Yémen: Les États-Unis et le Royaume-Uni mènent de nouvelles frappes dans la province d’Al-Hodeïda

Le contre-amiral Marc Miguez s'adresse aux médias sur la passerelle du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower, en mer Rouge, le 12 février 2024 (Photo, Reuters).
Le contre-amiral Marc Miguez s'adresse aux médias sur la passerelle du porte-avions USS Dwight D. Eisenhower, en mer Rouge, le 12 février 2024 (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 14 février 2024

Yémen: Les États-Unis et le Royaume-Uni mènent de nouvelles frappes dans la province d’Al-Hodeïda

  • Les attaques ont pris pour cibles des installations militaires, des lanceurs de missiles et des magasins de munitions, selon la milice
  • Les groupes de défense des droits accusent les Houthis d'exploiter le conflit de Gaza pour recruter des enfants

AL-MUKALLA: Les États-Unis et le Royaume-Uni ont lancé des frappes sur la province d’Al-Hodeïda, contrôlée par les Houthis au Yémen, mardi, alors que les organisations de défense des droits et les responsables gouvernementaux accusent la milice d'exploiter le conflit de Gaza pour recruter des mineurs à leur propre cause.

L'agence de presse officielle des Houthis, Saba, a indiqué que les attaques visaient des installations militaires, des lanceurs de missiles et de drones, ainsi que des magasins de munitions dans le district d'At Tuhayta, dans l'ouest de la province.

Ces frappes ont eu lieu alors que le commandement central américain a déclaré mardi que les Houthis avaient lancé deux missiles sur Bab al-Mandab depuis des zones qu'ils contrôlent lundi matin. Les attaques ont touché le cargo battant pavillon des Îles Marshall et le MV Star Iris appartenant à la Grèce.

Les Houthis ont signalé lundi que le Star Iris, qui transportait du maïs du Brésil vers l'Iran, était un navire américain et qu'il avait été pris pour cible afin de se venger des bombardements des terres yéménites par les États-Unis et le Royaume-Uni.

Depuis novembre, les Houthis se sont emparés d'un navire commercial et ont lancé des dizaines de missiles et de drones sur des navires traversant la mer Rouge, Bab al-Mandab et le golfe d'Aden, empêchant ainsi les navires en relation avec Israël de passer par les voies commerciales au large du Yémen.

Le groupe affirme que ces frappes ont pour but de pousser Israël à briser le siège de Gaza. C'est la première fois que les Houthis attaquent un navire destiné à l'Iran, le principal mécène du groupe.

Selon une source sécuritaire régionale citée par Reuters, les Houthis ont informé l'Iran avant de prendre le navire pour cible et ont déclaré que l'attaque visait à faire passer le message que l'Iran n'a aucun contrôle sur les Houthis et qu'ils agissent de manière indépendante.

Enfants soldats

Les organisations internationales de défense des droits et le gouvernement yéménite ont accusé les Houthis de profiter de la guerre à Gaza et de l'indignation mondiale suscitée par les massacres de Palestiniens pour recruter des mineurs et les envoyer sur les champs de bataille du Yémen.

Niku Jafarnia, chercheuse sur le Yémen et le Bahreïn à Human Rights Watch, a déclaré: «Les Houthis exploitent la cause palestinienne afin de recruter davantage d'enfants pour leur combat intérieur au Yémen.»

«Les Houthis devraient investir des ressources pour répondre aux besoins fondamentaux des enfants sur leur territoire, comme une bonne éducation, de la nourriture et de l'eau, plutôt que de remplacer leur enfance par un conflit», a-t-elle mentionné.

Des militants yéménites ont déclaré à Human Rights Watch que des centaines, voire des milliers, d'enfants avaient rejoint les Houthis depuis le 7 octobre après avoir été convaincus de combattre les Israéliens en Palestine. Mais au lieu de les envoyer à Gaza, les Houthis les ont envoyés combattre les troupes du gouvernement yéménite.

«Les Houthis font croire aux enfants qu'ils vont se battre pour libérer la Palestine, mais ils finissent par les envoyer sur les lignes de front de Marib et de Taïz. En effet, la bande de Gaza des Houthis est Marib», a souligné un militant qui dirige un groupe de défense des droits.

Le ministre de l'Information du Yémen, Moammar al-Eryani, a demandé une liste des dirigeants houthis impliqués dans le recrutement d'enfants afin qu'ils puissent être sanctionnés.

La milice avait «impitoyablement» traîné des dizaines de milliers d’enfants sur les champs de bataille et les avait utilisés comme carburant pour leur guerre, a-t-il précisé.

«La milice houthie a transformé les écoles sous son contrôle en camps de guerre et les salles de classe en salles pour apprendre aux jeunes à démonter et à utiliser des armes légères et moyennes, ainsi que pour les endoctriner avec des idéologies sectaires dures et des slogans hostiles acquis auprès de l'Iran», a publié  Al-Eryani sur X.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
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  • Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV
  • Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié de Téhéran, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'armée "a commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah terroriste à Beyrouth", indique un court communiqué militaire.

Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV.

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars.

 

 

 


L'Iran confirme la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution

L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
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  • L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière
  • Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News

TEHERAN: L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière.

Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News.

 

 


Les Houthis du Yémen visent à nouveau Israël et entrent dans la guerre au Moyen-Orient

Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois. (AFP)
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  • Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran
  • Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation

TEHERAN: Les Houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l'entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois.

Leur porte-parole a affirmé dans un communiqué sur X que les Houthis avaient lancé "des missiles de croisière et des drones" en direction de "plusieurs objectifs vitaux et militaires" en Israël.

Le groupe rebelle a ainsi ciblé Israël pour la première fois depuis le début de la guerre le 28 février, déclenchée par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Alors que le trafic maritime mondial est largement perturbé par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, l'entrée des Houthis dans le conflit pourrait encore aggraver la situation: le groupe avait mené de nombreuses attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge entre 2023 et 2025, pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

En parallèle, l'Iran poursuit ses frappes de riposte, en Israël et à travers le Golfe.

Le port omanais de Salalah, situé à l'extérieur du détroit d'Ormuz sur la mer d'Arabie, a été évacué après une attaque de drones. Ses opérations ont été suspendues pour 48 heures, d'après l'armateur danois Maersk.

Universités américaines menacées 

Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé tôt dimanche de frapper les universités américaines dans la région, après avoir fait état de deux universités en Iran endommagées par des frappes américano-israéliennes.

"Si le gouvernement américain veut que ses universités dans la région ne subissent pas de représailles (...), il doit condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi", ont déclaré les Gardiens de la Révolution dans un communiqué publié par des médias iraniens.

De nombreuses universités américaines possèdent des campus dans les pays du Golfe, comme l'université Texas A&M, implantée au Qatar, ou encore la New York University, aux Emirats arabes unis.

Les Etats-Unis avaient condamné avant cela "avec la plus grande fermeté" les attaques "perpétrées en Irak par les milices terroristes agissant pour le compte de l'Iran", et notamment celle "contre la résidence privée du président de la région du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani".

Des attaques qui ont notamment pris pour cible l'ambassade américaine à Bagdad.

A Téhéran, de nouvelles explosions ont été entendues dans la soirée de samedi par des journalistes de l'AFP, dans la partie est de la capitale, déjà lourdement bombardée la nuit d'avant.

Préparatifs du Pentagone 

Les efforts diplomatiques se multiplient ces derniers jours pour tenter de mettre fin à la guerre, et des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens doivent se réunir dimanche et lundi à Islamabad pour des "discussions approfondies".

Les spéculations vont bon train cependant sur le déploiement de troupes américaines sur le territoire iranien.

Selon le Washington Post, qui cite samedi soir des responsables américains, le Pentagone se prépare à des opérations de plusieurs semaines sur le terrain en Iran.

De telles opérations n'iraient pas jusqu'à une invasion à grande échelle de l'Iran, ont souligné les responsables américains sous couvert de l'anonymat, mais impliqueraient plutôt des raids en territoire iranien à la fois par des membres des forces spéciales et d'autres soldats.

Selon le Washington Post, il n'était pas clair samedi si Donald Trump comptait approuver tout ou partie, voire aucun des plans du Pentagone.

L'armée américaine a annoncé samedi l'arrivée au Moyen-Orient du Tripoli, un navire d'assaut amphibie à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.

Et ces derniers jours, plusieurs médias américains ont rapporté que Donald Trump envisageait d'envoyer prochainement au moins 10.000 militaires au Moyen-Orient.

Lourd tribut des civils 

Un mois après le début de la guerre, les civils continuent de payer un lourd tribut.

En Iran, d'après les médias samedi, au moins 12 personnes ont été tuées par des frappes américano-israéliennes dans la nuit dans différentes régions d'Iran.

Onze personnes ont été blessées samedi par des éclats lors de l'impact d'un missile iranien dans le centre d'Israël, ont annoncé les secours et l'armée.

La situation empire aussi au Liban, entraîné dans la guerre dès le 2 mars lorsque le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par Téhéran, a commencé à tirer des roquettes sur Israël.

Trois journalistes libanais ont été tués samedi par une frappe sur leur véhicule dans le sud du Liban, Israël affirmant avoir visé un membre d'une unité d'élite du Hezbollah.

Depuis début mars, les frappes israéliennes ont fait un millier de morts selon des sources officielles et un million de déplacés dans ce pays.