GMT.