Un soldat yéménite tué et deux blessés lors d’une attaque des Houthis à Marib

Un combattant yéménite de la Brigade des géants occupe une position près du village de Jafra, dans la banlieue de Marib, le 26 janvier 2022 (Photo, AFP).
Un combattant yéménite de la Brigade des géants occupe une position près du village de Jafra, dans la banlieue de Marib, le 26 janvier 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 01 février 2024

Un soldat yéménite tué et deux blessés lors d’une attaque des Houthis à Marib

  • Les Houthis ont tiré un drone sur un rassemblement des forces gouvernementales de l’axe de Saba et des forces de défense de Chabwa dans le district de Hareb
  • Cette frappe a eu lieu quelques jours seulement après qu’un soldat de la Brigade gouvernementale des géants a été tué et un autre blessé

AL-MUKALLA: Un soldat des forces gouvernementales yéménites a été tué et deux autres blessés mercredi lorsqu’un drone piégé, tiré par les Houthis, soutenus par l’Iran, a touché leur position dans la province centrale de Marib. Il s’agit de la dernière d’une série d’attaques meurtrières de drones menées par la milice yéménite contre les forces gouvernementales.

Les médias et les responsables locaux ont déclaré que les Houthis avaient tiré un drone sur un rassemblement des forces gouvernementales de l’axe de Saba et des forces de défense de Chabwa dans le district de Hareb, dans le sud de la province de Marib, tuant un soldat de l’axe de Saba et en blessant deux autres.

Cette frappe a eu lieu quelques jours seulement après qu’un soldat de la Brigade gouvernementale des géants a été tué et un autre blessé lorsque les Houthis ont lancé un missile guidé sur leur position dans la région de Hareb.

Les troupes gouvernementales yéménites, soutenues par la Coalition pour restaurer la légitimité au Yémen, ont pris le contrôle de Bayhan, Ouselan et Aid dans la région méridionale de Chabwa, et de Hareb dans la ville voisine de Marib, en janvier 2022, suivant de violents combats avec les Houthis.

Malgré des attaques agressives contre les troupes gouvernementales dans les deux provinces, les Houthis n’ont pas été en mesure de reconquérir ces régions au cours des deux dernières années.

Les combats se sont largement apaisés sur les principaux points chauds depuis l’entrée en vigueur, en avril 2022, de la trêve nationale négociée par l’ONU.

Toutefois, les Houthis ont récemment intensifié leurs attaques de drones, de missiles et leurs frappes terrestres sur les forces gouvernementales à Marib, Chabwa, Taïz et Ad Dali’, faisant des dizaines de morts parmi les combattants des deux côtés.

Lundi, l’armée yéménite a organisé une procession funéraire à Marib pour onze soldats tués lors de combats avec les Houthis.

En janvier, les Houthis ont organisé à Sanaa et dans d’autres villes qu’ils contrôlent des processions funéraires militaires pour des dizaines de leurs hommes tués sur le champ de bataille.

Par ailleurs, des organisations de défense des droits et des activistes yéménites ont accusé les Houthis d’avoir enlevé et torturé un médecin à Sanaa, avant de le laisser mourir dans un hôpital.

Selon le Réseau yéménite pour les droits et les libertés, un groupe armé lié aux Houthis a enlevé Mansour al-Shabouti, chirurgien à l’hôpital Dr Abdelkader al-Mutawakel, à son domicile à Sanaa il y a quelques semaines pour des raisons inconnues. Il a été torturé puis relâché cette semaine dans un état critique, avant d’être déclaré mort.

Le groupe yéménite a qualifié l’exécution du Dr Al-Shabouti de «meurtre prémédité» et a exigé une enquête rapide et ouverte sur sa mort.

«Le Réseau yéménite pour les droits et les libertés a exhorté les organisations internationales de défense des droits de l’homme affiliées à l’ONU et à l’UE à exercer une pression sur la milice houthie pour qu’elle mette fin aux enlèvements et aux arrestations arbitraires. Le Réseau a également appelé ces organisations à exiger une enquête immédiate sur la mort du Dr Al-Shabouti ainsi que la libération de toutes les personnes enlevées», a écrit l’organisation yéménite sur la plate-forme X. 

Mercredi, un responsable du ministère yéménite des Droits de l’homme a indiqué à Arab News que des Houthis armés avaient enlevé le médecin à son domicile à Sanaa le 15 avril, l’avaient fait disparaître de force et torturé avant de le relâcher le 25 janvier.

Après sa libération, le médecin a souffert d’infections thoraciques et portait des marques de torture sur le corps. Il est décédé le 27 janvier.

«L’homme était en bonne santé, avait une bonne réputation professionnelle, n’était affilié à aucun parti politique et travaillait comme chirurgien oncologue», a affirmé le responsable, qui a requis l’anonymat. 

Yemeni Doctors in the Diaspora, une organisation qui regroupe des dizaines de médecins yéménites vivant à l’étranger, a également publié un communiqué dénonçant l’exécution du Dr Al-Shabouti, précisant qu’il était «en bonne santé» lorsqu’il a été enlevé par «un groupe inconnu» pour une cause inconnue.

Les médecins yéménites ont exhorté les Houthis à mener une enquête et à protéger les médecins.

«Nous exigeons une enquête rapide et transparente sur les circonstances de la mort du défunt. Nous demandons également aux autorités de respecter leur obligation d’assurer la sécurité du personnel médical», ont ajouté les médecins.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Chef de la diplomatie française : il faut donner à l’armée libanaise les « moyens » de désarmer le Hezbollah

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tient un point presse à la résidence de l’ambassadeur de France (résidence des Pins) à Beyrouth, le 6 février 2026. (AFP)
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tient un point presse à la résidence de l’ambassadeur de France (résidence des Pins) à Beyrouth, le 6 février 2026. (AFP)
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  • La France appelle à renforcer l’armée libanaise pour lui permettre de désarmer le Hezbollah et restaurer le monopole de l’État sur les armes
  • Paris prépare une conférence de soutien à l’armée libanaise le 5 mars, alors que la deuxième phase du désarmement doit débuter au sud du pays

BEYROUTH: Il faut donner à l'armée libanaise les moyens de désarmer le Hezbollah pro-iranien, a affirmé à l'AFP le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, attendu vendredi à Beyrouth dans le cadre d'une tournée régionale.

"La vision de la France au Liban, c'est celle d'un État fort, souverain, disposant du monopole des armes (...). La première étape pour accomplir cette mission, c'est de donner aux forces armées libanaises les moyens de poursuivre le travail de désarmement du Hezbollah", a déclaré le ministre.

Jean-Noël Barrot a indiqué se rendre à Beyrouth "pour préparer la conférence consacrée au soutien aux forces armées libanaises" que Paris accueille le 5 mars.

Seul groupe libanais armé, le Hezbollah est sorti affaibli de sa dernière guerre avec Israël, qui a pris fin en novembre 2024.

Conformément à l'accord de cessez-le-feu, l'armée libanaise a annoncé début janvier avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, qui couvre la région entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, une trentaine de kilomètres plus au nord.

"Le gouvernement libanais a pris ses responsabilités en engageant et en menant jusqu'à son terme la première phase de ce plan de désarmement", a souligné Jean-Noël Barrot.

"C'est la deuxième phase qui doit désormais s'ouvrir et le plan associé à cette deuxième phase doit être présenté dans les prochains jours, et en tout état de cause avant que la conférence ne se tienne", a-t-il poursuivi.

La deuxième phase du plan concerne le secteur entre le Litani et le fleuve Awali, à une quarantaine de km au sud de Beyrouth. Le Hezbollah affirme refuser de remettre ses armes au nord du Litani.

Le ministre français des Affaires étrangères doit rencontrer vendredi les principaux responsables libanais à Beyrouth, dernière étape d'une tournée qui l'a mené en Syrie et en Irak.


Des attaques de colons en Cisjordanie provoquent des déplacements record depuis octobre 2023

Une photographie montre des drapeaux israéliens et un drapeau du conseil de Gush Etzion sur le nouvel avant-poste de colons israéliens « Yatziv », construit en périphérie de la ville palestinienne de Beit Sahur, en Cisjordanie occupée par Israël. (Archives/AFP)
Une photographie montre des drapeaux israéliens et un drapeau du conseil de Gush Etzion sur le nouvel avant-poste de colons israéliens « Yatziv », construit en périphérie de la ville palestinienne de Beit Sahur, en Cisjordanie occupée par Israël. (Archives/AFP)
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  • Près de 700 Palestiniens ont été déplacés en janvier 2025 en Cisjordanie occupée en raison des violences et du harcèlement de colons israéliens, un niveau inédit depuis le début de la guerre à Gaza, selon l’ONU
  • L’ONU et des ONG dénoncent une impunité systémique, accusant les colons d’agir avec le soutien ou la passivité des autorités israéliennes, dans un contexte d’expansion continue des colonies jugées illégales par le droit international

RAMALLAH, TERRITOIRES PALESTINIENS: Les violences et le harcèlement exercés par des colons israéliens en Cisjordanie occupée ont déplacé près de 700 Palestiniens en janvier, a indiqué l'ONU jeudi, un niveau inédit depuis le déclenchement de la guerre à Gaza en octobre 2023.

Au moins 694 Palestiniens ont été contraints de quitter leur domicile le mois dernier, selon des chiffres de l'agence humanitaire des Nations unies (Ocha), qui compile des données provenant de diverses agences onusiennes.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré fin janvier que la violence des colons était devenue un motif clé des déplacements forcés en Cisjordanie.

Les chiffres particulièrement élevés de janvier s'expliquent en partie par le déplacement de la population entière d'un village d'agriculteurs dans la vallée du Jourdain, Ras Ein al-Auja, dont les 130 familles sont parties après des mois de harcèlement.

"Ce qui se passe aujourd'hui, c'est l'effondrement total de la communauté à cause des attaques continues et répétées des colons, jour et nuit, depuis deux ans", avait déclaré à l'AFP en janvier Farhan Jahaleen, un habitant de ce village bédouin.

Des colons israéliens en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, s'installent sur des terres agricoles utilisées par les Palestiniens et leur en refusent progressivement l'accès, selon un rapport de 2025 de l'ONG israélienne anti-colonisation La Paix Maintenant.

Pour contraindre les Palestiniens à partir, les colons recourent au harcèlement, à l'intimidation et à la violence, "avec le soutien du gouvernement et de l'armée israélienne", selon cette ONG.

"Personne ne met la pression sur Israël ou sur les autorités israéliennes pour arrêter cela, et les colons le ressentent: ils ont le sentiment d'une impunité totale, qu'ils sont libres de continuer", a déclaré Allegra Pacheco, directrice du West Bank Protection Consortium, un groupe d'ONG œuvrant pour soutenir les Palestiniens face aux déplacements.

"Tous les regards sont tournés vers Gaza lorsqu'on parle de la Palestine, alors que nous assistons à un nettoyage ethnique en cours en Cisjordanie et que personne n'y prête attention", a-t-elle déclaré à l'AFP.

L'expansion de la colonisation juive en Cisjordanie est considérée par l'ONU, avec la poursuite des violences, comme l'un des principaux obstacles à la résolution du conflit israélo-palestinien.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales au regard du droit international.


Gaza: 400 tonnes d'aide alimentaire envoyées par la France arrivent en Egypte

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
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  • L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber
  • Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza

PORT-SAID: Un porte-conteneur transportant près de 400 tonnes d'aide alimentaire envoyée par la France à Gaza est arrivé mercredi sur les côtes égyptiennes, ont annoncé le gouverneur de Port-Saïd et l'ambassade française en Egypte.

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich, la ville la plus proche du territoire palestinien, dans le nord de l'Egypte.

L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber.

Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza.

L'aide est destinée à "plus de 42.000 enfants âgés de 6 mois à 2 ans", a indiqué l'ambassade française dans un communiqué, sans dire quand la marchandise devait arriver à Gaza.

M. Habachi a assuré dans un communiqué de son bureau que "toutes les dispositions ont été prises pour garantir le passage fluide" du convoi humanitaire français vers Gaza.

"Il est impératif qu'Israël supprime tous les obstacles entravant la capacité de l'ONU et des ONG à acheminer l'aide humanitaire de manière indépendante et neutre dans l'ensemble de la bande de Gaza", a indiqué l'ambassade.

Affrété par la fondation de l'armateur français CMA CGM, le paquebot Tokyo qui transporte l'aide était parti du Havre mi-janvier, selon l'ambassade.

Le point de passage de Rafah --le seul entre Gaza et le monde extérieur qui ne passe pas par Israël-- a rouvert cette semaine au compte-gouttes.

Les autorités israéliennes, qui l'avaient fermé en mai 2024, n'ont pas accepté pour l'heure l'ouverture totale réclamée par les organisations humanitaires pour permettre une entrée massive de l'aide internationale.

Jusqu'à présent, quelques dizaines de Palestiniens l'ont emprunté dans les deux sens, essentiellement des malades ou des blessés évacués vers l'Egypte et accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.

Israël et le Hamas s'accusent quotidiennement de violer les termes de l'accord de cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre.

Mercredi, des bombardements israéliens ont fait 23 morts dans le territoire palestinien, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Après le cessez-le-feu, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l'ONU basé à Rome, avait déclaré que la famine était terminée à Gaza, mais avait alerté sur des niveaux élevés d'insécurité alimentaire.