Jour historique en Irlande du Nord: Michelle O'Neill, pro-unification, devient Première ministre

Michelle O'Neill, vice-première ministre d'Irlande du Nord et chef du parti républicain irlandais Sinn Fein, passe devant un portrait de Martin McGuinness dans le domaine de Stormont à Belfast, en Irlande du Nord, le 13 mai 2022. (Photo, AFP)
Michelle O'Neill, vice-première ministre d'Irlande du Nord et chef du parti républicain irlandais Sinn Fein, passe devant un portrait de Martin McGuinness dans le domaine de Stormont à Belfast, en Irlande du Nord, le 13 mai 2022. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 04 février 2024

Jour historique en Irlande du Nord: Michelle O'Neill, pro-unification, devient Première ministre

  • Michelle O'Neill est devenue samedi la première dirigeante favorable à l'unification de l'Irlande à prendre la tête du gouvernement nord-irlandais
  • Un basculement historique dans la province britannique au passé meurtri par trois décennies de conflit sanglant

BELFAST: Michelle O'Neill est devenue samedi la première dirigeante favorable à l'unification de l'Irlande à prendre la tête du gouvernement nord-irlandais, un basculement historique dans la province britannique au passé meurtri par trois décennies de conflit sanglant.

La cheffe de file du Sinn Fein nord-irlandais, âgée de 47 ans, a été désignée Première ministre après le redémarrage des institutions de la province. Celles-ci étaient bloquées depuis deux ans en raison du boycott des unionistes du DUP pour s'opposer aux dispositions commerciales post-Brexit qu'ils dénonçaient comme une menace sur la place de l'Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni.

Devant les élus réunis au palais de Stormont, Michelle O'Neill a salué "un jour historique", une "nouvelle ère" et promis une assemblée "pour tous", soulignant qu'il aurait été "inimaginable pour la génération de (ses) parents" qu'un nationaliste dirige l'exécutif local.

"Nous ne devons jamais oublier ceux qui ont perdu la vie ou été blessés, et leur familles", a-t-elle ajouté au sujet des "Troubles", qui ont fait 3.500 morts. "Je suis désolée pour toutes les vies perdues pendant le conflit, sans exception", a-t-elle insisté, faisant part de sa détermination à poursuivre le travail de réconciliation: "on ne peut pas changer le passé", mais "on peut bâtir un avenir meilleur".

Le président américain Joe Biden a salué le redémarrage des institutions en Irlande du Nord, évoquant un "pas important" pour l'avenir de la province.

Il a dit dans un communiqué espérer que ce "retour à la stabilité d'un gouvernement de partage du pouvoir renforce les dividendes de la paix, rétablit les services publics et qu'il continue à s'appuyer sur les immenses progrès réalisés au cours des dernières décennies".

En vertu de la co-gouvernance issue des accords du Vendredi saint de 1998, qui ont mis fin à trois décennies de conflit, Michelle O'Neill aura à ses côtés une vice-Première ministre unioniste, Emma Little-Pengelly.

Le Sinn Fein était arrivé en tête des élections de mai 2022, un basculement inédit pour cette formation autrefois vitrine politique de l'IRA (Armée républicaine irlandaise), mais l'impasse politique empêchait Michelle O'Neill d'accéder à ses fonctions.

Le gouvernement local, compétent dans des domaines comme le logement, la santé, l'emploi, l'agriculture et l'environnement doit être constitué. Les affaires courantes étaient gérées par l'administration et Londres depuis deux ans en raison du blocage qui suscitait une exaspération au sein de la population.

Après des mois de négociations avec le gouvernement britannique, les unionistes du Democratic Unionist Party (DUP) ont annoncé leur décision cette semaine de mettre fin à leur boycott. Celui-ci entraînait la paralysie de l'Assemblée et de l'exécutif local, où le pouvoir est partagé entre les unionistes - attachés au maintien de l'Irlande du Nord dans le giron britannique - et les républicains.

Casse-tête de la frontière

Soulignant le difficile chemin parcouru, le chef du DUP, Jeffrey Donaldson, a fait valoir que son parti avait "apporté le changement que beaucoup décrivaient comme impossible". Il a salué une "bonne journée pour l'Irlande du Nord", où "notre place au sein du Royaume-Uni et son marché intérieur est respectée et protégée".

Un argumentaire loin de convaincre les unionistes les plus durs, à l'instar de Jim Allister (TUV, Traditional Unionist Voice), pour qui l'Irlande du Nord reste "dirigée en bonne partie par des lois étrangères", celles de l'UE.

Dans la mise en oeuvre du Brexit, l'une des principales difficultés consistait à trouver une solution qui évite le retour d'une frontière physique entre la République d'Irlande, membre de l'UE, et la province britannique, tout en protégeant l'intégrité du marché unique européen.

Une modification de ces dispositions négociée entre Londres et Bruxelles il y a un an, baptisée "cadre de Windsor" et allégeant les contrôles sur les marchandises, n'avait pas suffi à convaincre le DUP.

Mais le parti unioniste dirigé par Jeffrey Donaldson a fini par accepter cette semaine un accord avec le gouvernement britannique, estimant que ce texte offre suffisamment de garanties et qu'il supprime la frontière en mer d'Irlande qu'il dénonçait.

Le redémarrage des institutions nord-irlandaises va aussi permettre le déblocage par Londres d'une enveloppe de 3,3 milliards de livres sterling (environ 3,9 milliards d'euros) pour soutenir les services publics, qui ont récemment connu une grève d'une ampleur historique.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Short Url
  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"


L'Iran dit que la diplomatie avec les Etats-Unis a été «mise à mal» par les frappes

Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • "Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu"
  • "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain"

TEHERAN : Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé mercredi que les Etats-Unis avaient porté atteinte aux efforts diplomatiques en cours visant à mettre fin à la guerre, après de nouvelles frappes américaines contre des cibles dans le sud de l'Iran.

"Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dans un message vidéo relayé par les médias iraniens. "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain", a-t-il ajouté.

 

 


Le Pakistan confirme des frappes à la frontière avec l'Afghanistan, faisant 26 morts

Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
Short Url
  • "À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches"
  • 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués

ISLAMABAD: Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan, après que Kaboul a déclaré que 12 personnes, dont des enfants, sont mortes dans l'attaque.

"À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches", a déclaré sur X le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, ajoutant que 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués.