Ukraine: le général Zaloujny, commandant révéré et néanmoins limogé

Sur cette photographie prise et publiée par le service de presse présidentiel ukrainien le 28 juillet 2023, le commandant en chef militaire ukrainien, Valery Zaloujny. (Photo, AFP)
Sur cette photographie prise et publiée par le service de presse présidentiel ukrainien le 28 juillet 2023, le commandant en chef militaire ukrainien, Valery Zaloujny. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 08 février 2024

Ukraine: le général Zaloujny, commandant révéré et néanmoins limogé

  • Agé de 50 ans, ce gaillard à la mine patibulaire s'est illustré à son poste comme un fin stratège et tacticien, faisant échouer l'offensive lancée le 24 février 2022 par Vladimir Poutine
  • Le général a notamment agacé par sa franchise, disant en novembre 2023 dans une interview au magazine The Economist, que la guerre s'enfonçait dans une impasse et qu'il n'y aurait donc «probablement pas de magnifique percée»

KIEV: Il est le visage de la détermination et de l'habileté des Ukrainiens face à l'invasion russe. Mais Valéry Zaloujny, commandant en chef de l'armée ukrainienne depuis juillet 2021, a été limogé jeudi par Volodymyr Zelensky, sur fond de désaccords croissants.

Agé de 50 ans, ce gaillard à la mine patibulaire s'est illustré à son poste comme un fin stratège et tacticien, faisant échouer l'offensive lancée le 24 février 2022 par Vladimir Poutine, qui croyait pouvoir prendre en quelques jours Kiev et le contrôle du pays.

Adulé en Ukraine, respecté en Occident et probablement craint en Russie, M. Zaloujny a cependant vu ces derniers mois sa relation avec la présidence se tendre, particulièrement depuis l'échec de la grande contre-offensive estivale qui n'a pas abouti à la libération des territoires occupées.

Le général a notamment agacé par sa franchise, disant en novembre 2023 dans une interview au magazine The Economist, que la guerre s'enfonçait dans une "impasse" et qu'il n'y aurait donc "probablement pas de magnifique percée".

Il semblait ainsi enterrer dans l'immédiat l'ambition de libérer les 20% du territoire ukrainien occupé par la Russie, objectif affiché de la présidence.

Bien qu'ils soient liés par le destin de leur pays, les relations entre Valéry Zaloujny et Volodymyr Zelensky se sont dégradées depuis, nourrissant les spéculations quant à un limogeage.

Rumeurs et contre-rumeurs 

Ces dernières semaines, les deux hommes avaient aussi affiché leur désaccord sur l'épineux sujet de la mobilisation de centaines de milliers d'hommes pour remplir les rangs décimés lors de la contre-offensive mais aussi pour relayer les vétérans, épuisés par deux ans sur le front.

Le président Zelensky n'a pas validé l'idée du général Zaloujny de mobiliser un demi-million d'hommes.

Dans les derniers jours de janvier et les premiers de février, la situation a pris des allures de théâtre de l'absurde, les rumeurs, contre-rumeurs et démentis quant au limogeage imminent du populaire commandant en chef se multipliant.

Dès les premiers jours de l'invasion, le président et le général sont devenus les symboles de la détermination des Ukrainiens à repousser un adversaire réputé mieux armé et plus expérimenté.

Pour ses compatriotes, M. Zaloujny est celui qui a fait échouer le plan initial du Kremlin de faire plier Kiev en quelques jours.

Aux yeux de son pays et de ses alliés occidentaux, c'est à lui aussi qu'on doit les trois humiliantes retraites russes du nord ukrainien (avril 2022), puis de la région de Kharkiv (septembre 2022) et enfin de Kherson (sud, novembre 2022).

Les projets russes de "Blitzkrieg, de changement du pouvoir et de l'orientation géopolitique de l'Ukraine ont été ruinés", s'était félicité M. Zaloujny sur Facebook deux semaines après le début de l'invasion.

"Quelles que soient les difficultés, nous ne serons certainement pas humiliés", avait martelé celui que la presse a surnommé le "général de fer"."

Du sang versé

Valery Zaloujny, né le 8 juillet 1973 dans une garnison militaire soviétique du nord-ouest de l'Ukraine, est de cette première génération de militaires ukrainiens à avoir fait toute sa carrière après la chute de l'URSS.

Pendant deux décennies, il a multiplié les affectations pour finalement rejoindre en 2017 l'état-major.

Il donne alors la priorité aux réformes à mener dans l'armée pour la mettre aux normes de l'Otan, que l'Ukraine ambitionne de rejoindre malgré l'opposition du Kremlin.

Une de ses innovations cruciales a été de donner l'initiative de la prise de décision aux officiers sur le champ de bataille, à l'inverse de la culture centralisatrice russo-soviétique.

Cette souplesse s'est avérée déterminante au début de la guerre pour infliger des déroutes aux forces russes, d'abord aveuglées par un excès de confiance, puis sclérosées par la lourdeur de leur chaîne de commandement.

M. Zaloujny dit aussi ce qu'il pense à ses alliés, comme en juin, quand les Occidentaux se plaignent du manque de progrès sur le front: "ce n'est pas une série télévisée", avait-il rétorqué au Washington Post, "chaque jour, chaque mètre, c'est du sang versé".

 

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.