Netanyahu rejette la proposition de cessez-le-feu du Hamas et plaide en faveur d'une victoire totale dans cette guerre

Une jeune palestinienne marche sur les décombres dans une zone qui a été touchée par des bombardements israéliens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 février 2024 (Photo, AFP).
Une jeune palestinienne marche sur les décombres dans une zone qui a été touchée par des bombardements israéliens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 7 février 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 08 février 2024

Netanyahu rejette la proposition de cessez-le-feu du Hamas et plaide en faveur d'une victoire totale dans cette guerre

  • Benjamin Netanyahu a écarté l'idée d'une pause des combats, assurant que la victoire sur le Hamas était une affaire de mois
  • M. Blinken avait auparavant répété qu'il restait «beaucoup de travail» pour parvenir à un accord

GAZA: Le Premier ministre israélien a ordonné mercredi à l'armée de "préparer" l'offensive sur Rafah, où sont massés les Palestiniens déplacés par la guerre contre le Hamas, rejetant toute concession dans les négociations en vue d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

"Nous avons donné l'ordre aux forces de défense israéliennes de préparer une opération à Rafah ainsi que dans deux camps (de réfugiés), derniers bastions restants du Hamas", a expliqué Benjamin Netanyahu dans un discours à la télévision, le jour où la guerre entrait dans son cinquième mois.

Il a écarté l'idée d'une pause des combats, assurant que la victoire sur le mouvement islamiste palestinien était "une affaire de mois" grâce à la "poursuite de la pression militaire".

"Capituler devant les exigences délirantes du Hamas (...) non seulement n'amènera pas la libération des otages, mais entraînera un autre massacre", a-t-il dit.

Cette annonce intervient alors que le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken est en Israël dans le cadre d'une tournée régionale pour discuter d'un accord de trêve.

M. Blinken avait auparavant répété qu'il restait "beaucoup de travail" pour parvenir à un accord incluant la libération des otages retenus dans le territoire palestinien, à la veille de l'ouverture au Caire d'un nouveau cycle de tractations, parrainé par l'Egypte et le Qatar, selon un responsable égyptien.

«Film d'horreur»

La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent menée sur le sol israélien par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

Environ 250 personnes ont été enlevées ce jour-là. Selon Israël, 132 otages sont toujours détenus à Gaza, dont 29 seraient morts.

En riposte, Israël a juré de "détruire" le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, et a lancé une offensive qui a fait 27.708 morts dans le territoire palestinien, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien, et la ville voisine de Rafah, refuge pour des centaines de milliers de déplacés qui craignent un assaut terrestre, ont été de nouveau la cible de bombardements israéliens mercredi, selon un journaliste de l'AFP.

"Nous n'avons pas dormi de la nuit. Le bruit des avions n'a pas cessé. Les bombardements sont devenus si proches et si violents. Je suis terrorisée à l'idée qu'Israël lance une opération terrestre sur Rafah", a confié à l'AFP Dana Ahmed, une femme de 40 ans qui a fui la ville de Gaza, dans le nord, et vit sous une tente à Rafah.

"Je ne peux pas imaginer ce qui va nous arriver", a-t-elle ajouté. "Où irons-nous? J'ai l'impression de vivre un film d'horreur".

«Conséquences incalculables»

Après l'Egypte et le Qatar mardi, le secrétaire d'Etat américain s'est rendu mercredi à Jérusalem puis à Ramallah en Cisjordanie occupée, pour sa cinquième tournée dans la région depuis le début de la guerre. Il vient soutenir une proposition de trêve élaborée par des responsables américains, qataris et égyptiens fin janvier à Paris, à laquelle le Hamas a répondu.

A la suite d'un entretien avec M. Netanyahu, il a dit espérer "reprendre la libération des otages qui a été interrompue", en allusion à une première trêve d'une semaine fin novembre. En tout, 105 otages et 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël avaient été libérés.

Il a également discuté de "pas supplémentaires" pour acheminer de l'aide dans la bande de Gaza, assiégée par Israël et plongée dans une crise humanitaire majeure.

La visite d'Antony Blinken "est un cauchemar", parce qu'à chaque visite, Israël "intensifie ses agressions pour lui montrer qu'il refuse toute trêve", a affirmé Mohammad Abou Nada, venu se recueillir à l'hôpital Najjar de Rafah sur la dépouille d'un proche tué dans une frappe.

Environ 1,7 million de personnes, selon l'ONU, ont été déplacées par la guerre sur les 2,4 millions d'habitants du petit territoire dévasté.

Après avoir fui les combats plus au nord, plus de 1,3 million de déplacés, selon l'ONU, s'entassent dans des conditions désespérées à Rafah, soit cinq fois la population initiale de cette ville adossée à la frontière fermée avec l'Egypte.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a mis en garde contre les "conséquences régionales incalculables" d'un éventuel assaut sur Rafah qui "augmenterait de façon exponentielle ce qui est déjà un cauchemar humanitaire".


Le prince héritier saoudien et Macron discutent de Gaza et de la guerre entre la Russie et l'Ukraine

Les deux hommes ont également passé en revue les relations et la coopération bilatérales, ainsi que les derniers développements régionaux et internationaux. (SPA/AFP)
Les deux hommes ont également passé en revue les relations et la coopération bilatérales, ainsi que les derniers développements régionaux et internationaux. (SPA/AFP)
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RIYADH : Le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane a reçu mercredi un appel du président français Emmanuel Macron, a indiqué l'agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté de la situation à Gaza et de la guerre entre la Russie et l'Ukraine, ainsi que des efforts visant à assurer la sécurité et la stabilité.

Les deux hommes ont également passé en revue les relations et la coopération bilatérales, ainsi que les derniers développements régionaux et internationaux.


Liban: un groupe allié du Hamas annonce la mort d'un de ses cadres dans une frappe israélienne

Des personnes et des soldats de l'armée vérifient l'épave d'une voiture dans laquelle un dirigeant d'un groupe islamiste proche du mouvement palestinien Hamas aurait été tué par une frappe israélienne dans le village de Ghazze, dans la région de la Bekaa, à l'est du Liban, le 18 juillet 2024. (AFP)
Des personnes et des soldats de l'armée vérifient l'épave d'une voiture dans laquelle un dirigeant d'un groupe islamiste proche du mouvement palestinien Hamas aurait été tué par une frappe israélienne dans le village de Ghazze, dans la région de la Bekaa, à l'est du Liban, le 18 juillet 2024. (AFP)
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  • L'agence de presse officielle ANI a précisé que "le responsable de Jamaa Islamiya, Mohamad Hamed Jabbara", a été tué dans une frappe de "drone ennemi" ayant visé son pick-up à 06H30 (03H30 GMT) dans la Békaa, dans l'est du Liban
  • Les violences qui ont éclaté à la frontière israélo-libanaise en marge de la guerre à Gaza ont fait 512 morts au Liban

BEYROUTH : Le groupe islamiste Jamaa Islamiya, proche du Hamas palestinien, a annoncé la mort d'un de ses cadres jeudi dans une frappe israélienne qui a visé son véhicule dans l'est du Liban.

Depuis le début de la guerre le 7 octobre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, le Hezbollah libanais et des groupes alliés, qui soutiennent le mouvement islamiste palestinien, échangent quotidiennement des tirs à la frontière entre le Liban et Israël.

Dans un communiqué, la Jamaa Islamiya a annoncé la mort de son "commandant", Mohamad Hamed Jabbara, dans un "raid sioniste (israélien) odieux".

L'agence de presse officielle ANI a précisé que "le responsable de Jamaa Islamiya, Mohamad Hamed Jabbara", a été tué dans une frappe de "drone ennemi" ayant visé son pick-up à 06H30 (03H30 GMT) dans la Békaa, dans l'est du Liban.

Formée en 1960, la Jamaa islamiya est étroitement liée au Hamas avec lequel elle affirme mener des attaques contre Israël depuis le sud du Liban.

Les violences qui ont éclaté à la frontière israélo-libanaise en marge de la guerre à Gaza ont fait 512 morts au Liban, en majorité des combattants, dont neuf de la Jamaa Islamiya, mais incluent au moins 104 civils, selon un décompte de l'AFP.

Du côté israélien, 17 soldats et 13 civils ont été tués, selon les autorités.


L'Arabie saoudite demande au Conseil de sécurité de l'ONU d’obliger Israël à mettre fin à la guerre et à la "famine" à Gaza

Le représentant permanent de l'Arabie saoudite auprès de l'ONU, Abdulaziz Alwasil, a déclaré que Tel-Aviv devait se conformer aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, qui appellent à un cessez-le-feu immédiat et à l'acheminement de l'aide à Gaza. (Photo: AFP)
Le représentant permanent de l'Arabie saoudite auprès de l'ONU, Abdulaziz Alwasil, a déclaré que Tel-Aviv devait se conformer aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, qui appellent à un cessez-le-feu immédiat et à l'acheminement de l'aide à Gaza. (Photo: AFP)
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  • Tel-Aviv doit mettre fin à son "agression" et permettre l'acheminement urgent de l'aide humanitaire vers la bande de Gaza assiégée
  • L'échec de l'ONU à stopper Israël est motivé par des "intérêts politiques égoïstes et à courte vue", déclare l'envoyé saoudien Abdulaziz Alwasil

NEW YORK : Le représentant permanent de l'Arabie saoudite auprès de l'ONU, Abdulaziz Alwasil, a appelé mercredi le Conseil de sécurité de l'ONU à adopter une résolution qui obligerait Israël à mettre fin à sa guerre contre Gaza.

Alwasil a déclaré que Tel-Aviv devait se conformer aux propres résolutions du Conseil de sécurité, qui appellent à un cessez-le-feu immédiat et à l'acheminement de l'aide à Gaza.

Il a ajouté qu'Israël, en tant que puissance occupante, devait être contraint de respecter le droit international. Cela inclut la mise en œuvre des mesures provisoires de la Cour internationale de justice pour mettre fin au génocide perpétré contre le peuple palestinien.

Alwasil a déclaré que le Conseil de sécurité des Nations unies, depuis le début de l'assaut sur Gaza il y a 10 mois, a tenu "réunion après réunion en vain".

Pendant ce temps, le monde continue d'être témoin de la "machine de guerre israélienne qui cible délibérément les civils et impose les formes les plus dures de punition collective en tuant, déplaçant, affamant et en imposant un blocus aux civils".

Alwasil a ajouté : "Toutes ces violations flagrantes se produisent sous les yeux du monde entier et la communauté internationale continue de fermer les yeux.”

“Cette inaction a poussé la puissance occupante, qui se cache derrière un mur solide, à profiter de cette faiblesse et du silence international pour imposer sans relâche ses pratiques inhumaines et violentes".

L'envoyé de l'Arabie saoudite s'exprimait lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies convoquée par la Russie, qui assure la présidence tournante de l'organe pour le mois de juillet. Cette réunion était présidée par le ministre des affaires étrangères de Moscou, Sergueï Lavrov.

Alwasil a déploré l'incapacité du Conseil de sécurité à mettre fin à la guerre, qu'il a imputée au fait que les membres de l'organe sont limités par "des intérêts politiques égoïstes et à courte vue qui ont entravé sa capacité à prendre les mesures fermes nécessaires pour mettre fin à l'agression israélienne".

"L'incapacité de la communauté internationale et du Conseil de sécurité à protéger les civils innocents a conduit jusqu'à présent à la mort de 38 000 personnes et à la blessure et la mutilation de dizaines de milliers d'autres, dont la plupart sont des femmes et des enfants", a déclaré Alwasil.

Il ajoute : "Comment peut-on justifier un tel déplacement forcé, qui est récurrent à Gaza ? Comment pouvons-nous rester silencieux face à cette famine systématique et à ce blocus délibéré ? Comment la communauté internationale peut-elle rester inactive alors qu'une catastrophe humanitaire majeure se déroule sous nos yeux ?"

Alwasil a promis que son pays continuerait à soutenir le droit des Palestiniens à l'autodétermination et à la création d'un État sur les lignes de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.

Cela "garantirait une justice globale (et) une paix conforme à l'initiative de paix arabe et aux résolutions pertinentes de la légitimité internationale".

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com