Gaza: Hind, la fillette de 6 ans disparue au milieu des combats, retrouvée morte

Cette photographie non datée obtenue grâce à la famille montre Hind Rajab, une fillette palestinienne de six ans, posant pour une photo (Photo, AFP).
Cette photographie non datée obtenue grâce à la famille montre Hind Rajab, une fillette palestinienne de six ans, posant pour une photo (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 11 février 2024

Gaza: Hind, la fillette de 6 ans disparue au milieu des combats, retrouvée morte

  • Les dépouilles de Hind et plusieurs membres de sa famille ont été retrouvées samedi matin dans la voiture près d'une station essence du quartier de Tel al-Hawa
  • Les corps des deux secouristes du Croissant-Rouge palestinien (PRCS) qui avaient été envoyés pour la secourir ont été retrouvés eux aussi samedi matin

TERRITOIRES PALESTINIENS: Seule, blessée et coincée au milieu des tirs et des cadavres de ses proches, elle avait appelé en vain au secours, avant le silence: Hind Rajab, une Palestinienne de 6 ans, a été retrouvée morte samedi à Gaza, tuée par l'armée israélienne selon sa famille et le Hamas.

Sa disparition il y a près de deux semaines, et ses appels poignants enregistrés par les secours pendant les heures où elle avait survécu dans une voiture, en pleine opération israélienne dans la ville de Gaza, avaient été largement relayés sur les réseaux sociaux.

Les dépouilles de Hind et plusieurs membres de sa famille ont été retrouvées samedi matin dans la voiture près d'une station essence du quartier de Tel al-Hawa, après le départ à l'aube de chars israéliens de la zone, a annoncé à l'AFP sa famille, qui a accusé les Israéliens de les avoir tués.

Les corps des deux secouristes du Croissant-Rouge palestinien (PRCS) qui avaient été envoyés pour la secourir ont été retrouvés eux aussi samedi matin, dans leur ambulance, à quelques mètres de là, a précisé le PRCS dans un communiqué.

"Hind et tous ceux qui se trouvaient dans la voiture ont été tués", a déclaré à l'AFP son grand-père, Baha Hamada. "Ils ont été retrouvés par des membres de (notre) famille qui sont allés à la recherche de la voiture et l'ont trouvée près de la station essence", une zone jusque-là inaccessible en raison de la présence militaire israélienne, a-t-il expliqué.

«J'ai tellement peur»

"Hind Rajab a été tuée par les forces d'occupation (israéliennes) avec tous ceux qui se trouvaient avec elle dans une voiture", a confirmé le ministère de Santé du Hamas dans un communiqué. Le Hamas a ensuite appelé dans un autre communiqué "les institutions des droits de l'Homme et les Nations unies à une enquête sur ce crime odieux".

La mère de Hind, Wissam Hamada, interrogée par l'AFP, a dénoncé "les mécréants Netanyahu, Biden et tous ceux qui ont conspiré contre Gaza et sa population", disant vouloir les interroger "devant Dieu sur ce jour où ma fille a lancé des appels à l'aide (...) sans que personne ne vienne à son secours".

La famille de la fillette avait raconté cette semaine à l'AFP que Hind et d'autres membres de sa famille cherchaient à fuir les combats dans la ville de Gaza lorsque leur voiture s'est retrouvée face à des chars israéliens, qui auraient ouvert le feu.

Hind avait dans un premier temps survécu, et eu sa famille au téléphone, alors que tous les autres personnes présentes dans la voiture étaient mortes.

Le PRCS avait confirmé qu'une standardiste avait eu Hind au téléphone, puis entendu un bruit de tirs. Dans un enregistrement qu'il a diffusé, on entend la petite voix de la fillette supplier: "Venez (...) me chercher", "J'ai tellement peur, s'il vous plaît, venez".

"Pendant plus de trois heures, la fillette a désespérément imploré nos équipes de venir la sauver des chars (israéliens) qui l'entouraient, subissant les tirs et l'horreur d'être seule, prisonnière au milieu des corps de ses proches tués par les forces israéliennes", avait ajouté le Croissant-Rouge.

Secouristes délibérément «visés»

Hind avait également eu son grand-père au téléphone. "Elle était terrifiée et elle était blessée au dos, à la main et au pied", avait raconté ce dernier à l'AFP.

Après ces appels, personne n'avait plus eu de nouvelles d'elle, tout comme des secouristes envoyés pour la secourir.

Le PRCS a accusé "les forces d'occupation" (israéliennes) d'avoir "délibérément visé" les secouristes et ce "alors que leur ambulance avait été autorisée à aller sur place" pour la secourir. Il a ensuite publié sur les réseaux sociaux des photos de l'ambulance calcinée.

L'armée israélienne n'a pas répondu aux questions de l'AFP sur le sujet.

La guerre a éclaté le 7 octobre après une attaque sans précédent menée sur le sol israélien par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

En riposte, Israël a lancé une offensive militaire qui a fait plus de 28.000 morts dans la bande de Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Selon l'Unicef, "des milliers d'enfants auraient été tués et des milliers d'autres blessés".

La moitié des 1,7 million de déplacés estimés à Gaza sont des enfants, dont "les maisons ont été détruites", "les familles déchirées" et qui manquent notamment "d'eau, de nourriture et de médicaments", selon l'agence onusienne.


Liban: neuf blessés dans une frappes israélienne sur un hôpital

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.  Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh. Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
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  • Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement
  • Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux

BEYROUTH: Neuf personnes ont été blessées jeudi dans une frappe israélienne qui a endommagé un hôpital du sud du Liban, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien.

Dans un communiqué, le ministère a "vivement dénoncé" la frappe qui a "infligé de graves dégâts à l'hôpital gouvernemental de Tebnine".

Il a précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes".

Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement.

Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux.

Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Les frappes israéliennes ont coûté la vie à 3.089 personnes au Liban, dont 116 secouristes et personnels de la santé, depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé libanais.

Par ailleurs, ce même ministère a révisé jeudi à la hausse un bilan concernant une frappe sur la localité de Deir Qanun al-Nahr mardi qui a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants, contre 10 indiqué précédemment.

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban.

Il a dit avoir mené "une vaste attaque contre différentes positions" israéliennes dans trois localités au moyen de "drones d'attaques et de roquettes en salves répétées", selon un communiqué.

Un cessez-le-feu qui devait expirer le 17 mai a été prolongé de 45 jours à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, sous médiation américaine.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

 


Washington annonce des sanctions visant des personnes considérées proches du Hezbollah

Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
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  • Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth
  • La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah

WASHINGTON: Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien.

Parmi les cibles des sanctions du département américain du Trésor se trouvent l'ambassadeur désigné de l'Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, des responsables des services de renseignement libanais, des alliés politiques du Hezbollah et quatre responsables du groupe.

L'un d'entre eux, Hassan Fadlallah, est un député du Hezbollah qui a également dirigé la radio (Al-Nour) et la télévision (Al-Manar) du mouvement.

Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth.

La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah.

"Le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être totalement désarmée. Le département du Trésor continuera de s'en prendre aux responsables ayant infiltré le gouvernement libanais et permettant au Hezbollah de mener sa campagne de violence sans but contre le peuple libanais et d'entraver la paix", a déclaré le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

En réaction, le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué "une tentative d'intimidation américaine contre le peuple libanais (...) en soutien à l'agression" israélienne contre le Liban.

"Ces sanctions (...) nous confortent dans nos choix (...) et n'auront aucun impact concret sur nos choix (...) ni sur l'action entreprise pour défendre la souveraineté" du peuple libanais, a ajouté le mouvement.

Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement et indirectement par les personnes ciblées ainsi que l'interdiction pour les citoyens et entreprises américains de mener des échanges avec elles.

Cette interdiction s'applique également aux entreprises étrangères si elles disposent d'une filière aux Etats-Unis ou réalisent une partie de leurs échanges en dollars.

Les sanctions visent aussi deux responsables du mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, qui a dénoncé une mesure "inacceptable et injustifiée", visant "en premier lieu le mouvement Amal et son rôle politique, attaché aux causes nationales ainsi qu'à la protection de l'Etat et de ses institutions".

Le Hezbollah estime par ailleurs que "le fait de cibler les officiers libanais à la veille des rencontres au Pentagone est une tentative évidente d'intimider nos institutions sécuritaires officielles et de soumettre l'Etat aux conditions de la tutelle américaine".

Des négociations, inédites depuis des décennies, sont en cours entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Le Hezbollah s'y oppose. Le Pentagone doit accueillir une session de discussions le 29 mai en présence d'une délégation de l'armée libanaise.

Le Liban a été plongé début mars dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Des troupes israéliennes sont ensuite entrées dans le sud du Liban.

Bien qu'une trêve soit actuellement en cours, Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements.


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

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  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.