L'OMS réfute les accusations de collusion avec le Hamas lancées par Israël

Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé jeudi à un cessez-le-feu et à une «vraie solution» au conflit israélo-palestinien dans un appel émouvant adressé à l’instance dirigeante de l’organisme mondial de santé. (Reuters)
Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé jeudi à un cessez-le-feu et à une «vraie solution» au conflit israélo-palestinien dans un appel émouvant adressé à l’instance dirigeante de l’organisme mondial de santé. (Reuters)
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Publié le Samedi 27 janvier 2024

L'OMS réfute les accusations de collusion avec le Hamas lancées par Israël

  • Israël accuse le Hamas d'avoir profité de la protection particulière des structures de santé dans les lois de la guerre pour utiliser les hôpitaux afin de mener des attaques, cacher des tunnels et des armes
  • Le mouvement islamique dément

GENEVE: Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a réfuté vendredi les accusations de "collusion" avec le Hamas lancées par Israël la veille.

"De telles allégations fausses sont préjudiciables et peuvent mettre en danger notre personnel qui risque sa vie pour servir les personnes vulnérables", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur X (ex-Twitter).

"En tant qu'agence des Nations Unies, l'OMS est impartiale et œuvre pour la santé et le bien-être de tous", a-t-il ajouté".

Jeudi, s'exprimant lors d'une réunion du Conseil exécutif de l'OMS, l'ambassadrice israélienne auprès des Nations unies à Genève, Meirav Eilon Shahar, a accusé le Hamas d'avoir "militarisé l'ensemble de la zone civile de la bande de Gaza dans le cadre d'une stratégie préméditée".

"Il s'agit de faits indéniables que l'OMS choisit d'ignorer à maintes reprises. Il ne s'agit pas d'incompétence. Il s'agit de collusion", avait-elle accusé.

Israël accuse le Hamas d'avoir profité de la protection particulière des structures de santé dans les lois de la guerre pour utiliser les hôpitaux afin de mener des attaques, cacher des tunnels et des armes.

Le mouvement islamique dément.

Selon l'ambassadrice israélienne auprès des Nations unies, "l'OMS savait que des otages étaient retenus dans les hôpitaux et que des terroristes y opéraient".

"Même lorsqu'on lui a présenté des preuves concrètes de ce qui se passait sous terre et en surface, des armes, des quartiers généraux, des pièces fermées, l'OMS a choisi de fermer les yeux, mettant en danger ceux qu'elle est censée protéger", avait-elle insisté.

Réagissant aux déclarations de M. Tedros, Meirav Eilon Shahar a enfoncé le clou vendredi. "Il y a des preuves claires de l'utilisation d'hôpitaux par le Hamas," a-t-elle martelé sur X.

Il existe également des preuves, a-t-elle ajouté, "du fait que des otages ont été emmenés dans des établissements médicaux après le massacre brutal du 7 octobre".

"Il s'agit de témoignages de première main et d'images de vidéosurveillance. Il ne s'agit pas de +fausses allégations+. Ce sont des faits. Pourtant, vous n'avez rien dit."

"En ne condamnant pas le Hamas et en ne prenant aucune mesure pour l'empêcher de s'implanter dans les hôpitaux et les zones civiles, vous mettez en danger ceux que vous êtes censés protéger" a-t-elle encore déclaré.

"Ils méritent mieux", a ajouté l'ambassadrice.

Interrogé sur ce même point le 21 décembre, Richard Peeperkorn, représentant de l'OMS dans les territoires palestiniens occupés, avait assuré que l'organisation n'était pas "en mesure de vérifier la façon dont chaque hôpital était utilisé".

"Le rôle de l'OMS est de surveiller, d'analyser et de rapporter... Nous ne sommes pas une organisation d'enquête", avait-il dit.

Lors de la même réunion du Comité exécutif jeudi, le docteur Tedros était au bord des larmes lorsqu'il a évoqué la situation à Gaza.

La guerre a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre, qui a entraîné la mort de plus de 1 140 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles.

Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza, dont une centaine ont été libérées fin novembre lors d'une trêve en échange de prisonniers palestiniens. Selon le même décompte, 132 otages sont toujours dans le territoire, dont 28 seraient morts.

Israël a juré "d'anéantir" le Hamas et lancé une vaste opération militaire qui a tué 26 083 Palestiniens, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste.


Liban: le bilan de la guerre s'élève à 570 morts depuis début mars 

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  • 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi
  • A l'aube, une frappe a touché un immeuble du quartier de Aïcha Bakkar à Beyrouth, selon l'agence de presse officielle Ani

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

 

 


L'armée iranienne dit vouloir désormais frapper des cibles économiques dans la région

L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran. (AFP)
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  • "L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya
  • Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois

TEHERAN: L'armée iranienne a dit mercredi vouloir désormais frapper "les centres économiques et les banques" dans le Golfe, après une attaque israélo-américaine sur un établissement bancaire de Téhéran.

"L'ennemi nous a donné carte blanche pour cibler les centres économiques et banques" appartenant aux Etats-Unis et à Israël dans la région, a déclaré le quartier général central de Khatam al-Anbiya, affilié aux Gardiens de la Révolution, selon un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.

Selon les médias locaux, la frappe israélo-américaine de la nuit a "tué des employés" d'une banque de la capitale qui travaillaient "exceptionnellement" pour préparer le paiement des salaires du mois.

 

 


Erdogan: "Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle n'embrase complètement la région"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime après une réunion du cabinet à Ankara, en Turquie, le 9 mars 2026. (Reuters)
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  • Le président Recep Tayyip Erdogan appelle à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avant qu’elle n’embrase toute la région et affirme que la diplomatie peut encore ramener les parties à la table des négociations
  • Le président turc met aussi en garde Iran contre des actions « provocatrices », après l’interception d’un second missile tiré depuis son territoire et entré dans l’espace aérien turc

ANKARA: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient "avant qu'elle n'embrase complètement la région", lors d'un discours devant son groupe parlementaire.

"Il faut mettre fin à cette guerre avant qu'elle ne s'aggrave et n'embrase complètement la région. Si la diplomatie a une chance, c'est tout à fait possible. Nous poursuivons patiemment nos efforts pour ramener les parties à la table des négociations", a affirmé le chef de l'Etat turc.

"Nous sommes tous conscients que si cette guerre insensée, anarchique et illégale se poursuit, les pertes humaines et matérielles s'aggraveront, et le coût pour l'économie mondiale ne fera que croître", a-t-il ajouté.

"En tant que peuples de la région, nous ne devons pas laisser un conflit dont nous sommes déjà victimes nous infliger de nouvelles souffrances", a-t-il souligné.

En revanche, lundi, le président turc avait mis en garde l'Iran contre toute "action provocatrice" après l'interception d'un second missile tiré depuis l'Iran dans l'espace aérien turc.

"Malgré nos avertissements clairs, des actions extrêmement inappropriées et provocatrices continuent d'être entreprises, mettant en péril l'amitié de la Turquie" envers l'Iran, avait-il  affirmé.