Près de 100 journalistes tués en 2023, les trois quarts à Gaza

Le chef du bureau d'Al Jazeera à Gaza, Wael Al-Dahdouh (au centre) est réconforté lors des funérailles de son fils Hamza Wael Dahdouh, journaliste de la chaîne de télévision Al Jazeera, tué lors d'une frappe aérienne israélienne, à Rafah, dans la bande de Gaza. Strip-tease le 7 janvier 2024 (Photo, AFP).
Le chef du bureau d'Al Jazeera à Gaza, Wael Al-Dahdouh (au centre) est réconforté lors des funérailles de son fils Hamza Wael Dahdouh, journaliste de la chaîne de télévision Al Jazeera, tué lors d'une frappe aérienne israélienne, à Rafah, dans la bande de Gaza. Strip-tease le 7 janvier 2024 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 15 février 2024

Près de 100 journalistes tués en 2023, les trois quarts à Gaza

  • Le CPJ s'est déjà alarmé en 2023 du fait que des membres des médias étaient «pris pour cible» par l'armée israélienne
  • Cette association basée à New York, financée par des dons privés et qui dénonce depuis 40 ans les meurtres, emprisonnements, violences, censures et menaces contre les journalistes

NEW YORK: Soixante-douze des 99 journalistes et employés des médias tués dans le monde en 2023 sont morts "dans des attaques israéliennes sur Gaza", où Israël est en guerre contre le Hamas, un des pires bilans dressés chaque année par le Comité de protection des journalistes (CPJ).

Cette association basée à New York, financée par des dons privés et qui dénonce depuis 40 ans les meurtres, emprisonnements, violences, censures et menaces contre les journalistes, dénombre jeudi dans son rapport annuel une hausse de 44% sur un an du nombre de professionnels de la presse tués sur la planète.

Sur les 99 morts en 2023, "l'immense majorité (72) étaient des journalistes palestiniens tués dans des attaques israéliennes sur Gaza (alors) que, par contraste, hors de ce conflit, 22 journalistes et employés de médias ont été tués dans 18 pays", s'alarme le CPJ.

Les "journalistes à Gaza sont des témoins en première ligne", relève la patronne du CPJ Jodie Ginsberg, citée dans le rapport.

"Les souffrances des journalistes palestiniens dans cette guerre auront des effets durables sur le journalisme, non seulement dans les Territoires palestiniens, mais aussi dans la région et au-delà. Chaque journaliste tué est une atteinte à notre compréhension du monde", dénonce la directrice de l'ONG, qui a répertorié aussi la mort de trois journalistes libanais et de deux israéliens.

Pris pour cible 

Selon le CPJ, à la date du 7 février, 85 journalistes et travailleurs pour des médias ont été tués depuis le début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque de commandos du Hamas dans le sud d'Israël, ayant entraîné la mort d'environ 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.

Israël a juré en représailles de "détruire" le Hamas qu'il considère comme une organisation terroriste, de même que les Etats-Unis et l'Union européenne, et a lancé une offensive qui a fait 28.576 morts à Gaza, en grande majorité des femmes, des enfants et des adolescents, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste.

Le CPJ s'est déjà alarmé en 2023 du fait que des membres des médias étaient "apparemment pris pour cible" par l'armée israélienne, notamment une dizaine de tués à Gaza possiblement "visés de manière délibérée", ce qui pourrait constituer un "crime de guerre".

Hors du conflit au Proche-Orient, les Philippines et la Somalie sont "parmi les pays les plus meurtriers pour la presse", avertit le CPJ qui note toutefois une très forte baisse du nombre de journalistes tués au Mexique et en Ukraine.

Parmi eux, le coordinateur vidéo de l'Agence France-Presse Arman Soldin, 32 ans, tué dans l'exercice de ses fonctions le 9 mai en Ukraine, lors d'une attaque de roquettes russes près de la ville assiégée de Bakhmout.


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.