Soudan: l'ONU a besoin de 4,1 milliards de dollars pour l'aide humanitaire en 2024

Des habitants des États de Khartoum et d'Al-Jazira, déplacés par le conflit en cours au Soudan entre l'armée et les paramilitaires, font la queue pour recevoir l'aide d'une organisation caritative à Gedaref, le 30 décembre 2023. (Photo, AFP)
Des habitants des États de Khartoum et d'Al-Jazira, déplacés par le conflit en cours au Soudan entre l'armée et les paramilitaires, font la queue pour recevoir l'aide d'une organisation caritative à Gedaref, le 30 décembre 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 07 février 2024

Soudan: l'ONU a besoin de 4,1 milliards de dollars pour l'aide humanitaire en 2024

  • Au Darfour, dans l'ouest du pays, un enfant meurt toutes les deux heures dans le camp de déplacés de Zamzam
  • Près des trois quarts des établissements de santé sont hors service dans les Etats soudanais touchés par le conflit

GENEVE: L'ONU a demandé mercredi 4,1 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros) pour répondre en 2024 aux besoins humanitaires de la population au Soudan, où une guerre civile fait rage, et des Soudanais ayant fui dans les pays voisins.

"Dix mois de conflit ont privé la population soudanaise de presque tout: sécurité, logement et moyens de subsistance", a déclaré le coordinateur aux Affaires humanitaires des Nations unies Martin Griffiths, dans un communiqué.

La guerre fait rage depuis le 15 avril 2023 entre l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les Forces de soutien rapide (FSR, paramilitaires) du général Mohammed Hamdane Daglo, ancien numéro deux du pouvoir militaire, et les efforts diplomatiques pour des négociations de paix ont jusque-là échoué.

Au fil des mois les combats se sont élargis, y compris à l'Etat soudanais d'Al-Jazirah, considéré avant la guerre comme le grenier à blé du pays, et la faim n'épargne pas la population, avec près de 18 millions de personnes dans tout le pays qui sont y actuellement confrontées de manière aiguë, selon le communiqué de l'ONU.

Ainsi au Darfour, dans l'ouest du pays, un enfant meurt toutes les deux heures dans le camp de déplacés de Zamzam, l'un des plus grands et anciens du pays qui accueille 300.000 à 500.000 personnes selon les estimations, a alerté cette semaine l'ONG Médecins sans frontières (MSF).

Dans l'ensemble dans le pays, l'un des plus pauvres du monde, quelque 25 millions de personnes, soit environ la moitié de la population, ont besoin d'aide humanitaire pour survivre.

Près des trois quarts des établissements de santé sont hors service dans les Etats soudanais touchés par le conflit, tandis que des maladies telles que le choléra, la rougeole et le paludisme se propagent.

«Faire mieux»

Plus de 1,5 million de personnes ont fui les violences dans le pays, trouvant refuge en République centrafricaine, au Tchad, en Egypte, en Ethiopie et au Soudan du Sud, qui accueillaient déjà d'importantes populations de réfugiés avant cette guerre.

Les Nations unies indiquent avoir besoin cette année d'un total de 4,1 milliards de dollars, dont 2,7 milliards doivent permettre de venir en aide à 14,7 millions de personnes au Soudan.

"La générosité des donateurs nous aide à apporter de la nourriture, des abris, de l'eau potable et une éducation aux enfants, ainsi qu'à lutter contre le fléau de la violence fondée sur le genre et à prendre soin des rescapés", a indiqué M. Griffiths.

"Mais l'appel de l'année dernière a été financé à moins de la moitié. Cette année nous devons faire mieux et avec un sentiment d'urgence accru", a-t-il ajouté, en référence aux besoins humanitaires à l'intérieur du Soudan.

Par ailleurs, sur les 4,1 milliards de dollars demandés, 1,4 milliard doit permettre à l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) d'apporter son assistance à environ 2,7 millions personnes dans les pays de la région (réfugiés et communautés d'accueil).

"Je viens tout juste de rencontrer des familles déplacées en Ethiopie et à l'intérieur du Soudan - elles ont tellement perdu", a déclaré le patron du HCR, Filippo Grandi, dans le communiqué.

"Je demande instamment à la communauté internationale d'intensifier son soutien au peuple soudanais. Il a désespérément besoin d'aide, et il en a besoin maintenant", a-t-il observé.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.