Sacrée pour la quatrième fois, Taylor Swift entre dans l'histoire des Grammy Awards

Taylor Swift est entrée dans l'histoire des Grammy Awards dimanche en remportant une quatrième fois le prix de l'album de l'année, récompense reine d'une soirée largement dominée par les femmes, où elle a également annoncé la sortie d'un nouvel opus. (AFP)
Taylor Swift est entrée dans l'histoire des Grammy Awards dimanche en remportant une quatrième fois le prix de l'album de l'année, récompense reine d'une soirée largement dominée par les femmes, où elle a également annoncé la sortie d'un nouvel opus. (AFP)
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Publié le Lundi 05 février 2024

Sacrée pour la quatrième fois, Taylor Swift entre dans l'histoire des Grammy Awards

  • Après une année de tous les records, Taylor Swift est entrée de nouveau dans l'histoire de la pop dimanche en remportant un quatrième Grammy pour le titre prestigieux du meilleur album
  • Miley Cyrus a remporté le gramophone de l'enregistrement de l'année pour son tube «Flowers», dont elle a livré une version endiablée sur scène

LOS ANGELES: Taylor Swift est entrée dans l'histoire des Grammy Awards dimanche en remportant une quatrième fois le prix de l'album de l'année, récompense reine d'une soirée largement dominée par les femmes, où elle a également annoncé la sortie d'un nouvel opus.

Honorée pour son œuvre "Midnights", la chanteuse de 34 ans a reçu son prix des mains de Céline Dion. Elle entre ainsi au panthéon de la cérémonie comme l'artiste la plus récompensée pour ses albums, devant Frank Sinatra, Stevie Wonder et Paul Simon.

"J'aimerais vous dire que c'est le meilleur moment de ma vie, mais je me sens aussi heureuse quand je termine une chanson", a-t-elle réagi. "Merci beaucoup de m'avoir donné l'occasion de faire ce que j'aime tant! Je suis époustouflée!"

Egalement récompensée par le prix du meilleur album pop, Taylor Swift a profité de la soirée pour réaliser un gros coup marketing en annonçant la sortie d'un nouvel opus le 19 avril, intitulé "The Tortured Poets Department".

Les Grammy Awards confirment son statut de reine de la pop, après son élection comme personnalité de l'année 2023 par le magazine Time.

Sa tournée "Eras Tour" a rencontré un succès phénoménal. Elle a généré plus d'un milliard de dollars de recettes en 60 dates l'an dernier, un montant jamais vu dans l'histoire de la musique.

Les principales récompenses aux Grammy Awards 2024

Voici les récompenses dans les principales catégories des 66e Grammy Awards, équivalents des Oscars de la musique américaine décernés dimanche à Los Angeles.

Album de l'année

"Midnights" - Taylor Swift

Enregistrement de l'année, attribué pour la performance globale d'un titre 

"Flowers" - Miley Cyrus

Chanson de l'année, attribué aux auteurs et compositeurs

"What Was I Made For?" (du film "Barbie") - Billie Eilish & Finneas O'Connell, auteurs (Billie Eilish)

Révélation de l'année

Victoria Monét

Meilleur album de rap

"Michael" - Killer Mike

Meilleur album de rock

"This is Why" - Paramore

Meilleur album pop

"Midnights" - Taylor Swift

Meilleur album de musique du monde

"This Moment" - Shakti

Les artistes avec le plus de récompenses 

Phoebe Bridgers - 4

boygenius - 3

SZA - 3

Victoria Monét - 3

Killer Mike - 3

Taylor Swift - 2

Billie Eilish 2

Miley Cyrus 2

Jason Isbell 2

Chris Stapleton 2

Miley Cyrus et Billie Eilish

Dans les autres grandes catégories, Miley Cyrus a remporté le gramophone de l'enregistrement de l'année pour son tube "Flowers", dont elle a livré une version endiablée sur scène.

"Ce prix est extraordinaire mais j'espère vraiment qu'il ne changera rien parce que ma vie était belle hier", a réagi la chanteuse de 31 ans en recevant cette récompense qui salue la qualité globale d'un titre.

Sa concurrente Billie Eilish a, elle, raflé le prix de la chanson de l'année pour sa balade mélancolique "What Was I Made For?", titre phare de la bande originale du film "Barbie".

"C'est dingue", a réagi la star de 22 ans, en acceptant avec son frère Finneas O'Connell ce prix qui récompense les auteurs-compositeurs. "Merci à Greta Gerwig d'avoir réalisé le meilleur film de l'année."

Avec entre autres Dua Lipa et Nicki Minaj sur sa bande originale, "Barbie" était l'un des invités de marque de la soirée et sa musique a remporté deux autres trophées.

Côté espoirs de la musique, c'est la chanteuse R&B et pop Victoria Monét qui a été élue révélation de l'année. Son premier album "Jaguar II" a été très remarqué en 2023.

Domination féminine 

Trois Grammys pour la chanteuse R&B SZA, le trio féminin boygenius vainqueur de trois catégories rock, sans oublier les nominations de Lana Del Rey, Olivia Rodrigo ou Janelle Monae: ces Grammys Awards ont largement célébré la domination des femmes sur le paysage musical américain.

Reparti les mains vides, le jazzman Jon Batiste était le seul homme en course dans les catégories majeures. Une évolution remarquable, pour une cérémonie qui a longtemps été critiquée pour son manque de diversité.

"Pouvons-nous savourer une seconde le fait que les femmes ont dominé la musique cette année?", a lâché l'humoriste sud-africain Trevor Noah en lançant la soirée.

Cela n'a pas empêché Jay-Z de susciter un petit malaise. Récompensé par un prix pour l'ensemble de son œuvre, le rappeur a ravivé la polémique autour de sa femme Beyoncé, que les Grammy Awards ont toujours ignorée pour la récompense reine du meilleur album.

Un paradoxe, car "Queen B" est l'artiste la plus récompensée de l'histoire de la cérémonie, avec 32 gramophones.

"Réfléchissez à ça, plus grand nombre de Grammys, pas un album de l'année, quelque chose cloche", a-t-il lancé, avec son épouse à ses côtés.

Taylor Swift, plus reine de la pop que jamais

Elle est partout, enchaînant les tubes, les concerts, les records, les couvertures de magazines et compte surtout des fans très fidèles à travers la planète: il s'agit bien sûr de Taylor Swift.

Après une année de tous les records, elle est entrée de nouveau dans l'histoire de la pop dimanche en remportant un quatrième Grammy pour le titre prestigieux du meilleur album.

L'artiste de 34 ans fait ainsi mieux que des légendes américaines de la musique comme Frank Sinatra, Paul Simon ou Stevie Wonder.

Près de 20 ans après s'être lancée, rien ne semble devoir l'arrêter. Son "Eras Tour" devrait engranger un total de deux milliards de dollars de recettes après avoir déjà crevé l'année dernière le plafond symbolique du milliard recueilli, une première dans l'histoire de la musique.

Avec ses centaines de millions d'abonnés sur les réseaux sociaux et sa base de "Swifties" dévoués, elle peut faire osciller la balance de l'opinion sans trop d'efforts, si bien que des politiques spéculent sur son influence potentielle sur la présidentielle américaine de novembre.

«Une Madonna»

"On ne peut pas vivre aux Etats-Unis sans avoir entendu parler de Taylor Swift", s'amuse Kristin Lieb, spécialiste de la pop et des marques au Emerson College.

"Elle a suivi tous les conseils du manuel d'une Madonna et a commencé à écrire son propre livre. C'est incroyable!".

D'après les estimations, son empire pèse plus d'un milliard de dollars. Le film-concert de la superstar américaine a raflé à l'automne plus de 93 millions de dollars de recettes lors de son premier week-end.

La NFL, la ligue professionnelle de football américain, a gagné des légions de nouveaux fans grâce à l'histoire d'amour ultra-médiatisée entre la chanteuse et Travis Kelce, star des Kansas City Chiefs.

Depuis son adolescence, l'artiste a l'habitude de voir sa vie privée étalée au grand jour.

Et tous les succès engrangés en 2023 ont valu à la pop star d'être sacrée personnalité de l'année par le magazine Time, un titre généralement décerné à des Volodymyr Zelensky, Martin Luther King ou Greta Thunberg. Taylor Swift est ce personnage "rare qui est à la fois l'écrivaine et l'héroïne de sa propre histoire", a salué le magazine.

La chanteuse a fait ses débuts professionnels à l'adolescence, signant avec Big Machine Records, maison de disques de Nashville, en tant qu'artiste country.

Son premier album, sobrement baptisé "Taylor Swift", lui a valu une base solide de supporteurs mais c'est "Fearless", son second opus country/pop publié en 2008 qui l'a propulsée dans la culture populaire, avec des titres comme "Love Story" ou "You Belong with Me".

Dans les albums suivants, "Speak Now" (2010) and "Red" (2012), Taylor Swift emprunte davantage aux influences rock et électro. Son cinquième opus, "1989" est complètement pop.

«Version Taylor»

La mégastar a expliqué récemment dans Time que les années suivantes n'ont pas été simples, évoquant une époque qui n'avait pas encore remis en cause le traitement réservé aux jeunes femmes célèbres, scrutées à la loupe, critiquées au moindre soupçon de faux pas.

Son différend avec Kanye West et Kim Kardashian n'a pas aidé. "Toutes les hyènes ont accouru pour tirer sur la cible", se souvient-elle.

Autre tournant délicat, le moment en 2018 où la star est arrivée en fin de contrat avec Big Machine et a rejoint Universal sans les droits sur ses précédents albums.

Elle a porté sur la place publique son combat pour récupérer la propriété des enregistrements de ses six premiers opus après le rachat de son ancienne maison de disques.

Elle s'en est pris vertement à son ancien manager Scooter Braun, fondateur de la société qui avait acquis son catalogue, le qualifiant de "manipulateur" ayant profité d'elle professionnellement à ses débuts.

Taylor Swift a décidé de réenregistrer les six premiers disques, invitant les "Swifties" à écouter la "version Taylor" de ses œuvres.

Pari audacieux mais gagné. Elle a agrémenté les nouveaux enregistrements d'inédits, comme une version de "All Too Well" de dix minutes de long, ce qui a fait la joie de ses fans de la première heure, séduit de nouveaux admirateurs, et forcé l'admiration de l'industrie musicale.

Parallèlement, l'artiste a sorti quatre albums inédits, "Lover", réalisé avec le producteur Jack Antonoff, "Folklore", "Evermore" et "Midnights".

Tracy Chapman ovationnée 

La soirée a démarré fort avec une standing ovation réservée à Tracy Chapman, qui a interprété son tube "Fast Car" en duo avec Luke Combs, lors d'une très rare apparition sur scène de la légende américaine.

Le chanteur de country a repris ce titre qu'elle avait sorti en 1988, ce qui lui a valu une nomination cette année.

Parmi les autres performances de la soirée, Joni Mitchell a marqué les esprits en interprétant son tube "Both Sides, Now". A 80 ans, cette figure de la génération Woodstock se produisait pour la première fois sur la scène des Grammys et a remporté le prix du meilleur album folk.

Les coulisses de la cérémonie ont aussi été marquées par l'arrestation du rappeur Killer Mike. Il a été menotté par la police dans les couloirs de la Crypto Arena, quelques moments après avoir été récompensé par trois gramophones, dont celui du meilleur album rap pour son opus "Michael".

Sollicitée par l'AFP au sujet du motif de cette interpellation, la police de Los Angeles n'a pas immédiatement répondu.


« Arduna » à AlUla : quand l’art contemporain scelle une coopération culturelle historique entre la France et l’Arabie saoudite

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
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  • Présentée comme un geste artistique fort autant qu’un acte de confiance entre deux nations, Arduna s’inscrit dans la continuité de l’accord intergouvernemental signé en 2018
  • « Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030»

ALULA: L’inauguration de l’exposition Arduna marque une étape fondatrice dans le développement culturel de l’Arabie saoudite et dans la coopération franco-saoudienne. Inédite par son ampleur et première du genre en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, cette exposition est le fruit d’un commissariat conjoint entre le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla et le Centre Pompidou, avec le soutien de l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement :

« C’est un grand honneur d’être à vos côtés ici ce soir pour inaugurer “Arduna”, exposition fondatrice et inédite dans son ampleur. Je dis fondatrice, parce qu’elle est à la fois un geste artistique majeur, et un geste de confiance entre nos deux pays. »

Un jalon issu de l’accord intergouvernemental de 2018

L’exposition s’inscrit directement dans le prolongement de l’accord intergouvernemental signé en 2018 par la France et l’Arabie saoudite, en présence du Président Emmanuel Macron et de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed ben Salmane. Cet accord a ouvert une coopération ambitieuse autour du développement culturel, patrimonial, environnemental et humain d’AlUla, en cohérence avec la Vision 2030 du Royaume.

Jean-Yves Le Drian a rappelé la vision commune à l’origine de cet engagement :

« Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030. L’art et la culture, la valorisation du patrimoine comme l’élan de la création y jouent un rôle majeur. »

Aujourd’hui, les résultats de cette coopération sont visibles et concrets, notamment à travers l’inauguration du pavillon d’exposition, première étape vers le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla prévu à l’horizon 2030.

« Arduna », une exposition ancrée dans son territoire

Intitulée Arduna – « Notre Terre » –, l’exposition revendique un lien étroit avec l’identité d’AlUla. Une approche que Jean-Yves Le Drian a tenu à distinguer de modèles d’expositions décontextualisées :

« “Arduna” n’est pas une exposition “posée” sur un territoire, hors sol. C’est un modèle de programmation à l’écoute de son temps et surtout à l’écoute d’AlUla et de son identité très singulière, celle d’un territoire où la nature, l’archéologie, la mémoire et l’avenir se répondent à chaque instant. »

Il insiste également sur la démarche de co-construction :

« L’idée n’était pas d’importer un récit, mais de co-développer une exposition et, au-delà, une vision, ancrée dans l’exceptionnelle magie de ce lieu. »

Les commissaires de l’exposition, Candida Pestana et Anne Hiddleston Galloni, ont été saluées pour leur travail approfondi et leur implication tout au long de la préparation de cet événement.

Une première concrétisation du futur musée d’art contemporain d’AlUla

Au-delà de l’exposition, Arduna constitue la première réalisation tangible du partenariat stratégique conclu en 2023 entre la Commission Royale pour AlUla et le Centre Pompidou. Ce partenariat vise à accompagner la création du futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla, appelé à devenir une institution de référence internationale.

Jean-Yves Le Drian a souligné l’engagement global du Centre Pompidou :

« Je suis reconnaissant au Centre Pompidou d’avoir mobilisé son expertise dans tous les domaines : le commissariat, la scénographie, la production, la médiation, l’édition, mais aussi l’accompagnement architectural du pavillon, ainsi que les actions de formation et de mentorat de la future équipe du musée. »

Le futur musée, conçu par l’architecte Lina Gotmeh, se veut à la fois international et profondément enraciné dans son environnement local, notamment à travers son dialogue avec l’espace voisin de Daïmumah.

Une dynamique culturelle franco-saoudienne durable

L’inauguration de Arduna s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération culturelle entre la France et l’Arabie saoudite à AlUla. Jean-Yves Le Drian a rappelé l’ouverture récente de la Villa Hégra, autre jalon majeur de ce partenariat :

« La Villa Hégra témoigne de ce que nous sommes en mesure de construire ensemble : un lieu de création, de recherche, de résidence et de transmission, où les scènes françaises, francophones et saoudiennes se rencontrent et projettent des coopérations fortes. »

La culture comme langage commun

En conclusion, le président d’AFALULA a résumé l’esprit de cette coopération :

« Ce soir, nous inaugurons une exposition. Mais plus profondément, nous célébrons une belle histoire : celle d’un partenariat qui se construit dans la durée, qui investit dans la confiance, et qui choisit la culture comme langage commun. »

L’exposition Arduna illustre ainsi l’ambition partagée de faire d’AlUla un pôle culturel majeur, où le patrimoine exceptionnel du territoire dialogue avec la création contemporaine, au cœur d’un partenariat stratégique entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France.


AlUla: l’exposition « Arduna », fonde un socle de dialogue et de culture

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  • AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO
  • Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures

PARIS: Au cœur du nord-ouest de l’Arabie saoudite, à plus de 1 100 kilomètres de Riyad, l’oasis d’AlUla s’impose progressivement comme l’un des laboratoires culturels les plus ambitieux du Moyen-Orient.

Territoire aux paysages spectaculaires et au patrimoine plurimillénaire, marqué par les civilisations lihyanite et nabatéenne, AlUla n’est plus seulement un site archéologique d’exception, mais devient un véritable projet de civilisation.

arduna

L’exposition « Arduna » (Notre terre), présentée dans le cadre de la 5ᵉ édition du Festival des arts d’AlUla, en est aujourd’hui l’une des expressions les plus abouties.

Organisée dans les espaces préfigurateurs du futur musée d’art contemporain saoudien, l’exposition incarne une coopération culturelle structurante entre la France et l’Arabie saoudite, portée conjointement par l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA) et la Commission royale pour AlUla (RCU), avec le concours du Centre Pompidou.

Plus qu’un événement artistique, « Arduna » s’inscrit dans une stratégie de long terme visant à faire de l’art un pilier du développement territorial, social et symbolique d’AlUla.

Un dialogue entre patrimoine et création contemporaine

AlUla s’étend sur 22 561 km², mêlant vallée fertile, formations rocheuses monumentales et vestiges historiques uniques, dont Hegra, premier site saoudien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Carrefour de routes commerciales antiques, la région fut pendant des siècles un lieu de circulation, d’échanges et de dialogue entre les cultures.

C’est dans le cadre de cet héritage que s’inscrit aujourd’hui la politique culturelle conduite par la Commission royale pour AlUla, en lien étroit avec AFALULA, fer de lance de la coopération franco-saoudienne.

L’objectif est clair : préserver le patrimoine tout en l’inscrivant dans le présent, relier l’histoire longue du territoire à la création contemporaine internationale et faire d’AlUla un espace vivant, habité et partagé.

Depuis cinq ans, le Festival des arts d’AlUla joue un rôle central dans cette transformation. Il a progressivement installé la région comme un foyer de création et de rencontres artistiques, en dialogue constant avec le paysage, les habitants et l’histoire du lieu.

Dans ce contexte, l’exposition « Arduna » marque une étape décisive. Conçue par deux commissaires — Anna Hiddleston, du Centre Pompidou, et Candida Pestana, cheffe des commissaires pour les arts contemporains à la RCU —, elle repose sur un principe fort : le dialogue entre les œuvres, les cultures et les récits.

L’exposition est structurée en six sections, chacune mettant en regard des artistes d’horizons différents.

Ainsi, une œuvre de Vassily Kandinsky dialogue avec celles de l’artiste syro-libanaise Etel Adnan, tandis qu’un échange visuel et conceptuel s’opère entre le photographe palestinien Tarek Al-Ghoussein et l’artiste français Cyprien Gaillard.

À ces confrontations s’ajoutent des installations créées spécifiquement pour AlUla par cinq artistes contemporains : Renaud Auguste-Dormeuil, Dana Awartani, Tarek Atoui, Tavares Strachan et Ayman Zedani.

Ces œuvres inédites ancrent l’exposition dans le territoire même d’AlUla, renforçant son caractère non itinérant et profondément contextuel.

« Arduna » constitue une première majeure à plusieurs titres : il s’agit de la première exposition de cette ampleur organisée à AlUla en co-commissariat avec une grande institution internationale, et de la première exportation temporaire d’un ensemble significatif d’œuvres du Centre Pompidou depuis sa fermeture pour rénovation.

Un modèle culturel fondé sur la co-construction

Contrairement à de nombreux projets culturels dans le Golfe fondés sur la simple importation de contenus occidentaux, le modèle retenu ici privilégie la co-construction.

Sur les 75 œuvres présentées, une partie provient de prêts internationaux, tandis qu’une autre appartient à la collection constituée ces dernières années par la Commission royale pour AlUla, reflétant une politique affirmée d’acquisition et de souveraineté culturelle.

La durée de trois mois (du 31 janvier au 15 avril), conforme aux standards internationaux, permet de toucher un public local, régional et international, dans un territoire encore en phase de montée en puissance touristique, mais dont la fréquentation progresse rapidement, notamment grâce à des équipements culturels et de loisirs déjà largement fréquentés par les habitants.

Au-delà de l’exposition elle-même, « Arduna » s’inscrit dans une compétition culturelle internationale intense, alors que des artistes américains, britanniques, italiens, mais aussi de plus en plus chinois, déploient des moyens considérables en Arabie saoudite.

Pour les responsables du projet, l’horizon est clairement fixé à 2030, en cohérence avec les grandes échéances saoudiennes, dont l’Exposition universelle de Riyad. Leur ambition est de créer un pont entre AlUla, les grands sites patrimoniaux, le futur musée d’art contemporain et les grands rendez-vous internationaux, afin de faire rayonner l’oasis bien au-delà de ses frontières.

En préfigurant le futur musée d’art contemporain, « Arduna » dépasse ainsi le cadre d’une exposition temporaire et propose un nouveau modèle culturel, fondé sur le temps long, la création partagée et l’ancrage territorial.

Ce modèle fait de l’art non pas un simple outil d’attractivité touristique, mais un vecteur de sens, de dialogue et de transformation sociale.


Haute couture: ode à la nature pour les premiers pas de Matthieu Blazy chez Chanel

Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
Le créateur de mode belge Matthieu Blazy salue le public à la fin du défilé de la collection Haute Couture printemps-été 2026 de Chanel, dans le cadre de la Fashion Week Haute Couture de Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)
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  • Débuts très attendus de Matthieu Blazy chez Chanel : une première collection haute couture poétique et aérienne, célébrant la nature à travers transparences, plumes et motifs de champignons, sous la verrière du Grand Palais
  • Une semaine marquée par le renouveau des grandes maisons : Jonathan Anderson chez Dior, Armani sans Giorgio pour la première fois, et des défilés spectaculaires signés Rolland et Fournié, illustrant un vaste mercato qui redessine la haute couture

PARIS: Des oiseaux, des champignons et beaucoup de légèreté: Matthieu Blazy a fait mardi à Paris ses débuts en haute couture chez Chanel avec une collection toute en transparence, délicatesse et plumes, véritable ode à la nature et à la poésie.

Sous la verrière du Grand Palais, métamorphosée pour l'occasion en une forêt onirique peuplée de champignons géants et de saules pleureurs roses, le créateur franco-belge de 41 ans a voulu, à travers ce premier vestiaire, "sonder et explorer le coeur de Chanel", explique un communiqué.

Matthieu Blazy réinvente ainsi une nouvelle fois l'emblématique tailleur de la maison dans une superposition de mousseline de soie transparente aux couleurs pastel et aux broderies en forme de champignons, sous laquelle se dessinent d'élégants sous-vêtements.

Le champignon, envoyé sous forme de pendentif en guise d'invitation, se décline dans les talons de certains escarpins.

La transparence et la légèreté s'invitent également dans des robes vaporeuses et des ensembles débardeurs et jupes, assortis d'écharpes qui traînent jusqu'au sol, et même sur un pantalon en jean.

Progressivement, les matières gagnent en densité: les tissus s’épaississent, se structurent, et la collection bascule vers des tailleurs et des manteaux en tweed, dont les extrémités s'ornent de plumes légères.

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Une mannequin défile lors de la présentation de la collection Chanel Haute Couture printemps-été 2026 pour femmes, à Paris, le 27 janvier 2026. (AFP)

Ces plumes, d'abord discrètes, finissent par s'imposer. Elles encerclent les ourlets des robes, soulignent les lignes d'une jupe ou d'un top, avant d'envahir entièrement certains tailleurs et silhouettes du soir, transformant les mannequins en femmes-oiseaux.

Le défilé s'est conclu par la traditionnelle mariée en ensemble jupe et haut à manches longues, entièrement rebrodé comme une nuée de minuscules plumes blanches.

Une première incursion dans la haute couture qui a attiré un parterre de stars, de Nicole Kidman à Dua Lipa, en passant par Penelope Cruz et Tilda Swinton.

- Mercato -

Ce premier défilé était l'un des plus attendus de cette semaine de la haute couture, avec celui de Jonathan Anderson lundi chez Dior.

Le créateur nord-irlandais de 41 ans avait également mis la nature à l'honneur, mais à travers des silhouettes très fleuries à la fois sculpturales et aériennes.

La nomination, ces derniers mois, de ces deux quadragénaires à la tête de deux des plus prestigieuses maisons a été le point d'orgue du vaste mercato qui agite la mode depuis près de deux ans.

Débauché de Bottega Veneta en décembre 2024, Matthieu Blazy avait déjà créé l’événement. Lors de son premier défilé de prêt‑à‑porter en octobre, le créateur avait revisité les codes fondateurs de Chanel en jouant sur les contrastes — tweeds effilochés, mailles colorées, tailleurs déhanchés et jupes en plumes — un passage ovationné et salué par une critique unanime.

- Armani sans Giorgio -

Autre temps fort de cette journée, Armani a présenté en début de soirée la première collection haute couture de la maison italienne sans la supervision de son fondateur Giorgio, décédé début septembre à l'âge de 91 ans.

Cette collection est signée par sa nièce Silvana Armani, qui avait travaillé à ses côtés sur le prêt-à-porter féminin et signe ses premiers pas en haute couture.

Un premier vestiaire, que l'Italienne a voulu "comme du Armani classique, mais avec une touche d'originalité", dans lequel se déclinaient de nombreux tailleurs pantalons souples et satinés, de somptueuses robes du soir scintillantes et des blouses rebrodées de perles, dans une palette noire, blanche, rose nude et vert d'eau.

De son côté, le couturier Stéphane Rolland a investi le Cirque d'hiver pour présenter une nouvelle collection aux silhouettes toujours très structurées, entre robes de soirée, combinaisons ajustées ou aux pantalons bouffants, dans ses couleurs fétiches que sont le rouge, le noir et le blanc.

Incarné par les mannequins Adriana Karembeu et Coco Rocha, le show s'est achevé par un lâcher de colombes et la performance aérienne d'une acrobate, le tout sous le regard de la première dame Brigitte Macron, du chanteur Marc Lavoine et du cinéaste Claude Lelouch.

Julien Fournié a de son côté dévoilé un vestiaire mêlant robes de soirée aux jupes volumineuses, pièces richement ornées de strass et de broderies – parfois inspirées du graffiti, des mangas ou du cinéma de genre – ainsi que des ensembles associant vestes en jean et transparences constellées de strass façon tatouage.